Le Mont-Dore est la quatrième commune de Nouvelle-Calédonie en nombre d'habitants (après Nouméa, Dumbéa et Païta). Située en province Sud, sur la côte ouest et à l'extrémité sud de la Grande Terre, elle fait partie du Grand Nouméa.
La commune s'inscrit dans l'aire coutumière Djubéa-Kaponé.
Géographie
Situation La mairie du Mont-Dore est située, à vol d'oiseau, à de la place des Cocotiers de Nouméa, le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie. La commune en est limitrophe et fait partie de l'agglomération. Le territoire du Mont-Dore est constitué de deux plaines littorales, séparées l'une de l'autre par le massif du mont Dore, qui a donné son nom à la commune. Il est situé à l'extrémité sud-est de la côte ouest de l'île principale de Nouvelle-Calédonie, la Grande Terre, donnant sur ses lagon sud-ouest et sud et sur la mer de Corail, dans l'océan Pacifique Sud. Plusieurs îles sont également rattachées au territoire communal, dont la plus importante, et la seule peuplée de manière permanente, est l'île Ouen, séparée de la pointe sud-est de la Grande Terre par un étroit bras de mer, le canal Woodin. Elle est bordée au nord-ouest par les communes de Nouméa et de Dumbéa, (séparée d'elles par le cours d'eau Yahoué), et au nord, au nord-est et à l'est par Yaté, la Chaîne centrale constituant l'essentiel de la frontière entre ces deux communes.
Communes limitrophes
Géologie et relief
Hydrographie
Voies de communication et transports
Urbanisme Morphologie urbaine La commune du Mont-Dore est constituée de plusieurs lieux-dits, ou quartiers.
Les « Banlieues » urbaines de Nouméa thumb|Le quartier central de Boulari. thumb|Le centre culturel municipal à Boulari. thumb|Le parc du centre Culturel à Boulari. Le Mont-Dore fait partie du Grand Nouméa. Toutefois, très vaste, sa population est inégalement répartie. La plupart de la population est rassemblée dans des quartiers résidentiels qui prolongent le tissu urbain continu de Nouméa, formant donc la banlieue proche de cette ville. Avec habitants en 2009, ces quartiers rassemblent alors 52,5 % de la population du Mont-Dore sur 3 % de sa superficie totale (), pour une densité de 693 hab/km.
Pont-des-Français : situé à la sortie directe de Nouméa, il s'y trouve tous les dimanches un marché aux puces réputé, à l'emplacement de l'ancien Ciné-parc fermé en août 2006. On peut également citer la bibliothèque municipale du Mont-Dore. En 2009, ce quartier comptait habitants. sur ., et donc une densité de 553 hab/km. Yahoué : situé plus en hauteur, tire son nom de la rivière qui y passe et sur laquelle fut construit le premier barrage servant à alimenter Nouméa en eau au . Il y avait habitants en 2009 sur ., soit 502,89 hab/km. De 1899 à 1911, la Compagnie Calédonienne des Vins, de Georges Blandeau, regroupe la production (Yahoué, Païta, Farino, Saint-Vincent). La Conception : tire son nom d'une église construite en 1874 pour servir de lieu de culte à une mission catholique installée là depuis les années 1860. S'y trouvent plusieurs lotissements résidentiels, dont notamment wallisiens et futuniens, et une tribu kanak (dont la chefferie a été successivement occupée par Rock Pidjot jusqu'en 1988, puis par son fils Joseph Pidjot jusqu'à sa mort en 2010 et par son petit-fils Jean-Rock Pidjot à partir de 2012). On y trouve, outre l'église, le lycée professionnel Saint Pierre Chanel. Le quartier était peuplé de 941 personnes en 2009 sur ., soit 280,9 hab/km. Robinson : comporte de nombreux lotissements résidentiels, dont les Hauts de Robinson sur les contreforts de la Chaîne ou encore le Parc de Robinson. C'est le quartier le plus peuplé et le deuxième plus dense du Mont-Dore, avec en 2009 habitants sur ., soit 1 090 hab/km. Boulari : devenu le « centre-ville » du Mont-Dore, avec la mairie, sa place centrale (la « place des Accords » inaugurée en 2010, avec sa « Grande Case des communautés »), le collège public du même nom (ouvert en 1984, 724 élèves dont 73 en SEGPA en 2014), la marina, la salle omnisports ou encore le centre culturel du Mont-Dore. Il comptait en 2009 habitants sur ., soit 841,36 hab/km. Saint-Michel : contient de nombreux lotissements résidentiels, notamment peuplés par des Polynésiens. Il comportait habitants en 2009 sur ., soit une densité de , la plus forte de la commune.
Des périphéries en phase d'urbanisation thumb|left|L'église de la mission de Saint-Louis. Plusieurs quartiers possèdent ensuite un bâti moins dense et déconnecté du tissu urbain nouméen (mais ayant vocation à en faire partie), constituant les zones périurbaines ou de rurbanisation de l'agglomération, organisées autour des routes provinciales 1 (route du Sud) et 2 (route de la corniche du Mont-Dore). Saint-Louis : tire son nom d'une église construite là en 1860 par les missionnaires, elle a donné son nom à la tribu kanak qui s'y trouve (qui est une grande-chefferie disputée entre le clan Kambwa Ouétcho pour le district du Pont-des-Français actuellement dirigé par Rock Wamytan et la chefferie Morari, ou district du Mont-Dore, dont le grand-chef est Robert Moyatéa) et à la ferme de Saint-Louis. Ce quartier a été le lieu de violents heurts ethniques entre les Kanaks de la tribu et les Wallisiens du lotissement voisin de l'Ave Maria. Ces derniers ont dû finalement déménager. En 2009, la zone comptait 916 habitants sur ., soit 28,51 hab/km. La Coulée : tire son nom de la rivière qui y coule. On y trouve plusieurs lotissements, déjà plus éparpillés, ainsi qu'un centre commercial et la zone industrielle. Le quartier était peuplé de personnes en 2009 sur ., soit 51,82 hab/km. Vallon-Dore : quartier déjà plus périurbain, il a longtemps été un lieu de villégiature avec de nombreuses résidences secondaires de Nouméens qui y viennent passer leur week-end, désormais l'habitat permanent s'y est développé (en 2009, sur 694 logements, 636, soit 91,64 %, étaient des résidences principales, contre 44 ou 6,34 % de logements jugés vacants, 9 ou 1,3 % de résidences secondaires et 5 ou 0,73 % de logements occasionnels). Il comportait en 2009 habitants sur ., soit 361,43 hab/km. vignette|droite|Mont-Dore Sud en 2015. Mont-Dore Sud : à l'instar du Vallon-Dore, on y trouve plusieurs pieds-à-terre d'habitants de Nouméa avec une tendance à la rurbanisation et donc à l'installation permanente (689 logements en 2009, dont 634 ou 92,02 % de résidences principales, contre 34 ou 4,93 % de logements vacants, 11 ou 1,6 % de résidences secondaires et 10 ou 1,45 % de logements occasionnels). En 2009, il y avait habitants sur ., soit 340,09 hab/km. Plum: c'est là que l'on trouve la source donnant l'eau du Mont-Dore, l'eau minérale la plus bue en Nouvelle-Calédonie. À cela on peut ajouter plusieurs lotissements périurbains, des résidences secondaires de Nouméens (37 en 2009, soit 5,4 % des logements, il s'agit ainsi du quartier du Mont-Dore comptant le plus de résidences secondaires, à quoi s'ajoutent 50 ou 7,3 % de logements jugés vacants et 5 ou 0,73 % de logements occasionnels), un collège public ouvert en 2003, un centre militaire et le club nautique des Piroguiers du Mont-Dore (essentiellement de l'optimist). Le quartier comptait en 2009 habitants sur ., soit 85,61 hab/km.
Villages éloignés thumb|left|290px|Maison de l'ancien village minier de Prony.
À cela s'ajoutent plusieurs petits villages très peu densément peuplés. Prony : le village et la baie de Prony, à l'extrémité sud, est essentiellement touristique du fait de la présence de vestiges du bagne, du passage dans la baie des baleines l'hiver, l'ancien village minier conservé quasiment à l'identique ou encore l'hôtel de l'îlot Casy. île Ouen : îlot de séparé de la Grande Terre par le canal Woodin qui est le passage obligé des navires passant du lagon ouest au lagon est. Très peu peuplé (à peine 2 hab/km), à l'exception d'une tribu Kanak rassemblée dans le village d'Ouara (environ 80 habitants)., c'est un îlot touristique avec un hôtel et un aérodrome. L'île est surtout connue pour ses randonnées pédestres dans son relief accidenté, pour ses tortues et pour son ancienne mine de Jade.
Les espaces quasi déserts thumb|200px|Vue du Grand-Sud depuis une ancienne mine désaffectée reboisée, celle de Rouvray, avec en second plan le site de l'usine du Sud.
En 2009, les quartiers de Lembi - Mouirange, Grand Sud (incluant le village, en vérité pratiquement inhabité, de Prony) et de l'Île Ouen totalisaient habitants sur (en incluant l'île Ouen), soit 2,72 hab/km. La Lembi - Mouirange : c'est essentiellement un relief accidenté s'étendant sur 30,46 km., qui sépare le Mont-Dore de Yaté. Ce quartier est la zone agricole du Mont-Dore, habitée par des maraichers et des agriculteurs. Le Grand-Sud : à l'exception du village de Prony, le Grand-Sud est une vaste étendue (, soit près des deux tiers, ou 63,8 %, de l'ensemble du territoire communal) pratiquement déserte.. Il est appelé à se développer avec l'implantation de l'usine de Goro Nickel, à travers sa base vie, et est très étudié par les biologistes pour sa végétation xérophyle qui présente un très fort taux d'endémisme et par les géologues pour son sol ferreux et pour la latérite qui recouvre le sol en formant une poussière appelée « terre rouge ».
Logement
Projets d'aménagements
Toponymie Le nom de la commune est « Le Mont-Dore ».. L'origine de ce toponyme remonte à la découverte en 1873 de minerai de nickel dans le massif de ce qui est d'ores et déjà appelé le « Mont d'Or », et qui deviendra « Le Mont-Dore ».
Histoire Premiers peuplements Plusieurs sites se trouvant sur la commune du Mont-Dore sont peuplés depuis de longue date. Les premières zones de peuplement ont été localisées notamment à Boulari et à Saint-Louis dès l'époque de la période de Koné remontant au début du Un autre site, celui de Plum, a donné son nom à un style de poterie (dont un exemplaire entier a été découvert dans cette localité) développé entre le et le début du II millénaire
Arrivée des Européens Lorsque les premiers contacts se font avec des Européens au début du (notamment des santaliers anglais), le territoire actuel du Mont-Dore est alors occupé par deux clans de langue drubéa : les Boularis (ou Morari) et les Okoniés, de part et d'autre du fleuve de La Coulée. La déclaration du Bouzet en 1855 reconnaît aux Kanak la propriété des terres occupées par eux (propriété rendue inaliénable par l'arrêté du gouverneur Charles Guillain de 1868) et place dans le domaine de l'État les autres.
Le premier peuplement européen se développe essentiellement à travers des missions catholiques installées à la suite de la prise de possession de l'archipel par la France en 1853 : la mission de La Conception, au lieu-dit Paé où s'installe le père Pierre Rougeyron (vicaire apostolique, de 1855 à 1873) en 1853, avec des néophytes venus des missions préexistantes de Pouébo ou de Balade s'installent à partir de 1855, fuyant les événements de la côte est, sur un terrain de 2000 hectares troqué avec le Grand Chef Kouinda, la mission de Saint-Louis, développée à partir de 1859, avec un bon nombre de kanak fuyant les événements de Wagap, sur un territoire de 3416 (?) hectares, acquis par les frères maristes en 1856, ou mis à disposition par l'Administration.
Ces deux missions existent toujours et, ayant fixé autour d'elles la population mélanésienne, elles sont également devenues des tribus.
Développement économique Mais c'est surtout l'exploitation forestière, agricole puis minière qui va permettre le développement de la future commune.