Anyes GalliciSuite à un erreur d'écriture d'un contrat avec Jermaine Jackson, Agnès Galicy adopta cette orthographe Anyes Gallici, d'autant plus qu'à la même époque Agnès B. faisait pression aux autres stylistes portant le même prénom est une créatrice de mode franco-malgache, dont le travail se développe à partir de 1984.

Ses collections sont caractérisées par un travail sur les découpes en construction géométrique, inspirées par l'architecture gothique, technique conjuguée avec l'usage d'aplats de couleurs dont l'effet produit rappelle les vitraux d'église.

Elle organisa plusieurs défilés à Paris et à l'étranger et habilla de nombreux artistes.

Biographie

Anyes Gallici est la petite-fille du sénateur malgache Félix Totolehibe, fille du peintre Louis-Ange Totolehibe et de mère française.

Anyes Gallici grandit dans le 7ᵉ arrondissement de Paris. A l'adolescence, alors qu'elle est élève au lycée Buffon, elle fréquente l'atelier d'Azzedine Alaïa, dont elle est la jeune voisine. Ses premières créations apparaissent dans la presse, dont le magazine Elle, où elle pose à 15 ans dans une page stylisée par la rédactrice Carine Roitfeld. Fréquentant le Studio Berçot, elle se distingue en 1985 en étant lauréate de l'opération "Coup de Talent dans l'Hexagone", section mode présidée par Paco Rabanne qui décrit sa technique comme d' "originalité totale" et "sans référence" et dont les créations sont publiées.

La même année, elle présente ses créations à l'International Contemporary Art Fair de Londres, puis à Tokyo, avant d'organiser un défilé au Palace le , "Opération Dragon".

Lors de ce défilé, elle présente sa technique de coupe qu'elle distingue du patchwork (un "assemblage disparate" selon le Larousse). Son style se caractérise par des tailleurs et vestes baptisés "Puzzle", réalisés à partir de découpes architecturées, incurvées et structurées, inspirées du gothique, avec des aplats de couleurs évoquant les vitraux romans et gothiques.

Anyes Gallici indique être croyante et s'inspire notamment de la spiritualité chrétienne et pour les couleurs des oeuvres de Piero della Francesca.

Parallèlement, Anyes Gallici présente plusieurs défilés conçus comme des performances artistiques, notamment aux Bains Douches de Paris. Le défilé du Palace y est diffusé en continu sur écrans pendant plusieurs semaines, contribuant à la diffusion de son travail.

En 1986, elle présente un nouveau défilé au Théâtre Marigny aux Champs-Élysées. Comme pour celui du Palace, elle réalise sa bande-son avec Albert de Paname. Selon elle, cette bande-son serait reprise dans Inglourious Basterds de Quentin Tarantino.

Pour ce défilé, elle collabore avec Marcel Carné, qui participe à la mise en scène et assiste au spectacle.

Le défilé présente notamment des vestes de tailleurs à découpes et des silhouettes inspirées de figures afro-américaines, incluant des références aux premiers cowboys noirs aux États-Unis.

Certains modèles de la collection sont publiés la même année dans Vogue Paris Haute Couture. Anyes Gallici, alors âgée de 21 ans, y apparaît photographiée par Nana Watanabe, portant des gants de conduite Hermès, un élément de son style dès 1985.

Quelques années plus tard, un litige oppose Gallici à Yves Saint Laurent concernant des plagiats sur des modèles de prêt-à-porter et ses créations. La presse publie des articles sur le sujet, notamment L’Écho des Savanes (Corinne Lellouche) qui titre dans un rédactionnel "Quitte à copier, mieux vaut le faire avec panache. Comme Yves Saint Laurent s'inspirant de sa jeune consœur Agnès Galicy" et Libération (Blandine Grosjean) "Une fille qui habille Michael Jackson. Nous nous habillons Catherine Deneuve".

En 1985, Anyes Gallici rencontre Jermaine Jackson au Plaza Athénée au Paris. À la suite de cet échange, elle réalise des dessins pour lui et part s'installer à Beverly Hills pour créer les costumes de la tournée "Precious Moments".

Installée à Los Angeles, elle dessine des tenues de scène et des vêtements backstages pour plusieurs artistes, dont Barry White, Prince, Little Richard, Jermaine Jackson, Michael Jackson, Lenny Kravitz, Miles Davis, Lionel Ritchie, Sidney Poitier, Djimon Hounsou, Dyan Cannon, Lisa Bonet et Whitney Houston. Elle réalise également des portraits et illustrations de ces personnalités.

Gallici collabore avec de nombreux photographes à Paris et à Los Angeles. Parmi eux : Guy Bourdin (qui réalise son portrait pour Vogue), Peter Knapp, André Rau, Herb Ritts, Joseph Jasgur, Olivier Poivre, Jean-Marc Scialom, Elias, Marc Hanauer, Richard Schroeder, et Nana Watanabe, qui photographient ses créations ou la créatrice elle-même.

Elle collabore également avec des auteurs de bande dessinée tels que Gaetano Tanino Liberatore et Frank Margerin, ainsi qu’avec des artistes visuels et stylistes issus de scènes créatives parisiennes et californiennes.

En 2002, elle participe à la conception de pièces d’accessoire (montres, ceintures, sacs) pour Hermès, auprès de Pascale Mussard et Pierre-Alexis Dumas.

De retour en France en 2006, elle collabore avec le groupe Pinault-Printemps-Redoute pour plusieurs collections créateurs éditées par La Redoute, dont « Une valise pour les îles » (2006) et « Vision ethnique de la mode » (2008), avec vêtements portés par des personnalités comme Yannick et Yéléna Noah, Sarah et Marc Lavoine, Noémie Lenoir.

Depuis la fin des années 2010, Anyes Gallici réside en Belgique. Elle mène une activité indépendante et conserve les droits sur ses créations.

En 2012, Cotélac a été condamnée pour plagiat sur une création d'Anyes Gallici.

Elle est mariée à Arnaud-Marie Linard de Guertechin et mère de deux enfants.

Notes et références

Catégorie:Personnalité française du XXIe siècle