Abou Bakr ibn Omar (en , en ) aussi appelé Abou Dardai (mort vers 1088) est un chef et émir almoravide. Il est le fils d'Omar ben Talakakin ben Ouayaktin al Lamtouni et de son épouse Safiya al-Djedaliya. Il est originaire de la tribu berbère des Lemtuna, faisant partie de la confédération Sanhadja.

Biographie vignette|L'empereur Mansa Musa à droite, représenté à partir de l'atlas catalan de 1375.

En 1054, il est nommé prince (émir) du Sud marocain et du désert mauritanien et reprend la ville d'Aoudaghost à l'empire du Ghana. En 1056, Abdullah Ibn Yassin le nomme à la tête des armées almoravides. En 1057, il s'empare de Souss et d'Aghmat, au sud du Maroc actuel. Après la mort d'Ibn Yasin en 1059, Ibn Omar devient roi. Il est victorieux de l'émirat du Barghwata et envoie une armée au nord sous le commandement de son cousin Youssef ben Tachfine, avec qui il partage son empire, tandis qu'il retourne vers l'Afrique occidentale en 1061.

Origines et contexte saharien Le mouvement almoravide (al-Murābiṭūn) apparaît au XIe siècle dans les régions sahariennes situées entre le fleuve Sénégal et la vallée du Draâ, au sein de la confédération berbère sanhadja des Lemtouna, Guddala et MassoufaNehémia Levtzion, Ancient Ghana and Mali, Londres, Methuen, 1973, p. 45-49.J. Cuoq, Recueil des sources arabes concernant l’Afrique occidentale du VIII au XVI siècle, Paris, CNRS, 1975, p. 92-96.. Cette confédération, structurée autour d’un islam malikite rigoriste, avait son centre politique dans l’actuelle Mauritanie (régions du Tagant et de l’Adrar).

Selon les chroniques arabes et les études modernes, Abou Bakr ben Omar, membre de la tribu des Lemtouna, participe à la réforme religieuse prêchée par le juriste Abdallah Ibn Yassine, qui fonde un camp religieux (ribat) sur l’île de Tidra, dans l’Adrar mauritanienCh.-A. Julien, Histoire de l’Afrique du Nord, Paris, Payot, 1961, p. 209-212..

À partir de cette base saharienne, les Almoravides unifient progressivement les tribus Sanhadja, sécurisent les routes caravanières reliant le Niger et le Souss, puis avancent vers le nordE.-F. Gautier, Le passé de l’Afrique du Nord, Paris, Payot, 1937, p. 180-184.. En 1056, Abou Bakr est désigné par Abdallah Ibn Yassine comme chef militaire (amir) du groupe réformateur; il conduit les campagnes qui aboutissent à la prise d’Aghmat et du Souss, préparant la création d’un centre de pouvoir plus septentrional dirigé par son cousin Youssef Ibn TachfinDaniel Rivet, Histoire du Maroc : de Moulay Idrîs à Mohammed VI, Paris, Fayard, 2012, p. 88-90..

Ce partage illustre la double nature de l’État almoravide: un pouvoir religieux et militaire né du Sahara, étendu ensuite vers le nord, et non l’inverse.

En 1076, Abu Bakr est retourné dans le désert du Sahara pour commander l'aile sud des Almoravides. Il a lancé une nouvelle série de campagnes contre les territoires de l'Empire du Ghana et est souvent crédité d'avoir initié la propagation de l'Islam à la périphérie sud du Sahara. On dit que ses campagnes ont atteint aussi loin que le Mali et Gao. Il tolère l'insubordination de ben Tachfine, qui conquiert Al-Andalus et évite ainsi l'éclatement du royaume.

Les Almoravides se désintéressent de la région ouest africaine à partir de 1086 et concentrent leurs efforts guerriers en Andalousie contre les rois chrétiens. Abou Bakr ben Omar meurt en d'une flèche empoisonnée au Tagant, selon certaines sources défait par le Sérère Ama Gôdô Maat.

La tombe d'Abu Bakr ibn Omar se trouve en Mauritanie, dans une localité nommée Mekssem Bakar dans la région du Tagant, elle se trouve à 15 km de Quddiya dans la périphérie de Tidjikdja.

Notes et références

Bibliographie

Catégorie:Almoravides Catégorie:Histoire du Sahara occidental Catégorie:Histoire du Maroc Catégorie:Chef de guerre musulman du XIe siècle Catégorie:Personnalité berbère du XIe siècle Catégorie:Empire du Ghana