Le chemin de fer du Vivarais (CFV) est un chemin de fer touristique à voie métrique se trouvant en Ardèche. Aujourd'hui, il relie Saint-Jean-de-Muzols (alt. ) à Lamastre (alt. ) en . Il possède la particularité d'être exploité en traction vapeur avec des locomotives de type Mallet. Jusqu'à la fermeture du réseau, ce chemin de fer était surnommé « Le Mastrou », appellation qu'il a conservé pour son exploitation touristique.

Après avoir été interrompues à l'été 2008, à la suite de difficultés financières, les circulations ont repris entre la gare de Tournon-Saint-Jean (située à de Tournon-sur-Rhône, à Saint-Jean-de-Muzols) et Lamastre le .

Pendant la période d'interruption des circulations ferroviaires (2011 et 2012), il est exploité avec des vélorails entre Saint-Jean-de-Muzols et Boucieu-le-Roi. En 2013, après la reprise des circulations ferroviaires entre Tournon-Saint-Jean et Lamastre, l'exploitation du vélorail se poursuit entre les gares de Boucieu-le-Roi et de Troye.. Le parcours de descente de entre Boucieu-le-Roi et Troye se fait en vélorail et le retour à Boucieu-le-Roi avec l'autorail historique Billard, de 1938, classé monument historique.

Depuis le , un nouveau parcours de vélorail entre la gare de Boucieu-le-Roi et la halte de Monteil a été créé avec départ de Boucieu en autorail et retour depuis Monteil en vélorail.

Origines de la ligne

Le chemin de fer du Vivarais exploite une section de l’ancien réseau du Vivarais exploité par la compagnie de chemins de fer départementaux, (CFD). Le réseau du Vivarais était un réseau de chemin de fer à voie métrique desservant les départements de l'Ardèche et de la Haute-Loire. Il était constitué de 4 lignes :

Lavoûte-sur-Loire - Yssingeaux - Raucoules-Brossettes () La Voulte-sur-Rhône - Le Cheylard () Tournon - Lamastre - Le Cheylard () Dunières - Saint-Agrève - Le Cheylard ()

Ces lignes ont été ouvertes entre 1891 et 1903. L'ensemble du réseau mesurait . La ligne Tournon-Lamastre, reprise par le Chemin de fer du Vivarais, faisait partie d'un ensemble de trois lignes, déclarées d'utilité publique le 28 juillet 1886 dans le cadre d'une convention entre la Compagnie de chemins de fer départementaux, le département de l'Ardèche et celui de la Haute-Loire.

Elles formaient le « premier réseau ».

lignes longueur date d'ouverture fermeture Lavoûte-sur-Loire - Yssingeaux 9 novembre 189028 février 1952 Tournon - Lamastre 12 juillet 189131 octobre 1968 La Voulte-sur-Rhône - Le Cheylard 13 septembre 189131 octobre 1968

Le réseau a été fermé en deux étapes :

le 28 février 1952 pour la ligne Raucoules - Yssingeaux - Lavoûte-sur-Loire ; le 31 octobre 1968 pour les lignes du Cheylard à Dunières et du Cheylard à La Voulte-sur-Rhône.

La ligne Tournon - Lamastre

La construction vignette|Un train au départ de Tournon, gare de correspondance avec la SNCF La construction de la ligne Tournon - Lamastre, se déroula dans le cadre de la réalisation du premier réseau du Vivarais, qui comprenait trois lignes. D'importants moyens étaient mis en œuvre. En 1886, pour des raisons économiques, les ingénieurs décidèrent de construire une voie métrique, dont le tracé de Tournon à Lamastre emprunterait la vallée du Doux. Plus d'un millier d'ouvriers armés de pelles, de pioches et d'un peu de dynamite bâtirent alors de murs de soutènement, des viaducs maçonnés et un tunnel : un véritable travail réalisé à la main, à dos d'âne et à dos d'homme !

Le tronc commun SNCF vignette|Un train emmené par la Mallet 403 vient de quitter Tournon, et circule sur le tronc commun SNCF. On voit la file du troisième rail sur l'intérieur de la voie standard

Le départ des trains avait lieu jusqu'en 2008 en gare CFV de Tournon, contigue à la gare SNCF ; le dépôt et l'atelier de réparations se trouvaient aussi à cet endroit.

Pour accéder à la gare de Tournon, depuis Saint-Jean-de-Muzols, la voie emprunte la ligne SNCF Givors - Nimes, sur une longueur de via un troisième rail inseré dans la voie normale.

Il existe sur cette section, deux tunnels et un viaduc sur le Doux. Cette ligne a été ouverte par le PLM en été 1879.

Il y avait un impératif : les locomotives devaient démarrer rapidement et surtout parcourir ces 2,2 km le plus vite possible, dès que le signal autorisait le train à passer.

Le passage des convois par le tronc commun SNCF est aujourd'hui abandonné du fait du coût de la redevance demandée par RFF pour emprunter ces et du fait de la sécurité ferroviaire pour gérer la signalisation coté SNCF lors du remplacement du viaduc métallique par un ouvrage en béton.

Les départs se font aujourd'hui depuis la nouvelle gare de Tournon - Saint Jean, construite dans la commune de Saint-Jean-de-Muzols pour le CFV (voir détail du projet pour le programme touristique de 2013).

Les gares vignette|Un train arrivant en gare de Lamastre. Saint-Jean-de-Muzols (nouvelle gare et dépôt construits dans le style de l'époque) Troye (km 7) Mordane (km 9) Clauzel (km 11) Colombier-le-Vieux- Saint-Barthélemy-le-Plain (km 13) Boucieu-le-Roi (km 18,5), altitude Tincey (km 21) Arlebosc (km 22) Le Garnier (km 24) Le Plat-Empurany, (km 26,1) Lamastre (km 32,6), altitude

Ouvrages d'art

vignette|Autorail Billard N°314 dans une tranchée ouverte du site rocheux, en aval de la halte de Clauzel et du tunnel de Mordane La section de 2,2 km qui était en tronc commun avec la SNCF, au départ de Tournon, comprend : 2 tunnels passant sous la ville, longs de 640 et un ancien viaduc métallique sur le Doux de de long, remplacé par un ouvrage en béton.

La ligne comprend 3 viaducs traversant le Doux : le viaduc de Troye, (km 6), 4 arches de le viaduc d’Arlebosc, (km 21), 5 arches de le viaduc du Garnier, (km 23,) 6 arches de

La ligne comprend un tunnel : le tunnel de Mordane, (km 9), longueur:

À ces ouvrages, il faut ajouter plusieurs viaducs et ponts à une, deux ou trois arches. Également des ouvrages construits à flanc de montagne avec des arches en courbe accrochées à la roche.

Les installations pour la traction vapeur On trouve des installations spécifiques pour la traction à vapeur sur la ligne, prévues pour le fonctionnement des locomotives : Des ponts tournants : quatre, d'une longueur de , 1 à Tournon, 1 à Lamastre et Saint-Jean-de-Muzols et un autre de à Colombier-le-Vieux L'alimentation en eau : cinq grues à eau alimentées par un château d'eau. Il en existe 1 à Tournon, 1 à Saint-Jean-de-Muzols, 2 à Boucieu et 1 à Lamastre. Des quais à charbon : trois, 1 à Tournon, 1 à Saint-Jean-de-Muzols et 1 à Lamastre. Des fosses de visites : deux, 1 à Tournon et 1 à Lamastre. Ambulant postal vignette|droite|Timbre à date crénelé d'ambulant postal sur la ligne du Cheylard à Tournon daté du 10 novermbre 1913. Un service d'ambulant postal a fonctionné sur cette ligne avant la guerre 14. Les lettres étaient déposées dans les gares et, dans le train, un employé oblitérait la lettre avec un timbre à date rond à créneaux, typique des cachets d'ambulants postaux français du début du .

Exploitation touristique À la fermeture du réseau du Vivarais en 1968, un groupe d’amateurs passionnés décide de sauvegarder une partie du réseau et son matériel roulant. Le 14 juin 1969 une exploitation touristique démarre entre Saint-Jean-de-Muzols et Lamastre. La société CFTM (Chemin de Fer Touristique de Meyzieu) assure l'exploitation, suppléée par l'association Sauvegarde et gestion de véhicules anciens (SGVA). Il faut attendre février 1970 pour accéder à la gare SNCF de Tournon.

Exploitation jusqu'en 2008 La nouvelle ligne Tournon - Lamastre, longue de , est officiellement inaugurée le 18 avril 1970. Le départ se fait de Tournon. En 1973, le CFV est contraint d’acheter le matériel roulant, la voie ferrée et les gares. La société CFTM devient l'un des seuls exploitants de chemins de fer touristiques propriétaire des infrastructures et du matériel roulant.

La ligne transporte près de en 1973..

Jusqu'au début de l'année 2008, les circulations ont lieu des mois d'avril à octobre les dimanches et jours fériés, et sont quotidiennes en juillet et août. Le trajet complet en train à vapeur dure alors 2 heures.

Après avoir fonctionné sans aucune aide pendant 35 ans, le CFV est contraint de chercher un partenaire. Le département de l’Ardèche devient actionnaire majoritaire du CFV en 2004, lors de la réalisation de la société d'économie mixte (SEM) se substituant au CFTM, avec engagement du département d'effectuer un apport de fonds correspondant au prorata des actifs du CFTM. Ces apports de fonds devaient être concrétisés sous la forme d'investissements sur la voie et le matériel roulant.

Cependant, ces investissements restent en grande partie réalisés sur les fonds propres de la société, créant ainsi un déficit d’exploitation. Ainsi, de voies ont pu être refaits, mais les locomotives à vapeur, très coûteuses à entretenir, se retrouvent hors d'état de circuler au début de la saison 2008, conduisant à la fermeture du réseauCommuniqué du SGVA.

Interruption de l'exploitation Le 10 avril 2008, le conseil général de l’Ardèche, actionnaire majoritaire du Chemin de Fer du Vivarais prenait la décision de suspendre les circulations pour l'année 2008http://www.ardeche.fr/departement-institution/espace-presse/communiques-presse/le-mastrou/downloadFile/file/COmmunique_de_presse_Mastrou.pdf Communiqué de presse du Conseil général. L'association de soutien du CFV, la SGVA tente d'encourager la reprise, et intervient régulièrement sur le réseau, pour limiter la dégradation de l'infrastructure et du matériel roulantVoir le site de l'association de soutien la SGVA.

Activités depuis 2011 En 2011, une exploration avec des vélo-rails à la descente et un autorail au retour a été mise en place dans l'attente du retour de la traction vapeur.. C'est la société de gestion de sites culturels et touristiques Kléber Rossillon qui est chargée de mettre en place le Vélorail des Gorges du Doux. Il emprunte la voie ferrée sur douze kilomètres.

Rénovation et reprise des activités ferroviaires en 2013 En mai 2012, l'attribution de subventions de la part de la Région Rhône-Alpes, (), du Département de l'Ardèche (), et de l’État (), ainsi que les participations des communautés de communes du Tournonais et de Lamastre, des sociétés les « Courriers Rhodaniens », et « Kléber Rossillon », permettent la relance de l'activité ferroviaire pour la saison touristique 2013.

Le projet complet comprend une nouvelle gare située à l'entrée des gorges du Doux à de Tournon-sur-Rhône (appelée gare de Tournon-Saint-Jean), la rénovation de la gare de Lamastre avec un parking de 209 places, une vingtaine de places pour autobus et camping-cars ainsi que la modernisation et la création de nouvelles infrastructures, (Renouvellement de voie, ouvrages d'arts consolidés après contrôles).

L'investissement total prévisionnel est de 3,304 millions d’euros répartis sur vingt-cinq ansLe Réveil du Vivarais, le 10 mai 2012. Fac Similé.

L'exploitation a été confiée à une société qui a pris le nom de « SNC Chemin de Fer du Vivarais. » conduite par les sociétés « Kléber Rossillon » et « Courriers Rhodanien ».

Voyageurs transportés pendant l'exploitation touristique

Une importante fréquentation a eu lieu dès l'ouverture, avec des résultats dépassant les espérances des promoteurs de la ligne. Le chiffre s'est ensuite stabilisé sur trente années (1974-2004), toujours compris entre et . Les meilleures années ont été 2000 à 2002, avec un record en 2001 de .

Rappelons que le chiffre est calculé sur le nombre d'Aller - Retour et non de trajets simples, comme certaines lignes touristiques ou de transports. De ce fait, il faudrait multiplier ce chiffre par deux pour obtenir une évaluation comparable avec les autres lignes de chemin de fer.

En 1986, on comptait un nombre total de voyageurs de 832 911. En 1990, le chiffre de est atteint. En 2000, le chiffre de est atteint.