Alfred Breuillé, né le à Paris et mort le dans la même ville, est un journaliste et homme politique socialiste français.

Journaliste d'opposition et militant blanquiste sous le Second Empire, il rejoint la Commune de Paris avant de s'exiler en Belgique. De retour en France, il participe à la création du Comité révolutionnaire central (CRC) en 1881 puis rallie le mouvement boulangiste et adhère au Comité central socialiste révolutionnaire (CCSR).

Biographie

Jeunesse blanquiste sous le Second Empire Né en 1847 à Paris, Alfed Breuillé entame des études de sciences une fois ses études primaires terminées. Ayant obtenu son baccalauréat ès science en , il devient journaliste et s'engage activement dans le mouvement des écoles en compagnie de ses camarades blanquistes Gustave Tridon, Raoul Rigault, Gaston Da Costa. C'est en effet avec eux qu'il est arrêté en début d'année, avec une vingtaine d'autres amis, comme faisant partie de la société secrète dite du « Café de la Renaissance » à Saint-Michel. Perquisitionné chez lui par les autorités, Breuillé n'est finalement pas condamné.

L'année suivante, le , il est présent avec Charles Longuet, Félix Ducasse et quelques autres pour crier « Vive Garibaldi » et « A bas l'intervention » lors de la sortie de l'Hôtel de ville de Paris par Napoléon III et de l'empereur d'Autriche. Vite arrêtés, ils sont déférés devant la 6e Chambre du tribunal correctionnel et Breuillé est condamné, en , à une quinzaine de jours de prison pour « cri séditieux ».

Durant ses années d'études, Breuillé participe, en plus des manifestations publiques, à la rédaction de plusieurs articles à caractères républicains, socialistes et athées dans les colonnes de journaux comme Le Démocrite fondé par Raoul Rigault en , La Marseillaise lancé par Henri Rochefort en et la 2ème Libre pensée lancée par Henri Verlet (pseudonyme de Henri Place) en . La Commune de Paris Durant la guerre de 1870, Breuillé continue son activité de journaliste et rédigeant des articles dans La Patrie en danger, journal d'Auguste Blanqui, Le Cri du peuple de Jules Vallès et les journaux appartenant à Paschal Grousset (La Nouvelle République, L'Affranchi). vignette|275x275px|Alfred Breuillé vers 1870.Après le , Breuillé rejoint la Commune de Paris et est fait chef du personnel au sein de la Préfecture de police par Raoul Rigault. Le , il est nommé substitut du procureur de la Commune en remplacement de Théophile Ferré. Suite à la Semaine Sanglante, Breuillé ayant fui en Angleterre, le 4e conseil de guerre le condamne par contumace, le , à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique puis, seulement, deux mois plus tard, le , le tribunal correctionnel de la Seine lui inflige deux ans de prison pour usurpation de fonctions.

En contact avec les blanquistes exilés à Londres, Breuillé signe, en , le manifeste Aux Communeux. Aussi, avec Ernest Granger, il va tenter de se lancer dans la vente de papiers peints pour subvenir à ses besoins mais sans succès.

Sous la République : blanquisme, boulangisme, conseil municipal Après l’amnistie, Breuillé revient à Paris et recommenace à militer parmi les blanquistes, participant à l'organisation du Comité révolutionnaire central (CRC) en 1881 et collaborant à Ni Dieu ni Maître et au Cri du Peuple. Partisan en 1889 de la participation des blanquistes à la campagne boulangiste, Breuillé quitte le CRC et rejoint le Comité central socialiste révolutionnaire (CCSR) ; il collabore à L’Homme libre en 1888 puis au Réveil du peuple à partir de 1892. Il est pendant un temps le secrétaire du général Boulanger. vignette|Alfred Breuillé en 1885. |324x324pxConseiller municipal du quartier de la Goutte-d’Or de 1893 à 1900, il est élu en mars 1897 deuxième vice-président du Conseil municipal de Paris.

Notes et références

Bibliographie

Jacqueline Lalouette, La Libre-pensée en France, 1848-1940, Albin Michel, 2014 Henri d'Almeras, La vie parisienne pendant le Siège et sous la Commune, Albin Michel, 1927, p. 155 Marc Crapez, La Gauche réactionnaire : mythes de la plèbe et de la race, Berg International Éditeurs, 1997, p. 203

Liens externes

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