La du Tour de France 1952 se déroule le entre les villes du Mans, qui accueille le Tour pour la première fois, et Rouen, ville-étape pour la troisième fois. Le parcours traverse les départements de la Sarthe, de l'Orne, de l'Eure et de la Seine-Inférieure (Seine-Maritime) sur une route principalement plane avec quelques côtes, et longue de . Il passe notamment par les villes d'Alençon, de Sées, de Bernay, de Grand-Couronne, de Petit-Couronne et du Grand-Quevilly.

C'est la troisième étape des vingt-trois prévues de cette édition du Tour de France, dont Fausto Coppi a pris le départ en tant qu'immense favori, en l'absence d'Hugo Koblet, vainqueur de l'édition précédente, et de Louison Bobet, champion de France en titre. Au départ de l'étape, le classement général est mené par le Belge Rik Van Steenbergen, maillot jaune depuis sa victoire lors de la première étape.

La victoire n'est pas disputée entre les deux coéquipiers de l'équipe de France. Le Français Nello Lauredi devance Bernard Gauthier, qui lui laisse la victoire pour le bénéfice de la minute de bonification et l'obtention du maillot jaune. Le Néerlandais Gerrit Voorting, lui aussi membre de l'échappée, termine troisième avec trois minutes de retard.

L'étape est plus courte que la distance moyenne des étapes de Tour de France de l'époque. Une seule échappée sérieuse est formée et parvient à se maintenir en tête pendant pratiquement toute l'étape. Les sept coureurs bénéficient pendant un temps d'une avance importante (jusqu'à ) avant que le peloton ne réagisse et réduise l'écart quelque peu. Une chute vers la fin de l'étape provoque l'éclatement de l'échappée, ce qui laisse les deux coureurs de l'équipe de France seuls en tête. Quatre abandons sont enregistrés en cours d'étape.

La performance des deux Français permet à l'équipe de France de remporter l'étape, de prendre le maillot jaune, de remporter une première fois sur ce Tour le classement par équipes de l'étape et de prendre la tête de ce classement. Nello Lauredi remporte également le prix de la combativité.

Profil de l'étape Le parcours de cette étape est inédit puisque aucune étape du Tour de France n'est encore partie du Mans avant cette édition. Il emprunte l'ancienne RN 138 sur la quasi-totalité de l'étape entre Le Mans et Rouen. Le profil est principalement plat et aucune réelle difficulté n'est recensée. Enfin, la distance de l'étape est plus courte que les moyennes connues des éditions précédentes du Tour de France..

() : un tronçon relativement plat avec quelques courtes côtes La première partie commence à la sortie du Mans, dans la zone du quartier Gallière, avant de prendre la route nationale en direction d'Alençon. Cette portion ne comprend pas de grandes difficultés, à l'exception d'une courte côte à Piacé () de 4 % de dénivelé moyen sur . Ensuite, entre Nonant-le-Pin et Saint-Evroult-de-Monfort, trois autres côtes plus raides sont recensées : la première () de 4 % de dénivelé moyen sur , la deuxième () de 5,6 % sur , et la troisième () de 7,6 % sur . Le dénivelé cumulé total sur cette portion est d'environ sur ..

vignette|upright=2.5|Profil altimétrique de la première partie de l'étape ().|centré

() : un tronçon relativement descendant avec un final vallonné La deuxième partie est également globalement plane, avec une pente douce sur les trente-six premiers kilomètres, puis davantage de relief sur la fin du parcours. Une première côte arrive après Brionne () de 4 % de dénivelé moyen sur , puis une courte portion de à 8,2 % de dénivelé moyen avant Bosrobert (), puis la dernière côte avant La Maison-Brulée (Moulineaux), de 5,7 % de dénivelé moyen sur . Pour terminer, le parcours prend la descente vers la vallée de la Seine et rentre dans Rouen, avec l'arrivée située sur l'avenue de Caen au bout d'une ligne droite de . Le dénivelé cumulé total sur cette portion est d'environ sur .

centré|vignette|upright=2.5|Profil altimétrique de la deuxième partie de l'étape ().

L'organisateur prévoit une fin d'étape avec des écarts L'organisateur, dans les colonnes de L'Équipe, déclare que les conditions du parcours sont propices à des écarts plutôt sensibles : l'étape est courte et les difficultés se situent à la mi-parcours, laissant prévoir une deuxième partie d'étape bien roulante. Selon lui, le maillot jaune ne devrait pas être en danger, mais .

+Détail du parcours de la étape Département Lieu km Sarthe Le MansLa BazogeSaint-Jean-d'AsséSaint-MarceauBeaumont-sur-SartheJuilléPiacéLa Hutte (Saint-Germain-sur-Sarthe)FyéOisseau-le-PetitBéthonArçonnay 0915192426283336383943 Orne AlençonValframbertForgesLe Perron (Saint-Gervais-du-Perron)SéesChaillouéMarmouilléNonant-le-PinGacéSaint-Evroult-de-MonfortMonnai 47515559687476809293106 Eure BrogliéBernayCarrefour de Malbrouck (Carsix)BrionneSaint-Martin-du-Parc (Le Bec-Hellouin)BosrobertBourgthéroude-Infreville 123134143149152154166 Seine-Inférieure La Maison-Brulée (Moulineaux)MoulineauxGrand-CouronnePetit CouronneLe Grand-QuevillyRouen, Avenue de Caen 173175179183186189

Contexte au départ de l'étape

Au lendemain de la deuxième étape qui s'est déroulée entre Rennes et Le Mans, quelques enseignements ont pu être tirés par les journalistes qui suivent le Tour quant aux forces en présence et à la forme des différents coureurs et des équipes en ce début d'épreuve.

L'équipe de Belgique domine le début du Tour alt=Photo en noir et blanc d'un peloton de cycliste sur un circuit automobile. Deux coureurs au premier plan s’observent.|vignette|Rik Van Steenbergen en tête du groupe maillot jaune sur le Circuit des du Mans devant Coppi. L'exploit collectif de l'équipe belge en ce début de Tour est unanimement salué par la presse internationale, nationale et régionale, tant pour la performance de ses coureurs que pour la stratégie adoptée..... Déjà détentrice du maillot jaune à la suite de la victoire de Rik Van Steenbergen lors de la première étape, l'équipe, en plus de défendre la tête du classement général face aux attaques des Italiens et des Français, parvient à remporter la deuxième étape avec l'ultime échappée de Rosseel et Close.. Après seulement deux étapes parcourues, l'équipe cumule deux victoires d'étape, deux victoires au classement de l'étape par équipes (Challenge International), deux jours en tête du classement général individuel et du classement général par équipes, et cinq coureurs dans le top 10 du classement général individuel.. Les Belges n'ont pas connu un tel début de Tour depuis 1926.

Van Steenbergen est déterminé à rester en « jaune » Van Steenbergen dispose d'une avance de plus de sept minutes sur la plupart des favoris (dont Coppi). Grand rouleur et cycliste talentueux, il ne fait malgré tout pas partie des favoris du Tour pour les observateurs, en raison notamment de ses limites en montagne. Ces derniers envisagent toutefois qu'il puisse garder la tête du classement jusqu'aux premiers cols....

Face à ceux qui pourraient avoir des doutes sur ses ambitions, il rappelle lui-même qu'il a fini deuxième du Tour d'Italie 1951.. Ainsi, lors de la deuxième étape, il a répondu aux attaques des favoris et des jeunes régionaux en quête d'une victoire d'étape, défendant son maillot jaune, et prouvant qu'il souhaitait le garder aussi longtemps que possible...

Match nul entre les favoris du Tour Consciente de la position de grand favori incarné par Coppi, récent vainqueur du Tour d'Italie, l'équipe de France adopte une stratégie offensive lors des deux premières étapes afin d'essayer de gagner du temps avant les premiers cols de montagne. Leurs attaques et tentatives sont nombreuses, mais systématiquement contrées par la stratégie défensive de l'équipe d'Italie, avec des contre-attaques de Coppi lui-même à plusieurs reprises... Au final, au terme des deux étapes, aucun des favoris présumés des deux équipes n'a réussi à prendre l'avantage sur les autres.. En revanche, plusieurs défaillances ont été observées chez leurs coéquipiers, autant chez les Italiens que chez les Français (dont Magni et Muller).. Cette situation soulève des questions sur leur capacité à accompagner leurs leaders sur la suite de l'épreuve. Certains observateurs estiment que ces défaillances pourraient inciter les équipes, dans les jours suivants, à atténuer les attaques menées les uns contre les autres..

Déroulement de la course Résumé de l'étape

Départ du Mans et formation de la première échappée Au matin du , les cyclistes ont un programme précis à suivre avant le départ de la course. : : signatures et ravitaillement place des Jacobins, devant le théâtre municipal du Mans ; : appel des coureurs ; : départ du défilé par la rue des Jacobins, la rue Claude-Blondeau, la rue Marchande, la rue Dumas, la place de la République, rue Gambetta, la rue Montoise, l'avenue Louis Cordelet et la route d'Alençon ; : départ de l'étape devant la station-service BP.

La météo prévue est ensoleillée et très chaude, avec un vent de l'est trois-quarts face défavorable.

À la sortie du Mans, les prennent la RN 138 et, dès les premiers instants, deux coureurs de l'équipe Ouest / Sud-Est, Tino Sabbadini et Jacques Vivier, prennent une avance de cent mètres sur le peloton.. Ils sont suivis par Maurice Quentin (France) et Giovanni Corrieri (Italie) qui ne collaborent pas, puisque seuls les régionaux produisent l'effort. Celui-ci ne suffit pas à maintenir l'échappée et ils sont rapidement repris par le peloton..

alt=Photo en noir et blanc du peloton passant sur un pont au-dessus d'une rivière.|vignette|Passage du peloton à Beaumont-sur-Sarthe.

Une deuxième échappée se forme rapidement à la suite de l'attaque du Français Roger Buchonnet (Nord-Est / Centre), suivi par Corrieri (Italie). À La Bazoge (), elle compte déjà d'avance sur le peloton... Le duo est rejoint au par Bernard Gauthier (France) qui fait les efforts pour combler l'écart. Son initiative est imitée avec succès, après plusieurs tentatives, par Nello Lauredi, son coéquipier. Il est suivi par Louis Caput (Paris), Gerrit Voorting (Hollande), Édouard Fachleitner (Sud-Est) et Ettore Milano (Italie), qui parviennent à s'extraire du peloton. Les cinq hommes rejoignent le trio de tête à Juillé (), qui ne compte qu'une minute d'avance sur le peloton. Rapidement, Milano crève et se fait reprendre par le peloton.

À l'arrière, le Belge Maurice Blomme crève également, ce qui contraint son équipe, chargée de défendre le maillot jaune de Van Steenbergen, à ralentir légèrement et à laisser quatre coureurs prendre du retard pour l'attendre..

L'écart augmente entre l'échappée et le peloton pendant une centaine de kilomètres alt=Photo en noir et blanc d'un groupe de cyclistes passant dans un village avec une église dans le fond de l'image.|vignette|Passage du groupe d'échappés à Sées. L'écart prend progressivement de l'ampleur. Peu avant le passage à proximité de Fyé (), les sept coureurs de tête possèdent d'avance sur Gilbert Bauvin (Nord-Est / Centre), qui s'est échappé, et sur le peloton. La tête de course évolue avec cinq minutes d'avance sur l'horaire, à une moyenne de sur la première heure. Douze kilomètres plus tard, à Alençon (), l'écart est porté à . Bauvin est repris tandis que Jean-Marie Cieleczka (Nord-Est / Centre) tente de s'échapper.

Entre-temps, l'équipe de Belgique est de nouveau ralentie par la crevaison de Robert Vanderstockt, lui aussi attendu par des coéquipiers.. Dans le peloton, plusieurs coureurs sont lâchés et abandonnent, dont Germain Derijcke (Belgique) souffrant depuis la veille, distancé depuis le ., André Dufraisse (Ouest / Sud-Ouest) qui souffre de furoncles., et Robert Ducard (Nord-Est / Centre), également malade.