La liste des accidents ferroviaires en France dans les années 1870, est une liste non exhaustive, chronologique par années.
1870
- Vers 12 heures 30, sur la ligne du Mans à Mézidon, entre les gares de Fresnay-sur-Sarthe et de la Hutte-Coulombiers, un train mixte marchandises/voyageurs Le Mans-Caen déraille par suite de l'explosion de sa locomotive. Le mécanicien est tué, le chauffeur et un conducteurÀ ne pas confondre avec le mécanicien : il s'agit d'un agent de sécurité imposé par l'article 17 de l'ordonnance du 15 novembre 1846 modifiée par décret du mars 1901 portant règlement d'administration publique sur la police, la sûreté et l'exploitation des chemins de fer, selon lequel «chaque train de voyageurs, de marchandises ou mixte devra être accompagné : - 1° d'un mécanicien et d'un chauffeur par machine (...)- 2° du nombre de conducteurs et de garde-freins qui sera déterminé, suivant le nombre des véhicules, suivant les pentes, et suivant les appareils d'arrêt ou de ralentissement, par le ministre des Travaux publics, sur la proposition de la Compagnie»... sont grièvement blessés. Les voyageurs sont indemnesLe Temps du 21 mars 1870, ... - Sur la ligne de Châlons-sur Marne à Reims, près de La Veuve (Marne), un omnibus déraille à 5 heures 20. Le mécanicien et le chef de train sont tués, un seul voyageur est blesséLe Petit Journal du 30 avril 1870, et La Presse du mai 1870, .. - Entre Saint-Sulpice-Laurière et Poitiers, à , au lieudit Mauroc, quelques kilomètres avant Poitiers, la rupture de l'essieu d'un wagon de charbon dans un train mixte marchandises/voyageurs Limoges-Poitiers provoque la chute d'une partie du convoi en contrebas, dans la vallée du Clain. On dénombrera 3 morts et 10 blessésLe Figaro du 30 mai 1870, ...vignette|Accident de chemin de fer, à Saint-Benoît, près de Poitiers, le 27 mai 1870..
- Sur la ligne Paris-Strasbourg, deux trains de marchandises vides se télescopent à de la gare de Nançois. On dénombrera quatre victimes : le chauffeur de la machine tamponneuse, tué, et trois blessés. Le déblaiement sera effectué très rapidement par la Troupe, compte tenu de l'importance stratégique de la ligne en ce début de la guerreLe Temps du 29 juillet 1870, ... - Sur la ligne de Montluçon à Saint-Sulpice-Laurière, peu après Guéret, entre les gares de La Brionne et de Montaigut-le-Blanc, vers 16 heures 30, un train mixte pour Limoges déraille à proximité d'un pont sur la Gartempe. Les wagons de marchandises restent sur le ballast, mais les voitures de voyageurs dévalent le remblai. L'accident fera deux morts, un blessé grave et quelques blessés légersLa Presse du 21 septembre 1870, ...
gauche|vignette|Monument aux soldats victimes de l'accident du 4 octobre 1870.
- Peu après minuit, sur la ligne de Montérolier-Buchy à Motteville, en pleine débâcle militaire, un train transportant une compagnie du de chasseurs à pied se repliant vers la Loire est aiguillé sur une voie de garage en gare de Critot, et s'écrase contre un talus. Dans le choc, quatorze hommes sont tués, et une centaine sont blessés. La censure occultera l'accidentVoir cependant une relation détaillée dans Le Journal de Rouen du 5 octobre 1870, p. 4., mais sur souscription ouverte par la communeÉpisode de la guerre franco-allemande. La catastrophe de Critot. Nuit du 3 au 4 octobre 1870, par F.S., Rouen, 1890. un monument commémoratif est érigé sur les lieux vingt ans plus tardLe Petit Parisien du 12 août 1890, p. 2..
1871
- Saint-Sornin : Un déraillement du train Montluçon- Moulins cause la mort de onze soldats originaires de toute la France. La presse nationale, titrant exclusivement sur la guerre franco-allemande et le siège de Paris, ne s'en fera pas l'écho, mais sur les lieux, une stèle commémorative en témoigneVoir T comme Train - Le train Montluçon-Moulins.. - À Bassens dans le département de la Gironde (Gironde), un accident survient sur le réseau de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, dans la nuit du 6 au . Au moins quatre victimes :
Edouard SEGUY, marchand mercier, 31 ans, né à Brive (Corrèze) et domicilié à Tulle (Corrèze), décédé le à 2 heures du matin au lieu de Grillou, commune de Bassens, chez Monsieur Gustave de Baretault, où il avait été transporté. (Sources : Archives départementales de la Corrèze, Registres des décès de Tulle, année 1871, acte n°77, Consulter) Louis CHALUT, mécanicien graisseur à la Compagnie de Chemin de Fer d'Orléans, de Coutras (Gironde), 32 ans, tué sur la voie ferrée par suite de l'accidentArchives ville de Bassens. (Gironde). DUPOUY LAUGA Amédée Arthur, horloger à Niort, 27 ans, tué sur la voie ferrée par suite de l'accident DURQUET Jean, soldat au 77ème de ligne, de Bayonne, 21 ans, décédé le des suites de ses blessures
- Sur la ligne Marseille-Nice, le train mixte est parti à de Marseille pour Toulon. Sur ordre des autorités militaires, à ses 11 voitures de voyageurs bondées et 9 wagons de marchandises diverses, ont été ajoutés en queue quatre wagons chargés de de poudre de guerre expédiées de Bordeaux à l'arsenal de Toulon. Après qu'il eut passé la gare de Bandol, trois kilomètres environ avant celle de Saint-Nazaire (aujourd'hui Ollioules-Sanary), une très forte explosion se produit, faisant au moins 80 tués et plus de 200 blessés, parmi lesquels le ministre des colonies des Pays-Bas, Engelbertus de Waal. Malgré son ampleur, la catastrophe ne donnera lieu qu'à un très bref communiqué du préfet maritime de Toulon aux journaux nationaux, soumis à la censure en cette période troublée où malgré un armistice partiel (28/1/1871), les troupes françaises de l'Est continuent à subir de lourds revers contre les PrussiensVoir par exemple Le Temps du 11 février 1871, , et Le Petit Journal du 12 février 1870, ... Le Constitutionnel, reprenant des sources locales, parviendra cependant quelques jours plus tard à publier des détails sur l'accident et même une liste nominative des victimes identifiéesLe Constitutionnel du 15 février 1871, p. 2; voir également La catastrophe dite de Bandol sur le Portail indépendant d'information sur la ville de Sanary-sur-Mer, consulté le 13 avril 2012.. La Cour d'appel d'Aix-en-Provence rendra le un arrêt de non-lieu excluant toute action pénale eu égard aux circonstances exceptionnellesLe Constitutionnel du 17 juillet 1871, p. 3., mais n'en admettra pas moins le la responsabilité civile du PLM à l'égard des victimes. La compagnie tentant d'obtenir que l'État la garantisse à raison des fautes commises par l'administration militaire, le Lire l'arrêt en ligne. Voir également E. Lamé. Fleury, Code annoté des chemins de fer, Paris, 1905, pp. 734-735., le Tribunal des Conflits déclarera les juridictions de droit commun incompétentes pour statuer sur cette question. Elle saisira alors le Conseil d'État, qui jugera dans un arrêt du Lire en ligne. que les fautes commises lors du chargement des poudres engagent la responsabilité de l'État pour les 2/3 des dommages causés, la compagnie devant supporter le 1/3 restant à raison de son défaut de précaution. – Vers 18 heures 15, sur la ligne de Rennes à Redon, entre les gares de Beslé et de Fougeray-Langon, collision frontale entre un train de voyageurs venant de Rennes, et un train venant de Nantes, transportant des soldats et leurs chevaux. C'est dans ce convoi que seront dénombrés les neuf morts causés par l'accidentLe journal Le Gaulois du 4 mars 1871 reprend les informations données dans le journal local de Redon du 27 février 1871 faisant état de cet accident survenu la veille, i.e. le dimanche 26 février 1871 ; La Presse du 8 mars 1871, ... Sur le réseau de la Compagnie de l'Ouest, vers 19 heures, un train rapatriant en Allemagne des soldats prussiens malades ou blessés est à l'arrêt avant l'entrée de la gare de Puteaux. Un train de marchandises qui le suivait le percute et écrase dix-neuf de ses trente-deux wagons. La collision fait un grand nombre de victimes, mais compte tenu du contexte, donne lieu à un simple communiqué administratif indiquant qu'«il y a eu à regretter de graves accidents»Le Constitutionnel du 11 mars 1871, p. 2; voir également G. Grison : Accidents de chemins de fer, grandes catastrophes..., Paris, 1882, p. 45 .. Les chiffres de vingt morts et plus de cent blessés seront cependant avancésLe Constitutionnel du 13 mars 1870, p. 4.. – À , avant la petite gare de Pontmort (hameau de la commune de Cellule en Auvergne), déraillement du train-poste 715, Saint-Germain des Fossés-Clermont-Ferrand. Une voiture de première classe escalade le fourgon, et est elle-même écrasée par un des wagons-poste. C'est là que l'on trouvera les victimes, 6 morts, une douzaine de blessés originaires d'Auvergne, et plus spécialement des régions d'Issoire, Riom et Clermont. L'accident a sans doute été causé par un écartement des rails dû au mauvais état de la voie. Récit de Victor Belin alors enfant : « L'heure du passage de l'express approchant - et pour un habitant de Saint-Myon lorsqu'il est encore un enfant, voir passer l'express est un événement ! - mon père arrêta un instant son attelage. Comme le train approchait, je le vis brusquement s'arrêter et les wagons comme monter en l'air pour s'écraser les uns sur les autres »Les journaux (voir p. ex. Le Siècle du 4 juillet 1871 ) ne publieront sur cet accident qu'un bref communiqué de la Compagnie du PLM; voir aussi Le Petit Journal du 7 juillet 1871, .. Un an plus tard, deux cadres de la compagnie du PLM renvoyés devant le Tribunal correctionnel de Riom pour avoir maintenu la circulation normale des trains sur une voie notoirement détériorée seront relaxés des poursuitesLe Temps du 7 juillet 1872, ... - Sur la ligne Paris-Lille, vers 22 heures 25, à la suite d'une erreur de signalisation, l'express venant de Paris prend en écharpe à pleine vitesse en gare de Seclin un train omnibus manœuvrant pour lui laisser le passage. Le choc éventre la locomotive du train tamponneur et broie trois voitures du train tamponné, dans lesquelles on dénombrera neuf morts, la plupart ébouillantés par la vapeur s'échappant de la machine, et soixante-quinze blessés Le Petit Journal du 7 septembre 1871, .., dont vingt-trois succomberont à leurs brûlures les jours suivantsJournal des débats politiques et littéraires du 26 septembre 1871,p. 3.. En décembre, le Tribunal correctionnel de Lille condamnera l'homme d'équipe chargé des signaux et le chef de gare respectivement à six et trois mois de prison et chacun à 300 francs d'amendeLe Temps du 20 décembre 1871, p. 3.. - Vers 8 heures 30, sur le réseau du PLM, un train Marseille-Paris déraille à Champigny, entre Sens et Montereau, près de la gare de Pont-sur-Yonne. L'accident, qui fait 11 morts et 32 blessés, est dû à une rupture d'essieu sur un wagon chargé de charbon intercalé illégalement entre deux voitures de voyageursLe Petit Journal du 19 septembre 1871, ... Saisi par onze des victimes ou leurs familles d'une action civile contre le PLM, le tribunal leur octroiera des indemnités allant de 12 000 à 60 000 francsLe Temps du 26 août 1872, p. 3. Le directeur de l'exploitation de la compagnie, poursuivi pénalement, sera condamné en première instance, mais acquitté par la cour d'appel de Paris le , alors que le contrôleur de l'État à l'origine des poursuites sera mutéVoir le rappel de l'affaire au JO Débats Chambre des députés, séance du 28 octobre 1891.. - À 23 heures, entre Monaco et Nice, à proximité de la Gare d'Èze, dans une tranchée suivant un tunnel, la chute sur les voies d'un bloc de rocher fait dérailler le train Menton-Nice. Deux voyageurs sont tués, quelques autres blessésLe Petit Journal du 1871, /.. - Sur la ligne Paris-Belfort, vers midi, peu avant la gare de Troyes, sous le pont des Marots, collision entre le train de voyageurs Paris-Chaumont et une machine quittant le dépôt malgré un signal d'arrêt. On compte un mort (le mécanicien de la machine haut-le-pied) et 8 blessésLe Temps du 6 octobre 1871, . et Le Figaro du 6 octobre 1871, ..
1872