vignette|redresse|alt=Nung Tum|Parinya Charoenphol dite Nung Tum, la plus célèbre des Katoï, ancienne boxeuse dont la vie a été portée à l'écran dans le film Fighting Beauty.

Katoï, ladyboy, khatoey, kathoey (en thaï : , phonétique : ) est le nom donné à une femme transgenre ou un homme gay efféminé en Thaïlande..

Terminologie Origine Le mot katoï est d'origine khmer..

Avant les années 1960, l'utilisation de katoï peut désigner toute personne hors de la norme binaire du genre.

Selon le spécialiste australien de la politique sexuelle en Thaïlande Peter Jackson, ce terme désigne à l'époque contemporaine les personnes intersexes. L'usage aurait changé au milieu du pour couvrir le travestissement des hommes..

Sens Le terme peut se référer à des hommes qui présentent des degrés divers de féminité.

Donné par les Katoï L'utilisation du terme « katoï » suggère que la personne s'identifie elle-même comme un type d'homme.

De nombreuses katoï s'habillent comme les femmes et utilisent des traitements médicaux de féminisation tels que les implants mammaires, les hormones, les injections de silicone, ou la réduction de la pomme d'Adam.

Certaines portent du maquillage et utilisent les pronoms féminins, tout en gardant des vêtements masculins, et sont plus proches de ce que les occidentaux considèrent comme des hommes efféminés que des femmes transgenres.

Donné par la population Thaï Un nombre important de Thaïs perçoivent les katoï comme appartenant à un troisième genre, y compris de nombreuses katoï elles-mêmes.

Certains les voient comme une sorte d'homme ou de femme..

Lorsque l'on considère l'ensemble des femmes transgenres (MtF) dans la société thaïlandaise, la plupart se considèrent comme des phuying (en thaï : , « femme »). Une minorité se considèrent comme phuying praphet sao song (« autre type de femme »). Très peu se considèrent comme des katoï...

Autres expressions phet thi sam (Thaï : เพศที่สาม) signifie « troisième sexe ». sao praphet song (Thaï : สาวประเภทสอง) qui suggère un « féminin » (sao) (comme les termes « femme trans ») de type 2. phu ying praphet song (Thaï : ผู้หญิงประเภทสอง), similaire, qui peut être traduit par « type de femmes 2 »..

Le terme ladyboy ou lady boy que les Occidentaux utilisent est devenu populaire à travers l'Asie du Sud-Est en raison de la possible confusion dans la traduction lors de l'utilisation du terme katoï pour désigner toute personne hors de la norme binaire du genre.

Usage actuel Le terme katoï peut être utilisé de façon péjorative, en particulier sous la forme « kathoey-saloey ». Il a alors un sens similaire à fairy ou queen dans la langue anglaise..

Le terme peut aussi être perçu comme péjoratif pour ceux qui s'identifient comme gays.

Chirurgie de réassignation sexuelle en Thaïlande Histoire

En Thaïlande, les cliniques pratiquant la réassignation sexuelle chirurgicale, et surtout la vaginoplastie, abondent depuis des décennies, et leur réputation et les tarifs attirent de nombreux patients ou patientes étrangers... Dans les années 2010, dans les villes d'une certaine taille comme Bangkok, deux à trois opérations sont effectuées par semaine, cumulant plus de au cours des trente dernières années..

Religion Les katoï sont socialement bien acceptées dans une société thaïlandaise très ouverte d'esprit. Cette tolérance est en grande partie due à la culture : en effet, contrairement à d'autres religions, le bouddhisme ne condamne pas l'homosexualité ou la transidentité..

Bunmi, un auteur Bouddhiste thaïlandais, pense que les origines de l'homosexualité proviennent de niveau inférieur de l'esprit (phi-sang-thewada), un facteur qui est influencé par la vie antérieure. Sous cette influence, les bouddhistes et certains Thaïlandais voient une katoï comme un individu qui est né avec un handicap en conséquence de ses péchés et transgressions dans les vies passées et la notion de karma. Ils en concluent que les katoï méritent la pitié plutôt que le blâme..

La Thaïlande n'a pas adopté de lois contre l'homosexualité provenant à l'époque de l'empire colonial victorien (influence de l'Occident et des religions chrétiennes).

Emploi droite|vignette|347x347px|Des katoï travaillant dans un go-go bar de la Nana Plaza, un des quartiers de prostitution de Bangkok. De nombreuses katoï occupent des professions où l'on retrouve principalement des femmes par exemple dans les magasins, les restaurants et les salons de beauté, mais aussi dans les usines (la Thaïlande a une forte proportion de femmes employées dans l'industrie)..

Les katoï travaillent également dans le divertissement et centres touristiques, les cabarets, et en tant que prostituées. Une proportion élevée de ces dernières sont atteintes du VIH.

Les katoï ne sont pas généralement cantonnées à avoir des emplois féminins (coiffeuse, masseuse, serveuse…) ou à travailler dans le milieu du spectacle (mannequinat, chanson, cinéma…). Elles peuvent avoir toutes sortes de métiers et occuper des postes importants (en administration par exemple).

La discrimination dans l'emploi reste endémique. La transphobie a produit des comportements discriminants qui ont conduit à l'exclusion des personnes transgenres de l'activité économique et sociale..

Leurs opportunités d'emploi sont limitées et elles sont acceptées principalement dans la mode ou le show-business. Les katoï sont également victimes de moqueries de la part de leurs collègues et ont tendance à avoir des salaires plus bas.

Le chômage de longue durée réduit les chances de contribuer au bien-être de leur famille et diminue l'estime de soi, provoquant une hausse de la probabilité de se prostituer dans les « ladyboy bars ». Ces derniers peuvent également fournir une communauté et renforcer leur identité katoï.

Médiatisation Les katoï sont plus visibles et plus acceptées dans la culture thaïlandaise que les personnes transgenres ne le sont dans les autres pays du monde.

Plusieurs mannequins, chanteurs et stars de cinéma thaïlandais sont des katoï, et les journaux thaïs publient régulièrement côte à côte les photos des gagnantes des concours de beauté de femmes et de katoï.

Le phénomène n'est pas limité aux zones urbaines ; il y a des katoï dans la plupart des villages, et des concours de beauté katoï sont souvent organisées dans le cadre de foires locales.

Préjugés Un stéréotype commun est que les katoï âgées et financièrement à l'aise entretiennent de jeunes hommes avec qui elles ont une relation..

Familles Les familles (et plus particulièrement les pères) sont généralement déçus si un enfant devient une katoï, et les katoï doivent affronter leur coming out.

Basé sur une étude réalisée par AIDS Care, les participantes qui se sont identifiées comme une fille ou katoï à un jeune âge sont plus susceptibles d'avoir été exposées à la transphobie ou à des violences de la part des hommes de leur famille. Les katoï sont plus susceptibles d'être agressées sexuellement par des hommes que les homosexuels non-efféminés.

Cependant, les katoï sont généralement mieux acceptées en Thaïlande que dans la plupart des autres pays d'Asie...

Problèmes persistants Les katoï sont actuellement confrontés à de nombreux problèmes sociaux et juridiques.

Les katoï peuvent être interdits d'entrée dans les bâtiments officiels ou se voir refuser certains services..

Médicaux En vertu de la Constitution thaïlandaise de 1997, le droit de ne pas subir de discriminations fondées sur l'état de santé a contribué à réduire la stigmatisation à l'encontre des communautés vivant avec le VIH/SIDA.

Dans la plupart des cas, les gouvernements et leurs organismes ne parviennent pas à protéger les personnes transgenres contre ces exclusions.

Il y a un manque d'accès aux soins médicaux contre le VIH/SIDA qui est spécifique aux personnes transgenres, et les hormones féminisantes sont largement utilisées sans aucun suivi médical.

Juridiques et administratifs Il n'y a pas de reconnaissance juridique des katoï et des personnes transgenres en Thaïlande, même après une chirurgie de réassignation sexuelle, ils ne sont pas autorisés à changer juridiquement de sexe.

Des problèmes peuvent également se poser en ce qui concerne l'accès aux aménagements (par exemple public) ; par exemple, une katoï devant exécuter une peine de prison le ferait dans une prison pour hommes.

Atteinte à la vie privée Les cartes d'identité sont particulièrement importantes en Thaïlande.

La grande majorité des personnes trans dans cette région n'ont pas pu faire changer leurs documents en raison de normes sévèresTranssexuals and Thai Lawby Jason Armbrecht, Transsexuals and Thai law. N.p., n.d. Web. 5 mars 2017..

Les cartes d'identités servent aux activités quotidiennes telles que lors de contacts avec les entreprises, les organismes bureaucratiques (c'est-à-dire lors de l’inscription dans l'enseignement ou lors de l'accès aux soins médicaux), l'application de la loi, etc.

Entravées par ces cartes d'identité, les personnes transgenres sont démasquées quotidiennement par la sociétéAna Salvá, An LGBTI Oasis? Discrimination in Thailand, The Diplomat, 2 novembre 2016..

Les exigences imposées par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) qui n'offre pas aux personnes transgenres la possibilité de changer leurs documents reste une menace envers la vie privée pour la communauté « trans » de Thaïlande.

La rigidité des règles bureaucratiques n'a pas encore été remise en question afin de s'adapter à l'intégration des personnes transgenres.

Militaire Les personnes transgenres sont automatiquement exemptées du service militaire obligatoire en Thaïlande.

Les katoï sont jugés souffrir de maladie mentale ou de troubles mentaux permanents..

Ces troubles mentaux doivent apparaître sur leurs documents d'exemption de service militaire, des documents qui sont accessibles aux futurs employeurs.

En 2006, la Commission nationale des droits humains (CNDH) de la Thaïlande a condamné l'utilisation de termes discriminants sur les documents d'exemption de service militaire thaïlandais.

À cause de la loi interdisant les citoyens thaïlandais à changer de sexe sur leurs documents d'identité, toutes les personnes masculines doivent participer à un « jour de loterie » où ils sont sélectionnés au hasard pour s'enrôler dans l'armée pour deux ansKelly Mclaughlin For Mailonline, « Transsexuals are forced to stand in line for army conscription in dresses and skirts as 21-year-old men are drafted into the Thai military », Daily Mail Online. Associated Newspapers, 5 avril 2017..

En , l'armée a ajouté une « troisième catégorie » pour exclure les personnes transgenres de ce devoir pour cause de « maladie qui ne peut être guéri dans un délai de »Prayuth Chokrungvaranont, The development of sex reassignment surgery in Thailand: a social perspective, The Scientific World Journal, 23 février 2017..

Évènements

Tentative d'interdiction de formation En 1993, l’institut de formation des enseignants de Thaïlande a mis en place une interdiction semi-officielle aux étudiants homosexuels (ce qui inclut les katoï) de s'inscrire à des cours menant à la qualification pour les postes dans les écoles maternelles et primaires.

En , le Rajabhat Instituts (le conseil d'administration des collèges) a annoncé qu'il voulait formaliser l'interdiction, ce qui permettrait de l'étendre à tous les campus au début de l'année académique de 1997.

L'interdiction a été tranquillement annulée plus tard dans l'année, à la suite du changement de Ministre de l'Éducation..

Interdiction de compétitions internationales En 1996, une équipe de volley-ball composé en majorité de gays et de katoï, dépeint par deux films Thaïlandais, Les Dames de Fer (Thaï: สตรีเหล็ก, satree lek) puis Satreelex, the Iron Ladies, a remporté le championnat national.