Les études concernant la place des femmes dans l'agriculture et le monde rural recensent leurs contributions dans le développement de l'agriculture et dans le maintien de pratiques vivrières et d'un environnement agricole durables. Ces études concernent la sociologie, l'anthropologie, et l'agronomie.
Les femmes rurales représentent un acteur majeur des systèmes agricoles mondiaux, participant activement à la production alimentaire, à la gestion des ressources et à l'économie locale. Les données institutionnelles indiquent que leur contribution varie selon les régions, tandis que leur accès aux facteurs de production (foncier, crédit, technologies) reste soumis à des disparités structurelles par rapport aux hommes.vignette|Femmes rurales Tunisienne
Contexte La répartition des rôles en fonction du genre dans l’agriculture est de la part des sociologues et des économistes agricoles. Les historiens les étudient également, car ils sont importants pour comprendre la structure sociale des sociétés agraires, voire industrielles. L’agriculture offre de nombreuses opportunités d’emploi et de moyens de subsistance dans le monde entier.
Les publications francophones interrogent peu le développement agricole en fonction de l'étude des genres et des relations femmes–hommes. À l'inverse, les travaux sur le genre étudient assez peu le développement agricole. Cependant, lorsqu'on définit le concept d’agriculture familiale il faut analyser ces rapports et ces liens sociaux.
Les femmes issues de minorités ethniques, de communautés rurales, continuent de se heurter à de nombreux obstacles lorsqu'elles tentent d'accéder aux nouvelles technologies et aux services agricoles.
Parfois, elles ne sont pas impliquées dans les processus de prise de décision. La plupart du temps, ces obstacles trouvent leur origine dans des pratiques de discrimination qui peuvent fortement influencer l'indépendance des femmes. De plus, plusieurs organisations telles que l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et des recherches indépendantes ont indiqué que l'augmentation de la mixité dans les prises de décision des entreprises peut améliorer les conditions de production.
Les études de la FAO montrent que le travail des femmes est souvent moins rémunéré, avec parfois de faibles opportunités d'emploi rural en dehors de l'agriculture, une absence de choix. Certaines normes sociales peuvent empêcher les femmes d'accéder au statut d'entrepreneur.
Il existe des organisations à but non lucratifs, par exemple l'Union mondiale des femmes paysannes basée à Londres, dont le rôle est d'appuyer la parole des femmes du milieu rural auprès de l'ONU concernant par exemple l'inadéquation du matériel agricole et le développement de projets locaux.
Contribution centrale à la production agricole Dans les pays en développement, les femmes représentent environ 43 % de la main-d'œuvre agricole, une proportion encore plus élevée en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.
Elles produisent, transforment et préparent une grande partie des aliments disponibles. Selon les Nations Unies, elles assurent la moitié de la production alimentaire mondiale tout en jouant un rôle de gardiennes de l'environnement et de la biodiversité. vignette Dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, la part des femmes dans la main-d'œuvre agricole dépasse largement 50 %. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, elles constituent 71 % de la population active agricole et assurent l'essentiel de l'agriculture vivrière.
Les tâches confiées aux femmes varient selon les régions. Elles participent aux semis, au désherbage et à la récolte, s'occupent du bétail, et fournissent une part importante de la main-d'œuvre dans les plantations de thé, de caoutchouc ou de fruits en Asie du Sud et du Sud-Est.
En Afrique de l'Ouest, plusieurs études font état d'une charge de travail agricole très inégalement répartie. Au Sénégal, les femmes rurales représentent près de 70 % de la force de travail agricole et assurent environ 70 % de la production vivrière. vignette|Des femmes produisent de la farine de gari à Vogan plus précisément dans le village d'Atsanssi Agbopémé au TOGO Au Bénin, environ 70 % des femmes vivent en milieu rural, où elles effectuent 60 à 80 % des travaux agricoles et fournissent jusqu'à 44 % des apports nécessaires à l'alimentation de leur famille.
Elles cultivent avec les hommes le champ familial, mais entretiennent aussi leurs propres parcelles pour compléter les revenus du ménage. Lorsque les hommes émigrent pour chercher du travail, ce sont souvent les femmes qui prennent la responsabilité entière de l'exploitation familiale.
Rôle central dans l'agriculture traditionnelle et vivrière
Sur le continent américain, la vie en société varie d’une tribu à l’autre et d’une région à l’autre, mais certaines perspectives sont communes telles que le fait d'être mère et de créer un cadre de vie sain. Les femmes ont un rôle spirituel et social important, car elles transmettent des connaissances culturelles, et s'occupent de veiller sur les enfants et leurs proches. Parfois elles ont le statut de guérisseuses, bien que les hommes soient plus communément des chamanes, des chefs et des herboristes.. Les femmes étaient souvent chargées de superviser les systèmes agricoles d'une tribu et étaient responsables de la récolte et de la culture des légumes et des plantes pour les autres membres de leur communauté. Les femmes tribales comme les Algonquiennes ont planté leurs champs méticuleusement et d'une manière qui préservait la durabilité des terres pour une utilisation future. Après avoir cultivé une parcelle de terre jusqu'à ce que le sol manque de nutriments pour continuer, les femmes étaient chargées de décider quand et où défricher de nouveaux champs, permettant ainsi aux champs utilisés de se régénérer.. Les femmes des tribus Haudenosaunee contrôlaient souvent la distribution de la nourriture..
Au Mexique, traditionnellement, les femmes sont responsables de l’ensemble du processus de fabrication des tortillas, depuis la culture du maïs jusqu’à la cuisson des tortillas, en passant par la réalisation de la farine, processus qui prend beaucoup de temps. Pour s'adapter au style de vie moderne, il est de plus en plus courant d'acheter des sacs de farine de tortilla ou même des tortillas préfabriquées sur les marchés locaux. Cette évolution des pratiques a un impact dans les communautés rurales, où la fabrication des tortillas a une grande importance dans les traditions et la culture. Question qui se pose aussi à propos du choix des cultures. Les cultures génétiquement modifiées sont plus faciles à cultiver, tandis que les femmes ont tendance à défendre des variétés de maïs local parce qu'il est plus nutritionnel et a meilleur goût.
Participation au développement agricole
Bien que les femmes n'aient pas déposé de brevets en leur nom, beaucoup ont participé dans l'ombre au développement du machinisme agricole. On peut citer l'exemple de l'entreprise Huard. Jules Huard épouse Victorine Camus, dont les parents tiennent l’Hôtel de la Gerbe de blé, situé derrière la mairie de Châteaubriant. Cette union apporte des moyens financiers importants. En effet, chez Huard Frères, les tâches étaient réparties comme suit : Jules s’occupait du secteur fer et fonte, des combustibles et des moteurs. François du secteur menuiserie – le bois étant encore énormément employé dans la construction des outils agricoles. Victorine assurait la direction commerciale et Marie, la comptabilité.
Travail domestique et charge de travail non rémunéré vignette Le rôle des femmes rurales dépasse largement le seul champ agricole. Elles assument les tâches domestiques : corvée d'eau et de bois de feu, transformation et préparation des aliments.
Une enquête menée dans deux circonscriptions administratives au Congo en 1994 montre que les femmes consacrent en moyenne huit à neuf heures par jour aux travaux agricoles, trois à quatre heures aux tâches domestiques et deux heures à la recherche de l'eau et du bois de feu.
Inégalités dans l'accès aux ressources productives Les femmes rurales disposent d'un accès nettement plus limité que les hommes aux droits fonciers, au crédit, à l'éducation et aux technologies. À l'échelle mondiale, elles ne possèdent qu'environ 15 % des terres agricoles, alors qu'elles représentent près de quatre personnes sur dix dans la main-d'œuvre agricole.
En Afrique du Nord, à peine 20 % des femmes rurales sont propriétaires des terres qu'elles cultivent, un taux qui tombe à 10 % dans certains pays de la sous-région.
Au Bénin, l'acquisition de terre concerne 87 % des hommes contre seulement 13 % des femmes, selon des données de la FAO reprises par une étude de l'Institut africain de recherche économique appliquée.
Plusieurs textes législatifs béninois, dont le Code des personnes et de la famille de 2004 et le Code foncier et domanial de 2013, visent à faciliter l'accès des femmes aux terres agricoles.
Durant la période 2014-2021, les évaluations sectorielles de la microfinance en Tunisie ont mis en évidence que les prêts accordés aux femmes rurales par les institutions de microfinance restent inférieurs à ceux obtenus par les hommes et sont rarement suffisants pour financer l'achat de terres ou de logements ; ils doivent en outre souvent être garantis par un tuteur de sexe masculin.
Au Ghana, seulement 30 % des femmes disposent d'un compte bancaire, contre 69 % des hommes en 2020.
La Food and Agriculture Organization estime que si les femmes bénéficiaient du même accès que les hommes aux ressources productives, elles pourraient accroître les rendements de leurs exploitations de 20 à 30 %, ce qui relèverait la production agricole totale des pays en développement de 2,5 à 4 % et permettrait de réduire le nombre de personnes souffrant de la faim de 100 à 150 millions.
Dans le secteur agricole salarié, les femmes gagnent en moyenne 82 centimes pour chaque dollar perçu par un homme.
Reconnaissance internationale L'Assemblée générale des Nations unies a institué, par sa résolution 62/136 du 18 décembre 2007, une Journée internationale des femmes rurales célébrée chaque année le 15 octobre depuis 2008. Cette journée permet de mettre en valeur le rôle des femmes dans le développement agricole et rural, notamment dans le rôle qui consiste à assurer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté en milieu rural.
Elle est soutenue par plusieurs institutions du système des Nations unies, dont ONU Femmes, la FAO, l'Organisation internationale du travail, la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole.
Les Nations unies, par l'intermédiaire de la FAO, ont proclamé l'année 2026 année internationale des agricultrices.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . . . .
Articles connexes Place de la femme dans l'agriculture au Bénin Vie quotidienne des femmes dans les vallées alpines Women's Land Army
Liens externes
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