Un Zouhri est, dans le folklore arabo-berbère du Maghreb, un individu possédant des caractéristiques physiques et spirituelles définies. Selon la chiromancie, la plupart des humains possèdent deux lignes parallèles dans la paume de leur main, la ligne de tête (raison) et la ligne de cœur (sentiments), mais dans la paume des Zouhris, ces deux lignes se rejoignent, de sorte qu'on ne puisse plus distinguer s'il s'agit de la ligne de tête ou de la ligne de cœur, ce qui en fait autant une ligne de cœur, qu'une ligne de tête.

Cela signifierait que ces personnes ont une nature qui les pousse à suivre tous leurs désirs, sans limite. Aimant mieux pécher que ne pas suivre ce qu'elles aiment, elles seraient aimées des djinns, ce qui conduit les djinns à se servir d'elles pour tenter les gens, qu'elles en soient conscientes ou non.

Les djinns sont, dans la croyance arabo-musulmane, des esprits de feu qui circulent dans les corps humains pour les inspirer et les influencer. Il peuvent être musulmans, chrétiens, ou juifs, et guider vers l'adoration de Dieu, ou mécréant et inciter à renier l'adoration de Dieu, voire même aller contre l'adoration de Dieu. Au Maroc et en Algérie, de nombreux enfants possédants ces caractéristiques ont été enlevés et tués par des soi-disant sorciers à cause de ces croyances folkloriques..

En arabe maghrébin, le mot "Zouhri" (زهري) vient de "Zhar (زهر)" et qui signifie "Chance" en arabe, ce qui ne seraient pas vraiment de la chance, mais une faveur des djinns, attribuée à tort à la chance. Ces croyances ne sont pas reconnues par la plupart des Berbères et des Arabes d'Afrique du nord, et restent des croyances légendaires, issues du folklore arabo-berbère.

Caractéristiques Les personnes considérés comme zouhri peuvent présenter certains ou tous les traits physiques suivants :

La ligne Zouhri : une ou les deux mains présentent une ligne horizontale traversant toute la paume (pli palmaire transversal unique) au lieu de deux. Dans des croyances comme la chiromancie, ces deux lignes sont appelées ligne de tête et ligne de cœur. Lorsque ces deux lignes se rejoignent pour former une seule ligne, on parle de pli palmaire transversal unique, anciennement appelé « ligne simienne » (terme tombé en désuétude en raison de sa connotation péjorative, le terme "Simien" vient de "Simia" qui signifie "Singe" en latin.).

Cette ligne est appelée à la fois ligne de cœur et ligne de tête.

Selon la chiromancie, ces individus seraient dotés d'une intelligence exceptionnelle et d'une grande capacité d'amour et de haine. Ils pensent avec le cœur et la raison de manière égale.

La plupart des gens suivent la raison (lois, règles, etc...) en dépit du cœur, mais eux, ils suivent tous leurs désirs, en dépit des lois et des règles.

Une tache au bas de l'iris.

Une hétérochromie (deux yeux de couleurs différentes).

Une ligne verticale traversant la langue.

Cheveux blonds ou roux.

Yeux bleus ou verts, présentant une certaine dissymétrie.

Une marque distinctive sur les cheveux ou l'iris.

Une seule de ces caractéristiques suffit à définir un individu zouhri.

On pense qu'un zouhri est soit un rejeton de djinn échangé avec un nouveau-né humain à la naissance, soit un enfant humain doté de pouvoirs surnaturels, probablement dus à la possession d'un djinn dès la naissance.

Rituels Selon Ahmed Amlik, professeur d'histoire à l'Université Cadi Ayyad de Marrakech, les gens avaient autrefois tendance à enterrer leurs objets de valeur personnels ou familiaux dans des endroits cachés dans les forêts ou dans des puits profonds, généralement en période de troubles et de guerre civile. On pense que les enfants Zuhri possèdent des capacités psychiques ou une connexion avec le monde des djinns, qui peuvent aider à trouver les trésors cachés enfouis à ces endroits, et sont donc utilisés comme des « détecteurs de trésors magiques ». Le rituel de recherche du trésor peut impliquer la récitation de versets du Coran, ainsi que verser le sang de l'enfant zuhri. Le zuhri peut également aider à transporter le trésor, car on pense qu'il est moins susceptible d'être puni par les djins pour avoir volé ce qu'il possède. Le rituel peut se terminer par le sacrifice de l'enfant et le versement de son sang sur le trésor, pour apaiser la colère des djins. Dans certains cas, l'enfant est simplement abandonné entre la vie et la mort.

Notes et références

Catégorie:Maghreb