Este est une commune italienne de 16 270 habitants, autrefois nommée Ateste, située dans la province de Padoue, en Vénétie au sud des monts Euganéens et au nord du Pô, au sud-ouest du chef-lieu de la province. Elle est connue depuis l'âge du fer comme site majeur de la culture « atestina » ou culture « paléo-vénète ».
Géographie
La commune d'Este, située sur le versant méridional des monts Euganéens (Colli Euganei), se trouve à 32 km de distance de Padoue et à 24 km de Rovigo. Elle est desservie par l'autoroute A13 Bologne-Padoue, en sortant au péage de Monselice et en empruntant la route régionale 10 en direction de Mantoue ; elle est également desservie par la nationale 16 au départ de Padoue et par la départementale 247 Riviera Berica depuis Vicence.
Histoire
Antiquité La commune d'Este est habitée depuis des temps reculés : dès l'âge du fer, en effet, il s'agissait du principal site d'établissement des anciens Vénètes ou Paléo-vénètes, qui développèrent la cité, faisant fleurir l'économie grâce aux échanges avec les civilisations voisines mais également les Grecs et les Romains. Par la suite, au cours des , Este obtint le statut de colonie romaine, tandis que la Vénétie devenait alliée de Rome. Des restes de l'époque sont conservés au Museo Nazionale Atestino. En 89 av. J.-C., la lex Pompeia garantit à la cité le droit d'utiliser la législation latine ; en 49, au début de la guerre civile entre Pompée et César, ce dernier, pour obtenir l'appui de la population, accorda le droit romain à toute la Gaule cisalpine, dont il avait été le proconsul entre 58 et 49. Les années qui suivirent la mort de César furent marquées par la guerre civile. Après la bataille d'Actium, Auguste confia aux soldats des et régions les territoires dépendant d'Este (Galzignano, Teolo, Lonigo, Noventa Vicentina, Trecenta, Pernumia, Monselice et Cinto Euganeo). Avec les invasions barbares et la chute de l'empire romain d'Occident, Este vit sa population diminuer considérablement et se réduisit à l'état de petit bourg rural : selon certains historiens, la cause en est en fait son opposition à Attila, ce dernier ayant pour habitude de détruire toute ville qui lui résistait. Este tomba ainsi aux mains des Huns, puis des Ostrogoths, qui décrétèrent la fin de l'empire.
Moyen Âge - Renaissance Au début du haut Moyen Âge, Este faisait partie du royaume des Ostrogoths (). Par la suite, le village fut annexé à l'empire byzantin, qui ne conserva toutefois ses territoires vénètes que pendant quelques dizaines d'années : dès la fin du VIe siècle, Byzance est supplantée par les Lombards, qui y établissent un royaume destiné à durer deux siècles, avant d'être à son tour annexé par l'empire de Charlemagne. Au , la Maison d'Este prit possession de toute la zone et contribua à sa renaissance ; après le , une population croissante s'installa aux abords du château construit autour de 1056 par le marquis Albert Azzo II d'Este, qui y transféra sa résidence en 1073.
La commune d'Este ne fut pas épargnée par les soubresauts humains et historiques qui marquèrent la Vénétie entre le . Dans les premiers temps, elle devint l'une des nombreuses propriétés des Ezzelins, dont le plus célèbre fut sans doute Ezzelino III da Romano, propriétés qui furent documentées avec soin et précision à la suite de la défaite définitive qui leur fut infligée en 1259 par Azzo VII d'Este, au cours de la bataille de Cassano d'Adda. Ezzelino III da Romano, allié de Frédéric II de Hohenstaufen, conquit Este à pas moins de deux reprises (1238 et 1249), endommageant fortement le château. La famille d'Este avait entretemps transféré sa résidence à Ferrare (1239), qui allait devenir leur nouvelle capitale. Après la mort d'Ezzelino, dans un contexte régional où s'opposaient les della Scala, les Carrare et les Visconti, apparut sur la scène locale Cangrande della Scala (lui aussi du parti gibelin), qui détruisit le château en 1317. En 1339, Ubertino da Carrara, seigneur de Padoue, le fit reconstruire sous son apparence actuelle. En 1405, la ville se soumit spontanément à la république de Venise dans le but d'échapper au contrôle de Padoue et à ses incessants conflits avec Vérone. Este connut une période de grande prospérité sous la domination vénitienne (1405-1797), tant dans le domaine économique que dans la culture et les arts, dans un processus interrompu seulement par l'épidémie de peste de 1630.
A la chute de la république de Venise, Napoléon en céda tous les territoires à l'Autriche-Hongrie, qui créa en 1815 le royaume de Lombardie-Vénétie. De 1850 à 1853, la commune fut le siège d'un détachement militaire ayant pour fonction de lutter contre le brigandage qui s'était répandu au lendemain de l'insurrection de 1848-49.
En 1866, Este fut annexée en même temps que le reste de la Vénétie au jeune royaume d'Italie. Une forte émigration commença alors à affecter toute la région. Entre le et le , de nombreux poètes visitèrent la ville, parmi lesquels Lord Byron, Percy Shelley et Ugo Foscolo.
Époque contemporaine Pendant la Seconde Guerre mondiale, des troupes allemandes furent stationnées dans la ville ; des combats violents les opposèrent aux résistants ainsi qu'aux armées alliées, des juifs d'Este furent déportés et en 1943, Este fut annexée à la R.S.I. Le 28 avril 1945, les armées alliées entrèrent dans la ville, contraignant les troupes allemandes au retrait. En 1946, Este entra dans la toute jeune République italienne.
Économie
Este accueille différentes entreprises liées au secteur de la métallurgie. On y trouve par ailleurs la filiale italienne de Komatsu Limited.
Culture
Événements Le Festival Este est une manifestation musicale qui a accueilli au fil du temps des artistes de renommée nationale comme Tre Allegri Ragazzi Morti, Afterhours, Marta sui Tubi, Herman Medrano.
Este in fiore est organisé pour célébrer le retour du printemps : toute la ville est décorée de plantes et fleurs de toutes sortes, qui sont mises en vente. La manifestation se déroule le troisième week-end du mois d'avril.
Alla Corte degli Estensi constitue une évocation historique inscrite au Registro Regionale delle Manifestazioni storiche di interesse locale ; elle est organisée par Este Medievale, association historico-culturelle à but non lucratif qui fait revivre les fastes de la Maison d'Este. La fête se fixe comme objectif de faire connaître et vivre l'histoire et la technique des arts médiévaux comme l'arc historique, l'escrime ancienne, la danse et le feu. La manifestation a lieu chaque année, généralement entre fin mai et début juin. Elle implique d'autres communes, comme Ferrare, Grottazzolina et Vàrpalota, qui font partie du groupe Terre e Castelli Estensi.
Monuments et patrimoine
Architecture religieuse
Dôme Sainte Thècle vignette|Sainte Thècle priant pour les victimes de la peste,croquis préliminaire,Giambattista Tiepolo, 1758-1759,Metropolitan Museum of Art, New York. Le dôme consacré à sainte Thècle, patronne de la ville, s'élève sur la place du même nom. Reconstruit par Antonio Gaspari après l'effondrement de l'église paléochrétienne à la suite du tremblement de terre de 1668, il s'orne d'une façade restée inachevée, tandis que le campanile a été complété en 1740 sur une base datant du . L'église, principale lieu de culte catholique de la ville, renferme un chef-d’œuvre de Giambattista Tiepolo, la Pala di Santa Tecla, restaurée en 2019. Commandé à l'artiste en 1758, le tableau devait représenter la protectrice de la ville priant Dieu pour qu'il sauve la communauté de la terrible épidémie de peste de 1630. Une esquisse est conservée au Merropolitan Museum de New YorkNotice du Metropolitan.
Basilique Santa Maria delle Grazie gauche|vignette|147x147px Le sanctuaire fut édifié sur la base des dispositions testamentaires de Taddée d'Este, un condottière du issu d'une branche cadette de la famille, qui y fit installer une icône byzantine de son temps considérée comme miraculeuse. Au-dessus du premier édifice, modeste, un second fut construit en 1717 sur un plan à croix latine. Il renferme notamment le Sant'Antonio da Padova con Bambino ed altri Santi de Zanchi ainsi que les statues de Saint Matthieu et Saint Barthélémy sculptées par Bernardo Falconi da Bissone. En décembre 1923, le sanctuaire a été élevé par le pape Pie XI au rang de basilique mineure.
Église San Martino Connue depuis le , l'église San Martino est la plus ancienne d'Este. L'édifice est d'une structure simple et élégante, datant de la reconstruction du et de la restauration du . Le plan est celui d'une basilique, avec trois nefs.
Église Santa Maria delle Consolazioni, dite "degli Zoccoli" L'édifice du comporte une nef unique recouverte d'un sol en mosaïque romaine dont les symboles se retrouvent dans la chapelle consacrée à la Vierge.
Église Beata Vergine della Salute La construction de l'église commença en 1639. Elle est liée à un ensemble de circonstances définies comme miraculeuses autour d'une peinture de la Bienheureuse Vierge du Carmel figurant sur le mur d'enceinte du terrain possédé à l'époque par un certain Giovanni Antonio Capovino. Ce dernier en fit don à la Magnifique Communauté d'Este pour qu'y soit construit un sanctuaire consacré à la Bienheureuse Vierge des Miracles à la suite des événements en question. La peinture fut conservée et l'édifice construit autour du mur lui-même. Son plan octogonal présente une grande variété d’œuvres picturales commissionnées à d'illustres artistes de l'époque, dont Zanchi, auteur de trois toiles d'importance : la Presentazione di Maria al tempio, le Sposalizio della Vergine et lAnnunciazione.
Église Santo Stefano Cette église, déjà mentionnée dans une bulle papale de Lucius II de 1144, s'élève dans la via Santo Stefano. Son plan de type roman remonte au ou au et le couvent qui lui était accolé fut supprimé en 1656. Le presbytère et le chœur ont été ajoutés à des époques différentes.
Église San Rocco Érigée en 1480, l'église fut restaurée en 1524 et en 1571. L'abside fut décorée à fresque par Campagnola. Le campanile surmonté d'une coupole en oignon remonte à 1751. L'édifice a subi différents remaniements au cours des siècles : actuellement, il accueille des expositions artistiques. À l'extérieur, sur le côté gauche, se trouve une antique inscription latine censée être l'épitaphe voulue par le poète et historien Geronimo Atestino (-) pour sa propre sépulture.
Église Madonna del Carmine Construite entre 1602 et 1603, elle fut la propriété des carmélitains. La façade de style baroque est ornée de statues, tandis que l'intérieur présente un plafond à caissons avec trois autels. Une restauration récente de l'extérieur a permis à la façade de retrouver sa splendeur d'origine.
Complexe monumental San Francesco Le complexe rassemble plusieurs édifices destinés aujourd'hui à un usage civil (il accueille lIstituto Istruzione Superiore Atestino) : le couvent franciscain ( mais fondé au ), l'ex-église San Francesco (rénovée au ), l'oratoire de l'Esprit saint () et l'oratoire de la Confraternita dei Battuti (-).
Architecture civile
Palazzo del Principe (Villa Contarini) Le Palazzo del Principe fut commandée par les Contarini à Vincenzo Scamozzi. C'est ici qu'Alvise Contarini séjournait lorsqu'il apprit qu'il était élu doge. La villa est située le long de la rue du même nom (via Palazzo del Principe) et surplombe la ville depuis le haut de la colline. Elle est structurée en deux parties, l'une de forme carrée selon un plan en croix grecque, l'autre, collée à la précédente, de forme rectangulaire. On ne visite pas.
Villa Contarini degli Scrigni dite "Vigna Contarena" gauche|vignette|Façade de Vigna Contarena. La Villa Contarini d'Este, aussi connue sous le nom de Vigna Contarena, est une villa veneta construite au par Giorgio Contarini, sénateur de la république de Venise et descendant de la prestigieuse branche Degli Scrigni.