BNP Paribas ou simplement BNP est une banque française qui propose des services financiers à l'échelle internationale. En 2024, d'après S&P Global, elle est la plus grande banque française en termes d'actifs et la huitième plus grande au monde..
Le groupe est issu de la fusion en entre la Banque nationale de Paris, elle-même née en 1965 de la fusion de la Banque nationale pour le commerce et l'industrie (BNCI) et du Comptoir national d'escompte de Paris (CNEP), et de la banque Paribas, établissement né au cours du .
Avec plus de en , la banque est organisée selon trois grands domaines d'activités : services bancaires pour particuliers et commerçants, services d'investissement et de protection, services bancaires pour entreprises et institutions.
BNP Paribas est cotée à la Bourse de Paris sur l'indice boursier du CAC 40..
Historique
vignette|Un bâtiment du groupe à Paris, ancien siège social du Comptoir national d'escompte de Paris (CNEP), rue Bergère.
BNP Paribas naît le de la fusion de la Banque nationale de Paris (BNP) et de Paribas.
Héritier, en France, du Comptoir national d'escompte de Paris (CNEP) et du Comptoir d'escompte de Mulhouse créés en 1848 sous le gouvernement provisoire de la deuxième République, pour sa partie BNP, et de la Banque de Paris et des Pays-Bas (qui apparaît en 1872) pour son volet Paribas, ses racines remontent à 1822 avec la Société générale de banque en Belgique, ancêtre de la banque Fortis, acquise en 2009 par le groupe.
Au cœur de la crise économique de 1847-1848, le gouvernement provisoire de la Deuxième République décide de la mise en place de comptoirs d'escompte pour enrayer le blocage bancaire et la récession économique des années 1845-1848, en vue de réanimer le commerce. La création des Comptoirs d'escompte inaugure la révolution bancaire des années 1850 et la création de grandes banques de dépôts. Ces créations se font dans un contexte de révolution industrielle, de crise économique et de révolution bancaire.
Le Comptoir national d'escompte de Paris
Dans ce contexte, le Comptoir national d'escompte de Paris (CNEP) est créé en mais diversifie rapidement ses activités ; il s'affranchit de la tutelle de l’État et devient le Comptoir d'escompte de Paris (CEP) en . À la signature du traité de commerce franco-britannique de 1860, il favorise, en pionnier, le grand commerce avec des points d'appui bancaires le long des axes d'échange des plus intenses ou des plus prometteurs dans le pourtour de l'océan Indien et en Extrême-Orient..
Ainsi, entre et , sont ouvertes des agences en Chine, en Inde, à La Réunion, à Londres, au Japon, aux États-Unis, en Égypte, en Australie. et à Madagascar (1885). On parle de « French Bank » en Orient. C'était une volonté affichée de concurrencer sur leur propre territoire les banques et le commerce britanniques : les premières agences ouvertes le sont dans les zones d'influence anglaise.
Dans un contexte d'atonie économique, le CEP cherche de nouvelles affaires : en , le Comptoir se voit entrainé dans des opérations hasardeuses sur le cuivre et est mis en liquidation. Il renaît sous le nom de CNEP en avec une nouvelle équipe dirigeante.
Actif à l'étranger mais également sur le territoire national, il participe en à la création du Crédit national et, aux États-Unis, à celle de la French American Banking Corporation (FABC), symbole de l'implantation du CNEP en Amérique. Il traverse la crise de 1929 et la Seconde Guerre mondiale sans problème . En , il est la troisième banque française de dépôts, à la tête alors de 530 agences et succursales.
Dans le cadre général de la nationalisation des grandes banques, souhaitée par le gouvernement provisoire de la République française, présidé par le général de Gaulle, le , le CNEP ainsi que le Crédit lyonnais, la Société générale et la Banque nationale pour le commerce et l'industrie est nationalisé, conformément à la loi n°45-15 du 2 décembre 1945..
Le Comptoir national d'escompte de Mulhouse
Parallèlement, le Comptoir national d'escompte de Mulhouse s'émancipe de la tutelle de l'État et devient le Comptoir d'escompte de Mulhouse (CEM) en . L'établissement mène une politique active d'expansion dans l'Est de la France. Mais à la suite de la guerre franco-prussienne de 1870/1871, les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle sont annexés par l'Empire allemand, au vu des dispositions du traité de paix signé à Francfort en et le CEM se retrouve dans une situation délicate : le siège social se situe à compter de 1871 en zone gouvernée par les Allemands alors que la plupart des succursales et des capitaux drainés sont français.
La Banque nationale de crédit
Devant la montée des tensions, le , la banque est scindée en deux entités : d'une part, le Comptoir d'escompte de Mulhouse ou CEM, maison-mère qui ne compte plus que trois succursales dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, et, d'autre part, la Banque nationale de crédit (BNC), filiale qui regroupe les activités sur le territoire français, après 1871. Redevenu établissement bancaire français en , à la fin de la première guerre mondiale, le CEM est absorbé en par sa filiale, la BNC et devient alors sa direction régionale pour l'Est de la France..
La BNC, qui avait été créée en 1913 pour reprendre l'activité du réseau français du CEM, se lance après 1918 dans une politique d'expansion sur le marché national. Elle absorbe une trentaine d'établissements locaux et régionaux et, en , elle ne compte pas moins de 442 agences, dont 188 succursales. Les opérations d'escompte constituent la moitié de ses opérations et la banque a contribué activement au financement des dépenses publiques, en particulier dans le cadre de l'effort de guerre.
Banque nationale pour le commerce et l'industrie
Mais dans le contexte de la crise de 1929 et en raison d'engagements trop poussés avec des entreprises fragilisées, la BNC est liquidée en 1932. Sur ses décombres est constitué un nouvel établissement sous les auspices des autorités politiques et des institutions consulaires, la Banque nationale pour le commerce et l'industrie (BNCI), qui reprend ses actifs sains, le personnel , les succursales et les dépôts restants.
Sous la direction d'Alfred Pose, l'établissement est réorganisé. De sa création jusqu'au second conflit mondial, la banque prend le contrôle d'un grand nombre de banques régionales, souvent en situation difficile. Même la conquête de la France par les forces armées allemandes n'arrête pas l'essor de la banque, ses pôles de croissance se trouvant essentiellement en outre-mer : en 1940, elle prend le contrôle de la Banque de l'union-africaine (BUNA), rebaptisée BNCI-Afrique (BNCIA) et ouvre des agences à Saint-Louis du Sénégal, Abidjan, Conakry, Brazzaville, Pointe-Noire, Bangui, Douala, Madagascar et la Réunion ; elle s'implante dans les Antilles. Entre 1942 et 1944, une trentaine de succursales ou sièges sont ouverts en Syrie et au Liban, alors sous mandat français depuis 1922, tout en poursuivant parallèlement l'expansion de la BNCIA depuis Alger.
Le , au vu des dispositions de la loi n°45-15 du , la BNCI est nationalisée comme le Crédit lyonnais, la Société générale et le Comptoir national d'escompte de Paris, autres grandes banques de dépôts. L'État en devient l'unique actionnaire. La présence à l'étranger est poursuivie et passe désormais par une politique de filialisation.
À la veille de sa fusion avec le CNEP, en mai , la banque compte 1050 guichets en France et 30 filiales à l'étranger.
La naissance et l'essor de la Banque nationale de Paris (BNP)
Le , sous la houlette de Michel Debré, ministre des Finances, la BNCI et le CNEP fusionnent et donnent naissance à la Banque nationale de Paris (BNP).. L'objectif est de créer une banque au service de l'économie nationale, venant stimuler le commerce avec le Crédit lyonnais et la Société générale.
La fusion entre les deux entités est officiellement achevée en 1969. La BNP, dans le sillage de la BNCI, met très vite en place une direction générale fortement structurée et centralisée. Le pouvoir est partagé entre Henry Bizot, président du CNEP, nommé président du nouvel établissement, et Pierre Ledoux, directeur général de la BNCI, devenant directeur général de la BNP. Le nouveau siège se situe dans les immeubles de la BNCI, boulevard des Italiens.
Cette fusion permet la structuration d'un réseau relativement complémentaire à l'échelle nationale et internationale, le CNEP étant bien implanté à Paris, la BNCI en province et il y a peu de doublons au niveau international. L'unification des réseaux est achevée fin 1967 à l'étranger et fin 1968 en France.
Dans un contexte d'expansion de la bancarisation des ménages la BNP se développe auprès du grand public alors sous-équipé en comptes bancaires.. C'est aussi l'époque où est lancée la célèbre campagne publicitaire « votre argent m'intéresse » (1973) qui rompt avec les codes habituels de la politique bancaire; et cette même année est signé le partenariat avec le tournoi de Roland Garros.
L'essor de la banque touche également son développement international : l'Asie du Sud-Est avec Hong-Kong comme plaque tournante, le Canada avec une expansion de son réseau d'agences, acquisition de Bank of the West aux États-Unis (1979), alliance avec Dresdner Bank (1990). Après le premier choc pétrolier de 1973, l' installation progressive de la banque s'effectue dans les pays du Golfe (1973-1979).
Parallèlement, la banque, en 1982, est détenue par l'État avec 83 % du capital. Elle sera privatisée par le gouvernement Balladur de nouveau en 1993 et entrera dans une nouvelle ère, menée par Michel Pébereau.
La Banque de Paris et des Pays-Bas, ancêtre de Paribas La seconde branche française du Groupe, Paribas, produit d'une longue histoire, est très complémentaire des activités de la BNP de par ses activités historiques.
Dans le prolongement du processus de concentration bancaire du milieu du , à l'origine de la fondation de la Banque de Paris et des Pays-Bas en 1872, l'ancêtre de Paribas, il y eut la fusion de deux établissements: la Banque de crédit et de dépôt des Pays-Bas (1863) et la Banque de Paris (1869). Ce nouvel acteur de la finance deviendra le prototype de la banque d'affaires à la française.
Jusqu'en 1914, son histoire fut dominée par la participation à des opérations financières internationales: acteur majeur dans de nombreux pays pour le placement d'emprunts d'État, participant à l'effort de guerre français par son dynamisme obligataire en 1914-1918, mais aussi en investissant dans le développement de l'industrie de l'armement. Mais la banque sort très affaiblie du conflit et dans une Europe déstabilisée par la guerre et gangrenée par l'inflation, elle réoriente ses activités vers le financement d'initiatives en Europe centrale. Le retour aux opérations financières internationales intervient à partir de 1928, mais à cause de la crise économique des années 1930 et de la Seconde Guerre mondiale, les positions de la banque sont ruinées en Europe centrale (avec notamment la nationalisation décidée par les nouvelles autorités communistes de tous les établissements bancaires, nationaux ou étrangers) et sont bancales dans le reste du monde.
Son statut de banque d'affaires lui fait éviter la nationalisation prévue par la loi n°45-15 du , la banque orientant son activité vers les entreprises et participant au développement et à la restructuration du tissu industriel français (Bull, Compagnie générale de la télégraphie sans fil, Thomson). Sous l'impulsion de Jean Reyre, directeur général puis président de 1948 à 1969, la banque s'internationalise et se développe. À la fin des années 1960, elle prend le contrôle du Crédit du Nord et de la Banque de l'Union parisienne.