Francis Szpiner, né le à Paris, est un avocat et homme politique français.
Associé fondateur du cabinet STAS & Associés, il a défendu plusieurs personnalités impliquées dans des affaires politico-financières et de nombreuses victimes du terrorisme.
Gaulliste orthodoxe, membre du Rassemblement pour la République, il conseille de nombreux responsables de la droite, dont Alain Juppé, à partir des années 1970. Il est, entre autres, vice-président de la commission nationale consultative des droits de l'homme de 2002 à 2008. Il est conseiller du président de la République, Jacques Chirac, entre 1995 et 2007. Soutien de Rachida Dati lors des élections municipales de 2020, il est élu maire du arrondissement de Paris. À l'occasion des élections sénatoriales de 2023, il est élu sénateur de Paris. Lorsque Rachida Dati intègre le gouvernement Attal, il forme un nouveau groupe au Conseil de Paris, dont il prend la tête. Il se déclare candidat aux élections municipales de 2026 en puis retire sa candidature quelques mois plus tard après l'investiture par Les Républicains de Rachida Dati.
Biographie Origine Francis Simon Szpiner est le fils de Jacques et Bella Szpiner, imprimeurs parisiens d’origine juive polonaise, et provient d'un milieu politique familial qu'il décrit lui-même « comme mendésiste et gaulliste »Francis Szpiner, le pouvoir des coulisses, Christophe Lucet, revue-medias.com. Adolescent, il milite au Front des étudiants juifs de France.. Il fait ses études de droit à l'université Panthéon-Assas et à l'Institut de criminologie de Paris.
Vie professionnelle Avocat au barreau de Paris depuis 1975, il est ancien deuxième secrétaire de la conférence du stage et ancien membre du Conseil de l'Ordre (1995-1997), ainsi que du Conseil national des barreaux.
En 1981, il est l'avocat de Pierre de Varga, accusé d’avoir commandité l'assassinat de Jean de Broglie. Dans les années suivantes, il défend la célèbre proxénète Madame Claude, l’ancien dictateur centrafricain Jean-Bedel BokassaGaspard Dhellemmes, « Le goût de l'indéfendable », Vanity Fair , septembre 2018, et 145., l’ancien ministre socialiste Christian Nucci dans l’affaire du Carrefour du développement, le supergendarme de l'Élysée Christian Prouteau, le journaliste Patrick Poivre d'Arvor et l'homme d'affaires Bernard Tapie..
En janvier 1988, il est l’avocat des parties civiles lors du procès de l’affaire Hattab-Sarraud-Subra .
Affaires politiques et économiques Il a plaidé pour Pierre de Varga dans l'affaire de Broglie, pour les ravisseurs du baron Empain et du banquier Mallet. Il a défendu devant la cour d'assises de Bangui l'ancien empereur Bokassa, condamné à mort. Il a été l'avocat dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris de l'ancien premier ministre Alain Juppé, qui est condamné le , du président du CSA Dominique Baudis, de l'ancien ministre socialiste de la coopération Christian Nucci, du président de la Polynésie française Gaston Flosse« Szpiner : le Little Big Man du Barreau » Fred Lonah, bakchich.info, 28 avril 2009 et du président de la République Jacques Chirac, dont il a été un proche conseiller.
Francis Szpiner est l'avocat de SOS Attentats et a connu à ce titre l'affaire du DC 10 d'UTA., les affaires Carlos, Action directe, des familles des religieuses françaises disparues en Argentine, de l'attentat contre le bateau . Il était l'avocat dans les années 1990 de Madame Claude, du fondateur du GIGN Christian Prouteau dans l'affaire des écoutes de l'Élysée, de la république de Djibouti dans l'affaire Borrel et de Michel Tabachnik qu'il fit relaxer à deux reprises dans le procès de l'Ordre du Temple solaire.
Pendant les années 1995-2002, il participe à l'activité de la cellule juridique de l'Élysée (surnommée le « cabinet noir ») réunie autour de Dominique de Villepin, secrétaire général de la présidence de la République, chargée de suivre les affaires politico-financières en cours et d'entraver les procédures judiciaires lancées contre Jacques Chirac.. Selon les dires des intéressés, cette cellule aurait fortement conseillé à Michel Roussin et Didier Schuller de fuir la France avant leur arrestation, ce qu'il a toujours contesté. Il obtient le dessaisissement du juge Halphen dans l'affaire dite des HLM de Paris. Il est intervenu pour Jean-François Copé dans le conflit pour la présidence de l'UMP.
Il est l'avocat de France 2 et de Charles Enderlin dans le procès intenté par eux contre Philippe Karsenty dans l'affaire Mohammed al-Dourah en 2008« Charles Enderlin perd son procès en diffamation », Le Monde, 258 mai 2008, et fut l'avocat de la grande mosquée de Paris et de Dalil Boubakeur dans l'affaire des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo.
En 2011, on le retrouve du côté du président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, aux côtés de son collègue Olivier Pardo, et face au Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire). En Afrique, il a été l'avocat des présidents du Sénégal Abdoulaye Wade et de Djibouti Ismaïl Omar Guelleh.
En 2013, il défend Jean-Marie Messier devant la cour d'appel de Paris et obtient une réduction de sa peine de trois ans d'emprisonnement avec sursis à dix mois d'emprisonnement avec sursis..
En 2015, Il est l'avocat du marchand d'art Yves Bouvier dans l'affaire l'opposant au milliardaire russe Dimitri Rybolovlev.. Il est également cette année là, avec Jean-Pierre Mignard, l'avocat du Qatar dans sa plainte en diffamation contre Florian Philippot.
En 2016, il plaide pour l'association La Voix de l'enfant contre l'animateur Jean-Marc Morandini impliqué dans une affaire de castings scabreux ayant pu mettre en scène des mineurs.
En 2017, il devient l'avocat du commissaire divisionnaire François Thierry, chef de l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants., ainsi que celui du président du Paris Saint-Germain, Nasser Al Khelaïfi..
En 2018, il défend l'État sénégalais face au maire de Dakar Khalifa Sall.
Affaires criminelles Il est avocat des parties civiles dans le procès dit de « l'affaire de l'Appât », ouvert en 1988 ; la sœur de Laurent Zarade, l'une des victimes, s'avère d'ailleurs être l'une de ses collaboratrices. Sa prestation a marqué les esprits lorsqu'il a mis en cause la responsabilité implicite de Valérie Subra dans le trio criminel, tandis qu'elle prétendait n'avoir qu'un rôle d'appât. Pour , « unis tous les trois dans la préparation, unis tous les trois dans l'exécution, unis dans le partage, il [aurait été] choquant qu'ils ne le soient pas dans la condamnation » ; les jurés suivront son avis ainsi que les recommandations de l'avocat général.
Il est l'avocat de la famille de Sohane dans l'affaire Sohane Benziane.
Il représente la partie civile dans l'affaire Ilan Halimi. Après le verdict en première instance, il dénonce la « particulière indulgence » des juges.. Il tient des propos vifs à l'encontre de l'avocat général le qualifiant de « traître génétique ». et des avocats des accusés« Procès Fofana : le parquet général demande une enquête sur », Le Monde, 27 juillet 2009Sarah Masson, « Gang des barbares : se lâche sur Bilger et les avocats » Rue89, nouvelobs.com, 28 juillet 2009, à la suite de quoi le parquet a demandé au bâtonnier de bien vouloir diligenter une enquête, le bâtonnier répondant qu'il en avait ordonné une spontanément avant même que la demande soit formée. Szpiner a été relaxé par le conseil de l'Ordre, relaxe confirmée par la cour d'appel de Paris« Relaxe confirmée pour » Europe 1, 24 mars 2011. Par arrêt du la Cour de cassation casse l'arrêt de la cour d'appel de Paris et renvoie l'affaire devant la cour d'appel de Lyon qui, par arrêt du , a prononcé un « avertissement » à son encontre, décision qui fait l'objet d'un pourvoi en cassation..
Il défend également son confrère Karim Achoui, qu'il a fait acquitter dans l'affaire Ferrarra. et de la famille d'Agnès Marin.
Il est l'avocat d'Henda Ayari dans l'affaire Tariq Ramadan. et de Latifa Ibn Ziaten au cours du procès en appel d'Abdelkader Merah.
Il se constitue partie civile au nom du fils de Samuel Paty.
Dans le cadre de l'affaire Yuriy, il défend la victime du même nom..
En , il assiste les neveux du père Jacques Hamel en qualité de parties civiles devant la cour d'assises de Paris.
Vie politique Parcours politique En 1978, Francis Szpiner est candidat de la fédération de Paris du Mouvement des radicaux de gauche à l'élection partielle de la seizième circonscription de Paris, dans le . Il obtient ..
Entre 1990 et 1991, il est directeur du cabinet d'Alexandre Léontieff, président de la Polynésie française. De 2002 à 2008, il est vice-président de la Commission nationale consultative des droits de l'homme auprès du Premier ministre, où il cosigne une opinion minoritaire contre le mariage pour tous en 2013CNCDH, Avis sur le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, https://www.cncdh.fr/sites/default/files/13_01_24_avis_mariage_des_couples_de_personnes_de_meme_sexe_0.pdf.
Aux élections législatives de 2002, il se présente sans succès sous l'étiquette RPR contre Arnaud Montebourg dans la sixième circonscription de Saône-et-Loire. Dans le livre Les Frères invisibles, les journalistes Renaud Lecadre et Ghislaine Ottenheimer affirment que Szpiner fut l'un des principaux associés maçonniques de Jacques Chirac, dont il fut un proche conseiller depuis 1994 et qui l'a promu en 2005 officier de la Légion d'honneur. Pour les élections législatives de 2012, Francis Szpiner est choisi, à la demande de Jacques Chirac, comme suppléant d'Éric Raoult dans la douzième circonscription de la Seine-Saint-Denis. Éric Raoult est battu« Francis Szpiner, suppléant d’Eric Raoult », Le Parisien libéré, 16 mai 2012..
Il est investi par Les Républicains comme candidat aux élections législatives de 2017 dans la « Législatives à Paris : l’avocat Francis Szpiner investi pour remplacer Lecoq dans la circonscription », leparisien.fr, 19 mai 2017. mais il est battu par Marielle de Sarnez (MoDem).
Présent sur la liste des Républicains pour l'élection municipale dans le , menée par le député Claude Goasguen, Francis Szpiner devient de facto la tête de liste après le décès de ce dernier le « Pourquoi le défunt Claude Goasguen est toujours candidat aux municipales », Libération, 4 juin 2020.. Il fait face aux listes dissidentes de la sénatrice Céline Boulay-Espéronnier et de la maire sortante Danièle Giazzi, qui avait succédé à Claude Goasguen en . Il arrive néanmoins en tête du premier tour avec 47,8 % des suffrages. Le , il l'emporte avec plus de 76 % des voix, ce qui en fait la tête de liste la mieux élue de la capitale au second tour..
Son épouse, Alexandra Szpiner, est conseillère régionale d'Île-de-France lors du second mandat de Valérie Pécresse, réélue lors des élections régionales de 2021. Professeur, elle est chargée de la lutte contre le décrochage scolaire au sein de l'exécutif régional.
Lors des élections législatives de 2022, il est candidat dans la quatorzième circonscription de Paris. Il est battu au second tour, recueillant des suffrages, face à Benjamin Haddad le candidat d'Ensemble, ce qui marque la perte historique de cette circonscription ayant été jusque-là uniquement détenue par la droite depuis sa création en 1958.
En , il est élu sénateur de Paris sur la liste des Républicains.
En réaction à l'entrée de Rachida Dati au gouvernement d'Emmanuel Macron, il décide en de quitter le groupe Changer Paris, formé par les élus de droite au conseil municipal et dirigé par la nouvelle ministre. Il annonce la création d'un nouveau groupe (« Les Républicains, Les Centristes - Demain Paris ! ») avec une douzaine d'autres élus et envisage de se présenter à l’élection municipale de 2026. Il bénéficie à ce titre du soutien d'Éric Ciotti, alors président du parti.