La pratique du sport est assez répandue en Nouvelle-Calédonie, île dont les paysages variés offrent de multiples possibilités d'activités sportives et de plein air, en plaine, en montagne et dans les lagons. Si cette pratique n'est pas aussi répandue qu'en France, certaines disciplines qui se retrouvent aux Jeux du Pacifique sont beaucoup pratiquées par les Néo-calédoniens. La Nouvelle-Calédonie est le territoire le plus titré, autant en nombre total de médailles qu'en or, aux Jeux du Pacifique Sud (devenus depuis 2011 simplement les Jeux du Pacifique) et aux Mini-Jeux du Pacifique. Elle a organisé à trois reprises cette manifestation régionale : en 1966, en 1987 et en 2011. Chacun de ces Jeux a été l'occasion d'importants chantiers d'infrastructures menés par les pouvoirs publics, surtout concentrés dans le Grand Nouméa. Ayant servi également de cadre à plusieurs compétitions internationales en sport nautique par le passé, l'archipel a notamment accueilli une des étapes annuelles du Kite Surf Pro.
Athlétisme
En 1918, l'athlétisme et plusieurs sports émergent en Nouvelle Calédonie sous l’impulsion de Fernand Danger. Mordu de sport, le principal du collège Lapérouse va créer l’association « la Gauloise Calédonienne » qui rassemblait tous les jeunes collégiens autour du football et de l’athlétisme. Fernand Danger obtint un terrain devant le collège pour les entraînements mais comme les dimensions étaient assez restreintes, certaines courses à pied comme le 100 mètres et le 400 mètres se déroulaient dans la ligne droite de la rue Carcopino. C’est là que l’on vit se révéler des talents comme Henri Pinaud, Gaëtan Ollivaud, Henri Lafleur et Louis Yanamoto. Même si on pratique certaines épreuves depuis 1920, il faudra attendre l’année 1962 pour que les différents clubs se regroupent au sein d’une même ligue sous la présidence de Guy Robert.
En 1957, le stade du PLGC devient le premier terrain d’athlétisme avec une piste cendrée tracée de couloirs pour le , une ligne droite pour le et le 110 mètres haies ainsi que des espaces pour les sauts. Divers terrains de sport sont ensuite défrichés en Brousse et deux stades construits, l’un à l’île des Pins durant les années 1957-1958 et l’autre à Poindimié à la même époque. Les athlètes calédoniens ont brillé dans la spécialité des lancers, plus particulièrement le lancer du javelot. De nombreux spécialistes sont allés conquérir des titres de champion de France. En 1948, lors des jeux olympiques de Londres, un jeune calédonien fait partie de la délégation française : Robert Chefdhotel. Sa spécialité est le demi-fond, et plus particulièrement le où il fait figure de favori avec son compatriote Marcel Hasenne. Malheureusement, les deux tricolores manqueront leur rendez-vous dans cette course, mais pas lors du relais 4 × 400 mètres où l’équipe de France, avec Robert Chefdhotel, l’enfant de Faubourg-Blanchot, remporte la médaille de bronze. C'est la première médaille olympique remportée par un Calédonien. En 1987, Alain Lazare réussit un incroyable pari : remporter toutes les courses, du au marathon.
Grands noms Jean-Paul Lakafia est l’un des plus grands lanceurs de javelot du Pacifique. Champion de France de la spécialité, il participe à la finale des Jeux olympiques de Los Angeles en 1984.
Alain Lazare, originaire de Boulouparis, a remporté son premier titre de champion de France de marathon en 1983 à Rouffach. Suivront de nombreuses autres victoires et la participation à deux jeux olympiques, en 1984 à Los Angeles et en 1988 à Séoul.
Champion de France de saut en hauteur, Paul Poaniewa a connu son heure de gloire en 1975 à Saint-Étienne. C’est là qu’il a battu le record de France en passant une barre à , la meilleure performance européenne de l’année qui le plaçait à du record du monde.
Marathonienne de grand talent, Nadia Bernard-Prasad s’est illustrée dans les années 1990. Elle est devenue championne des États-Unis de course sur route en 1993 lors de la classique Boulder-Boulder. Dans la foulée, elle remporte le marathon de Los Angeles en 2 heures 30 minutes et 16 secondes.
Christian Kaddour, originaire de Thio, demeure l’un des meilleurs sauteurs de l’histoire de l’athlétisme calédonien. Champion du monde militaire de saut en longueur en 1964, champion de France de triple saut en 1967, Christian Kaddour s’est également illustré lors des Jeux du Pacifique où il a remporté de nombreuses médailles d’or.
Martial Bone, lanceur de disque, 15 médailles de 1963 à 1987.
Madeleine Déouwi, lanceuse polyvalente (poids, javelot, disque), en handisport.
Pierre Fairbank, athlétisme Handisport. Course Fauteuil: 100/400/800. 6 fois qualifié aux jeux paralympiques. 8 Medailles
Thierry Cibone, athlétisme Handisport. Lancer Ambulant et en fauteuil: poids et javelot. 4 jeux paralympiques. 6 Medailles
Angélique Plaire, coureuse élite de trail et d'ultra trail, a fini seconde de l'Ultra-Trail Australia en 2019.
Baseball
thumb|right|Match de baseball entre la Nouvelle-Calédonie (rouge et gris) et Guam (bleu et rouge) lors des Jeux du Pacifique de 2011 (score : 1-3)
Sport national aux États-Unis, le baseball a fait sa première apparition en Nouvelle-Calédonie pendant la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, les américains ont disputé quelques matchs durant leur passage. Mais ce n’est qu’en 1991 que ce sport s’est réellement implanté sur le territoire. En Nouvelle-Calédonie, les équipes féminines jouent au softball, une variante du baseball qui se joue en salle.
Basket-ball Sport roi aux États-Unis, le Basket-ball est implanté en Nouvelle-Calédonie depuis 1927. Cette année-là, Ernest Veyret forme des équipes pour animer la saison morte du football entre octobre et mars. Aujourd’hui, le phénomène dure toute l’année et s’étend sur tous les terrains. Les premiers matchs de basket sont disputés le dimanche à la fin des années 1920. Ils se jouent sur la place Bir-Hakeim, puis derrière la bibliothèque Bernheim sur ce qui deviendra le stade Veyret. Les débuts de la discipline sont plutôt discrets mais ce sport séduit les femmes. En 1928, Deneef crée les deux premières équipes féminines. Malgré un réel engouement, symbolisé par la création de nombreux clubs dans les années 1950, le basket calédonien devra attendre 1966 et l’arrivée de Gérard Sturla pour structurer la discipline. Cet entraîneur, venu former la sélection pour les Jeux du Pacifique Sud disputés à Nouméa, va mettre en place une cellule de formation comprenant entraîneur, arbitre et chronométreur pour chaque équipe calédonienne.
Grands noms Un calédonien sur les parquets américains, telle est la belle aventure vécue par Michel Casteix à la fin des années 1980, époque où il est repéré par les Harlems Globe Trotters de passage à Nouméa. Le Calédonien prend la direction de San Francisco pour les sélections au Martin Luther King Center. Et durant deux ans, il va s’amuser en pratiquant le basket-spectacle des Harlem Globe Trotters.
Joueur à la Vallée-du-Tir puis à l’Indépendante, Angelo François Elocie va connaître les parquets du championnat de France, d’abord en Nationale 1 à Monaco, où il va faire ses classes au plus haut niveau, puis au Mans, un club où il passera ses meilleures années.
Boxe La boxe a été longtemps été, avec le football et le cyclisme, le sport vedette en Nouvelle-Calédonie. Le territoire a connu une période faste, de 1920 à 1980, avec de très grands champions, issus généralement de Maré. Les grandes soirées pugilistiques calédoniennes ont aussi permis la venue de quelques vedettes mondiales du ring, tel Briscoe et Valdès venus disputer une demi-finale mondiale. De 1972 à 1976, quelques-uns des plus grands champions viendront combattre en Nouvelle-Calédonie, des champions de France comme Jacques Van Mellaerts et Jean-Claude Bouttier mais aussi des vedettes tels Tony Mundine, Rodrigo Valdes ou encore Rocky Mattioli, qui ont tous disputé des championnats du monde.
Grands noms Maré est l’un des berceaux de la boxe calédonienne avec un homme, Henri Naisseline, grand amateur du noble art, et un club, le Nengone Sports, qui va former bon nombre de champions. Caea Doudi et Georges Champion mais aussi Ware Kaoutche et Noël Hmae, Jean Warésine Wayuo, Claude Pita, Joseph Jone, Mitra Kaloi et son frère Richard, élu de la province des Îles Loyauté qui a côtoyé les rings de 1975 à 1980.
Georges Champion a été le premier grand boxeur du territoire, un champion qui a fait des coups d’éclats dans les années 1940 sur les rings calédoniens et australiens. Caea Doudi s’est fait un nom dans les années 1950-1960 où il a régné sur la région Pacifique. En plus de cents combats, le solide boxeur de Netché n’est allé qu’une seule fois au tapis.
Charles Baou a réussi l'exploit de remporter trois titres de champion de France professionnel différents : chez les welters, les légers et les superlégers.
Chasse sous-marine La chasse sous-marine demeure l’une des disciplines les plus prisées des Calédoniens. Ils sont en effet nombreux à posséder l’arsenal nécessaire pour aller chasser le poisson dans les eaux du lagon. Chaque année, un championnat oppose les meilleurs chasseurs. Les premiers masques sous-marins sont arrivés fin 1946 en provenance des États-Unis. Avec une vitre en plastique et un tuba incorporé, ils étaient peu pratiques. L’année suivante, en 1947, les premiers fusils sous-marins débarquent sur le Caillou. Très vite, les fusils à ressort deviendront des arbalètes avec sandow en caoutchouc.
Cricket
Histoire Le cricket a fait son apparition en Nouvelle-Calédonie, et notamment aux Îles Loyauté, à Maré, au siècle dernier. On situe vers 1900 les premiers matchs de cricket dans le district de Guahma, des confrontations masculines entre les tribus de Roh et Netché. Toutes les tribus protestantes y adhéreront et seront vite suivies par l'ensemble des Loyauté, surtout Maré et Lifou. Le cricket traditionnel s'est d'abord pratiqué lors des fêtes coutumières ou des grandes manifestations culturelles avant de devenir un sport de compétition avec la naissance d'une ligue et la création d'un championnat territorial et d'une Coupe de Calédonie. Le cricket est un sport prisé par les Kanaks. La Ligue de Nouvelle-Calédonie de cricket est créée le , à l'initiative de Dick Ukeiwé. Grands noms Sylvie Adjougnique, Yvonne Katrawa, Némia Némia, Loza Lolohéa, Waiwe Wayaridri,
Cyclisme Histoire Le vélocipède a fait son apparition en Nouvelle-Calédonie en 1870 par le biais des frères Albe et Gabriel Gaveau qui ont fait confectionner à l'époque un vélocipède à deux places. Les premiers cycles seront importés en 1880 par Alfred Stilling qui en commande deux. Huit ans plus tard, une bonne cinquantaine de cycles parcourent les rues de Nouméa. Le Véloce Club Calédonien (VCC) est créé en 1891. Il est l'un des premiers clubs cyclistes de France. Le premier président se nomme Charles Loupias. Spécialiste des épreuves de vitesse, Jean Brock détient de nombreux records à cette époque au sein du WCC. Un comité de cyclisme qui deviendra le comité régional est créé en 1953 par Lucien Fontaine. Il en sera le président et lancera le projet du Tour de Calédonie qui deviendra l'une des plus belles courses amateurs du monde. La Nouvelle-Calédonie a accueilli de nombreux champions : Ercole Baldini, Lucien Aimar, Bernard Thévenet, Luis Oscana, Jacques Anquetil, Bernard Hinault. Gilbert Duclos-Lasalle, double vainqueur de Paris-Roubaix, et Laurent Fignon, double vainqueur du Tour de France, ont quant à eux participé au Tour de Calédonie. Les Six Jours font figure d'épreuve mythique dans le monde sportif calédonien. Au même titre que le Tour (course sur route), l'épreuve sur piste rencontre un formidable succès populaire.
Vélodromes