thumb|Stand consacré à la cryosphère, COP 29, 11 novembre 2024, qui alerte sur la fonte des glaces et des pergélisols et sur ses conséquences. thumb|Edward Samuel Miliband, secrétaire d'État à la sécurité énergétique et à la neutralité carbone au Royaume-Uni, lors de la COP 29, le .

La conférence de Bakou de 2024 sur les changements climatiques, ou COP 29, est la sur le Climat organisée par l'Organisation des Nations unies. Elle se déroule du 11 au à Bakou (capitale de l'Azerbaïdjan, dont l'économie dépend fortement des exportations de pétrole et de gaz, comme les Émirats arabes unis, où s'est tenue la COP 28 l'année précédente). Elle réunit les pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ses enjeux sont de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement mondial à + (par rapport aux niveaux préindustriels, conformément à l'accord de Paris sur le climat), et rendre les communautés plus résilientes. La priorité de cette COP, rappelée par Simon Stiell (de l'ONU Climat) est donc que les dirigeants des pays riches s'accordent sur le soutien financier aux pays en développement. Il doit être suffisant pour que ces pays puissent se développer sans charbon ni pétrole, tout en affrontant plus de canicules et d'inondations, en sachant qu'ils sont aussi les plus exposés et vulnérables aux conséquences du changement climatique, alors qu'ils y ont le moins contribué. Ces pays estimaient en 2022 avoir besoin d'environ 116 milliards de dollars par an.

La conférence réunit, outre des personnalités politiques et gouvernementales, des chefs d'entreprise, des jeunes, des climatologues, des représentants des peuples autochtones, d'ONG et de la société civile, devant travailler à accélérer et renforcer l'action climatique mondiale, collective et inclusive. La plupart des ONG déplorent la présence de lobbyistes des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz) accrédités comme observateurs, voire intégrés dans certaines délégations de gouvernements.

Close le avec de retard sur l'heure officielle de clôture, la conférence s'achève un paquet final de décisions qui ne satisfait aucune des parties ni les associations environnementales. Les deux principales décisions concernent un objectif de financement climatique d’au moins par an d’ici 2035 pour les pays en développement et la définition des règles du marché carbone (articles 6.2 et 6.4 de l’accord de Paris). L’appel à la « transition juste » vers la sortie des énergies fossiles, acquis principal de la COP28 à Dubaï, n’apparaît pas de façon claire dans le texte final et un texte publié juste avant le communiqué final laisse même entendre que le gaz naturel fossile pourrait être un combustible de transition.

Organisation Date et lieu L'organisation d'une COP est tournante selon les blocs géographiques des Nations unies.. Après l'Asie-Pacifique et les Émirats arabes unis en 2023 à Dubaï, la COP 29 doit se tenir dans la région « États d'Europe orientale » en ... Lors de la conférence de Charm el-Cheikh, en Égypte en , la République tchèque et la Bulgarie avaient annoncé qu'elles envisageaient de présenter une candidature pour accueillir la conférence suivante... Lors de la réunion de Bonn sur le changement climatique en , l'Arménie et l'Azerbaïdjan annoncent également leur intérêt pour accueillir la COP 29.. Mais, avec le retrait de la République tchèque et de la Bulgarie courant 2023, ne restaient à l'approche de la COP 28 donc que l'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux États volontaires, mais qui s'excluaient mutuellement en raison du conflit qui les a opposé dernièrement, la seconde guerre du Haut-Karabagh. Mais lors de la COP 28 de Dubaï, l'Arménie annonce le avoir entamé un travail de normalisation de ses relations avec l'Azerbaïdjan et donc soutenir sa candidature. Le , l'attribution à l'Azerbaïdjan est finalement avalisée par les participants à la COP 28..

Présidence Le , l'Azerbaïdjan annonce que cette sera présidée par Mukhtar Babayev, Ministre azerbaïdjanais de l'Écologie et des Ressources naturelles et ancien employé au département des relations économiques extérieures de la compagnie pétrolière nationale SOCAR. C'est la deuxième fois que la conférence est présidée par un homme passé par le secteur pétrolier de son pays, après celle de 2023 et son président Sultan Al-Jaber..

Organes vignette|Articulation des différents organes de la CNUCC. L'organe suprême de gouvernance et de décision de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques est la conférence des Nations unies sur les changements climatiques, qui prend la forme d’une conférence des parties (COP). La COP sert également le protocole de Kyoto (CMP) et l'accord de Paris (CMA). Deux organes subsidiaires permanents. se réunissent en parallèle deux fois par an, lors des intersessions (en général au Campus des Nations unies à Bonn) : l'Organe subsidiaire d’avis scientifique et technique (SBSTA), qui fournit l'appui scientifique nécessaire et propose des avis concernant le développement et le transfert de technologies, et l'Organe subsidiaire de mise en œuvre (SBI), qui a pour but de vérifier et évaluer la mise en œuvre de la convention.

À Bakou, parallèlement à la COP 29 sont organisés la CMP-19 (la des parties au protocole de Kyoto) et la CMA-6 ( des parties à l’accord de Paris)..

Composition du comité d'organisation La composition de la conférence est annoncée le .. Elle est initialement uniquement masculine., après des protestations, le président annonce l'ajout de douze expertes féminines...

Réunions préparatoires Conférence technique sur le climat (Bonn, 3 au 13 juin 2024) La Conférence technique sur le climat de Bonn, qui s'est tenue du 3 au , a rassemblé des délégués de gouvernements, d'organisations internationales et de la société civile pour avancer sur plusieurs fronts en matière de politique climatique. Ont notamment été abordés la préparation des nouveaux engagements climatiques (CDN) d'ici le début de l'année 2025. Le rôle des entreprises dans la réduction des émissions et le soutien à l'ambition des gouvernements a été souligné, mais des études ont montré que le secteur privé n'est toujours pas à la hauteur en matière d'intégrité, de mise en œuvre et de sensibilisation..

Concernant le financement climatique, le Sud global continue à demander un soutien accru afin pour renforcer ses ambitions climatiques. L'objectif de 100 milliards de dollars par an fixé pour 2020, et atteint seulement en 2022 avec deux ans de retard, est jugé largement insuffisant, alors que les besoins réels, y compris les coûts liés aux pertes et préjudices causés par le changement climatique, sont estimés à environ de dollars.. Avant le début des discussions à Bonn, l'Inde proposait d'atteindre un nouvel objectif de de dollars par an à partir de 2030. Finalement, la coalition Alliance des petits États insulaires (Aosis) et d'autres pays ont proposé une enveloppe annuelle de de dollars (Ce qui équivaut approximativement à 0,20 dollar par litre de pétrole extrait). Au final un projet de texte de a été élaboré, mais sans montant annuel à allouer aux pays pauvres, ce qui n'augure rien de bon pour la COP de novembre..

Sommet de l'ONU - Climate week 2024 (New York, 22-29 septembre 2024) La Climate Week de New York s'est tenue du 22 au . Des solutions pragmatiques face à l'urgence climatique y ont été proposées. Le thème central était la nécessité d'une collaboration à grande échelle, en particulier entre entreprises, gouvernements et acteurs financiers. Parmi les messages clés, on a souligné l'importance de rediriger les subventions des combustibles fossiles vers des solutions climatiques locales équitables, tout en intensifiant les efforts de décarbonation via des plans de transition robustes.. Une nouvelle étude menée par C40 Cities et le Conseil des maires pour la migration (MMC), juste avant la Semaine du climat, présente l'ampleur et les répercussions de la migration climatique dans les villes au cours des vingt-cinq prochaines années. Si le monde ne parvient pas à atteindre l'objectif de l'accord de Paris de 2015 visant à limiter le réchauffement climatique à par rapport aux niveaux préindustriels, jusqu'à 8 millions de personnes pourraient migrer vers ces villes avant 2050. Bogota a ainsi annoncé rejoindre l'initiative Breathe Cities pour lutter contre la pollution de l'air et améliorer la santé publique de ses 7,9 millions d'habitants..

En marge des événements de la Semaine du climat de New York et de l'Assemblée générale des Nations unies, Bloomberg Philanthropies, la présidence de la COP28 et l'Institut des ressources mondiales (WRI) ont réuni des dirigeants pour un dialogue politique de haut niveau de la Coalition pour des partenariats multiniveaux de grande ambition (CHAMP). Parmi les principales annonces, figure le soutien de Bloomberg Philanthropies à l'organisation d'une réunion ministérielle urbaine sur le climat lors de la COP 29, en s'appuyant sur le succès du sommet local sur l'action climatique de la COP 28.

Participants Environ sont attendus à la COP. Environ personnes seraient accréditées (hors personnel technique et organisateurs).

Séquence de haut niveau des 11 et 12 novembre 2024 Les Chefs d'État et de gouvernement y prononcent leur allocution nationale, généralement en présentant les politiques climat nationales, de témoigner directement des effets du dérèglement climatique subis, de s'engager à fournir un soutien financier et de critiquer, voire montrer du doigt des pays n'ayant pas respecté leurs engagements précédents.. Simon Stiell (Secrétaire exécutif du Secrétariat des Nations unies sur les changements climatiques) y a lancé un appel pressant pour des mesures concrètes et ambitieuses contre le changement climatique ; dont en réformant le système financier mondial pour qu'il cesse de contribuer à détruire le climat et qu'il donne aux pays les moyens budgétaires d'émettre moins de carbone et de s'adapter au dérèglement climatique, et en corrigeant les marchés internationaux du carbone en finalisant l'article 6 de l'accord de Paris.

Au final 77 dirigeants (sur les 197 Parties à la CCNUCC) ont prononcé un discours, contre 97 à Dubaï. Parmi les dirigeants absents de cette liste, figurent ceux de plusieurs pays grands émetteurs (Afrique du Sud, Australie, Canada, Chine, États-Unis, Inde, Indonésie…) et le Président de la République française. Sur les 20 membres du groupe de pays G20 (19 pays + l'UE dans son ensemble), seuls les dirigeants de quatre pays (Brésil, Italie, Royaume-Uni et Turquie) et l'UE, soit un quart, participent à la séquence de haut niveau, alors que l'ensemble des pays du G20 représentent 77 % des émissions de GES en 2023.

Critiques Azerbaïdjan : un État très dépendant des énergies fossiles vignette|redresse=1.4|Part des énergies fossiles dans le PIB des 10 premiers pays les plus dépendants du pétrole et du gaz (moyenne 2015-2018). L'Azerbaïdjan est un pays très dépendant des combustibles fossiles et est l'un des dix premiers États pétro-gaziers. Selon une publication de Carbon tracker du ., reprise par Climate Home News le , le pays est, avec 64 % du PIB sur la moyenne 2015-2018, en neuvième position, derrière l'Irak, la Guinée équatoriale, le Soudan du Sud, Oman, la Libye, Bahrein, l'Arabie Saoudite et Koweïth.. Par ailleurs : le pétrole et le gaz sont à l'origine de plus de 98 % de son approvisionnement en énergie ; en 2021, le secteur pétro-gazier représentait près des deux tiers (64 %) de son PIB, soit plus que les Émirats arabes unis (52 %) ; en 2021, 90 % des recettes d'exportations provenaient du secteur pétro-gazier.

Conflits d'intérêts