vignette|droite|redresse=1.5|Carte indiquant l'espérance de vie à la naissance dans les États membres de l'ONU en 2017. et plusmoins de L'espérance de vie humaine est un des indicateurs statistiques les plus utilisés dans le domaine de la prospective et des projections démographiquesRévision de 2004, Résumé de 17 pages en français, PDF, Nations Unies ; New York, 2005.Révision de 2006, Résumé de 21 pages en français, PDF, Nations Unies ; New York, 2007.Perspectives démographiques mondiales 1950-2050 : révision de 2008 (DAES 2009D), source des estimations et projections démographiques de l’Organisation des Nations Unies. Préparé tous les deux ans par la Division de la population du Département des affaires économiques et sociales (DAES) des Nations Unies, ce rapport intègre les données des registres d’état civil, des recensements de la population et des études démographiques menées au niveau national., et pour évaluer le niveau de développement et l'indice de développement humain d'un État ou d'une région du monde.
Plusieurs facteurs peuvent , la génétique ou encore . Adopter une alimentation saine peut permettre de gagner plusieurs années d'espérance de vie..
Précision statistique La notion d'espérance de vie permet de quantifier les conditions de mortalité à une année donnée : l'espérance de vie à la naissance est égale à la durée de vie moyenne d'une population fictive qui vivrait toute son existence dans les conditions de mortalité de l'année considérée. L'année 2020 a vu sa régression mondiale « pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale ».
Contrairement à ce que le terme « espérance de vie » peut laisser penser, cette statistique n'est pas une prévision des probabilités de décès pour les années ultérieures. Dire par exemple que l'espérance de vie des hommes en 2000 est de soixante-quinze ans signifie que les hommes nés en 2000 vivront en moyenne soixante-quinze ans, mais seulement si les conditions de mortalité qu'ils rencontreront au long de leur vie correspondent à celles de l'année 2000. Si les progrès continuent, les hommes nés en 2000 pourront vivre en moyenne plus de . Inversement, il se peut que les conditions se dégradent, et que la durée de la vie diminue.
Cette statistique est calculée sous l'égide de l'ONU, et publiée par de nombreux organismes, incluant l'OMS.
L'espérance de vie à la naissance se calcule à partir des quotients de mortalité par âge, c'est-à-dire des probabilités de décéder dans l'année pour des personnes qui atteignent un âge donné. À chaque âge le risque de décès est donc mesuré par le quotient par âge observé cette année-là. Elle synthétise donc les conditions de mortalité de l'année, sous forme d'une génération fictive. Elle diffère de la moyenne des âges au moment du décès de toutes les personnes mortes au cours d'une année qui, elle, est sensible à la structure par âge de la population.
Dans la quasi-totalité des pays, l'espérance de vie des femmes est plus importante que celle des hommes.
Les guerres, les catastrophes naturelles et les épidémies la font diminuer, alors que les progrès de la médecine et du niveau de vie (hygiène, vaccins, alimentation…) tendent à l'allonger.
Calcul Le calcul de l'espérance de vie à un âge donné, pour une année donnée, comporte deux phases. ; le calcul de l'espérance de vie à la naissance est un cas comme un autre de calcul de l'espérance de vie en partant de l'âge 0 : Dans un premier temps, les démographes relèvent les proportions de décès selon l'âge (décès à , , etc.) pour l'année choisie. Ils rapportent donc le nombre de personnes décédées à un âge donné au nombre de personnes ayant cet âge dans la population l'année considérée. Par exemple, pour le calcul de l'espérance de vie en 2000, les démographes ont calculé que cette année-là, 0,4 % des Français sont décédés dans leur première année et que 0,08 % des Français âgés de sont décédés. Ce même calcul est répété pour tous les âges possibles (de 0 à l'âge le plus élevé de la population analysée). Le résultat de cette phase est un ensemble de quotients de mortalité par âge, pour l'année 2000 par exemple. Dans un second temps, le calcul se poursuit sur la base d'un millier de personnes, sorte de population fictive représentative, nombre choisi pour la commodité du calcul. Pour le calcul de l'espérance de vie à la naissance, sachant que la mortalité des individus qui ont moins d'un an en 2000 est de , sont retirés de l'ensemble initial et il reste par conséquent , celles-ci étant âgées d'un an au moins. Pareillement, le nombre de décès entre est obtenu en appliquant le quotient de mortalité entre au nombre de survivants (996), et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il ne reste aucune personne d'un âge supérieur à celui pour lequel a été calculé la mortalité. L'espérance de vie à la naissance, pour l'année choisie, s'obtient alors simplement en faisant la moyenne des âges de décès des mille personnes.
L'espérance de vie étant un calcul statistique pris à la naissance, la chute de la mortalité infantile au explique en grande partie l'augmentation rapide de l'espérance de vie durant cette même périodeRené Souriac, Histoire de France, 1750-1995: Société, culture, 1750-1995, 1996, ..
Expression mathématique L'espérance de vie à la naissance d'une population, selon les statistiques d'une année , est égale à. :
avec la probabilité de survivre à l'âge , c'est-à-dire la proportion des personnes ayant l’âge au premier janvier qui sont encore vivantes le . Ces proportions sont calculées à partir des taux de mortalité de l'année pour les différents âges.
Plus généralement, l'espérance de vie à l'âge pour l'année est donné par :
Statistiques Monde Au , la philosophe Hannah Arendt considère que l'espérance de vie augmente en Occident uniquement par rapport à la période des débuts de l'industrialisation, dont certains aspects sont nocifs pour la vie humaine. Nous ne possédons pas de statistiques sur les anciens à Rome et en Grèce mais on y voyait communément des vies vécues jusqu'à 70, voire (Diophante, ) même si les historiens montrent une espérance de vie en Grèce et à Rome bien inférieure à celle de l'ère contemporaine... H. Arendt affirmait dans un ouvrage en 1953 que certains groupes humains traditionnels ont une espérance de vie similaire aux sociétés occidentales sans que cela puisse être attribué à la médecine moderne, comme en Kabylie ou en ArménieLa Condition de l'homme moderne, Hannah Arendt, 183, 1953.. Et elle était meilleure en 1900 qu'en 1750.. Quelques études suggèrent que dans les sociétés industrielles, en raison de l'augmentation de la densité de population, la fréquence des infections et des maladies auto-immunes augmente plutôt qu'elle ne diminueEdouart Goldsmith, 1994, Le Défi du , 261.. Ces auteurs supposent donc que les progrès scientifiques et techniques résolvent par la médecine des problèmes qu'ils ont eux-mêmes créés par la modernisation des modes de vieSerge Latouche, 1995, La Mégamachine, raison techno scientifique, raison économique et mythe du progrès, 89)..
Depuis le , les comportements individuels et collectifs de santé ont un rôle majeur. Avec l'hygiénisme, la prise de conscience de l’importance de la prévention a modelé les comportements : diminution de la consommation d’alcool, hygiène, asepsie, prise de conscience de l’importance de l’activité physique et de là, l'on vit de plus en plus longtemps sans présenter d'incapacités ou de dépendances.
vignette|droite|redresse=1.5|Évolution de l'espérance de vie entre 1978 et 1998. De 1990 à 2013, l’espérance de vie mondiale des deux sexes a augmenté, passant de (65,0 à 65,6) en 1990 à (71,0 à 71,9) en 2013..
Cependant, cette progression s'explique en grande partie par un rattrapage dans les pays où la marge de progression était importante. Dès 1990, des chercheurs ont pronostiqué une limite aux progrès de la médecine face au vieillissement. « Nous ne pouvons plus obtenir de gains significatifs d’espérance de vie fondés sur la réduction des maladies », a en particulier déclaré à l’AFP le Pr Jay Olshansky.
Selon l'OMS (2019), essentiellement grâce à un recul très fort de la mortalité infantile (chez les , notamment en zone subsaharienne), le gain moyen a été de et demi en (de 2000 à 2016, soit un passage de ), mais avec des inégalités persistantes entre communautés et pays selon leur niveau de richesse ( de différence entre les pays les plus riches et les plus pauvres). L'espérance de vie en bonne santé à la naissance est à peu près stable pour les pays les plus riches, mais a fortement augmenté dans le monde (passant de en 2000 à en 2016). Ces gains sont aussi liés à la lutte contre le paludisme et le sida. Partout les femmes continuent à avoir une espérance de vie plus longue que les hommes.
L'année 2020 a vu « pour la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale » une régression mondiale de l'espérance de vie à la naissance. L'important excès de mortalité provoqué par la pandémie de Covid-19 dans le monde a causé un retour en arrière de plusieurs années pour de nombreux pays. Les pays développés n'ont pas été épargnés par cet événement avec une partie d'entre eux perdant plus d'un an d'espérance de vie..
Des différences existent selon le genre. Les garçons naissent plus nombreux mais meurent plus tôt : en 2019, environ de garçons devaient ainsi naître dans le monde, contre de filles, mais l'espérance de vie de ces dernières est de , soit nettement supérieure à celle des hommes (). Sur 40 des causes les plus fréquentes de décès, 33 causes affectent plus les hommes que les femmes (ainsi, par exemple en 2016, le risque de mourir entre d'une maladie non transmissible est supérieur de 44 % chez les hommes par rapport aux femmes). Cette différence est en partie biologique, et en partie socio-comportementale : les hommes prennent plus de risques, consultent moins, et font moins appel au dépistage ; le taux de mort par suicide en 2016 était de 75 % plus élevé chez les hommes par rapport aux femmes ; ils sont plus exposés au risque de mort par homicide (quatre fois plus) et par accidents de la route (deux fois plus après )..
États-Unis En 2015, d'après le Centre américain des statistiques de santé, alors que la mortalité infantile ( d'enfants pour vivants en 2015, contre 582,1 en 2014, différence statistiquement non significative) a très légèrement augmenté, l'espérance de vie aux États-Unis a diminué pour la première fois depuis (depuis 1993). La perte moyenne d'espérance de vie à la naissance est d'environ un mois de vie par Américain, passant de en 2014 à en 2015Jiaquan Xu, M.D., Sherry L. Murphy, B.S., Kenneth D. Kochanek, M.A., and Elizabeth Arias, Ph.D. (2016) Mortality in the United States, 2015, NCHS Data Brief , décembre 2016, publiée 2016-12-08, consulté 2016-12-10..
D'importantes inégalités (inégalités sociales de santé notamment) persistent, par exemple entre les populations blanche et noire ( de moins pour les noirs). Les causes de cette régression sont une dégradation de la santé aux États-Unis : les maladies cardiovasculaires (dues notamment à l'obésité) et une augmentation des taux de cancer (principales causes de mortalité aux États-Unis, avec 48 % des décès en 2008). Les maladies respiratoires et la maladie d'Alzheimer (en hausse de 7,5 %), la grippe et les pneumonies (en hausse de 4,9 %), l'hypertension (+4,1 %), les suicides (+2,7 %), et les maladies rénales (+2,1 %) viennent ensuite comme principales explications selon les CDC...