Le CEA Grenoble, nommé centre d'études nucléaires de Grenoble (CENG) jusqu'en ., est un centre de recherche du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) situé avenue des Martyrs dans le quartier Presqu'île de Grenoble. Il a été fondé en à l'initiative de Louis Néel, Professeur de la Faculté des Sciences (aujourd'hui Université Grenoble Alpes) et prix Nobel de physique, et a possédé trois piles atomiques jusqu'à la fin des années .

En , le CEA Grenoble compte et techniciens sur un campus de ., devenant en le siège du CEA Tech. qui regroupe avec l'ensemble des sites français un total de .. Selon le classement de du « » établi par l'agence Reuters, le CEA est l'organisme public le plus innovant au monde.. Le CEA Grenoble contribuant d'une façon importante dans ce classement puisque représentant 70 % des demandes de brevet de l'ensemble du CEA..

Le CEA Grenoble est l'un des organismes fondateurs de l'Université Grenoble Alpes.

Dans le cadre de sa reconversion, le site inaugure en la première unité française de production industrielle d'hydrogène à partir d'énergie renouvelable.

Histoire gauche|vignette|redresse|Louis Néel en . C'est sous l'impulsion du physicien Louis Néel, professeur de l'université, que les travaux d'installation du centre d'études nucléaires sur le polygone scientifique commencent en par la construction de de bureaux et laboratoires. Alors que l'on vient de recruter les premiers ingénieurs, parmi lesquels figure Hubert Dubedout, futur maire de Grenoble, la première pierre est posée le . L'inauguration de ce troisième centre d'étude nucléaire français a lieu le en présence de Jacques Soustelle, alors ministre délégué chargé du Sahara, des Départements et territoires d'outre-mer et de l'Énergie atomique, et de Léon Martin, alors maire de Grenoble.. La pile atomique Mélusine émet son premier rayonnement le .. Deux autres piles sont installées par la suite, Siloé et Siloette. Avec un effectif de lors de l'année , le centre compte vingt ans plus tard et se stabilisera à un peu plus de au début des années .

Le CEA Grenoble demande au cours de l'année à son groupe « électronique intégré » de créer sans plus attendre sa propre technologie dans les transistors et semi-conducteurs, l'amenant à sortir en son premier circuit intégré composé de dix transistors et contribuant à doper la recherche sur l'électronique dans l'agglomération grenobloise, qui compte la même année un autre pôle important de circuits intégrés : la COSEM, filiale de CSF (Compagnie des signaux sans-fil). Ce laboratoire va rallier d'anciennes équipes de recherche de l'IMAG..

En , le site du CEA de Grenoble voit la création du Département de recherche fondamentale, qui prendra en la dénomination d'Institut nanosciences et cryogénie (INAC), et qui deviendra un acteur majeur de la recherche fondamentale sur la matière condensée, la matière molle et la cryogénie... Dans les années qui suivent, l'émergence du mini-ordinateur va faire émerger les projets d'informatique distribuée au sein de la CII et chez DEC, suivis ensuite par IBM.

En aussi, les perspectives dans l'électronique du CEA Grenoble dépassent le cadre du nucléaire car elles sont stimulés par la demande pour les calculateurs pour d'autres procédés industriels, sur le site grenoblois de la Télémécanique et ses , qui tourne à plein régime, obligeant cette dernière à ouvrir en une seconde usine à Échirolles, employant cette fois , pour la conception matérielle et logicielle, l'intégration et la maintenance des ordinateurs, tandis que les filiales électroniques de Compagnie des signaux sans-fil (CSF) et Thomson fusionnent pour fonder la Sescosem, qui décroche des contrats avec IBM et Texas Instruments.

gauche|vignette|Jean-Jacques Favier à bord de Columbia. En , Jean-Jacques Favier, directeur de recherche au CEA Grenoble et docteur de l'université Joseph-Fourier (devenue UGA), passe seize jours dans l'espace à bord de la navette Columbia au cours de la mission STS-78, afin d'y tester son expérience ...

Peu avant l'an , une première pile atomique est arrêtée et le CEA Grenoble entame sous la direction de son nouveau directeur Jean Therme, le processus de démantèlement complet de l'ensemble du site afin de réorienter l'activité vers les nanotechnologies, les énergies nouvelles et la santé. Le déclassement administratif des installations nucléaires de base (INB) du site est progressivement prononcé :

INB Description Décretautorisant ledémantèlement Arrêté dedéclassement 19 Réacteur Mélusine Décret du autorisant le Commissariat à l'énergie atomique à modifier l'installation nucléaire de base dénommée réacteur Mélusine sur le territoire de la commune de Grenoble (Isère) en vue de son démantèlement et de son déclassement, JORF, , , texte , NOR INDI0301927D. Arrêté du portant homologation de la décision de l'Autorité de sûreté nucléaire du portant déclassement de l'installation nucléaire de base dénommée Mélusine sur le territoire de la commune de Grenoble (Isère), JORF, , , texte , NOR DEVP1134391A. 20 Réacteur Siloé Décret du autorisant le Commissariat à l'énergie atomique à procéder aux opérations de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement de l'installation nucléaire de base dénommée réacteur Siloé sur le territoire de la commune de Grenoble (Isère), JORF, , , texte , NOR INDI0404303D. Arrêté du portant homologation de la décision de l'Autorité de sûreté nucléaire du portant déclassement de l'installation nucléaire de base , dénommée réacteur Siloé, sur le territoire de la commune de Grenoble (Isère), JORF, , , texte , NOR DEVP1427606A. 21 Réacteur Siloette Décret du autorisant le Commissariat à l'énergie atomique à procéder aux opérations de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement de l'installation nucléaire de base dénommée réacteur de recherche Siloette sur le territoire de la commune de Grenoble (Isère), JORF, , , texte , NOR INDI0404304D. Arrêté du portant homologation de la décision de l'Autorité de sûreté nucléaire du portant déclassement de l'installation nucléaire de base , dénommée réacteur de recherche Siloette, sur le territoire de la commune de Grenoble (Isère), JORF, , , texte , NOR ECEQ0761229A. 36 Station de traitement des effluents et des déchets solides (STEDS) Décret du autorisant le Commissariat à l'énergie atomique à procéder aux opérations de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement de l'installation nucléaire de base dénommée Station de traitement de déchets radioactifs et de l'installation nucléaire de base dénommée Stockage provisoire de décroissance de déchets radioactifs situées sur le territoire de la commune de Grenoble (Isère), JORF, , , texte , NOR DEVQ0805473D. Arrêté du portant homologation de la décision de l'Autorité de sûreté nucléaire du portant déclassement des installations nucléaires de base exploitées par le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) sur la commune de Grenoble, JORF, , , texte , NOR ENEP2304006A. 79 Stockage provisoire de décroissance de déchets de haute activité 61 Laboratoire d'analyse des matériaux actifs (LAMA) Décret du autorisant le Commissariat à l'énergie atomique à procéder aux opérations de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement de l'installation nucléaire de base dénommée Laboratoire d'analyse et de contrôle des matériaux nucléaires située sur le territoire de la commune de Grenoble (Isère), JORF, , , texte , NOR DEVQ0805476D. Arrêté du portant homologation de la décision de l'Autorité de sûreté nucléaire du portant déclassement de l'installation nucléaire de base , dénommée « LAMA » (Laboratoire d'analyse et de contrôle des matériaux nucléaires), exploitée par le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives dans la commune de Grenoble (Isère), JORF, , , texte , NOR TREP1726744A.

Depuis le démantèlement des installations nucléaires, le site n'ayant plus vocation à faire de la recherche nucléaire., il consacre désormais l'essentiel de ses recherches au développement des nouvelles technologies, dans les domaines de l'énergie, de la santé, de l'information et de la communication, ainsi que la recherche sur la biomasse. En , le CEA Grenoble est l'origine de la création de Minatec dans lequel il fait partie du comité de pilotage, paragraphe 1.. Plus tard, en , le CEA Grenoble devient l'un des partenaires du centre de recherche biomédicale Clinatec.

vignette|Tramway de Grenoble décoré en à l'occasion du du CEA Grenoble. C'est également sur son site que sont localisés l'atelier de recherche et de conservation Nucléart (ARC-Nucléart), le Laboratoire d'électronique et de technologie de l'information (LETI, depuis ) et le Laboratoire d'innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux (LITEN).

L'établissement adopte la signature scientifique "Univ. Grenoble Alpes" et est associé à la communauté Université Grenoble-Alpes depuis le Décret du portant approbation des statuts de la communauté d'universités et établissements « Université Grenoble Alpes », JORF, , , , texte , NOR MENS1425806D.. Il accueille en outre chaque année les Journées mobilité durable sur son site afin de sensibiliser le grand public aux différents modes de mobilité durable. En 2020, il est fondateur et membre de l'Université Grenoble Alpes.

En , dans le cadre du projet HyWay, le site inaugure la première unité française de production industrielle d'hydrogène à partir d'énergie renouvelable.. Cette centrale est capable de fournir d'hydrogène par an dont par jour pour la station de recharge de véhicules à hydrogène à proximité. Elle est couplée à une station de stockage de l'hydrogène..

Fin un mouvement social a touché le site, mouvement qui s'est étendu à l'ensemble du CEA et a obtenu une revalorisation salariale. Le point d'indice n'avait pas été relevé depuis , ce qui générait de nombreux mécontentements, mais aussi des dysfonctionnements : à cause d'une rémunération devenue trop faible par rapport au marché du travail, le CEA, pour embaucher, était obligé de payer le personnel nouveau mieux que l'ancien. En les du Leti se mettent en grève illimitée. Les grévistes veulent une politique économique en faveur d'une filière des composants électroniques française, Emmanuel Macron, président de la République, ayant promis d'euro d'investissement pour fiabiliser l'approvisionnement du pays en puces. Ce mouvement est porté par plusieurs syndicats, dont la CFDT, la CFE-CGC, la CFTC, la CGT, Force ouvrière et l'UNSA. En , il s'étend aux autres sites du CEA ; se réunissent devant l'Institut national de l'énergie solaire au Bourget-du-Lac.....

Directeurs du centre vignette|redresse|Louis Néel, premier directeur du centre du CEA, en poste de à .

Les directeurs du centre ont été successivement : Louis Néel () Maurice Pascal () Robert Gerbier () Pierre Corbet () Michel Suscillon () Francis Decool () Jean-Pierre Le Roux () Georges Carola () Jean Therme () Didier Bordet () Philippe Bourguignon () Bruno Feignier () François Legalland (depuis )

Incidents En , un employé de la société Alfadir, qui procédait au tamisage de déchets radioactifs, a été exposé à une dose radioactive supérieure à . Le CEA a proposé à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de classer cet incident au de l'échelle Ines..

Partenariat et collaboration Les laboratoires du CEA Grenoble signent régulièrement des accords de coopération avec des entreprises ou des institutions liées au secteur de l'énergie. En , un accord de coopération entre le LITEN et l'institut de recherche allemand Fraunhofer ISE a permis de mettre en place un laboratoire commun afin de développer de nouveaux produits photovoltaïques performants à moindre coût et doter ainsi l'industrie européenne d'un avantage compétitif..