La maison capétienne de Courtenay est une branche cadette de la maison capétienne, issue de Pierre de France (v. 1126 – 1180/83), sixième fils du roi de France Louis VI le Gros (1081 – 1137), devenu seigneur de Courtenay par son mariage avec l'héritière de la maison de Courtenay.

Issue de la famille royale française des Capétiens en ligne masculine et légitime, elle règna principalement sur l'empire latin de Constantinople. Très puissante jusqu'au XIII siècle, notamment grâce à l'alliance de l'impératrice Catherine de Courtenay avec Charles de Valois, fondateur de la maison de Valois, la maison capétienne de Courtenay perdit peu à peu de son importance. Ils n'étaient plus que de simples seigneurs dès le XV siècle en termes de possessions mais auréolés d'un certain prestige.

Lors de la mort d'Henri III, dernier des Valois, la maison capétienne de Courtenay aurait pu monter sur le trône de France à place des Bourbon.

Bien que descendants en ligne masculine et légitime, les Courtenay, malgré plusieurs demandes et la reconnaissance de leur ascendance royale par le parlement, n'ont jamais pu obtenir le titre de prince du sang, ni hériter du trône de France car Saint-Louis a été désigné comme ancêtre de la lignée royale.

Histoire Le mariage de Pierre de France avec Élisabeth de Courtenay, héritière de la branche aînée des seigneurs de Courtenay, a lieu en 1150Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d'Europe, Bordas, 1995, . Ils fondent ainsi la seconde maison de Courtenay. Ils eurent une nombreuse descendance, issue principalement de leurs fils Pierre II de Courtenay (branche aînée) et Robert de Courtenay (branche cadette).

La branche aînée vignette|200 px|Pierre II de Courtenay

Pierre II de Courtenay, fils aîné de Pierre de France et d'Élisabeth de Courtenay, devient comte d'Auxerre et de Nevers par son mariage en 1184 avec la comtesse Agnès de Nevers. Veuf, il se remarie en 1193 avec Yolande de Hainaut. En 1216, à la mort du frère de son épouse l’empereur latin de Constantinople Henri de Hainaut, les barons de Constantinople choisissent Pierre II de Courtenay pour lui succéderIls ont d'abord proposé la couronne impériale au roi André II de Hongrie (gendre de Pierre II de Courtenay, marié à sa fille Yolande), qui l'a refusée.. Mais il est fait prisonnier alors qu’il tente de rejoindre Constantinople, et meurt en captivité en 1219.

Ses fils tentent tant bien que mal de conserver cet empire en vendant leurs possessions (dont le marquisat de Namur). L'empereur Robert de Courtenay est chassé de Constantinople par ses sujets en 1228. Son frère lui succède sous le nom de Baudouin II de Courtenay, mais perd l'empire grec lorsque Constantinople est reprise par les Byzantins aidés des Génois en 1261, et meurt en exil en Italie en 1273. Sa petite-fille, Catherine de Courtenay, épouse en 1300 Charles de Valois, fils cadet de Philippe le Hardi, ce qui fait passer une part notable des domaines des Courtenay à la maison de France (Valois) (avec Courtenay même, qui est joint ensuite au domaine des Navarre-Évreux, puis des Dammartin et de leurs descendants).

La branche cadette vignette|La bataille de Mansourah. Miniature du maître du Cardinal de Bourbon, tirée du Livre des faiz Monseigneur saint Loys jadis roy de France, BNF.

Robert I de Courtenay-Champignelles, second fils de Pierre de France et d’Élisabeth de Courtenay, reçoit quelques seigneuries, dont celle de Champignelles. L'un de ses fils, , accompagne saint Louis en Terre-Sainte lors de la septième croisade ; il est tué à la bataille de Mansourah (1250)Alice Saunier-Seité, Les Courtenay, Éditions France-Empire, 1998, p.213-223, , pendant laquelle est également tué le frère du roi, Robert I d'Artois. Sa fille unique Amicie de Courtenay épouse le comte Robert II d'ArtoisIls sont les parents de Mahaut d'Artois, connue comme étant l'une des héroïnes du roman historique Les Rois maudits de Maurice Druon, et de Philippe d'Artois, lui-même père de Robert III d'Artois, le neveu et concurrent de Mahaut pour la possession du comté d'Artois., le fils de Robert d’Artois. En 1285, Robert de Courtenay-Champignelles, seigneur de Champignelles (petit-fils de Robert I de Courtenay-Champignelles) devient le chef de la maison de Courtenay à la mort de Philippe de Courtenay, fils de l’empereur Baudouin II de Courtenay.

vignette|180px|Sully, époux en premières noces d'Anne de Courtenay vignette|180px|Armes de Courtenay dans le Recueil des rois de France de Jean du Tillet ().

Après l’extinction de la branche aînée, la famille de Courtenay sombre dans l'oubli. Ce sont des seigneurs de province peu pourvus en terres, la branche aînée ayant vendu la plupart des possessions de la famille pour essayer de se maintenir à la tête de l'empire latin d'Orient. L’un des descendants de Robert de Courtenay, Jean III de Courtenay-Champignelles, est fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers en 1356, puis il combat par la suite aux côtés de Bertrand du Guesclin. Son neveu Pierre III de Courtenay-Champignelles occupe les charges de chambellan et de conseiller auprès du roi de France Charles VI. Un autre représentant de la famille, François de Courtenay-Bléneau, est armé chevalier à Marignan (1515), et Anne de Courtenay, autre descendante de Robert , devient en 1583 la première épouse du ministre Sully.

Le statut de chef de la maison de Courtenay se transmet au fil du temps d'une branche à l'autre, en 1472 à Jean II de Courtenay, seigneur de Bléneau, puis en 1655 à Louis de Courtenay, seigneur de Chevillon. À partir de 1603, ils tentent vainement de faire reconnaitre, à plusieurs reprises, leur qualité de « princes du sang royal ». Le dernier mâle de l’ultime branche meurt en 1733, et la famille s'éteint le , avec le décès de sa nièce, Hélène de Courtenay (1689-1768), marquise de Bauffremont.

Filiation Louis VI le Gros (1081-1137), roi de France x 2) Adèle de Savoie (généalogie des Capétiens directs) │ ├2>Louis VII (1120-1180), roi de France │ │ │ └─> capétiens directs │ ├2>Robert (1123-1188), comte de Dreux │ │ │ └─> maison capétienne de Dreux │ └2>Pierre (1126-1183) x Élisabeth de Courtenay (1127-1205), dame de Courtenay │ ├─>Pierre II (1155-1219), empereur latin de Constantinople │ x 1) Agnès Ire, comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre │ x 2) Yolande de Hainaut │ │ │ ├1>Mathilde (1188-1257), comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre │ │ x 1) Hervé IV de Donzy : d'où la suite des comtes de Nevers, Auxerre et Tonnerre, barons de Donzy │ │ x 2) Guigues IV de Forez │ │ │ ├2>Marguerite (1194-1270) │ │ x 1) Raoul de Lusignan (d'Eu), comte d'Issoudun │ │ x 2) Henri, seigneur de Vianden : Postérité │ │ │ ├2>Philippe II (1195-1226), margrave de Namur │ │ │ ├2>Sibylle (1197-1210), nonne │ │ │ ├2>Elisabeth (1199-ap.1269) │ │ x 1) Gaucher, comte de Bar-sur-Seine │ │ x 2) Eudes de Bourgogne, seigneur de Montaigu : Postérité │ │ │ ├2>Yolande (1200-1233) │ │ x André II de Hongrie, d'où Yolande (Postérité : rois d'Aragon, de Castille et de France) │ │ │ ├2>Robert (1201-1228), empereur latin de Constantinople │ │ │ ├2>Agnès (1202-ap.1247) │ │ x Geoffroy II de Villehardouin, prince de Morée │ │ │ ├2>Marie (1204-1222) │ │ x Théodore Lascaris, empereur byzantin de Nicée │ │ │ ├2>Henri (1206-1229), margrave de Namur │ │ │ ├2>Eléonore (1208-1230) │ │ x Philippe de Montfort, seigneur de Castres : Postérité │ │ │ ├2>Constance (1210-), nonne à Fontevrault │ │ │ └2>Baudouin II (1218-1273), empereur latin de Constantinople │ x Marie de Brienne │ │ │ └─>Philippe (1243-1283) │ x Béatrice de Naples │ │ │ └─>Catherine Ire, dame de Courtenay, Chantecoq et Piffonds en 1303 │ x Charles de France, d'où Catherine II, et Jeanne de Valois (x Robert III d'Artois) │ ├─>Ne (1158-) │ x Eudes de la Marche │ ├─>Alice de Courtenay │ x 1) Guillaume de Joigny : Postérité éteinte avec leur fils Pierre Ier de Joigny, † 1222 │ x 2) Aymar Taillefer, comte d'Angoulême : leur fille Isabelle devient reine d'Angleterre │ ├─>Eustachie (1164-1235) │ x 1) Guillaume de Brienne, seigneur de Ramerupt │ x 2) Guillaume de Champlitte, prince d'Achaïe │ x 3) Guillaume , comte de Sancerre (sa épouse ; de la , Mahaut de Charenton tante de Renaud III de Montfaucon-Charenton ci-dessous, Guillaume eut sans doute Louis Ier de Sancerre ci-dessous) │ ├─>Clémence │ x Gui VI, vicomte de Thiers │ ├─>Robert (1168-1239), seigneur de Champignelles-en-Puisaye │ x 1) Constance de Toucy │ x 2) Mahaut de Mehun-sur-Yevre (de la maison de Vierzon) │ │ │ ├1>Clémence (1202-1250) │ │ x Jean II du Donjon (de Corbeil) d'Yerres │ │ │ ├1>Agnès, dame de Bléneau (1204-) │ │ x Raoul du Fresne et/ou ~1220 Gibaud de Saint-Vérain (leur arrière-petite-fille Marguerite de Bléneau marie Jean II de Champignelles ci-dessous) │ │ │ ├2>Blanche (1217-) │ │ x Louis , comte de Sancerre : d'où la suite des comtes de Sancerre │ │ │ ├2>Pierre (1218-1250), seigneur de Conches et de Mehun │ │ x Perenelle de Joigny, dame de Château-Renard │ │ │ │ │ └─>Amicie (1250-1275) │ │ x Robert II d'Artois : grands-parents de Robert III d'Artois ci-dessus │ │ │ ├2>Isabeau (1219-1257) │ │ x 1) Renaud II/III de Montfaucon et Charenton │ │ x 2) Jean de Bourgogne le Sage ou l'Antique, comte de Chalon, comte-régent de Bourgogne, sire de Salins (sa deuxième épouse) : d'où la tige des Chalon-Auxerre-Tonnerre, seigneurs de Rochefort, comtes d'Auxerre et de Tonnerre │ │ │ ├2>Philippe (1221-1246), seigneur de Champignelles │ │ │ ├2>Raoul (1223-1271), seigneur de La Motte-Messire-Raoul (à Villeneuve) et d'Illiers en Auxerrois (ou Villiers ? : Villiers ?), comte de Chieti │ │ x Alix de Montfort, comtesse de Bigorre │ │ │ │ │ └2>Mahaut (1254-1303) │ │ x Philippe de Dampierre, comte de Teano │ │ │ ├2>Robert (1224-1279), évêque d'Orléans │ │ │ ├2>Jean (1226-1271), archevêque de Reims │ │ │ └2>Guillaume (1228-1280), seigneur de Champignelles ( branche de Champignelles) │ x 1) 1252 Marguerite de Bourgogne-Auxonne, fille de Jean de Chalon le Sage ci-dessus et de sa première femme, Mahaut ou Mathilde de Bourgogne │ x 2) Agnès de Toucy-Charenton, fille d'Anséric II de Toucy de Bazarnes et nièce de Renaud III de Montfaucon-Charenton ci-dessus │ │ │ ├1>Robert (1251-1324), archevêque de Reims │ │ │ ├1>Isabeau (1253-1296) │ │ x Guillaume de Dampierre, seigneur de Bessay, fils puîné d'Archambaud VIII │ │ │ ├1>Marguerite (1256-ap.1290) │ │ x 1) Raoul III Sores d'Estrées │ │ x 2) Renaud Ier de Trie : parents du maréchal Renaud II │ │ │ ├1>Pierre (1259-1290) │ │ │ └2>Jean (1265-1318), seigneur de Champignelles │ x 1290 Jeanne, dame de St-Brisson, fille d'Étienne de Sancerre, sire │ │ de St-Brisson et Châtillon │ ├─>Jean II (1291-1334), seigneur de Champignelles │ │ x ~ 1328 Marguerite de Saint-Vérain, dame de Bléneau │ │ │ │ │ ├─>Alix (1329-1370) │ │ │ x Erard II de Thianges-Vallery, d'où semble-t-il Anne de Vallery, x Jean │ │ │ Ier de Courtenay-La Ferté-Loupière │ │ ├─>Jean III (1330-1392), seigneur de Champignelles │ │ │ x Marguerite de Thianges │ │ │ │ │ └─>Pierre II (1334-1394), seigneur de Champignelles │ │ x Agnès de Melun-La Borde, tante du Grand-maître Charles │ │ │ │ │ ├─>Pierre III (1377-1411), seigneur de Champignelles et St- Brisson │ │ │ x Jeanne Braque, fille de Blanchet Braque et de Jeanne/Marie, fille de Gaucher VIII de Châtillon-Porcien, petite-nièce de Jean Braque, arrière-petite-fille de Nicolas Braque sire de St-Maurice et Châtillon-sur-Loing, remariée veuve à Jean II Lourdin de Saligny de Randan de La Motte-St-Jean │ │ │ │ │ │ │ └─>Jean IV (1410-1472), sgr. de Champignelles et St-Brisson │ │ │ x 1) Isabeau, fille de l'amiral Jacques de Châtillon- Dampierre │ │ │ x 2) Marguerite de Longval ; Jean IV a toute une postérité de son fils naturel Pierre, le bâtard de St-Brisson : les du Chesne-Saint-E(u)soge (à Rogny) et les Changy (à Gy) │ │ │ │ │ ├─>Marie (1373-ap.1409)