Jinotega (en espagnol : [xinoˈteɣa]), est une municipalité et une ville de la République du Nicaragua, chef-lieu du département de Jinotega situé dans le nord du pays. Il est connu sous le nom de Las Brumas en raison de ses caractéristiques naturelles. Elle a été fondée en 1606 sous le nom de San Juan de Jinotega Revista de temas nicaragüenses. Dedicada a la investigación sobre Nicaragua – Número 87 – Julio 2015..

La municipalité de Jinotega a une population de habitants en 2017 et une superficie de , soit une densité de . Elle est divisée en 6 districts dans la zone urbaine avec 59 quartiers et 6 districts dans la zone rurale avec 112 communautés.

La ville de Jinotega, surnommée "Las Brumas" à cause de sa situation dans une cuvette montagneuse, est la capitale du département avec une population urbaine de habitants en 2017. Elle est située dans une vallée à une altitude moyenne de , au climat frais, avec une température moyenne de 25 °C.

La fondation de la ville remonte au . Sa cathédrale baroque fut construite en 1952 et compte une importante collection d'œuvres d'art religieuses.

Durant la période de guerre civile contre les contras, les montagnes environnantes furent l'objet de combats intenses. Toponyme Le nom "Jinotega" et son origine sont très discutés par les experts en linguistique.

Il pourrait provenir du mot indigène "jinotencátl" - dérivé de "xiocahuitl" - constitué de "Jiñocuajo" et "tecatl" qui pourrait signifier «Localité des hommes éternels»; Il pourrait en outre - en référence aux Nahuas qui vivaient au Nicaragua - signifier «Place des hommes qui vivent dans les frontières»; Toutefois, la traduction la plus précise serait «Voisins des arbres jiñocuabos», en Nahuatl, car dans la région il y a une abondance de jiñocuajos (Bursera simaruba) ou gommier rouge, arbre aux propriétés médicinales, mot qui dans cette langue signifie "arbre galeux". Mais, selon l'historien Eddy Kuhl, le nom "Jinotega" ne vient pas de la langue Nahuatl, car les peuples autochtones de cette région (Jinotega, Matagalpa, Sébaco et Muy Muy) parlaient la langue Misumalpa. Ils n'étaient pas d'origine mésoaméricaine comme les Chorotegas et les Nahuas qui habitaient aussi la région Pacifique du Nicaragua actuel, mais parlaient eux une langue oto-mangue.

Selon le linguiste allemand Walter Lehmann, la langue des peuples autochtones de Jinotega et Matagalpa était de la famille des langues chibchanes.

L'historien Julián Guerrero, dans sa "Monographie de Jinotega" affirme, lui, que le mot Jinotega est Chorotega. Les chroniqueurs ont appelé les premiers habitants de la zone centrale et nord du pays comme :

Chontales selon le chroniqueur Oviedo. Uluas selon Alonso Ponce. Popolucas selon Frère Blas de Hurtado. Matagalpas selon Brinton, Lehmann et Noguera. Au milieu du , les interprètes qui accompagnaient les conquistadors et les missionnaires espagnols ont voulu « nahualiser » certains noms. Mais des toponymes sont restés dans la langue Matagalpa, tout comme les noms se terminant par lí (rivière), güina (peuple), cayán ou apa (montagne), etc. très courants dans la région centrale et nord du pays.

Histoire Période précolombienne En ce qui concerne les anciens habitants du département de Jinotega, il y a toute une controverse; pour certains historiens les autochtones de cette région étaient des descendants des Sumos et des Chontales, c'est-à-dire des Caraïbes de la côte Atlantique; pour d'autres, les aborigènes de la région étaient les Chorotegas, donc des mésoaméricains.

Le gouvernement de la chefferie de Jinotega était exercé par un cacique ou chef suprême, conseillé par un conseil des anciens. La population était polythéiste, ils avaient des dieux de l'air, du tonnerre, de la foudre, de la pluie, des récoltes, etc. L'agriculture était essentiellement constituée par la culture du maïs, des haricots, du cacao, la récolte des racines et des fruits comestibles. Le maïs était la base de l'alimentation.

Les indigènes de Jinotega tissaient leurs vêtements en utilisant du coton, l'écorce de certains arbres et du cuir animal et en les colorant avec des encres extraites de plantes et d'animaux. Ils fabriquaient des ustensiles de ménage en argile cuite, dans l'art desquels ils se démarquaient.

Le professeur Harvey Wells (1932-2009), décrit que lorsque la colonisation espagnole a commencé en 1524, des peuples autochtones du centre du Nicaragua Nord faisaient partie de l'immigration précoce venant du Mexique et il considère que Jinotega a ses racines dans la capitale du peuple Mexica, à Tenochtitlán.

Période coloniale Entre les années 1530 et 1540, Jinotega était une ville précolombienne. On ne sait pas quand les premiers Espagnols se sont installés à Jinotega. Ce devait être après l'année 1581, car le recensement espagnol de cette année montre que c'était encore une ville indienne.

En 1606 le frère Juan de Albuquerque décide de fonder une ville en lui donnant Saint Jean-Baptiste comme saint-patron et comme centre, l'emplacement qui est aujourd'hui le parc central où se trouve la mairie. La ville était alors connue comme San Juan de Jinotega.

À partir de 1690, les premiers colons espagnols s'installent à côté de la ville. Même en 1703, lorsque le missionnaire espagnol frère Margil de Jesus a visité Jinotega, il n'y avait pas de colons espagnols permanents. Celui-ci a fait placer une grande croix au point culminant du Cerro Chirinagua, à l'ouest de la périphérie de la ville. Aujourd'hui c'est un lieu de randonnée, illuminé la nuit, appelé Cerro de la Cruz.

Cependant, en 1731, il y avait des colons permanents, aux noms de famille espagnols comme Juan de Castro, Gadea, Duarte, Altamirano, Alburquerque et quelques soldats. Un certain Celedón aurait invité des neveux à s'y établir et à laisser des descendants (familles Umure, Ocotal Espeso et Pacsila) y vivent encore dans des communautés situées entre les villes de Matagalpa et Jinotega.

Selon la légende, Jinotega a été véritablement fondée lorsque cinq familles espagnoles se sont déplacées vers le nord venant de Nueva Segovia vers l'année 1700 pour installer leur communauté dans la zona seca (Jocomico, Naranjo, Umure, Ocotal Espeso), qui est située au sud de la ville. La ville de Jinotega s'est alors formée au milieu d'une zone montagneuse en forme de cuvette.

La ville de Jinotega est élevée au statut de village le .

En , le scientifique Thomas Belt quitte Santo Domingo de Chontales à la recherche de mineurs pour les mines d'or de Nueva Segovia près de la frontière avec le Honduras. Lors de ce voyage il rend visite à Jinotega et l'appelle par son ancien nom et non par "Santas Rosas, San Juanes, Santos Tomases" et explique que les habitants "s'accrochent à leurs anciens noms" et non à ceux imposés par les Espagnols. Autrement dit, le nom espagnol est San Juan et le nom indigène est Jinotega.

Le , le titre de ville est accordé à Jinotega. Selon les historiens, la première automobile de la ville appartenait à l'allemand Enrique (Heinrich) Gülke et le premier vélo pour femme est arrivé dans la ville en 1933, en cadeau de l'immigrant allemand Luis (Ludwig) Frenzel à sa fille Hulda pour ses quinze ans.

Période contemporaine La région de Jinotega est peut-être la région la plus déchirée par la guerre de l'histoire du Nicaragua. Son emplacement éloigné, ainsi que sa proximité avec la frontière hondurienne, en ont fait un refuge pour toutes les forces rebelles au cours des sept dernières décennies. Les combats les plus intenses ont eu lieu dans le département de Jinotega entre 1927 et 1934 sous le commandement du général Augusto C. Sandino et de ses guérilleros anti-impérialistes contre les troupes d'occupation américaines.

Plus tard, à la fin des années 1970, Jinotega fut un théâtre d'affrontements entre les troupes d'Anastasio Somoza Debayle et la population civile rebelle. Le , l'offensive finale du Front nord Carlos Fonseca Amador du FSLN a commencé contre le régime de Somoza Debayle qui a été défait le .

Après une courte période de paix, une nouvelle guerre civile a éclaté en 1981 entre les troupes gouvernementales du nouveau régime sandiniste et les rebelles Contras financés par les États-Unis, qui se sentaient trahis par les sandinistes. Cette nouvelle guerre civile a duré 10 ans.

Géographie Géographie physique La ville est bordée à l'Est par la cordillère Isabelia avec sa réserve naturelle de Cerro Dantali - El Diablo, ses cascades, ses écolodges ... à l'Ouest par la colline de la Peña de La Cruz (altitude ), au Nord par le lac Apanás (à ), au Sud par la chaîne de montagnes el Horno.

Les sommets environnant; Cuspire, Chimborazo, Peñas Blancas, Zinica, Saslaya, Baba, Asan Rahra, sont de faible altitude et culminent au Kilambe ().

Ils entourent les vallées de la ville de Jinotega, de Pantasma, de Cua, de Wiili, de Wamblan et de Bocay.

La zone est bien irriguée par les affluents du río Coco et une multitude de cours d'eau; Yali, Montecristo, Pantasma, Cua, Wamblan, ULwaskin, Bocay, Wina, Amaka, Tuma et le río Viejo qui sort du lac Apanás (). La principale source d'eau permanente est cette rivière qui présente des débits considérables, ses eaux canalisées à la sortie du lac alimentent la centrale hydroélectrique Centro América, qui en régule le débit.

Le climat est subtropical et tropical dans les hautes vallées, sec en été, pluvieux en hiver et frais en montagne.

Géographie politique

La municipalité de Jinotega est administrativement divisée en 12 districts: 6 districts en zone urbaine et 6 districts en zone rurale. La zone urbaine La dynamique démographique de la zone urbaine montre un lent accroissement pendant les 2 premiers siècles d'existence de la ville, puis un quintuplement du nombre de résidents à partir de la fin du . + 1971 1995 2000 2005 2013 2014 2015 2017 10 235 30 824 43 789 41 134 50 175 51 073 51 876 53 265 Les quartiers. +District 1District 2District 3District 4District 5District 6 Lipululo Santa Clara Llano de la Cruz El Limón Las Trincheras Las Conchitas Puerto Loco El Portillo Boca del Monte La Laguna B. Sandino B. Gracias a Dios Villa Valencia B. Moisés López B. San Antonio B. Carlos Rizo B. Camilo Ortega B. 19 de Julio Villa Norte Colonia Pedro Estrada B. Alejandro Ramos B. Ernesto Rosales B. Juan Ramón Corea B. Centro América Villa Libertad B. Santiago Zeledón B. Alfredo Alegría Proyecto Linda Vista B. Carlos Nuñez B. Róger Hamguien I y II etapa Las Tres Cruces B. 20 de Mayo B. Daniel Teller B. Los Ángeles B. El Jocote B. San Cristóbal B. Benjamín Zeledón B. Panorama B. Linda Vista Sur Palmira El Limito Los Pinos Flor de Pino El Ocotalillo Cuatro Esquinas Los Chagüites El Jobo La Tejera El Guanacaste La Montañita B. Mauricio Altamirano B. San Isidro - La Curva Las Mesitas La Cal B. Omar García B. Germán Pomares Villa La Cruz El Ocotalillo - Cerro La Cruz Peña La Cruz B. = Barrio (quartier)

La zone rurale Les communautés. +District 1District 2District 3District 4District 5District 6 San Francisco de los Cedros Asturias 1 et 2 Monterrey La Virgen 1 et 2 Los Alpes Santa Elena San Enrique San Isidro El Diamante La Esperanza El Potrerillos El Dorado Las Cuchillas San José La Ceiba La Flor Santo Domingo El Sardinal El Escambray Montecristo Santa Isabel La Sorpresa Los Cerrones 1 et 2 Las Américas La Perlita Las Parcerlas El Sarayal El Consuelo San Isidro San Andrés Cooperativa Ernesto Acuña Las Brisas Santa Teresita La Paz del Tuma Jigüina Datanlí Pueblo Nuevo Santa Teresita El Gobiado - Cooperativa Lina Herrera La Trampa Raycero Apaquila 1 et 2 Los Robles Las Lajas El Salto Cuyalí Santa Gertrudis Santa Maura Corinto Finca Barro 1 San Esteban Las Mercedes La Sultana Las Latas Palestina Cooperativa Juan Ramón Corea Cooperativa Lázaro Talavera Santa Lastenia Las Banquitas Santos Palacios Santa Enriqueta Palo Blanco La Fundadora La Parranda El Limón La Mascota La Esmeralda Las Dolores Cuatro Esquinas Las Camelias El Chimborazo Santa Carmela Las Lomas Yagualica Santa Ana El Salto