Les échanges d'otages israéliens contre des prisonniers palestiniens sont le résultat d'une série de négociations réciproques ayant eu lieu entre Israël et le Hamas, entre 2023 et 2025. Ces négociations ont été menées par le Qatar, l'Égypte et les États-Unis, lors des accords de cessez-le-feu temporaires, durant la guerre à Gaza débutée le . En Israël, l'accord s'appelle « opération Portes du paradis » (hébreu : ), et le sous-programme pour la réhabilitation des citoyens étrangers s'appelle « opération Main amicale » (hébreu : ).

Ces négociations ont lieu à la suite de la prise d'otages de et soldats israéliens par le Hamas et d'autres groupes armés dans le sud d'Israël lors des attaques du 7 octobre 2023.. En 2023, le nombre de Palestiniens détenus par Israël était estimé à 10 000.

La question du sort des otages a suscité une immense mobilisation de toute la population israélienne.

En , Israël a libéré (dont ).. En échange, le Hamas libère détenus en otages (dont 33 mineurs de 2 à 17 ans), dont , et un Philippin..

L'accord de cessez-le-feu de janvier 2025, négocié par les États-Unis et le Qatar, qui a pris effet le , est le second à entrer en vigueur depuis le début de la guerre. Selon le premier ministre du Qatar, Mohammed Ben Abderrahmane Al Thani, « La première phase durera quarante-deux jours et comprendra un cessez-le-feu ainsi que le retrait des forces israéliennes vers l’est, loin des zones peuplées. Ces forces seront positionnées le long de la frontière de [la bande de] Gaza ». Dans cette première phase s'achevant le , 33 otages, dont huit morts, doivent être échangés contre 1900 prisonniers palestiniens détenus en Israël.

Contexte gauche|vignette|Une affiche du Hamas souhaitant qu'il y ait « un nouveau Gilad chaque année » à échanger contre des prisonniers israéliens (2007).Outre une future monnaie d'échange pour les terroristes qui avaient pour mission d'enlever suffisamment d'otages israéliens pour pouvoir faire libérer la totalité des prisonniers palestiniens, les otages du 7 octobre pourraient aussi être des boucliers humains face aux bombardements israéliens,,. Déjà en 1985, en vertu de l'accord de « Jibril », Israël a libéré 1150 détenus palestiniens en échange de trois soldats israéliens. En 2011, le soldat Gilad Shalit, capturé cinq ans plus tôt par le Hamas, est échangé contre 1 027 prisonniers palestiniens...

thumb|Des hommes armés du Hamas capturant des civils en otages lors de l'attaque du 7 octobre.Selon plusieurs analystes et sources sécuritaires, ces otages ont une double fonction : servir de « monnaie d'échange » pour obtenir la libération de la totalité des prisonniers palestiniens, et servir de « boucliers humains » pour entraver les opérations de bombardements israéliens sur la bande de Gaza..« En direct, guerre Israël-Hamas : 10 Français ont été tués en Israël et 18 sont portés disparus, dont des enfants, «probablement enlevés» par le Hamas », Le Monde.fr, 9 octobre 2023 (lire en ligne archive,.

La majorité des otages enlevés sur le sol israélien sont des civils israéliens, dont des mineurs, des soldats de Tsahal et des policiers ainsi que plusieurs ressortissants binationaux et étrangers, notamment des ouvriers agricoles thaïlandais, se trouvant ce jour-là dans cette zone appelée « enveloppe de Gaza » en bordure de la bande de Gaza..

Avant le , environ 5 200 Palestiniens.étaient détenus par Israël selon l'organisation Addameer, dont 170 mineurs.Le système judiciaire militaire israélien poursuit chaque année entre 500 et 700 mineurs palestiniens. Si le jet de pierres constitue statistiquement le motif d'arrestation le plus fréquent, les chefs d'inculpation incluent également des infractions plus graves telles que l'appartenance à des organisations interdites, le port d'armes, des attaques au couteau ou l'utilisation d'engins explosifs et d'armes à feu.

Environ 1 310 Palestiniens sont placés en détention administrative, une pratique qui permet à Israël de les détenir sans inculpation ni procès.. En , le nombre de prisonniers palestiniens atteint le nombre de 10 000.. À la suite de l'expulsion de plusieurs milliers de travailleurs gazaouis détenus, la Commission palestinienne pour les affaires des détenus et des ex-prisonniers estime, en , leur nombre à environ 8 300.

Certains de ces prisonniers palestiniens ont été reconnus coupables de terrorisme par les autorités israéliennes. Cependant, le rapporteur spécial des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés décrit de nombreuses condamnations comme résultant d'une « litanie de violations du droit international, y compris des violations d'une procédure régulière, qui entachent la légitimité de l'administration de la justice par la puissance occupante ».

Au total, depuis 1967 et la guerre des Six Jours, Israël a arrêté un million de Palestiniens. Parallèlement, 40 % des hommes palestiniens ont été emprisonnés par Israël à un moment donné de leur vie.

Négociations 2023 Le Hamas propose un accord baptisé « tout le monde pour tout le monde » ou « tous pour tous » – la libération de tous les otages détenus à Gaza en échange de celle de milliers de Palestiniens emprisonnés en Israël...

Le , le Hamas aurait déclaré aux médiateurs qataris que le groupe est prêt à libérer jusqu'à et enfants otages détenus à Gaza dans le cadre d'une trêve de cinq jours et en échange de la libération de et enfants détenus par Israël..

Le , Israël et le Hamas parviennent à un accord sur un cessez-le-feu et la libération de 50 otages, et en réponse, le gouvernement israélien libérera 150 prisonniers palestiniens. Selon le Hamas, les enfants seront la principale composante des otages libérés.

Le , quelques jours après la rupture du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le chef adjoint du Hamas, Saleh Al-Arouri, déclare qu'aucun prisonnier/otage ne sera échangé avec Israël jusqu'à la mise en place d'un cessez-le-feu à Gaza..

2024 En 2024, les négociations durent plusieurs mois, principalement axées sur la proposition présentée par le président américain Joe Biden, qui comprend trois phases au cours desquelles les otages israéliens seront libérés et un cessez-le-feu mis en œuvre.

En 2024, Israël mène plusieurs opérations de sauvetage d'otages à Gaza.. Dans la nuit du 11 au , deux otages israélo-argentins sont libérés à Rafah lors d'une opération de l'armée israélienne. Cette même opération mène à la mort d'environ 100 Palestiniens. Le , l'armée israélienne annonce avoir libéré quatre otages israéliens lors d’une opération militaire à Nuseirat. L'opération, durant laquelle Tsahal tue 274 réfugiés palestiniens et cause près de , est hautement critiquée par une partie de la communauté internationale, jusqu'à être qualifiée de par Josep Borrell..

Les différentes parties sont accusées d'avoir saboté les négociations : d'un côté, l'administration de Benjamin Netanyahou est accusée par la presse d'avoir saboté les pourparlers de cessez-le-feu. Le gouvernement aurait fait fuiter à la presse internationale des « documents secret-défense » manipulés, détaillant comment le Hamas entendait prétendument tirer profit d'un accord sur la libération des otages, afin de faire échouer tout accord et prolonger la guerre. De l'autre côté, les hauts responsables américains John Kirby et Antony Blinken, alliés du gouvernement israélien, accusent le Hamas d'entraver les progrès et de provoquer constamment l'échec des négociations sur les otages et le cessez-le-feu.. En Israël, les manifestations itératives demandant au gouvernement d'accepter un accord sur la libération des otages prennent une ampleur inédite à partir de , rassemblant des centaines de milliers de personnes, particulièrement sur la « place des Otages » à Tel Aviv.

Un négociateur israélien, le général de brigade de réserve Oren Setter, regrette en 2025 des « occasions manquées » pour libérer des otages. Selon lui, Israël « n'a pas fait tout ce qu'il pouvait pour ramener le plus vite possible » les otages.

Libération de prisonniers par Israël (2023-2024) vignette|Ahed Tamimi, une Palestinienne de , a été libérée par Israël. Elle avait été arrêtée le 6 novembre 2023 au motif "d'incitation à la violence". Dans le cadre de l’échange négocié en , pour faire revenir les otages retenus par le Hamas depuis le , et mineurs palestiniens sont libérés des prisons israéliennes en quelques jours. Le , 180 prisonniers sont libérés, choisis parmi une liste de 300 Palestiniens détenus. Parmi les prisonniers notables libérés figurent Israa Jaabis,condamnée à 11 ans de prison pour avoir eu l’intention de commettre un attentat suicide à l'explosif. Un policier israélien avait été brûlé lors de l’explosion de la bonbonne de gaz. Autre prisonnière connue: Ahed Tamimi., qui avait déjà été incarcérée en 2017 pour 12 chefs d’accusation dont des gifles et coups de pied sur soldats, des jets de pierre sur soldats, appel au meurtre et apologie de terroriste et d’Hitler. Selon Al Jazeera, les autorités israéliennes tirent des gaz lacrymogènes sur les bus transportant les prisonniers libérés. À la fin de la trêve, Israël libère 240 prisonniers, dont 107 mineurs, et les trois quarts n'ayant pas été reconnus coupables d'un crime.

Selon la Société des prisonniers palestiniens, Israël procède à davantage d'arrestations que de libérations de Palestiniens depuis le début du cessez-le-feu. Al Jazeera rapporte que pour chaque Palestinien libéré, un autre est arrêté. Le , un adolescent libéré lors d'un échange de prisonniers est de nouveau arrêté par les forces israéliennes. Le , un autre adolescent de libéré plus tôt est arrêté une nouvelle fois lors d'un raid sur son domicile familial.

Statut des prisonniers De nombreux prisonniers palestiniens sont détenus en Israël en détention administrative, arrêtés pour des accusations telles que des prises de paroles politiques et des manifestations non violentes. On estime à 2 000 le nombre de Palestiniens détenus sans aucune charge dans les prisons israéliennes et ceux étant inculpés font face à un taux de condamnation de plus de 99 % devant les tribunaux militaires israéliens... Les autorités israéliennes qualifient cependant tous les prisonniers libérés de « terroristes » ; arrêtés pour « délits liés à la sécurité d'Israël », allant du caillassage, au soutien au terrorisme et à des tentatives de meurtre.. Sur les 300 prisonniers initialement proposés à la libération, 124 ont moins de 18 ans et 146 autres sont majeurs. Sur les 240 prisonniers libérés, 107 sont âgés de 14 à 17 ans ; 104 garçons dont 5 de 14 ans et 3 filles de 16 et 17 ans. Les 133 autres sont des adultes : 65 hommes, tous âgés de 18 ans excepté un ayant eu 19 ans en prison, et 68 femmes d'âges divers..

Le , Israël arrête de nouveau un adolescent précédemment libéré dans le cadre de l'échange, ce qui suscite l'indignation de groupes palestiniens, notamment de la Société des prisonniers palestiniens, qui qualifie cette action de « violation flagrante » des termes de l'accord d'échange. Selon Israël, le jeune homme de dix-sept ans s'était engagé dans des « activités terroristes » après sa libération.

Conditions de détention