Nicolas Herman, en religion frère Laurent de la Résurrection (vers 1614 à Hériménil - à Paris), est un frère convers des Carmes déchaux lorrain connu par un recueil de lettres et d'entretiens publiés après sa mort. Dans ces écrits, il raconte ses expériences spirituelles, tout entières centrées sur la pratique de la présence de Dieu.
S'il a eu une forte influence sur Fénelon (qui le cite dans sa Réponse à Bossuet) il a été rapidement oublié en France. Néanmoins, les écrits du frère Laurent ont eu un grand écho à l'étranger, et notamment chez les protestants., grâce en particulier au méthodiste John Wesley (1703-1791).. Ses ouvrages ont fait l'objet de multiples rééditions, y compris de nos jours.
Biographie Jeunesse Nicolas Herman est né vers 1614 dans le duché de Lorraine à Hériménil, près de Lunéville, (actuelle Meurthe-et-Moselle)..
Il vit une première expérience mystique à l'âge de 18 ans, expérience dont il gardera le souvenir toute sa vie. Le jeune Nicolas choisit néanmoins le métier de soldat, et il s'engage dans les troupes du duc de Lorraine Charles IV qui combat l'invasion françaisePar la suite, le frère Laurent regrettera cette période de sa vie, et les crimes qu'il y a commis, sans préciser lesquels.. À cette époque, le duché de Lorraine est ravagé par la guerre de Trente Ans (1618-1648).
Simple soldat, il échappe par deux fois à la mort, mais il est grièvement blessé au siège de Rambervillers en 1635.. Un peu plus tard, il quitte la Lorraine dévastée par la famine et la pestePour la description du contexte, se reporter au site : citant des extraits de La notice de l’abbé Idoux, publiée en 1911 et 1912, dans les Annales de la société d’émulation du département des Vosges..
Nicolas décide alors de se faire ermite et part s'installer dans cette nouvelle vie en compagnie d'un gentilhomme. Cependant, il est surpris de ne trouver dans cette vie érémitique ni la paix, ni la ferveur religieuse. Il abandonne alors rapidement sa condition pour se rendre à Paris, où il trouve une place de laquais chez le sieur Gaspard III de Fieubet, conseiller ordinaire du roi et chancelier de la reine.
Entrée au Carmel Un oncle de Nicolas est carme et le couvent des Carmes déchaux de la rue de Vaugirard commence peu à peu à l'attirer. À 26 ans, il se décide à demander son entrée en Carmel en qualité de frère convers. Il prend le nom de <ref>Saint Laurent est le saint patron de sa paroisse natale. Ses biographes ont émis l'hypothèse que la Résurrection lui rappelait peut-être son expérience mystique vécue à 18 ans.</ref>.
En 1642, il prononce ses vœux de frère convers. Bien que simple frère convers, il consacre tout de même deux heures à l'oraison. Dans son couvent, en qualité de frère convers, il exercera le métier de cuisinier pendant quinze ans, puis celui de savetier jusqu'à sa mort. Il lui arrive néanmoins de sortir du couvent pour réaliser de longs voyages (jusqu'en Auvergne ou en Bourgogne), pour réapprovisionner son couvent. Il reçoit également des visites ; son biographe, l'abbé Joseph de Beaufort, vicaire général du cardinal de Noailles, dira de lui : .
Vers la fin de sa vie, il souffre cruellement d'une sciatique qui le fait boiter. Mais le frère Laurent ne perd pas pour autant sa bonne humeur.
Au début de 1691, le frère Laurent tombe malade. Après une première guérison, il retombe rapidement malade. Son mal augmentant à vue d’œil, on lui apporte le sacrement des malades. Les témoins racontent qu', frère Laurent meurt le .
Reconnaissance et influence posthume Le rayonnement de cet homme simple lui attira de nombreux visiteurs parmi ses contemporains. Le plus illustre fut sans doute Fénelon, sur qui frère Laurent fit forte impression et qui le cite dans sa Réponse à Bossuet. Voir note 30 du .. L'un des visiteurs les plus assidus, l'abbé Joseph de Beaufort, lequel deviendra son biographe, le visita durant près de vingt-cinq ans. Il recueillit ses lettres et transcrivit ses entretiens. La publication des Maximes spirituelles en 1692, suivie des Mœurs et entretiens du frère Laurent de la Résurrection en 1694En 1991 ces deux ouvrages ont été republiés dans une édition critique. Voir . fit connaître sa spiritualité tant en France qu'à l'étranger.
Le frère Laurent a eu un rayonnement spirituel interconfessionnel par son enseignement de la pratique de la présence de Dieu, comme manière de pratiquer l'oraison. La mystique du devoir d'état expliquée par Laurent de la Résurrection permet à tous les chrétiens, qu'ils soient laïcs ou religieux, de se reconnaître dans son enseignement. S'il a pratiquement été oublié en France (son enseignement ayant été, à l'époque, faussement associé aux tenants du quiétisme), il a cependant souvent été traduit et réédité (et encore de nos jours) à l'étranger, notamment sur le continent américain, où il jouit d'un certain rayonnement spirituel, y compris chez les non-chrétiens.
Spiritualité Si Laurent de la Résurrection insiste sur les vertus théologales (foi, espérance, charité) rappelant ainsi l'enseignement de saint Jean de la Croix, son expression souligne une familiarité avec Thérèse d'Avila, avec la mise en parallèle de l'oraison de recueillement décrite par Thérèse.
Frère Laurent raconte que son premier éveil spirituel eut lieu d'une manière toute spontanée alors qu'il avait 18 ans. La vue d'un arbre nu en hiver, associée à la vision de ce même arbre refleurissant au printemps, firent naître en lui à la fois un grand sentiment de détachement et un grand élan d'amour vers Dieu, .
Plus tard, au Carmel, alors qu'il rencontre des difficultés en méditant lors de son oraison, il commence à regarder Dieu, durant ses temps de travail, comme un ami, comme un être intimement présent. Le frère Laurent raconte : . Il regarde alors Dieu comme un ami qui . Il se met alors a appliquer la même technique durant ses temps de prière silencieuse, ce qui lui apporte beaucoup de paix et de joie.
La pratique de la présence de Dieu L'essentiel de sa pratique tient en quelques mots : à tout moment et en toute circonstance, se souvenir de la présence divineLéon XIV, de retour du Liban : « Nous devrions être moins effrayés par l’islam » / chap. Inspiré par le frère Laurent de la Résurrection.. Selon un de ses biographes, l'abbé de Beaufort, grand vicaire du cardinal de Noailles :
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . Jad Hatem, L’Amour pur selon Luther et Laurent de la Résurrection, Éd. du Cygne, 2016, 84 p., . Revue . Laurent de la Résurrection, Sur la pratique de la présence de Dieu, Maximes et lettres suivies des divers témoignages de Joseph de Beaufort, préface de Stéphane Robert ocd, postface de Marie-Laurent Huet ocd, Éditions Arfuyen, 2017 .
Denis Sureau, Frère Laurent de la Résurrection, le cordonnier de Dieu, Artège, 2020, 152 p. . Laurent de la Résurrection, Vivre la présence de Dieu'', Artège Editions, 2020, 176 p. . . . .
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