La Gracieuse est une canonnière de lutte anti-sous-marine. de la Marine française, de . Elle a également été classée successivement comme dragueur de mines et comme aviso.
Conception La Gracieuse n’est pas le premier navire de ce nom dans la Marine française : de 1671 à la fin du XVIIIe siècle, neuf frégates et une corvette du même nom se succèdent. La frégate La Gracieuse (1750-1783) participe à la guerre de Sept Ans et à la guerre d'indépendance des États-Unis..
La canonnière La Gracieuse a une longueur de 60,20 mètres, un maître-bau de 7,20 mètres, un tirant d'eau de 2,90 mètres... Son déplacement est de 350 tonneaux. Sa propulsion repose sur une machine à vapeur alternative à triple expansion, alimentée au charbon, d’une puissance de 2500 ch, actionnant une hélice unique, qui lui donne une vitesse de pointe de 17 nœuds. Son armement se compose de deux canons de 100 mm placés à ses extrémités (proue et poupe) et de grenades anti-sous-marines. Son équipage est de 55 hommes.
Historique La Gracieuse est mise en chantier à Lorient en 1916. Elle est lancée le , terminée et mise en service avant la fin de l’année 1916.
Première Guerre mondiale En , la Gracieuse est affectée à la Division des patrouilles de la Méditerranée orientale. De 1917 à 1918, elle effectue de nombreuses patrouilles au large de l’Algérie.
Le , avec L'Impatiente, elle escorte le paquebot mixte L'Himalaya et deux autres navires qui voyagent de Bizerte à Marseille. Parvenu à 24 milles marins de Marettimo, à la position approximative , LHimalaya est coulé par le sous-marin allemand U-63. (commandant : Kapitänleutnant Otto Schultze). LU-63 réussit à plonger avant que la Gracieuse et L'Impatiente n’aient le temps de l’attaquer. Il ne reste plus aux deux canonnières qu’à recueillir les survivants. Elles sauvent 102 soldats français et 69 membres d’équipage qui étaient sur LHimalaya. On déplore 32 soldats et 4 membres d’équipage morts ou disparus.
Le , la Gracieuse est à nouveau le témoin impuissant d’un autre drame de la mer. Avec le Fier, elle escorte un convoi composé de la Nièvre et du navire auxiliaire Nivernais, chargé de moutons, qui se rendent d’Alger à Marseille. Vers 22 h 40, dans le sud des îles Baléares, à la position approximative (ou selon une autre source), le Nivernais est torpillé et coulé par le sous-marin UB-48 (commandant : Oberleutnant zur See Wolfgang Steinbauer). Le Nivernais coule par l’avant trois minutes après l’explosion. Le sous-marin attaquant plonge aussitôt et disparaît. Encore une fois, il ne reste plus à la Gracieuse qu’à recueillir les rescapés. Le LV Vallée, commandant la Gracieuse, signale dans son rapport qu’il a sauvé 34 naufragés (dont 4 officiers) dont 4 blessés. Il y avait à bord du Nivernais 54 hommes, équipage et passagers additionnés.
Au , la Gracieuse fait partie de la 5e escadrille de contre-torpilleurs de la Division des patrouilles d’Algérie. En , la Gracieuse se trouve sur les côtes du Rif au Maroc.
Entre-deux-guerres En 1918, le lieutenant de vaisseau (et futur amiral) Jean Decoux prend le commandement de la Gracieuse.. Sous son commandement, la canonnière quitte Alger le pour les bancs de Flandre. Elle est basée à Ostende avec deux autres canonnières. L'entrée du port d'Ostende est gênée à cette époque par l'épave de l'ex-croiseur britannique qui a été coulé en 1918 par les Allemands afin de bloquer le port. L’épave ne sera retirée qu’en , dégageant enfin le passage. Dans son livre Histoire des marins français, le contre-amiral (CA) H. Granier indique que le LV Decoux « se distingua au cours de missions de dragage dans le secteur de Dunkerque et sur les côtes de Tunisie ». Jean Decoux évoque cette période dans son livre de mémoires Adieu Marine (Plon, 1957), au chapitre XV « La canonnière Gracieuse en Méditerranée et en mer du Nord (1918-1919) », pages 181 à 192. Il y indique que la Gracieuse quitte la mer du Nord pour la Méditerranée le , en compagnie de la Curieuse, la Malicieuse et la Railleuse.
La Gracieuse sert à l'escadrille de dragage de Syrie et fait campagne en 1920 au Levant et en mer Noire. Au total, elle aura obtenu à trois reprises le bénéfice des campagnes de guerre. En , elle est de retour à Toulon et affectée à la flottille du 5ème Arrondissement maritime. En , elle est « en disponibilité armée » à Toulon en attendant le remplacement de ses machines. Cette attente dure assez longtemps, plusieurs mois voire plusieurs années.
En 1924, la Gracieuse est reclassée comme « aviso de 2ème classe » mais elle redevient officiellement canonnière en 1925, puis de nouveau aviso à partir de 1929. Sa dernière mission, en , est la surveillance de la zone du Maroc espagnol pendant la cruelle guerre civile qui déchire l'Espagne. Condamnée le , la Gracieuse est vendue pour démolition à Toulon.
Commandants Lieutenant de vaisseau Jean Pierre Émile Marie Vallée : à .. Lieutenant de vaisseau Jean Decoux : 1918.-1919..
Articles connexes Liste des canonnières françaises Liste des avisos français
Bibliographie . .
Notes et références
Catégorie:Canonnière de la Marine française Catégorie:Navire de la Marine française de la Première Guerre mondiale Catégorie:Patrouilleur de la Marine française Catégorie:Navire construit en France Catégorie:Bateau lancé en 1916 Catégorie:Navire démoli en 1940