Imad Lahoud (en arabe : عماد لحود), né au Liban le , est un homme d'affaires français.
Installé depuis 2013 aux Émirats arabes unis, il a dirigé plusieurs entreprises de l'aéronautique. Depuis 2019, il est directeur technique d'une entreprise de recherche (Nesmah).
Agrégé de mathématiques en 2009, il a été professeur de mathématiques.
Il a été auparavant directeur scientifique d'un laboratoire de recherches du groupe franco-allemand EADS., devenu Airbus Group.
Il a notamment été impliqué dans le cadre de l'affaire Clearstream 2.
Biographie Naissance et famille Imad Lahoud est né dans une famille chrétienne maronite du Liban. À la longue tradition militaire. Son grand-père a servi dans l'armée française du temps où le Liban était sous mandat français. Ses oncles du côté maternel ont tous occupé de hautes fonctions. Le premier, Victor Khouri, a été commandant en chef de l'armée libanaise entre 1977 et 1982 et ministre de la Défense pendant les premiers mois de 1979. Le second, Michel Khouri, a dirigé le deuxième bureau les services de renseignement de l'armée pendant des années. Son père, Victor Lahoud, fut également officier, comme deux de ses frères, formé en France au sein de l'École de cavalerie de Saumur. Ce dernier a servi deux ans dans le renseignement de façon officielle avant de retourner dans un régiment classique mais il a gardé des activités plus ou moins secrète pour le compte de Victor Khouri.
Imad Lahoud est le frère de Marwan Lahoud, ancien chief executive officer de MBDA, la branche missile d'EADS issue de la fusion de l'Aérospatiale et des missiles Matra, puis directeur général d'EADS, renommé AIRBUS, jusqu'à son départ sans préavis en ., impliqué dans le scandale de corruption qui secoue alors le groupe aéronautique..
La rumeur d’une parenté supposée d'Imad et Marwan avec le général Émile Lahoud, président de la République du Liban a été longtemps entretenue par Imad lui-même. Du fait de l'ampleur prise par l'affaire en France en , la présidence de la République libanaise a dû affirmer dans un communiqué qu'Imad n'avait aucun lien de parenté avec le chef de l'État Émile Lahoud, mais que ce dernier a par contre un neveu prénommé Imad« Les coups de bluff d'Imad Lahoud » - Ariane Chemin et Franck Johannes, Le Monde, 30 mai 2006..
Études et formation Après des études au lycée jésuite Saint-Louis-de-Gonzague à Paris , il obtient son baccalauréat en 1985Imad Lahoud, Le coupable idéal, Éditions Privé, Paris, 2007 .. En 1989, Imad Lahoud obtient un DEA en physique. Il commence à s'intéresser aux modèles mathématiques utilisés dans le monde de la finance lors de son stage de fin d'études au Gan. Le directeur financier auprès de qui il travaille est titulaire d'un doctorat de mathématiques. Il trouve l'expérience « amusante » et décide de suivre cette voie. Il obtient l'année suivante, un DEA de mathématiques avec mention.
Parcours professionnel Les années trader Il décroche rapidement une place à la Citibank à Paris pour s'occuper de produits dérivés. (…). Après la Citibank, en 1991, il passe 4 ans à Londres à différents postes chez UBS Merrill Lynch et Salomon.
En 1998, il crée le fonds Volter Fund : d'euros hébergés aux îles Vierges et gérés par HL Gestion (HL pour Heilbronner et Lahoud). Le Gan, Imad Lahoud, la bosse du bluff, liberation.fr, 9 juin 2006., Fortis et les AGF y investissent. Imad Lahoud fait alors l'objet d'un reportage d'Éric Rochant, Traders, programmé sur Arte le .
Le fonds fait faillite en trois jours à la rupture de la bulle des nouvelles technologies, à l'été 2000. Fortis porte plainte en pour escroquerie et usage de faux. Imad Lahoud fait trois mois de détention provisoire.
DGSE
Début , il collabore ponctuellement avec la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) pour lutter contre le financement du terrorisme, mais cette collaboration prend rapidement fin à la fin du mois de mai.
Selon le journal Libération du , il prétendait détenir des informations sur des opérations de « noircissement d'argent » propre vers des fonds clandestins autour de la famille ben Laden jusqu'à début 2001. À la demande du général Philippe Rondot, chargé au ministère de la Défense de la coordination des services de renseignements et des opérations spéciales, une dizaine de rencontres sont organisées entre la DGSE et Imad Lahoud de janvier à . Des missions de récupération de documents sont alors programmées, mais sans résultats. En , la DGSE arrête cette collaboration. Les juges saisissent le « dossier de contact » avec Imad Lahoud pendant leur perquisition à la DGSE fin .
EADS (2003 - 2007) En 2003, il est recruté par Jean-Louis Gergorin à EADS, sur recommandation de son frère Marwan, comme consultant puis est nommé en 2005 directeur scientifique au centre de recherche de Suresnes.
C'est à ce titre que le , Imad Lahoud, présente à une vingtaine de fonctionnaires de la défense et des services de renseignement français, les résultats d'une étude de plusieurs mois montrant une vulnérabilité majeure dans le BlackBerry. Pour les informaticiens du centre de recherche de EADS, cette faille est surprenante. Alors que les différentes briques composant l'architecture de sécurité du BlackBerry se sont toutes révélées très solides, une seule, celle concernant l'algorithme de compression-décompression des données, présenterait des faiblesses. Les e-mails reçus sur un BlackBerry transitant systématiquement par les serveurs de la société éditrice, Research in Motion (RIM), situés au Canada et en Grande-Bretagne, les chercheurs de EADS ont donc émis de sérieux doutes sur la sécurité du système .
Affaires judiciaires Affaire Clearstream 2
Selon des notes de la DST jamais publiées, mais citées abondamment dans la presse, Imad Lahoud est suspecté d'être l'auteur des lettres anonymes et des CD-ROM envoyés au juge Renaud Van Ruymbeke instruisant l'affaire des frégates de Taïwan. Ces documents anonymes sont à l'origine de l'affaire Clearstream 2.
Liens avec EADS : Imad Lahoud est le frère de Marwan Lahoud, ancien CEO de MBDA, la branche missile d'EADS et nouveau Directeur Général d'EADS, nommé en . En , Imad Lahoud entre dans le groupe aéronautique EADS. Il aurait été recruté à EADS par Jean-Louis Gergorin, alors vice-président d'EADS, chargé de la stratégie du groupe, sur recommandation du général Philippe Rondot. À l'été 2004, il est responsable du service chargé de la sécurité informatique dans un centre de recherche d'EADS. Son équipe aurait découvert une failleForums Blackberry. du logiciel des BlackBerry. Elle a aussi travaillé pour la sûreté des systèmes d'information embarqués chez Airbus. Liens avec le général Philippe Rondot : Imad Lahoud est le fils d'un officier supérieur libanais. En 2003, Jean-Louis Gergorin présente Imad Lahoud au général Rondot, conseiller du ministre de la Défense pour le renseignement et les opérations spéciales. Imad Lahoud affirme pouvoir aider la DGSE à lutter contre le terrorisme islamiste par sa connaissance des réseaux de la finance internationale. Liens avec la DGSE : de février à , Imad Lahoud travaille pour la DGSE comme « bénévole », communément appelé « honorable correspondant ». Liens avec le journaliste Denis Robert : en , Imad Lahoud rencontre dans sa maison près de Metz l'écrivain-journaliste Denis Robert pour sa connaissance du système Clearstream. Denis Robert affirme qu'il lui a remis un CD-ROM contenant les listings de comptes Clearstream, ce que démentira Imad Lahoud devant les juges. Selon Philippe Rondot, Imad Lahoud copie également son disque dur lors d'un moment d'inattention de son hôte. , a dit au Monde Denis Robert, Le dossier réunit cinq protagonistes souvent proches des services de renseignement français - Le Monde, 28 avril 2006. Dans une fin non publiée de son dernier livre La Domination du monde postée sur son blogLa Domination du monde - Blog de Denis Robert., Denis Robert met en scène un « corbeau » écrivant à un juge d'instruction à l'issue d'une enquête d'un journaliste contre une multinationale de la finance. Liens avec Florian Bourges : Florian Bourges est un ancien auditeur d'Arthur Andersen entendu comme témoin par les juges le . Il aurait obtenu les fichiers Clearstream originaux lors d'un audit officiel de Clearstream dans les suites de la sortie de Révélation$ de Denis Robert. Florian Bourges aurait remis des listings authentiques et anonymes de comptes Clearstream à Imad Lahoud en . Il a remarqué une ressemblance entre des colonnes de ses propres fichiers et les faux remis au juge Renaud Van Ruymbeke au printemps 2004. Imad Lahoud aurait utilisé le pseudonyme « MatrixNeo » sur les faux comme sur son ordinateur expertisé par la justice. Selon lui, Imad Lahoud, employé à EADS, s'est fait passer pour un agent des services secrets travaillant sur le financement du terrorisme pour se faire remettre les fichiers Clearstream. Rencontres avec Nicolas Sarkozy : en , Imad Lahoud a déclaré avoir « rencontré » Nicolas Sarkozy « à deux reprises » en 2004 pour « évoquer » ce dossier, ce que le ministre de l'intérieur, partie civile dans cette affaire, a démenti. Il avait nié toute rencontre avant cette date et cette déclaration semble motivée par la sortie le du livre Un fiasco français par le journaliste du Figaro Éric DecoutyAffaire Clearstream : Imad Lahoud affirme avoir Nicolas Sarkozy - Le Monde/AFP, 3 novembre 2006.. Intrusion dans le système de Clearstream : selon le général Rondot, Imad Lahoud aurait pénétré devant lui, à deux reprises, le système informatique de Clearstream. Lors de ces communications en ligne, Imad Lahoud lui aurait alors montré les comptes nominatifs incriminés. Cette intrusion a été niée par son avocat M Olivier Pardo. Transmission d'un CD-ROM à la DGSE : Imad Lahoud nie toute implication dans cette affaire, ainsi que Jean-Louis Gergorin. Lors d'une conférence de presse le , il a réaffirmé qu'. Il a confirmé avoir récupéré un CD-ROM de comptes Clearstream auprès de Denis Robert et l'avoir confié le jour même à un collaborateur du général Dominique Champtiaux, directeur de cabinet de Pierre Brochand, directeur de la DGSE. Procédure : le , son domicile privé est à nouveau perquisitionné par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons dans le cadre de l'affaire Clearstream 2. Du matériel informatique a été saisi. Auparavant, son domicile avait déjà été perquisitionné en et son bureau chez EADS en . Imad Lahoud a été placé en garde à vue le au matin. Sa mise en examen pour lui a été notifié le . Condamnations : Imad Lahoud, a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis et d'amende dans une affaire d'abus de biens sociaux. Soupçonné d'être le falsificateur des listings informatiques dans l'affaire Clearstream. Examinant les réquisitions du parquet, la a interdit au mathématicien de diriger une société durant cinq ans à l'instar de cette affaire. Le , le procureur de la république requiert deux ans de prison dont six mois avec sursis contre luiClearstream : 18 mois avec sursis requis contre Villepin - Le Nouvel Observateur/AFP, 20 octobre 2009.. Le , il est reconnu coupable de complicité de dénonciation calomnieuse, de faux, d'usage de faux et de recel d'abus de confiance et condamné à trois ans de prison dont avec sursis et d'amende par le tribunal correctionnel de ParisDominique de Villepin relaxé dans l'affaire Clearstream - Le Figaro, 28 janvier 2010.. Il est condamné à trois ans de prison dont ferme, le Clearstream: 18 mois ferme pour Lahoud - Le Figaro, 14 septembre 2011.. Son pourvoi a été rejeté par la cour de cassation le .
Affaire du Volter Fund Ltd Imad Lahoud fut l'animateur du fonds d'investissement Volter Fund, associé à son beau-père François Heilbronner, ancien dirigeant du Gan. Ce fonds spéculatif () enregistré dans les îles Vierges britanniques géra jusqu'à 42 millions de dollars d'investissements. Il fit faillite en 2000 à l'effondrement des valeurs technologiques.