Le Cerf Sika ou Sika (Cervus nippon), également désigné sous le nom de , est une espèce de mammifères artiodactyles de la famille des cervidés, apparenté au cerf élaphe, originaire d'Asie de l'Est. Particulièrement répandus sur l'archipel japonais, notamment dans certaines zones touristiques de la ville de Nara, ces cerfs sont devenus un élément important du tourisme au Japon. Semblable au daim avec lequel il est souvent confondu à cause de sa robe d'été d'une teinte rousse tachetée de blanc, ce petit cerf au tempérament docile fut également introduit comme animal d'ornement dans les parcs et jardins de nombreux pays du monde.
Dénominations Nom scientifique valide : Cervus nippon Temminck, 1836 Noms vulgaires (vulgarisation scientifique) : Cerf sika, Cerf Sika, Cerf à pelage étoilé, Cerf du Japon., Cerf sika du Japon Noms vernaculaires (langage courant) : karv Sika (breton), sika, sika du Japon, sika orein (basque)
Parmi les noms communs dans d'autres langues, on trouve en japonais , en chinois et en anglais Sika deer.
Description Dimensions Le cerf sika est une petite espèce parmi les membres du genre cervus, la population vivant à Yakushima est considérée comme étant les plus petits individus du genre環境省自然環境局生物多様性センター(2002)『日本のレッドデータ検索システム』より「ヤクシカ : consultable en ligne. En moyenne, il mesure une cinquantaine de centimètres à de hauteur au garrot. Mais la taille varie considérablement selon la sous-espèce. Les individus les plus grands, comme le sika d’Ézo (C. n. yesoensis), peuvent atteindre voire les de longueur. Le poids est également d’une grande variabilité, moyennant les , mais pouvant aller jusqu’à chez les mâles des plus grandes sous-espèces. À l’inverse, les plus petits, comme ceux des îles Kerama (C. n. keramae), de par un effet de nanisme insulaire, mesurent à peine pour un poids d’environ 『沖縄県レッドデータブック2017』、沖縄県、2017年、. Quelle que soit la sous-espèce, dimorphisme sexuel est marqué, les mâles sont généralement plus grands et plus lourds que les femelles, ces dernières pèsent en général de 60 à 70 % du poids des mâles.
Pelage Le cerf sika est caractérisé par sa robe roussâtre tacheté de blanc qu’il conserve même à l’âge adulte. Cette particularité, couplée à sa petite taille, le fait fortement ressembler à des espèces comme le cerf Axis, mais surtout le daim. Une ligne noire dorsale, allant de la nuque à la queue, est également typique de l'espèce.
Toutefois, le pelage possède de nombreuses variation selon les sous-espèces, la saison et la région : en été, le pelage prend une teinte brun roussâtre, les taches blanches sont disposées sous forme d’une ligne longitudinale sur tout le long des flancs. En hiver, le pelage s’assombrit et devient plus dense, les taches pouvant s'atténuer voire disparaître selon les individus et les sous-espèces.
Des cas de cerfs sikas blancs, résultant de mutations génétiques, ont été signalés dans certaines régions du Japon『日本の野生動物:哺乳類編』、2004年、。.
Bois Les bois, présents uniquement chez les mâles, tombent chaque année. Ils comporteront généralement entre deux, trois et quatre cors parfois plus, selon l’âge, la sous-espèce et les conditions environnementales『鹿の自然誌』、北海道大学出版会、2001年、, pouvant dépasser un total de huit cors. La forme et la taille des bois varient selon la sous-espèce, l’âge et les conditions environnementales.
Galerie
Taxinomie Le statut taxinomique du cerf sika est débattu. Autrefois considéré comme une sous-espèce du cerf élaphe (Cervus elaphus), il est aujourd’hui généralement reconnu comme une espèce distincte. Toutefois, certains auteurs continuent à le considérer comme une sous-espèce『哺乳類の生態と分類』、保育社、1975年、.
Sous-espèces
Dans son aire de répartition d’Asie de l’Est, on distingue de nombreuses sous-espèces de cerf sika. En Europe, il est souvent difficile d’identifier à quelle sous-espèce appartiennent les individus introduits : la plupart descendent de cerfs sika japonais, mais il est fréquent que plusieurs sous-espèces aient été hybridées, et, dans certains cas, des croisements interspécifiques avec le cerf élaphe ont été observés. Le volume consacré aux ongulés dans le Handbook of the Mammals of the World, un ouvrage de référence en mammalogie, distingue les sous-espèces suivantes :
Plusieurs sous-espèces sont reconnues au Japon, chacune correspondant approximativement à une île ou une région géographique. Les principales sont :
Nom binominal, auteur et références Image Description Localisation Synonymes et auteurs Sika du Japon(Cervus nippon nippon) (Temminck, 1838) Sous-espèce nominale de taille moyenne, à pelage tacheté en été. C’est la forme ancestrale d’où sont issues les autres populations japonaises. Kyūshū, Japon Cervus nippon centralis (Kishida, 1930) Cervus nippon aplodontus (Heude, 1884) Originaire du nord de Honshū, cette sous-espèce est adaptée aux climats frais. Taille plus robuste et pelage dense. Nord de Honshū, Japon Cervus nippon centralis (Kishida, 1930) 100px|centré Taille intermédiaire, commune dans le centre de Honshū. Connue pour sa proximité avec les humains (ex. : Nara). Honshū, Japon Sika d’Ézo(Cervus nippon yesoensis) (Heude, 1884) 100px|centré Plus grande sous-espèce japonaise, adaptée aux hivers froids. Pelage dense, taches moins visibles. Bois plus imposants. Hokkaidō, Japon Cervus yesoensis Heude, 1884 Cervus nippon yakushimae (Kuroda & Okada, 1950) 100px|centré La plus petite sous-espèce. Vit dans les forêts humides et montagneuses de Yakushima. Taille réduite et pelage foncé. Yakushima, Kyūshū, Japon Cervus nippon keramae (Kuroda, 1924) 100px|centré Très petite taille. Sous-espèce insulaire fortement protégée沖縄県環境部自然保護課『沖縄県レッドデータブック2017』、沖縄県、2017年、. Îles Kerama, Okinawa Cervus nippon mageshimae (Kuroda & Okada, 1950) Très proche morphologiquement de C. n. yakushimae. Mal connu ; vit exclusivement sur l’île de Mageshima. Mageshima, Japon Cervus nippon pulchellus (Imaizumi, 1970) Endémique de l'île de Tsushima. Taille moyenne, pelage tacheté, population en déclin. Tsushima, Japon Sika de Formose(Cervus nippon taiouanus) (Blyth, 1860) 100px|centré Éteinte à l’état sauvage, puis réintroduite. Robe très tachetée, taille moyenne. Taïwan Cervus nippon taiwanensis (orth. var.) Cervus nippon mandarinus (Milne-Edwards, 1871) Probablement éteinte à l’état sauvage. Taille moyenne, originaire du nord de la Chine. Nord de la Chine Cervus nippon grassianus (Heude, 1884) Statut incertain. Originaire du Shanxi. Connue uniquement de spécimens anciens. Shanxi, Chine Cervus nippon kopschi (Swinhoe, 1873) Pelage dense, bois développés. Sud-est de la Chine. Largement menacée. Chine orientale Cervus nippon mantchuricus (Swinhoe, 1864) 100px|centré Grande sous-espèce du nord-est de l’Asie. Parfois fusionnée avec C. n. hortulorum. Mandchourie (Chine, Corée, Russie) Cervus nippon hortulorum (Swinhoe, 1864) 100px|centré Statut controversé. Certains auteurs le distinguent de C. n. mantchuricus. Chine, Corée, Russie Peut être synonyme de C. n. mantchuricus Sika du Viêt Nam(Cervus nippon pseudaxis) (Gervais, 1841) 100px|centré Originaire du nord du Viêt Nam. Statut très incertain, parfois considéré comme une espèce à part. Espèce actuellement éteinte dans la nature. Viêt Nam Cervus pseudaxis (Gervais, 1841) Cervus nippon sichuanicus (Guo, Chen & Wang, 1978) Très peu connue, endémique du Sichuan. Taille moyenne. Menacée par la perte d’habitat. Sichuan, Chine Cervus nippon soloensis (Heude, 1888) Originaire de Java. Certaines sources le considèrent comme introduit. Java, Indonésie
La classification varie toutefois selon les critères utilisés. Par exemple, certains chercheurs regroupent les populations de Shikoku, de l’ouest de Honshū et de Kyūshū sous C. n. nippon, tandis que d'autres les séparent en plusieurs sous-espèces.
Systématique de différentes sous-espèces
Distribution
Dans son aire de répartition d’origine vignette|Distributions des populations de cerf sika. Le cerf sika est originaire d’Asie de l’Est. Son aire de répartition historique s'étendait du sud-est de l’Extrême-Orient russe à la partie nord-ouest de la péninsule Indochinoise (nord du Vietnam principalement), en passant par la plus grande partie de la Chine continentale, la péninsule Coréenne, le Japon et Taïwan.
Toutefois, l’espèce a disparu à l’état sauvage dans la majeure partie de la Chine, où elle ne subsiste qu'en populations très localisées, elle a presque disparue en Corée et au Vietnam et est localisée à Taïwan. Elle est aussi très localisée en Russie. Il n'y a qu'au Japon que l'espèce demeure répandue et commune.
En dehors du Japon, les populations ne subsistent à l’état sauvage que dans des zones protégées ou sont maintenues en captivitéHarris, R.B., 2008. Cervus nippon. The IUCN Red List of Threatened Species 2008: e.T41789A10598376. . Son statut varie considérablement selon les pays. Bien que l’espèce dans son ensemble se porte bien grâce aux florissantes populations du Japon, elle est éteinte ou menacée dans la majeure partie du reste de son aire d'origine.
Le cerf sika habite des forêts tempérées et subtropicales, souvent dans des zones également propices à l’agriculture ou à d’autres activités humaines. Son aire de répartition couvre certaines des régions les plus densément peuplées du monde, où les forêts ont souvent été défrichées depuis des siècles. Mais il a aussi disparu de longue date de vastes régions pourtant demeurées aujourd'hui très boisées et sauvages, même de forêts primaires, à cause de la chasse intensive dont il a fait l'objet, parfois depuis des millénaires.
Sur l’archipel Japonais Le Japon abrite de loin la plus grande population indigène de cerfs sika au monde, toujours largement répartie, bien qu’elle ait connu localement des déclins historiques dus à la chasse et à la déforestation. L’espèce est présente sur les quatre îles principales de l’archipel : Honshû, Shikoku, Kyûshû et Hokkaidô.
En 1993, la population y était estimée entre , principalement en raison des efforts de conservation récents et de l’extinction du loup, son principal prédateur, il y a plus d’un siècle. En l’absence de prédateur, les populations de cerfs sika ont explosé, causant aujourd’hui des problèmes de surpopulation dans de nombreuses régions, avec des effets néfastes sur les forêts et les terres agricoles. Les autorités cherchent désormais à limiter leur nombre plutôt qu’à les protéger. Aucune de ses sous-espèces n’est menacée à l’exception de la sous-espèce C. n. keramae, présent uniquement sur les petites îles Kerama.
Plus d'un millier d'entre eux vivent à Nara. À Hokkaisô la population est stable, voire en augmentationMatsuda, H. et al., 2012. The population dynamics and management of sika deer in Japan. In: McCullough, D.R., Takatsuki, S. & Kaji, K. (dir.), Sika Deer: Biology and Management of Native and Introduced Populations, Springer. . Dans les autres régions, notamment dans certaines zones montagneuses de Honshû, la population connaît une expansion, notamment du fait du déclin de l’activité humaine dans les zones rurales.
En 2015, le ministère japonais de l’Environnement estimait la population de cerfs sika à environ au Japon, y compris à Hokkaidō.
Dans d’autres parties de l’Asie La Chine abritait autrefois la plus grande population de cerfs sika, mais des millénaires de chasse et de destruction des habitats ont réduit leur nombre à moins de Harris, R.B. (2015). « Cervus nippon », *IUCN Red List of Threatened Species*, 2015 : e.T41788A22155877, doi:[10.2305/IUCN.UK.2015-2.RLTS.T41788A22155877.en](https://doi.org/10.2305/IUCN.UK.2015-2.RLTS.T41788A22155877.en), consulté le 12 novembre 2021.. Sur les cinq sous-espèces présentes dans le pays, C. n. mandarinus est considéré comme éteint à l’état sauvage depuis les années 1930, tandis que C. n. grassianus n’a plus été observé à l’état sauvage depuis les années 1980. Le statut de C. n. hortulorum en Chine est incertain, mais il est probablement éteint et les observations concernent plutôt des populations férales.