Pierre « Émile » Fontanier est un grammairien français né le à Moissac, commune de Neussargues-Moissac (Cantal) et mort le dans cette même ville, spécialiste des figures de style.
Il est l'auteur de deux manuels qui référencent et étudient de manière systématique les figures de style, et qui forment la base de l'enseignement de la Rhétorique en France au ; il s'agit du Manuel classique pour l'étude des tropes, ou Élément de la science des mots (1821) — qui est adopté comme manuel d'enseignement pour les classes de seconde, notamment — et de Des figures autres que tropes (1827), pour les classes de Rhétorique (actuelle première).
Fontanier réédité également en 1818 le Commentaire des tropes du grammairien du César Chesneau Dumarsais.
Tombées en désuétude au , en même temps que l'étude de la Rhétorique, les œuvres de Fontanier connaissent un regain de faveur à partir de la publication par Roland Barthes de L'Ancienne rhétorique, et la réédition de ses ouvrages à partir de 1968 par Gérard Genette.
Biographie vignette|Maison natale de Pierre Fontanier à Moissac. Pierre Fontanier est imprégné de la philosophie des Lumières durant sa jeunesse. Par conviction, il prête serment à la constitution civile du clergé le . Le clergé cantalien étant majoritairement réfractaire, il devient vicaire du nouvel évêque constitutionnel Alexandre Thibaut. Le , il se marie à Marie-Artonne, ancienne religieuse, puis allant plus loin dans le processus de déchristianisation, il abjure par deux fois. Par théisme, il se fait prénommer Emile, il est alors un activiste révolutionnaire, montagnard, qui participe à la Société populaire de Saint-Flour en qualité de secrétaire. Puis, en 1794, il siège au comité de surveillance révolutionnaire de la ville. Mais après Thermidor, il est accusé d’être un soutien de Robespierre et cherche alors à se faire oublier.
De janvier à , Pierre Fontanier est élève à l'école normale de Paris. Il enseigne ensuite dans l'école secondaire de Mende en Lozère, puis il est nommé professeur de grammaire générale à l'École centrale de l'Ardèche, installée à Tournon (Ardèche) où elle fonctionna de 1799 à . Il y était maître d'études dans la troisième section appelée Prytanée français, pour enseigner la grammaire générale et les belles-lettres. Il est ensuite successivement principal au collège de Romans en 1806, puis professeur d'humanité au lycée de Besançon où il semble être resté jusqu'en 1817. Il est alors nommé professeur à l'université de Rouen ainsi que secrétaire de l'Académie universitaire. C'est pendant cette période qu'il publie en 1818 Le commentaire des tropes de Dumarsais, en 1821 le Manuel classique pour l'étude des tropes, ou Éléments pour la science des mots, puis en 1827 le Traité général des figures du discours autres que tropes.
Le à Besançon, Pierre Fontanier marque l’histoire universitaire française en soutenant les premières thèses de doctorat ès lettres en France. Il présente, conformément au système récemment mis en place, deux thèses, l’une de philosophie, en latin, l’autre de littérature ancienne et moderne, en français. La première, intitulée De animâ humana, comprenant sept pages dans sa version textuelle, traite de la substance de l’âme puis de ses facultés. La deuxième, qui compte douze pages, s’intitule La Comédie, son origine, sa nature, ses différentes espèces, son influence sur les mœurshttps://eslettres.bis-sorbonne.fr/notice/Doctorant/5188, consulté le 23/10/2023.. Après délibération, le jury, par la voix de son président Jean-Jacques Ordinaire, premier recteur de l’académie de Besançon, proclame Pierre Fontanier « admissible au grade du doctorat »Pierre Verschueren, « Prélude : à propos du premier docteur ès lettres » [en ligne], 2022, mis en ligne le 15 février 2022, consulté le 02 octobre 2023, URL : https://eslettres.hypotheses.org/318.
Devenu en 1820 membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, il y fait entrer l'abbé Jean Labouderie (1776-1849), prédicateur de Notre-Dame, orientaliste et occitaniste réputé, originaire de Chalinargues, auteur du Christianisme de Montaigne et de la traduction en auvergnat de plusieurs livres de la Bible, comme le Livre de Ruth et la Parabole de l'enfant prodigue.
En 1824, il rentre dans son pays natal où il sera conseiller municipal.
Pierre Fontanier appuie son œuvre sur la question des tropes qu'il réduit à trois figures exemplaires : la métonymie, la synecdoque et la métaphore.
Œuvres Premières éditions
Éditions contemporaines
Œuvres en ligne
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie .
Liens externes
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