vignette|La catastrophe de Meudon sur le chemin de fer de Versailles Rive gauche. Estampe. La liste d'accidents ferroviaires en France dans les années 1840 est une liste non exhaustive, chronologique par années.

1842

- Meudon : sur la ligne de Paris à Versailles, déraillement et incendie d'un train en double traction par suite d'une rupture d'essieu de sa première locomotive. À l’époque les portes étaient fermées à clé par les chefs de trains, d’où un terrible bilan : 57 morts. Dès lors les portes durent rester déverrouillées en marche. Parmi les victimes se trouvaient l'amiral Dumont d'Urville et sa familleLa Presse du mardi 10 mai 1842, ; récit dans Le Siècle du mardi 10 mai 1842. Dès le début de l'instruction de l'affaire par la justice, les administrateurs de la Compagnie seront mis hors de cause. Au terme d'un long procès ouvert le Le Siècle du 23 novembre 1842, ., au cours duquel un avocat de la défense plaidera que la catastrophe était « un malheur, mais non un délit »La Presse du 4 décembre 1842, ., le tribunal correctionnel de Paris, dans un jugement du , exonérera de toute responsabilité pénale les six cadres administratifs et techniques poursuivis pour homicide par imprudence en considérant qu'ils ne pouvaient être incriminés ni pour l'état du matériel ni pour la vitesse excessive du convoi, et rejettera par conséquent les demandes d'indemnisation des victimesLa Presse du 11 décembre 1842, ..

1844

- Sur le chemin de fer de Paris à Versailles, vers 21 heures, un train en double traction de matériel vide venant de Paris rattrape et tamponne dans la tranchée de Viroflay celui parti dix-sept minutes plus tôt. L'accident fait un mort et deux blessés gravesLa Presse du 23 juillet 1844, p. 5.. Six mois plus tard, le tribunal correctionnel de Versailles exonérera de toute responsabilité un des deux mécaniciens, resté à son poste et blessé lors de l'accident, mais condamnera l'autre à quinze jours de prison et seize francs d'amende pour avoir abandonné son poste en sautant de sa machine avant la collision. Une peine plus lourde (vingt jours de prison et 100 francs d'amende) sera prononcée contre Jules PetietCelui-ci, devenu par la suite ingénieur de l'exploitation de la Compagnie du Nord, sera également condamné à la suite de la catastrophe de Fampoux, l'ingénieur responsable du trafic pour n'avoir pas respecté l'intervalle réglementaire de 25 minutes entre deux circulationsLa Presse des 18 décembre 1844, , et 20 décembre 1844, .. Le journal Le Siècle estimait que «cette cruelle expérience doit faire songer sérieusement à mettre un terme à la périlleuse concurrence des deux lignes de Versailles», et invitait le gouvernement à intervenir à cet effetLe Siècle du 23 juillet 1844, p. 3.. - Sur le chemin de fer de Montpellier à Cette, à 6 heures 15, peu avant la station de Villeneuve-lès-Maguelone, un train pour Cette est aiguillé par erreur sur une voie de garage où il percute des wagons à l'arrêt. Après rupture des attelages, ses voitures déraillent et dévalent le remblai. L'accident fait trois morts et quatre blessésLa Presse du 31 juillet 1844, .. - sur la ligne de Paris à Versailles, vers 13 heures, la barre rompue de l'attelage d'une voiture se fiche dans le ballast et fait dérailler la suite du convoi. Un conducteurÀ ne pas confondre avec le mécanicien : il s'agit d'un agent de sécurité imposé par l'article 17 de l'ordonnance du 15 novembre 1846 modifiée par décret du mars 1901 portant règlement d'administration publique sur la police, la sûreté et l'exploitation des chemins de fer, selon lequel «chaque train de voyageurs, de marchandises ou mixte devra être accompagné : - 1° d'un mécanicien et d'un chauffeur par machine (...)- 2° du nombre de conducteurs et de garde-freins qui sera déterminé, suivant le nombre des véhicules, suivant les pentes, et suivant les appareils d'arrêt ou de ralentissement, par le ministre des Travaux publics, sur la proposition de la Compagnie»... est tué, cinq voyageurs sont blessésLa Presse du 17 décembre 1844, ..

1845

- Sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, à 7 heures, l'explosion de la chaudière de la locomotive d'un train de marchandises en manœuvre tue le chauffeur et l'aide d'une machine stationnant sur une voie parallèle et fait également trois blessésLe Censeur : journal de Lyon, politique, industriel et littéraire, N°3346 du 13 septembre 1845, p. 2 et La Presse du 15 septembre 1845, .. - Sur le chemin de fer de Paris à Orléans, en gare de Saint-Michel-sur-Orge, un convoi de marchandises à l'arrêt pour prendre de l'eau est rattrapé et percuté par le train le dédoublant, conduit par un mécanicien novice. Dans le choc, un inspecteur censé superviser la conduite du débutant est tuéLe Railway: chronique des chemins de fer et de l'industrie, du 21 décembre 1845, p. 2..

1846

- Sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, à la Gare de Rive-de-Gier, un enfant de neuf ans envoyé par sa mère sur les voies ramasser des débris de charbon est écrasé par un wagon en manœuvreLa Presse du 9 mars 1846, p. 3.. - Sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, la locomotive d'un train parti à midi de Saint-Étienne pour Lyon avec environ 200 voyageurs tombe en panne près de Vernaison. Deux dépêches simultanées demandent alors un engin de secours à Lyon et Givors. Parvenu plus vite sur place, celui envoyé de Givors repart avec le convoi, mais à quinze heures trente, dans la plaine d'Yvours à Irigny, heurte de face la seconde locomotive de secours arrivant de Lyon sur la même voie. Les mécaniciens et chauffeurs sautent avant le choc, mais lors de la collision, les voitures se télescopent et s'entassent les unes sur les autresVoir : Le Censeur, journal de Lyon, du 3 mars 1846, p. 3. et Le Constitutionnel du 5 mars 1846, p. 1.. On en tirera un nombre de victimes variant, selon les sources, de neuf à dix huit morts et quarante cinq à quarante huit huit blessésVoir Le Railway : chronique des chemins de fer et de l'industrie du 15 mars 1846, p. 3 et Le Railway du 2 avril 1846, p. 3.. Venant après celui de Meudon, cet accident contribuera à alimenter, à la fois à l'Académie des sciencesLa Presse du 12 mars 1846, . et au ParlementLa Presse du 5 mars 1846, et 3., le débat sur les dangers des chemins de fer et la nécessité de leur réglementation.

- Sur la ligne de Paris à Rouen, vers huit heures, le train spécial parti de Paris à six heures quinze pour emmener à Rouen des députés devant prendre le bateau du Havre débouche à grande vitesse du tunnel de Rolleboise et ne peut stopper à temps aux signaux d'arrêt faits par les agents de la gare de Bonnières. Il heurte alors un truck sur lequel vient d'être chargée la diligence de Falaise, manœuvré en vue de son adjonction au train de Paris. Des vingt-deux passagers de la diligence, trois sont tués, et une quinzaine blessés, dont trois gravement. Ce premier accident mortel survenu sur la ligne de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Rouen donnera lieu à des poursuites judiciaires contre le directeur de l'exploitation, le chef de gare de Bonnières, et le mécanicien anglais de la locomotive, qui seront condamnés à de simples peines d'amende par le tribunal correctionnel de Mantes le . Saisi en appel par le ministère public, le tribunal de Versailles ajoutera des peines de dix et cinq jours de prison pour les deux premiersLa Presse du 22 mars 1846, p. 3 et Jules Lan : Les chemins de fer français devant leurs juges naturels, Paris, 1867, Accident sur le chemin de fer de Rouen, p. 201 et s.. - Sur la ligne de Montpellier à Cette, en gare de Montpellier, une locomotive haut-le-pied dont les freins ne fonctionnent plus depuis la veille percute deux wagons de marchandises, tuant un ouvrier. Trois mois plus tard, ses deux mécaniciens et son chauffeur sont condamnés pour homicide par imprudence à des peines allant de 4 mois de prison à 100 francs d'amende par le Tribunal correctionnel de MontpellierLa Presse du 27 juillet 1846, .. - Sur la ligne de Paris à Lille nouvellement ouverte, à 15 heures 55, environ 8 kilomètres après Arras, un convoi de vingt-huit voitures essentiellement composé de diligences arrimées à des trucks porteurs, tiré par deux locomotives, déraille sur un remblai surplombant un étang. Neuf voitures plongent dans l'eau, profonde de trois à quatre mètres. L'accident fera officiellement quatorze morts, mais d'aucuns estimeront ce bilan sous-évalué. Au terme de multiples péripéties judiciaires, la catastrophe sera attribuée à une vitesse excessive, dont seront tenus pour seuls responsables le cadre auteur des directives l'autorisant et le mécanicien de la machine de tête, qui fixait l'allure.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Accident ferroviaire Liste des principaux accidents ferroviaires

Liens externes

Les accidents de trains en cartes postales anciennes, en France depuis 1842

1840 Accidents ferroviaires, 1840 Accidents ferroviaires, France