Les manifestations de 2025 en république de l'Altaï sont une série de rassemblements de protestation dans la république de l'Altaï, sujet de la fédération de Russie de Sibérie, se déroulant depuis le . Provoquées par l'intention du gouverneur de dissoudre les municipalités de la république, les revendications s'étendent pour s'opposer aux amendements à la Constitution de la république et pour exiger la démission du gouverneur Andreï Tourtchak et de son Premier ministre Aleksandr Prokopiev.

Contexte Le gouverneur Andreï Tourtchak, originaire de Saint-Pétersbourg, est élu en septembre 2024 avec des voix. Lors de cette élection, aucune personne originaire de la république de l'Altaï n'avait été autorisé à se présenter. Dès sa prise de fonction, Tourtchak, considéré comme parachuté de Moscou, s'est attiré le mécontentement de la population en ne prêtant serment qu'en russe, et non en altaï comme il en est aussi l'usage.

En , le gouverneur a présenté des amendements à la Constitution régionale, supprimant notamment la mention de la République. Si le gouvernement assura que cette disparition ne mettait pas en cause l'existence de la République, la population locale avait déjà manifesté en 2006 contre la fusion de la république avec le kraï de l'Altaï. Avec ces amendements, la population craint la perte du statut de la république et sa subséquente annexion dans le kraï de l'Altaï.

La loi fédérale sur la réforme de l'administration locale débattue depuis 2021 visant à supprimer les municipalités pour ne laisser que les raïons et équivalents comme seul niveau d'autonomie locale. Malgré l'opposition des communistes, la Douma d'État vote la loi, en laissant cependant dans la version finale le choix aux sujets de décider s'ils veulent supprimer les municipalités ou non.

Dès mai, le gouverneur annonce qu'il procèdera à la suppression des municipalités afin de faire des économies. Cependant, dans une république où les trois-quarts de la population et rurale, les municipalités sont vues comme un échelon essentiel. De plus, depuis 2022 et la guerre en Ukraine, de nombreux investisseurs russes se sont tournés vers la république pour s'accaparer des terres, et les municipalités se sont rangées du côté des habitants pour les protéger et pour protéger les environnements. La République était elle allée dans l'autre sens, en commençant une amnistie foncière, c'est-à-dire la légalisation de centaines de bâtiments et infrastructures touristiques construits illégalement.

La nomination de Prokopiev le comme Premier ministre, issu d'une famille d'oligarque, a définitement détruit les relations entre les habitants et Tourtchak, craignant désormais pour la confiscation de terres et la pollution de l'environnement.

Déroulement Le , un rassemblement a eu lieu à Gorno-Altaïsk en mémoire du premier chef de la république, Valéry Chaptynov, dont la veuve a durement critiqué Tourtchak et sa politique foncière. Le , le Tchike-Taman, col de la seule route fédérale traversant la république, a été bloqué par les habitants. Sept habitants ont été arrêtés quelques jours plus tard pour des peines jusqu'à 14 jours de prison, et le jour du verdict le 20, une centaine de personnes se sont réunies devant le tribunal à Ongoudaï. Le , entre 1000 selon le ministère de l'Intérieur et 4000 personnes selon les organisateurs se sont réunies à Gorno-Altaïsk avec l'autorisation de la mairie, ce qui constitua la plus grande manifestation que la ville n'ait jamais connue.

Le , le Kouroultaï a adopté le projet de loi supprimant les municipalités de la république. La mairie n'a pas autorisé un nouveau rassemblement, mais une plainte a été déposée devant la Cour suprême de la République contre la nouvelle loi, qui fut rejetée le . Au cours de l'été, quatre raïons, dont celui d'Oust-Koksa, ont refusé d'appliquer la nouvelle loi.

Une nouvelle manifestation est prévue pour le , dont l'appel à manifester est maintenu malgré l'interdiction des pouvoirs publics.

Références

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