Le de chasseurs alpins ( BCA) est une unité d'infanterie de montagne (chasseurs alpins) de l'armée de terre française.
Création et différentes dénominations
: création du de chasseurs à pied de marche ( BCPM). mai 1871 : devient de chasseurs à pied ( BCP). : devient alpin de chasseurs à pied ( BACP), l'un des douze bataillons de chasseurs à pied spécialisés « alpin » (avec les , , , , , , , , , et ) ; en application de la loi du . : devient de chasseurs alpins ( BCA). : dissolution du BCA, en application de l'article 4 de la convention d'armistice. : recréation du BCA dans l'armée d'armistice. : démobilisation du BCA à la suite de l'invasion de la zone Sud et de la démobilisation de l'armée d'armistice. du au : implantation du bataillon des Glières sur le plateau éponyme ; il est encadré essentiellement par des officiers et sous-officiers du BCA. : recréation du BCA à partir du bataillon FFI de Haute-Savoie. : dissolution administrative du BCA à son retour d'Autriche, néanmoins ses effectifs restent stationnés à Annecy. : recréation du BCA au sein de la division d'infanterie alpine.
Historique des garnisons, campagnes et batailles
De 1871 à 1914
: deux jours après la signature de l'armistice, le de chasseurs à pied de marche est formé à Rochefort. - : trois mois après sa formation, il reçoit en Algérie le baptême du feu. Il contribue notamment au débloquement de Fort-National, livrant une année durant, de nombreux combats au sein de la colonne expéditionnaire de Grande Kabylie. - : rentré en France en , il est appelé pendant dix ans à occuper les garnisons successives sur les côtes des Pyrénées-Orientales de Port-Vendres à Sète. - : il prend part à l'expédition de Tunisie. Il est le premier corps français à entrer à Tunis, et pendant consécutives sillonne de ses colonnes le nouveau protectorat français. : il quitte définitivement la terre d'Afrique pour tenir garnison à Menton et monter la garde à la frontière des Alpes. Lors de la mobilisation du , il est en manœuvres dans la région de Saint-Martin-de-Vésubie ; le , sous les ordres du chef de bataillon Renié, il embarque pour la frontière de l'Est.
Première Guerre mondiale vignette|upright=0.7|Portrait d'un chasseur du bataillon vers décembre 1914.
1914 En août 1914, le BACP est caserné à Menton (4 compagnies), Sospel (1 compagnie) et Breil-sur-Roya (1 compagnie) ; son effectif est de 29 officiers et de troupe. Il fait partie de la division d'infanterie du d'armée de la armée, ceci jusqu'au . : mobilisation du bataillon. Lorraine
- : environs de Dieuze (Lindre, Bidestroff, Gelucourt). : Lunéville ; : Saint-Mard.
- : Einvaux, Lamath, Xermaménil.
- : le Bois de Bareth ; - : le Bois de Saint-Mansuy, Rehainviller ; - : forêt de Vitrimont (pont de La Faisanderie, moulin de Gerbéviller, le Bois de Saint-Anne, La Guinguette, Adomenil-Château) ; - : forêt de Parroy, Vaucourt, Croismare, Marainviller, Thiébauménil, fort de Manonviller, Laneuveville-aux-Bois, Emberménil. : signal de Xousse ; : le BACP passe en réserve de la division d'infanterie du corps d'armée de la armée. Il est stationné à Andilly (Meurthe-et-Moselle) jusqu'au ; - : la compagnie est désignée comme compagnie de garde du cantonnement du QG du CA à Boucq. Belgique
: le bataillon constitue une réserve pour le général Foch, il est mis aux ordres du général Dubois, commandant le corps d'armée. Arrivée et cantonnement dans les environs d'Ypres (Poperinge, Vlamerlinge) ; : le BACP est mis à la disposition du général Hély d'Oissel, commandant la division de cavalerie ; - : Langemarck ; : le bataillon est mis à la disposition du général Humbert, commandant le corps d'armée ; - : Boezinge. Artois : passe en réserve de la armée, sous le commandement du colonel Serret ; : passe au corps d'armée de la armée, sous le commandement du général Pétain.
- : Carency.
vignette|upright=0.8|Plaque commémorant le centenaire des batailles du "27" en Alsaces apposée en l'église de l'Emm à Metzeral (Haut-Rhin).
1915 Massif des Vosges/Haut-Rhin : passe à la brigade de chasseurs à pied ( DI).
- : le Hartmannswillerkopf (le Vieil-Armand). : passe au groupe de bataillons de chasseurs à pied ( DI) ; - : Sondernach, Metzeral ; : retourne à la brigade de chasseurs à pied ; : détaché en réserve d'armée à la DI ; - : le Reichackerkopf.
- : le Lingekopf, le SchratzmaenneleLes compagnies du BACP passent dans diverses brigades de la DI, ainsi que dans la brigade de la DI, ceci durant toute la bataille du Linge. ; : retourne à la brigade de chasseurs à pied ; - : Sondernach (Bois de Maettle, village), Metzeral (village, les bois de l'Anlass-Wasen).
- : le Hartmannswillerkopf. - : Wattwiller (chemin des DamesÀ ne pas confondre avec le Chemin des Dames, celui-ci monte du Hirtzenstein à l'Hartmannswillerkopf., Sandgrubenkopf, Hirtzenstein, le ravin du faux SihlCours d'eau dénommé faux Sihl pour le distinguer du Siehlbaechle, dont il est l'affluent.).
1916 Massif des Vosges/Haut-Rhin - : le Hirtzenstein, le Hartmannswillerkopf ; - : le Hilsenfirst ; - : le Hartmannswillerkopf ; - : le Sudel (le Doigt, le Kohlschlag, Breittal). Somme
- : Cléry (ferme de l'Hôpital, crête des Observatoires, Bois des Marrières, Bois Madame) ; - : Bouchavesnes (village, ferme du Bois l'Abbé) ; - : Bouchavesnes (Bois de Saint-Pierre-Vaast). Vosges : la brigade est dissoute, le bataillon va cantonner à Plainfaing ; fin novembre : il intègre le groupe de chasseurs qui vient d'être créé, et va stationner à Corcieux. Massif des Vosges/Haut-Rhin - : collet du Linge.
1917 Aisne
- : Pontavert/Craonne (Bois de Beaumarais, Butte aux Pins, tranchée de Lutzow) ; - : Craonne (le plateau de Californie) ; - : Filain (ferme de la Royère, tranchée de la Gargousse), l'épine de Chevrigny, Vailly, Aizy (ferme d'Hameret), Ostel ; - : Pargny-Filain (tranchée du Fanion, village, éperon de Pargny-Filain), Chavignon (fort de la Malmaison). Massif des Vosges/Haut-Rhin Le Hartmannswillerkopf - : Soultz (CRCentre de résistance. Sicurani).
1918 vignette|La fanfare du en 1918 Massif des Vosges/Haut-Rhin Le Hartmannswillerkopf - : Uffholtz (CR Colardelle) ; - : Soultz (CR Sicurani). Somme
- : Rouvrel/Castel (Bois de Sénécat) ; - : Castel (Bois du Gros Hêtre), Morisel (Bois des Brouettes) ; : Morisel (Bois du Billot). Corse : le vapeur Balkan est torpillé au large de Calvi, quatre permissionnaires corses du BCA périssent lors du naufrageToussaint Jean Pasquin ALBERTINI (chasseur), Jean BACCELLI (chasseur), Charles MAZZONI (chasseur) et Pierre Laurent NASICA (caporal).
« Morts pour la France ». Aisne (offensive sur la ligne Hindenburg)
Crécy-au-Mont (L'orme de Montécouvé, tranchée de la Bécasse, ravin des Ribaudes, ferme de Limonval), Leuilly-sous-Coucy (Mont des Tombes, pont de Courson, tranchées de Lorient et de Léparge), Bagneux (champ de bataille), Juvigny (ferme de Montécouvé), Vauxaillon (village, plateau de Moisy, tranchée du Mont des Singes, Champs Vailly, Bois Piquet). ( armée) - : Seboncourt, forêt d'Andigny, Petit-Verly, ferme du bois de Tupigny, Hannapes, Vénerolles.
: Oisy, canal de la Sambre. vignette|insigne du BCA, période 1921-1926
Entre-deux-guerres : occupation de la Rhénanie, le bataillon est cantonné à Juliers. : le bataillon fait partie du corps expéditionnaire en Haute-Silésie, où son chef de corps, le commandant Montalègre, est assassiné. Ce corps expéditionnaire est en outre composé des BCA, BCA, BCP, BCA, BCP, BCA et BCP regroupé dans la d'infanterie. : le bataillon prend officiellement ses quartiers à Annecy en remplacement du bataillon de chasseurs alpins qui y tenait garnison jusqu'alors. : une légende veut que des lieutenants du bataillon, chaussés de skis, se faisant tirer par une vedette sur le lac d'Annecy, aient inventé le ski nautique. - : le bataillon est envoyé au Maroc et participe à la campagne du Rif.
Seconde Guerre mondiale 1939 vignette|Reproduction de la photo de couverture du magazine L'Armée Nouvelle en 1941: chasseur du de l'Armée d'armistice, avec un pistolet-mitrailleur Thompson M1928. : mobilisation et reformation du BCA à partir des réservistes du ; : il forme avec le et le BCA la demi-brigade de chasseurs alpins (DBCA) de la division d'Infanterie alpine (DIAlp). Il tient des positions sur le front des Alpes, entre le col de l'Iseran et Lancebranlette, en Haute Tarentaise. Le PC du et sa SES (section d'éclaireurs skieurs) sont à La Rosière ; : le bataillon laisse sa SES, commandée par le lieutenant Théodose Morel, au poste d'hiver du Fornet ; : il est aux avant-postes de la ligne Maginot à Niederbronn dans les Basses Vosges. 1940 : le bataillon occupe de façon permanente le Maimont. Nuit du au : un groupe-franc mène un raid sur le château de Blumenstein. (Aisne) - : combats pour le canal de l'Ailette (Soupir, Braye-en-Laonnois) ; 7- : défense du canal de l'Aisne (Cys-la-Commune, Presles-et-Boves), la Vesle (pont de Breuil). : repli, défense de Saint-Quentin-le-Verger (Marne), encerclé à Maiziéres (Marne). Il obtient la croix de guerre avec une citation à l ordre de l'armée pour ses faits d'armes durant la campagne de 1940. Cette décoration lui sera remise le à Annecy. Il est maintenu dans l'Armée d'armistice et reste en garnison à Annecy. 1942 : suite de l'invasion de la zone libre par les Allemands, le bataillon est démobilisé comme le reste de l'armée d'armistice. À la suite de cet événement, le chef de bataillon Vallette d'Osia , jusqu'alors chef de corps, prend le commandement de l'Armée secrète de Haute-Savoie. La majorité des cadres du BCA le rejoint dans la clandestinité. Organise et encadre entre 1942 et 1944 de nombreux maquis dans le département de Haute-Savoie.
1944 De janvier à mars : ses cadres constituent l'ossature du bataillon des Glières avec à leur tête le lieutenant Théodose Morel dit Tom puis, à la suite de son décès, le capitaine Maurice Anjot dit Bayart. De cette période le bataillon conservera la devise : Vivre libre ou mourir. : recréation du BCA à partir du bataillon FFI de Haute-Savoie. Participe à la campagne 1944-1945 dans les Alpes, sous le commandement du chef de bataillon Godard.
De 1945 à 1955
À partir d' et jusqu'en 1948, la division alpine venant des Alpes et formée des , , , , et BCA, relève la marocaine de montagne et participe à son tour à l'occupation de l'Autriche. En , une compagnie de marche composée de volontaires des , , et BCA est dirigée sur l'Extrême-Orient où elle est incorporée au bataillon de marche du RI. En raison de l'esprit de corps qu'elle manifeste, cette unité est autorisée à garder les marques « chasseur » : béret et appellation. Elle se signale dans de nombreux combats dans le secteur de Hué (notamment au poste de Dat Do Phong, où la section issue du BCA « fait Sidi-Brahim » ). Le , le capitaine Henry Desserteaux, commandant cette compagnie de chasseurs, est tué au combat à Dat-Do. Novembre 1947 : dissolution de la compagnie dite « Desserteaux ».
Guerre d'Algérie - : débarqué en Algérie en , le bataillon se voit confier le secteur d’Azazga puis sera en Haute Kabylie dans la région de Ifigha, sous les ordres successif des chefs de bataillon Henri Pascal, Roger Martinerie, Claude Vanbremeersch et Bernard Saulnier. Dans cette région de profondes forêts et de montagnes difficiles, le bataillon exerce le maintien de l'ordre. Ayant progressivement anéanti les Katibas rebelles, il traque les derniers fellaghas.Cinq officiers, trois sous-officiers et cinquante-quatre chasseurs sont tués durant cette campagne.