vignette|Affiche française de 1927. Metropolis est un film de science-fiction allemand réalisé par Fritz Lang, sorti en 1927.
Film muet en noir et blanc, il oscille entre l'expressionnisme et la nouvelle objectivité. Adapté du roman original de Thea von Harbou, le scénario est coécrit par celle-ci et Fritz Lang, mariés à l'époque. Brigitte Helm, Gustav Fröhlich, Alfred Abel et Rudolf Klein-Rogge figurent parmi les premiers rôles. Le film est produit aux studios de Babelsberg par UFA (Universum-Film AG).
Échec critique et commercial à sa sortie tandis qu'il est, à l'époque, le film le plus cher de l'histoire du cinéma, il est rapidement amputé. Il est progressivement réhabilité durant la deuxième moitié du , au point d'atteindre le statut de chef-d'œuvre majeur de l'histoire du cinéma, ce dont témoignent ses multiples influences jusqu'à nos jours, notamment dans la culture populaire. Plusieurs fois restauré, il devient en 2001 le premier film inscrit sur le registre international Mémoire du monde de l’UNESCO.
Synopsis
thumb|200px|Statue reproduisant l'androïde du film à Babelsberg, en Allemagne.
Dans un monde dystopique., Metropolis est une mégapole divisée entre la ville haute, où vivent les dirigeants et leurs familles dans le luxe, et la ville basse, où les ouvriers maintiennent en marche les machines qui font vivre la cité. La devise qui gouverne l'ensemble est énoncée d'emblée : « Entre le cerveau et les mains, le médiateur doit être le cœur. ». Le film se décompose en trois actes : Auftakt (Prélude), Zwischenspiel (Intermède) et Furioso.
Auftakt (Prélude) Freder Fredersen, fils du maître de Metropolis, Joh Fredersen, mène une existence oisive dans les Jardins éternels de la ville haute. Un jour, une jeune femme de la ville basse, Maria, apparaît avec un groupe d'enfants ouvriers à qui elle veut montrer ceux qui vivent dans l'abondance. Les gardiens chassent les intrus, mais Freder est troublé par Maria et décide de la retrouver.
En descendant pour la première fois dans la ville des machines, Freder découvre les conditions de travail épuisantes des ouvriers. Il assiste à une explosion de la machine M, provoquée par le rythme de travail démesuré ; dans sa vision hallucinée, la machine se transforme en Moloch, un monstre auquel les ouvriers sont sacrifiés. Revenant à la réalité devant les corps transportés sur des brancards, il remonte prévenir son père de l'accident et de la souffrance des ouvriers. Joh Fredersen, qui vient de recevoir des plans mystérieux trouvés sur des ouvriers morts, reste indifférent au sort des travailleurs et congédie violemment son secrétaire Josaphat pour n'avoir pas signalé l'accident à temps.
Freder rattrape Josaphat, qui s'apprêtait à se tirer une balle dans la bouche, et lui donne l'adresse de son appartement pour qu'il l'y attende. Alors que Joh Fredersen charge son espion de suivre les déplacements de son fils, ce dernier se rend de nouveau dans la ville basse où il voit un ouvrier, Georgy, matricule 11811, au bord de l'effondrement devant sa machine. Il lui propose d'échanger leurs vêtements et leurs places, et qu'il aille l'attendre chez lui avec Josaphat. Alors que Freder commence son travail harrassant, Georgy monte dans sa voiture et, en chemin, décide à la place d'aller au cabaret Yoshiwara pour goûter aux plaisirs de la ville haute, suivi discrètement par l'espion.
Joh Fredersen, intrigué par les plans récupérés sur les ouvriers, se rend chez l'inventeur Rotwang, qui vit dans une maison ancienne coincée entre les tours de la ville. Le savant lui montre un être-machine (dont la fabrication lui a coûté la main droite, remplacée par une prothèse mécanique) androïde créé dans l'espoir de rendre vie à Hel, la femme qu'il a aimée et que Joh lui a prise, et qui est morte en mettant au monde Freder (Rotwang a par ailleurs dans sa maison un mémorial qui lui est consacré). Rotwang identifie les plans comme un chemin menant aux catacombes où les ouvriers se réunissent en secret.
Libéré de son travail après la relève, Freder descend dans les catacombes, guidé par un plan trouvé dans la poche de Georgy. Là, il découvre Maria en train de parler aux ouvriers. Devant les hommes exténués, elle raconte la légende de la tour de Babel : le cerveau qui conçoit, les mains qui exécutent, et l'absence de médiateur qui provoque la catastrophe. Elle annonce que ce dernier viendra un jour, et Freder se reconnaît dans cette mission. Joh Fredersen et Rotwang, qui ont suivi le chemin des plans et espionnent la réunion, assistent à ce discours sans que Joh ne reconnaisse son fils dans la foule. A la fin de la réunion, Freder se présente à Maria, qui le reconnaît également comme étant le médiateur attendu. Alors que Joh demande à Rotwang de donner à l'être-machine l'apparence de la jeune femme pour briser la confiance que les ouvriers lui accordent, Maria donne rendez-vous à Freder le lendemain, dans la cathédrale. Peu après, elle est capturée par Rotwang.
Zwischenspiel (Intermède) vignette|L'androïde Freder, ignorant l'enlèvement de Maria, se rend dans la cathédrale pour la retrouver. Là, il entend la prédication d'un moine sur l'Apocalypse, les trompettes des anges et la venue du Jugement dernier. Les paroles du prédicateur se mêlent déjà dans son esprit aux images de violence qu'il a observées. Revenant de Yoshiwara, Georgy est arrêté par l'espion de Joh, qui trouve sur lui l'adresse de Freder, et ordonne à l'ouvrier de retourner à son poste et d'oublier toute cette histoire. Freder rentre chez lui, où il retrouve Josaphat, qui lui apprend que Georgy n'est jamais venu. En repartant, lui et l'espion se croisent dans l'ascenseur sans se voir, et ce dernier, qui retrouve chez lui le béret de Georgy, tente d'acheter puis intimide Josaphat pour le convaincre de ne plus aider Freder.
Maria est séquestrée par Rotwang chez lui. Alors que le savant vient la chercher pour son expérience, Maria se débat et hurle à l'aide, ce qui alerte Freder, qui passait devant la maison à ce moment-là. Dans son laboratoire, Rotwang transfère l'apparence de Maria à l'être-machine. Peu après, Freder trouve Rotwang et le confronte pour savoir où est Maria, et le savant lui répond qu'elle est chez Joh. Freder y court, et trouve son père en compagnie de la fausse Maria. Persuadé que Maria l'a trahi au profit de son père, il sombre dans le désespoir et s'effondre, pris de fièvre et de visions.
Au cabaret Yoshiwara, où a été organisée par Rotwang une réception pour la présenter, la fausse Maria danse devant les hommes puissants de Metropolis et les ensorcelle par sa sensualité. Pendant ce temps, alité, Freder délire. Il voit la Mort jouer de la faux et les sept péchés capitaux prendre vie autour de la fausse Maria triomphante. La prédication apocalyptique du moine s'entremêle à ces visions de débauche : les signes de fin des temps semblent se matérialiser.
Furioso Sa fièvre de folie passée, Freder retrouve Josaphat, qui lui apprend que l'espion de Joh terrorise la cité des machines depuis dix jours, et des actions inconsidérées des financiers, fascinés par la fausse Maria, qui se battent entre eux voire même mettent fin à leurs jours. Partout, la cité haute se laisse entraîner dans un tourbillon de désir et de décadence. Les jardins éternels sont abandonnés, tous les notables se rendant soir après soir au Yoshirawa voir la fausse Maria qui continue d'attiser la jalousie, la violence et la folie parmi les notables, qui se battent pour elle et perdent tout sens moral.
Alors que Freder décide d'aller avec Josaphat dans les catacombes, Joh demande à son espion de laisser agir les ouvriers, quoi qu'ils fassent cette nuit afin que, comme l'explique Rotwang à la vraie Maria, de justifier ensuite une répression dans le sang. Dans les catacombes, devant les travailleurs qui attendaient des paroles d'espoir, la fausse Maria prêche non plus la réconciliation mais la destruction. Puisque selon ses dires le médiateur n'est pas venu, elle incite les ouvriers à abandonner toute patience et à laisser mourir les machines. Freder intervient alors et l'interpelle, l'accuse de ne pas être Maria. Les ouvriers, reconnaissant là le fils de Joh et enragés par le discours de la fausse Maria, l'attaquent. L'un d'eux tente de le poignarder, mais Georgy s'interpose et est tué. Pendant ce temps, Rotwang exulte devant Maria, ivre de son triomphe sur Fredersen : il se réjouit d'avoir doublement trahi ce dernier, en lui cachant que son fils veut devenir le médiateur des travailleurs et qu'il est amoureux de Maria. Mais Joh Fredersen, qui a tout entendu, attaque son rival et le laisse pour mort, Maria en profitant pour s'enfuir.
Conduits par la fausse Maria, les ouvriers se lancent à l'assaut des machines. Grot, le gardien de la machine-cœur, qui alimente Metropolis, a été averti par les signaux d'alarme : pour la protéger, il ferme les portes. Il reçoit un appel de Joh Fredersen, qui lui ordonne d'ouvrir les portes : le contremaître obéit à contrecœur, puis se place lui-même en travers du passage pour essayer d'apaiser les ouvriers. Personne ne l'écoute. Sous l'impulsion de la fausse Maria, la machine-cœur est mise hors de contrôle puis détruite ; la fausse Maria s'enfuit discrètement vers la ville haute, tandis que, dans la cité des machines, l'inondation commence.
Au même moment, la véritable Maria arrive dans la cité des machines et commence à rassembler les enfants abandonnés par leurs parents partis à la révolte. La machine-coeur détruite, le courant est coupé dans tout Metropolis. L'espion de Joh apprend à son maître que son fils se trouve dans la ville basse, avec les ouvriers. Freder retrouve Maria et, avec l'aide de Josaphat et Grot, ils évacuent les enfants vers la ville haute, échappant à l'inondation.
Alors que les ouvriers dansent devant les machines dévastées, Grot les interpelle et leur demande où sont leurs enfants, et les incite à se retourner contre celle qui les a poussés à la révolte et conduit à détruire les machines qui leur étaient indispensables. Dans la ville haute, la fausse Maria jubile, portée en triomphe par la haute sociétée décadante. Chez lui, Rotwang reprend ses esprits, et jure à la défunte Hel de "la" ramener chez lui.
La foule en furie poursuit la vraie Maria, qui était restée en arrière et qu'ils prennent pour la qui a causé la perte de leurs enfants. Elle parvient à les semer dans le cortège de la fausse Maria, qui est capturée à sa place. Toujours hilare, elle est traînée jusqu'à une place publique et attachée à un bûcher, au grand désespoir de Freder, retenu par les ouvriers, qui croit qu'on brûle sa bien-aimée.
Rotwang, devenu fou, retrouve Maria et la poursuit jusqu'aux hauteurs de la cathédrale de Metropolis. Pendant ce temps, les flammes consument la fausse Maria, dont l'apparence humaine se désagrège et laisse apparaître la carcasse métallique de l'être-machine aux yeux des ouvriers sidérés. Freder aperçoit Maria poursuivi par Rotwang sur les toits. Il fonce à son secours et se bat contre le savant. Joh Fredersen, mis au courant par Josaphat, s'est rendu sur les lieux. Alors que Grot s'apprête à le prendre à partie, Josaphat l'arrête et l'informe que tous les enfants sont sauvés. Tous finalement assistent à la mort de Rotwang, qui finit par perdre l'équilibre et chute dans le vide.
Au pied de la cathédrale, les ouvriers, menés par Grot, font face à Joh Fredersen. Les deux hommes, confus, n'osent même pas se rapprocher. Maria intervient, et rappelle alors la devise énoncée dès le début : le médiateur entre le cerveau et les mains doit être le cœur. Freder s'avance, prend la main de son père et celle de Grot, et les unit.
Fiche technique thumb|upright=1.2|Affiche française du film. Titre : Metropolis Réalisation : Fritz Lang Scénario : Fritz Lang et Thea von Harbou, adapté du roman Metropolis de Thea von Harbou Costumes : Département artistique : Otto Hunte, Erich Kettelhut, Walter Schulze-Mittendorff, Karl Vollbrecht, Edgar G. Ulmer