Le Grand Nouméa est le nom donné à l'entité territoriale homogène (ETH) ainsi qu'à l'intercommunalité (Syndicat intercommunal du Grand Nouméa) centrées sur le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie, Nouméa, et correspondant, globalement, à une aire d'attraction. Situé sur la côte sud-ouest de la Grande Terre, en province Sud, il comprend quatre communes : Nouméa, Le Mont-Dore, Dumbéa et Païta. Ces quatre communes étaient peuplées en 2019 de habitantsINSEE, Les populations des communes de Nouvelle-Calédonie en 2019..
Démographie et étalement urbain thumb|right|400px|Vue de l'étalement urbain dans l'agglomération nouméenne, depuis le pic Malaoui dans les monts Koghi à Dumbéa. Au recensement de 2014, les quatre communes du Grand Nouméa totalisaient habitants, soit près de 90 % (89,76 %) de la population de la province Sud et les 2/3 (66,79 %) de celle de la Nouvelle-Calédonie (respectivement 89,46 % et 66,67 % en 2009)Recensement de 2014, ISEE.
Alors qu'elle ne comptait encore qu'à peine 25 000 habitants à la fin des années 1950 (25 204 en 1956), elle a connu une croissance particulièrement importante et soutenue dans la seconde moitié du . Sa croissance annuelle moyenne était ainsi encore de 3,1 % entre 1989 et 1996, de 2,9 % entre 1996 et 2009 et de 1,93 % entre 2009 et 2014.
Néanmoins, elles couvrent également une superficie plutôt vaste, soit 1 643 km et une densité moyenne relativement faible par rapport aux aires d'attraction définis par l'INSEE de 111 hab/km. Cette donnée est toutefois à relativiser du fait de la grande superficie des communes qui composent le Grand Nouméa, communes étant encore largement, d'un point de vue surfacique, rurales.
Le Grand Nouméa se caractérise d'ailleurs par une faible fragmentation municipale qui devrait en favoriser la planification, toutefois, la cohérence du territoire n'est pas encore affirmée et les opérations d'urbanisation sur la commune de Païta ne manquent pas d'inquiéter quant à une périurbanisation incontrôlée.
Répartition de la population La population des quatre communes se répartit ainsi en 2014 : Nouméa : habitants sur 45,7 km, soit une densité de ,6 hab/km et 55,67 % de la population de l'agglomération sur à peine 3 % de son territoire. Son poids dans l'entité territoriale n'a pourtant cessé de décliner au profit des communes de banlieue : alors qu'elle représentait encore 88,2 % des habitants du Grand Nouméa en 1956, elle n'en constituait déjà plus que 75,4 % en 1976, 66,7 % en 1989, 64,2 % en 1996, 62,5 % en 2004 et 59,6 % en 2009. Sa croissance annuelle moyenne était de 2,45 % de 1989 à 1996, de 1,91 % de 1996 à 2009 et 0,48 % de 2009 à 2014. La continuité du bâtiAu sens de l'INSEE, à savoir avec un espacement entre deux zones bâties au plus de 200 m, hors infrastructure sportive, zone de stationnement, ... s'étend sur 37,15 km, soit plus de 80 % de son territoire, et alors qu'il ne s'étendait en 1978 que sur 24 km Résultats de l'Atelier 8 : Organisation spatiale - occupation du sol, ruralité et urbanisation, de l'étude « Nouvelle-Calédonie 2025 » au sein du Schéma d'Aménagement et de Développement de la Population. vignette|La zone d'aménagement concerté de Dumbéa-sur-mer en cours de développement en 2015. Dumbéa : habitants (17,72 % du Grand Nouméa) sur 254,6 km, soit une densité de 124,95 hab/km, quand un recensement complémentaire mené en 2012 établissait la nouvelle population communale à personnes soit 105,18 hab/km Arrêté du 18 février 2013 portant modification des chiffres de la population de Dumbéa et de Païta et attribution de population fictive, JORF, 15/03/2013. Il s'agit de la commune qui a connu la plus forte croissance dans les années 1960 (avec une croissance annuelle moyenne de 30,3 % entre 1963 et 1969, Dumbéa ne comptait encore que 463 habitants en 1963 ce qui en faisait la la moins peuplée du Territoire), 1970 (31,6 % annuellement entre 1969 et 1976 puis 4,6 % entre 1976 et 1983) et 1980 (13,6 % en moyenne par an entre 1983 et 1986). Cette évolution reste ensuite marquée puisque la dynamique d'expansion urbaine concerne toujours la partie occidentale de Dumbéa avec de nouvelles zones d'aménagement concertées (Dumbéa-sur-mer, Panda, Nakutakoin, Katiramona), tout en s'étendant désormais au-delà des limites de la commune vers Païta (5,45 % entre 1989 et 1996 puis 5,66 % entre 1996 et 2009 et 6,4 % entre 2009 et 2014). Le tissu urbain s'étend essentiellement dans le sud de la commune, dans les quartiers de Cœur de Ville, Koutio et Auteuil qui constituent désormais le « centre urbain » de la commune, avec l'ouverture prévue à la fin de l'année 2016 du nouvel hôtel de ville à l'emplacement de l'ancienne mairie annexe de Koutio ou encore du médipôle de Koutio, mais aussi, et de manière plus ancienne, avec la présence de la galerie commerciale Kenu'in et de son hypermarché Carrefour, de la piscine municipale, de la médiathèque et du collège de Koutio, le lycée du Grand Nouméa ou encore du siège du Syndicat intercommunal à vocation multiple du Grand Nouméa. Ils regroupent en 2014 sur environ 7 km, à savoir 56,76 % des habitants de Dumbéa (67,4 % en 2009) sur 2,7 % de son territoire (et une densité de quelque hab/km). Ce centre s'est étendu vers l'ouest à la fin des années 2000 et dans les années 2010, dans les zones d'aménagement concertées de Dumbéa-sur-mer (déjà habitants en 2009 puis en 2014 sur environ 5 km qui ne sont pas encore entièrement aménagés, soit 737 hab/km) et de Panda dans le secteur de la Plaine Adam ( personnes en 2014 sur 2,5 km soit quelque hab/km). Au total, la partie de Dumbéa totalement intégrée dans le tissu urbain continu du Grand Nouméa (c'est-à-dire avec un bâti continu avec Nouméa) cumulent en 2014 , soit plus des trois-quarts de la population communale (77,98 %) sur 5,7 % de son territoire et une densité de hab/km. S'y ajoutent quelques lotissements périurbains récents : Nakutakoin (765 résidents en 2009, 785 en 2014) à l'ouest, et celui de Katiramona sud ( personnes en 2009, en 2014) au nord-ouest. Il s'agit donc, en dehors de Nouméa, de la municipalité la plus urbaine de Nouvelle-Calédonie. vignette|droite|Boulari au Mont-Dore. Le Mont-Dore : habitants (15,13 % du Grand Nouméa) sur 643 km, soit une densité de 42,2 hab/km. Sa croissance annuelle moyenne, encore forte entre 1989 et 1996 (3,85 %), s'est relativement tassée depuis 1996 (1,64 % entre 1996 et 2009 puis 1,15 % entre 2009 et 2014), ce qui lui fait perdre le statut de deuxième commune la plus peuplée de l'archipel au profit de Dumbéa en 2014. Mais les banlieues disposant d'un bâti continu avec Nouméa ne couvrent que le nord-ouest de la commune, soit les quartiers de Yahoué, Pont-des-Français, Conception, Robinson, Boulari et Saint-Michel, comprenant habitants en 2009 et habitants en 2014 (soit 52,65 % de la population de la commune) sur environ 19 km (et donc 3 % de la superficie totale du Mont-Dore et une densité de 752,5 hab/km). Il s'agit des zones périurbaines les plus anciennement insérées dans l'agglomération nouméenne. À celles-ci peuvent s'ajouter des zones plus éloignées, moins denses mais qui constituent néanmoins des agglomérations secondaires, nées d'un phénomène de rurbanisation, avec tout d'abord les quartiers de Saint-Louis et La Coulée ( habitants sur 95,4 km, soit 51,4 hab./km), d'autre part ceux du Vallon-Dore et du Mont-Dore-Sud ( résidents sur 12 km, donc 388 hab./km) et enfin Plum ( personnes sur 30 km, soit 91 hab./km). vignette|droite|Nouveau lotissement dans la baie de Tiaré au nord-ouest de Païta, en 2014. Païta : habitants (11,48 % du Grand Nouméa) sur 699,7 km, soit une densité de 29,46 hab/km, alors qu'un recensement complémentaire mené en 2012 établissait encore la population communale à habitants soit 25,9 hab/km. Dernière commune du Grand Nouméa touchée par l'expansion urbaine, notamment du fait du phénomène de rurbanisation, elle est, depuis la fin des années 1990, la commune la plus dynamique démographiquement avec Dumbéa : sa croissance annuelle moyenne fut ainsi de 5,8 % entre 1996 et 2009 et de 5,2 % entre 2009 et 2014. L'étalement du bâti s'est surtout fait sous la forme de lotissements d'habitats individuels se développant en « doigt de gant » le long de la voie express n°2 (ou Savespress) au sud-est, avec les logements sociaux de Julisa ou les résidences pavillonnaires de Savannah, Val Boisé, Beauvallon et Naïa. Elle reste toutefois particulièrement rurale, avec toujours 193 agriculteurs enregistrés auprès de la Chambre d'agriculture en 2007, et bien que ce chiffre soit légèrement en baisse (ils étaient 223 en 2001). De plus, le bâti n'est pas encore totalement continu avec celui des quartiers de Nakutakoin et Dumbéa-sur-mer, ni avec ceux de Koutio et Cœur de Ville, la basse vallée de la Dumbéa servant encore de rupture dans l'agglomération.
La partie urbaine agglomérée du Grand Nouméa ne s'étend donc que sur la commune de Nouméa et une partie du Mont-Dore et de Dumbéa, soit habitants en 2014 sur 70,65 km de bâti continu et une densité d'environ hab/km. L'unité urbaine de Nouméa, si l'Insee l'avait définie, engloberait quant-à-elle ces trois communes, soit habitants en 2009 et en 2014.
Emploi et mouvements pendulaires vignette|droite|L'usine SLN de Doniambo à Nouméa, ainsi que la zone industrielle voisine de Ducos, constituent d'importants bassins d'emploi. La ville-centre (Nouméa) reste, et de loin, le pôle économique de l'agglomération, avec plus de 90 % des nouvelles offres d'emploi qui y sont concentrées. Ainsi, sur entreprises enregistrées au RIDETRépertoire d'identification des entreprises et des établissements. pour le Grand Nouméa en 2008, 73,6 % sont encore concentrées dans la commune de Nouméa (74,5 % en 2004), alors que n'y résidait en 2004 que 64,2 % de la population active de l'agglomération (et 65 % des actifs occupés). Par conséquent, Nouméa héberge un volume d'emplois supérieur à son volume d'actifs occupés résidents (son ratio emplois/actifs occupés était de 1,26 en 2002), reléguant les communes périphériques au rôle de réserve de main d'œuvre (ce même ratio était ainsi de 0,41 au Mont-Dore et surtout de 0,35 à Dumbéa, Païta s'en sortant mieux avec une moyenne de 7 emplois pour 10 actifs occupés grâce à la présence de l'aéroport international de La Tontouta ou du maintien d'une forte activité agricole). En 2009, la part de la population active travaillant à Nouméa s'élevait à plus des deux tiers (67,6 %) à Dumbéa, à 53,3 % au Mont-Dore et 51,3 % à Païta (comparativement, seulement 9,3 % des actifs résidant dans la ville-centre avaient leur emploi dans une autre commune, et plus précisément 7,8 % dans le reste du Grand Nouméa). Ces chiffres démontrent également que Boulouparis et Yaté sont de plus en plus absorbées par l'entité territoriale homogène du Grand Nouméa puisque les chiffres du recensement de 2009 montrent une proportion d'actifs résidents travaillant à Nouméa ou dans ses trois communes de banlieue proches de 40 % (35,9 % à Boulouparis, 35,6 % à Yaté)Recensement de 2009, ISEE.
Néanmoins, ce déséquilibre a tendance à se réduire légèrement avec de plus en plus d'établissements créés en banlieue : de 2004 à 2008, le parc d'entreprises a ainsi augmenté de 36,5 % à Nouméa, de 36,8 % au Mont-Dore, de 45,5 % à Dumbéa et surtout de 53,9 % à Païta. De nombreux projets réalisés ou en cours d'élaboration depuis les années 2000 visent de plus à empêcher la transformation des périphéries nouméennes en communes « dortoirs » : l'usine de Goro à l'extrémité sud du Mont-Dore, la construction du médipôle de Koutio à Dumbéa ou l'agrandissement de l'aéroport international à Païta, entre autres.