Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. La Galice, région du nord-ouest de la péninsule Ibérique, est une entité historique aujourd'hui communauté autonome de l'Espagne. La constitution de 1978 dans son article 151 la reconnaît comme nation historique à l'instar de la Catalogne et du Pays basque.

Ce territoire, occupé dès la préhistoire, présente une identité culturelle propre dès l'âge du fer avec la culture des castros, ses limites géographiques ont évolué au cours des siècles. À la province romaine Gallaecia a succédé en 410 le regnum suevorum, regnum galliciense ou royaume suève. On appelle reino de Galicia (royaume de Galice) la période qui va formellement de 410 au , date à laquelle la régente Marie-Christine signe le décret qui dissout la Xunta Superior do Reino de Galiza (junte du royaume de Galice). Toutefois il est convenu de considérer que la Galice a eu une politique autonome jusqu'au , en prenant comme date symbolique 1486, date de la visite des rois catholiques à Saint-Jacques-de-Compostelle, bien que depuis 1230 les rois du royaume de Castille sont aussi rois de GaliceO reino de Galiza, Anselmo López Carreira, A NOSA TERRA, 1998, .

À partir de 1833 et de fait jusqu'à la transition démocratique, la Galice n'est plus une entité politico-administrative. Néanmoins, la Galice a toujours évolué avec ses particularismes culturels, économiques, sociaux et politiques. Le , un projet de statut d'autonomie a été approuvé par référendum en Galice, mais il n'a pu eu le temps d'être mis en œuvre par le gouvernement républicain, la guerre civile espagnole a éclaté le 17 juillet et dès les premiers jours les quatre provinces qui constituent l'actuelle Galice se sont trouvées du côté des nationalistes. Lors de la recréation, en 1940 par le régime franquiste, des capitaineries générales militaires assorties de pouvoir de droit civil, la Galice est la VIII.

Les nouvelles institutions créés à partir de 1977 ont abouti au statut d'autonomie du 6 avril 1981, l'article 151 de la constitution de 1978 du royaume d'Espagne reconnaît la Galice comme nationalité historique à l'intérieur de l'État espagnol.

Préhistoire

On ne peut dater l'apparition de l'homme sur les terres de Galice. Les traces les plus anciennes de l'homme se trouvent sur la frange est/sud, le gisement archéologique de Lousadas (paroisse de Vilaselán de la commune de Ribadeo, province de Lugo), et le gisement archéologique des Gándaras de Budiño (commune d'O Porriño, province de Pontevedra) qui datent de la glaciation de Riss sont les plus anciens Prémières données sur le passage du Paléolithique Moyen au Supérieur en Galice (N.O. de la Péninsule Ibérique), Rosa Villar Quinteiro et César Llana Rodríguez.

Culture mégalithique

Depuis le Néolithique et le Chalcolithique, vers 4500 à 1500 av. J.-C., la Galice, le nord du Portugal, les Asturies, l'ouest du León, et Zamora constituent une unique région mégalithique.

La culture mégalithique, première grande culture à apparaître en Galice, se caractérise par son étonnante aptitude pour la construction et l'architecture. Elle s'associe à un profond sentiment religieux, basé sur le culte des morts, considérés comme les intermédiaires entre les hommes et les dieux.

De nombreux historiens distinguent deux composantes à cette culture mégalithique : l'une orientale, qui prédominait dans les régions méditerranéennes, et l'autre atlantique, dont l'origine est située au nord du Tage. Cette dernière composante expliquerait, en raison de sa proximité géographique avec la Galice, l'abondance des restes de culture mégalithique dans la région.

De cette époque, subsistent des milliers de dolmens répartis dans toute la région. Ceux-ci témoignent d'une organisation sociale, et il a été confirmé que celle-ci était structurée en clans .

Âge du bronze

L'introduction des techniques de travail du bronze initia une nouvelle ère culturelle, quand la nouvelle importance des métaux s'accompagna de l'intensification des activités minières. Quelques historiens attribuent le fort développement de ce secteur à la forte érosion accompagnant le climat très chaud et humide, qui fit révéler les richesses minières du Nord.

Comme la Galice était aussi très humide de par sa proximité de l'océan Atlantique, la population des villes du plateau castillan migra vers la région, augmentant son peuplement.

Cet accroissement démographique fut la cause de conflits, mais soutint fortement les activités minières, qui s'accompagnaient d'une forte production d'armes et d'objets utilitaires. Les métaux de Galice permettaient également à des artisans de fabriquer de splendides bijoux d'or et de bronze, qui étaient diffusés dans toute la péninsule ibérique, et même dans le reste de l'Europe.

Premiers âges

La Gallaecia pré-romaine

D'après Strabon, géographe du , les premiers colons qui résidaient au nord du Douro étaient connus sous le nom de Kallaikoi ; ce nom de Kallaikoi fut ensuite transcrit Gallaeci, Callaeci ou Gallaicoi en latin.

Le Lebor Gabála Érenn, mentionne que la dernière invasion en Irlande, est celle des enfants de Miles venus de la péninsule Ibérique. Rien n'atteste d'une réalité historique. Toutefois les indices du texte à partir desquels on peut supputer que les milésiens sont originaires de Galice qu'ils sont les enfants de Bréogan, qui lui-même serait un roi mythique de Galice n'ont été utilisés que par les Irlandais qui cherchaient refuge en Galice au . Ces indices ont été ensuite pris pour argent comptant par les intellectuels au dans le même type de mouvance romantique qui se développait par ailleurs en Europe (Macpherson, etc.).

Aujourd'hui, la ferveur « celtisante » des historiens et des poètes galiciens du s'étant quelque peu apaisée, les spécialistes pensent désormais que les populations celtiques, non seulement étaient minoritaires en Galice à l'arrivée des Romains mais de surcroît que leur influence sur la région n'aurait été en définitive que très limitée : elles n'auraient constitué qu'une petite oligarchie militaire et il semblerait même, souligne Ramón Mariño Paz, qu'à l'arrivée de Rome leur langue fût déjà en voie d'extinctionHector Iglesias, « Affinités toponymiques cantabropyrénéennes et énigmes historiques : II Les Callaeci de l'Antiquité et la Callaecia romaine » in Lapurdum, n° 4, 1999 (lire en ligne sur OpenEdition) (absence d'inscriptions en langue celtique et quasi-absence du suffixe panceltique -(i)ako-). D'après Johannes Hubschmid, à l'époque de la romanisation, le celtique était peu présent en Hispania ou du moins fortement imprégné d'éléments pré-indo-européens et il est même possible que les langues pré-indo-européennes fussent tout à fait majoritaires. Alain Tranoy souligne, quant à lui, que le peuplement de la Galice dut se faire à partir d'un important fonds de peuplement préceltique. Pour certains auteurs, ajoute-t-il, « les Callaeci seraient même restés en dehors de ces vagues indo-européennes et représenteraient un peuple de la fin de l'âge du Bronze, en pleine expansion ».

Des éléments archéologiques nous indiquent que vers la période du , l'influence de la culture celte de Hallstatt commence à se manifester en Galice et au nord du Portugal. Mixée avec d'autres éléments identifiés, comme ceux originaires de Méditerranée orientale, ou bien ceux subsistant de la culture précédente (connue sous le nom d’Âge du bronze atlantique) dominant en Galice, ils aboutirent à la formation d'une nouvelle culture fusionnant ces éléments, qui a connu un développement original appelée culture Castrexa, nom qui évoque le principal type de village qu'ils construisaient, appelé castro. Néanmoins, cette culture souffre encore, tout comme l'art galicien, d'études insuffisantes qui mettent en évidence sa spécificité. Il n'est donc pas exclu que cette culture des castros soit bien une culture originale ayant intégré par la guerre et ou le commerce des éléments de culture celtibère selon un processus de « celtibérisation ».

Si nous nous fions à ce que les géographes et historiens grecs et romains ont rapporté, les Galiciens étaient des barbares qui passaient la journée à combattre et la nuit à manger, à boire et à danser lors de la pleine lune. L'historiographie moderne jette un regard différent sur leurs mœurs et leur organisation sociale. Au cours des cinq derniers siècles av. J.-C., les autochtones développèrent un modèle social aristocratique et peut-être même féodal.

Ainsi, la structure fondée sur les castros apparaît comme associée à une occupation fortifiée du terrain, similaire à celle de l'habitat celtique classique du centre de l'Europe (notamment de la Gaule). D'un autre côté, cette sorte d'occupation territoriale est différente car elle est probablement liée à l'attraction suscitée par les ressources minières, assimilable à une certaine forme de « fièvre de l'or ». En tout cas, il est également patent que les Romains s'intéressaient à cette région principalement en raison de sa richesse aurifère.

Quand l'Ibérie fut impliquée dans les guerres puniques entre Carthaginois et Romains, une alliance stratégique ininterrompue avec les Phéniciens permit à Hannibal de recruter de nombreux Galiciens.

Le proconsul romain Decimus Iunius Brutus mena des campagnes victorieuses en Ibérie, au sud de l'actuel Portugal, avant de se diriger plus au nord. La tribu des Gallaicoi affronta les légions romaines en 137 av. J.-C. à la bataille du Douro ; cette bataille se conclut par une écrasante victoire romaine contre Galiciens, et le général romain Brutus fut reçu à Rome comme un héros, recevant le nom de Gallaicus, d'après l'historien Paul Orose.

La Gallaecia romaine

thumb|300px|Province romaine vers 120. thumb|left|Tour d'Hercule (La Corogne), dernier phare romain toujours en activité.

Après les campagnes de Brutus, Rome contrôlait les territoires compris entre le Douro et le Minho, avec probablement quelques extensions le long de la côte et vers l'intérieur. En 61 av. J.-C., Jules César commanda une seconde invasion, qui débarqua à Brigantium (La Corogne).

Les témoignages suggèrent que la résistance des Galiciens contre les Romains cessa à cet endroit ; à partir de ce moment, les Galiciens furent massivement enrôlés comme troupes auxiliaires dans les légions romaines. Plus d'un tiers des troupes auxiliaires romaines en provenance d'Ibérie appartenaient aux tribus du nord-ouest de la péninsule.

La réduction de toute résistance fut l'objet de violents et impitoyables combats (guerres cantabres) sous l'empereur Octave entre 26 et 19 av. J.-C. La résistance était farouche : suicide collectif plutôt que la reddition, mères qui tuaient leurs enfants avant de se suicider, prisonniers crucifiés chantant des hymnes guerriers, rébellions de captifs qui tuaient leurs gardiens et revenaient chez eux depuis la Gaule. et probablement émigration vers l'Irlande comme attesté dans le livre des invasions Lebor Gabála Érenn (Irlande).

Au , Dioclétien créa une division administrative qui comprenait les conventus de Gallaecia, d'Asturica et peut-être de Cluniense. Cette province s'appela Gallaecia car la Gallaecia était la région la plus peuplée et la plus importante de la province. En 409, lorsque l'autorité romaine fléchit, les conquêtes des Suèves transformèrent la Gallaecia romaine (circonscriptions de Lucense et Bracarense) en royaume de Gallaecia (la Galliciense Regnum rapportée par Hydace de Chaves et Grégoire de Tours).

Le royaume suève

En l'an 411, la Galice tombe aux mains des Suèves, qui y constituent leur propre royaume.