vignette|La France coupée en quatre : zone libre, zone occupée, zone annexée (Alsace-Moselle) et zone placée sous administration militaire allemande de Bruxelles (Nord de la France). vignette|Carte des divisions militaires de l’Armée de Vichy dans la zone libre.
La zone libre est, pendant la Seconde Guerre mondiale, après la signature de l'armistice du , la partie du territoire français située au sud de la ligne de démarcation, la zone occupée par l'Armée allemande étant située au nord de cette ligne. On peut aussi parler de « zone non-occupée » .
La zone libre est, comme l'ensemble du territoire et l'Empire, sous l'autorité du gouvernement de Vichy dirigé par le maréchal Pétain, qui porte le titre de chef de l'État français.
Le , à la suite de l'opération (débarquement allié en Afrique du Nord le ), la zone libre est envahie par les Allemands et les Italiens, au cours de l'opération Anton. Dès lors, la zone libre est appelée « zone sud' » et la zone occupée depuis l'Armistice est appelée « zone nord ».
Origine de la zone libre
À la suite de la bataille de France, la convention d'armistice signée le , à la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, entre le représentant du Troisième Reich allemand, le maréchal Keitel, et celui du gouvernement français du maréchal Pétain, le général Huntziger, stipule en son :
La ligne de séparation du territoire français en deux zones est définie par un tracé figurant sur une carte annexée :
Cette ligne de séparation du territoire prend effet le « La ligne de démarcation » , collection « Mémoire et Citoyenneté », 7, ministère de la Défense (consulté le 24 octobre 2008).. Elle prendra par la suite le nom de ligne de démarcationLe nom : « Ligne de démarcation » ne figurant pas dans la convention d'armistice, il sera donné par la suite en traduction de l'allemand : ..
La souveraineté française s'exerce sur l'ensemble du territoire, y compris la zone occupée (sauf, de fait, l'Alsace et la Moselle), mais dans la zone occupée, la convention d'armistice, en son , stipule que l'Allemagne exerce les droits de la puissance occupante :
La zone libre couvrait un territoire de , soit 45 % du territoire français. La ligne de démarcation traversait treize départements : Basses-Pyrénées (Pyrénées-Atlantiques depuis 1969), Landes, Gironde, Dordogne, Charente, Vienne, Indre-et-Loire, Loir-et-Cher, Cher, Allier, Saône-et-Loire, Jura, AinÉric Alary, La Ligne de démarcation (1940-1944), PUF, , 3045, 1995, 4.. Sur un total de , l'Armée allemande (la ) en occupait entièrement 45 et partiellement 13 ; n'étaient pas occupés.
La zone libre et l’Italie
Une zone d’occupation italienne est instituée par l’armistice du Anne Pilloud (trad.), Giorgio Rochat, « La campagne italienne de juin 1940 dans les Alpes occidentales », Revue historique des armées, 250, 2008, 77-84, Service historique de la Défense, en ligne le 6 juin 2008 (consulté le 24 octobre 2008). signé à la villa Incisa, à Olgiata près de Rome, entre les représentants de la France et de l’Italie. Ce nouvel armistice est signé peu après l’armistice du entre la France et l’Allemagne.
Cette zone d'occupation italienne se résume à quelques zones frontalières conquises par les troupes italiennes, dont Menton. Cette zone est d’importance réduite : , Jacques Delperrié de Bayac, Le royaume du maréchal – Histoire de la zone libre, éditions Robert Laffont, 1975, 14., mais jouera un rôle essentiel dans la sauvegarde des Juifs et la relative protection qu'elle offrait aux résistants. Quatre départements français sont ainsi partiellement occupés : Alpes-Maritimes, Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence depuis 1970), Hautes-Alpes, Savoie.
En outre, une zone démilitarisée est établie en territoire français sur une largeur de à vol d’oiseau à partir de la zone d'occupation italienne en France.
La CorseScindée en deux départements en 1976. n'est ni occupée, ni démilitarisée lors de cet armistice.
La fin de la zone libre La zone libre est envahie le « Invasion de la zone libre », sur histoire-en-questions.fr (consulté le 24 octobre 2008). (opération Anton, variante du plan Attila) par les Allemands et les Italiens à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord le 8, et prend le nom de « zone sud », qui est partagée entre les deux envahisseurs. Ainsi, une zone recouvrant pratiquement toute la région à l'est du Rhône (la totalité des départements de Savoie, de Haute-Savoie, de l'Isère, de la Drôme, des Hautes-Alpes, des Basses-Alpes, du Vaucluse, du Var et des Alpes-Maritimes, avec des portions de ceux de l'Ain et de l'Ardèche), ainsi que la Corse, est attribuée aux Italiens« L’occupation italienne », sur resistance-en-isere.com (consulté le 24 octobre 2008)..
Après la capitulation de l'Italie fasciste rendue publique le (armistice de Cassibile), les troupes italiennes se retirent de la zone sud et sont remplacées aussitôt par les Allemands. Cependant, la présence de la Wehrmacht en Corse est de courte durée, puisque celle-ci est contrainte d'évacuer l'île le face aux actions combinées des partisans locaux, de l'armée française et des unités italiennes ayant changé de camp.
Appellation et conjectures sur le découpage Autres appellations de la zone libre Jusqu'en , les Allemands appellent cette zone libre c'est-à-dire la « zone non occupée » car la n’occupe pas cette partie de la France.
La zone libre est surnommée la « zone nono »Ou « zone non o », prononcé « nono » ou « none o »., pour « non occupée ». Par un jeu de mots, puisque « nono » veut dire « non-non », la zone occupée est en conséquence surnommée « zone » (c'est-à-dire « zone oui-oui » en allemand).
La zone libre sera aussi surnommée le « royaume du maréchal » par l’historien Jacques Delperrié de Bayac.
Conjectures sur le découpage des zones Pour l'historien Éric Alary, le découpage de la France en deux zones principales (zones libre et occupée) s'est inspiré en partie de l'imaginaire des écrivains pangermanistes, notamment de l’ouvrage de Adolf Sommerfeld publié en 1912 et traduit en français sous le titre Le Partage de la France, qui comporte une carteCette carte est reproduite page 12, dans Éric Alary, La Ligne de démarcation (1940-1944), éd. Presses universitaires de France, , 3045, 1995, 128 . montrant une France partagée entre l’Allemagne et l'Italie selon un tracé qui épouse en partie celui de 1940Éric Alary, « Les racines pangermanistes du compartimentage de la France », dans La Ligne de démarcation – 1940-1944, éd. Perrin, Paris, 2003, 429 , 35-37..
Henri Espieux indique : Henri Espieux, Histoire de l’Occitanie (préf. Robert Lafont, trad. de l'occitan par Jean Revest), éd. Centre culturel occitan, Agen, 1970, 245, , 218..
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Eddy Florentin, – L'invasion de la zone libre, éd. Perrin, Paris, 2000, 514 . Jean-Baptiste Duroselle, Politique étrangère de la France – L’abîme 1939-1944'', Imprimerie nationale, première publication 1982, 1986, 811 .
Articles connexes Armistice du 22 juin 1940 (entre la France et l’Allemagne) Armistice du 24 juin 1940 (entre la France et l’Italie) Administration militaire de la Belgique et du Nord de la France Occitanie pendant le régime de Vichy Service des Contrôles techniques Zone interdite Zone occupée (appelée « zone nord » après )
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