Le Japon participe à la Seconde Guerre mondiale dans le camp des forces de l'Axe. Dans le contexte japonais, la participation au conflit rentre dans le cadre plus large de la guerre de quinze ans commencé en 1931 avec l'Incident de Mukden.

L'armée japonaise enregistre une première phase victorieuse au début du conflit avec l'Attaque de Pearl Harbor () et une première poussée dans le Pacifique et en Asie du sud-est. Son entrée en guerre contre les États-Unis entraine cependant une dynamique défavorable pour le pays, en particulier à partir de la Bataille de Guadalcanal en , et qui culmine avec la capitulation du pays à la suite des Bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki des 6 et et de l'offensive soviétique sur la Mandchourie.

Les troupes japonaises se rendent coupables de nombreux crimes de guerre lors du conflit, qui sont jugés lors des procès de Tokyo.

Dimension politique Des gouvernements de guerre (1937-1945)

La guerre qui éclate contre la Chine en surprend le gouvernement et les responsables politiques. L'escalade du conflit est rapide, passant d'un incident isolé à Pékin à une invasion totale du pays en six semaines. Or, politiquement, la guerre permet de légitimer le gouvernement. Tout d'abord, l'armée suspend pour un temps ses exigences en matière de réformes plus profondes ; ensuite, la chambre des représentants se range derrière le gouvernement et soutient les décisions favorables aux troupes engagées en Chine ; enfin, la population mécontente prend plus aisément pour cible la Chine que son propre gouvernement.. Cependant, l'enlisement du conflit sape rapidement cette « union sacrée », et au contraire, exacerbe les tensions qui traversent l'appareil politique japonais. Si en le gouvernement du prince Konoe parvient à faire voter une loi de mobilisation générale de l'État, c'est au prix de concessions avec la chambre des représentants . Or, en plus des difficultés militaires, les États-Unis décident en d'un embargo économique qui prive le pays de plusieurs ressources stratégiques.. Mis en difficulté à cause de l'enlisement du conflit, le prince Konoe démissionne en . Son successeur Hiranuma Kiichirō, figure des mouvements nationalistes japonais, ne parvient à se maintenir que quelques mois au pouvoir, son gouvernement achoppant sur la question des alliances internationales.. L'ancien général Nobuyuki Abe, Premier ministre d' à , est lui aussi renversé à cause de la gestion des conséquences de la guerre contre la Chine. Pour la troisième trois fois en trois ans, un gouvernement tombe en raison d'une opposition forte au sein de la chambre des représentants. Cela fait prendre conscience aux pouvoirs militaires que, sans une maitrise de cette chambre, aucune réforme favorable à l'armée ne peut être votée..

En , dès les premières semaines d'activité du gouvernement de l'amiral Mitsumasa Yonai, les responsables de l'armée commencent à manœuvrer pour faire émerger un parti unique au sein de la chambre des représentants.. Les dirigeants du Rikken Seiyūkai et du Rikken Minseitō sont régulièrement pris à partie à la Diète., et c'est finalement en , qu'est constitué autour du prince Konoe ce parti unitaire, baptisé Association de soutien à l'autorité impériale. Les militaires le considèrent comme l’outil indispensable pour faire passer leurs réformes à la Diète ; les responsables politiques qui s'y rallient y voient la possibilité pour la Diète de peser sur le gouvernement.. Jusqu'en , le nouveau parti sert efficacement de relais du gouvernement au sein de la population.. La montée des tensions avec les États-Unis favorise les responsables de la Marine impériale, qui envisagent de plus en plus concrètement de frapper les intérêts américains dans le Pacifique. Le Premier ministre Konoe tente de s'y opposer, mais, mis en minorité, il démissionne en . Son successeur, le général Hideki Tōjō, est favorable à cette nouvelle guerre que la Marine impériale estime pouvoir gagner en : le mois suivant, le Japon entre en guerre dans le Pacifique contre les Alliés..

Hideki Tōjō reste au pouvoir jusqu'en . Il ne parvient pas à soumettre totalement les oppositions présentes au sein de la bureaucratie et de la Diète. Si les élections législatives de 1942 font la part belle aux candidats soutenus par l'Association de soutien à l'autorité impériale, l'ampleur de leur victoire n'est pas suffisante pour museler les opposants au sein de cette assemblée, qui dès lors, peut être utilisée comme tribune.. Au sein des ministères, l'allocation des ressources matérielles entre les civils et les militaires reste l’objet d'importantes tractations pendant tout le conflit. La justice parvient à conserver une certaine indépendance vis-à-vis du pouvoir militaire, mais la presse subit une importante censure, et les opposants au régime comme les libéraux, les socialistes, les journalistes ou les professeurs d'université sont intimidés ou arrêtés.. Derrière l'apparence de l'unité nationale, les conflits politiques restent intenses, ce qui ne permet pas l'instauration d'un nouvel ordre politique totalitaire, comme souhaité par certains responsables militaires. En outre, pour aboutir à des compromis, de nombreuses tractations sont nécessaires. Même lors de la décision de capitulation du pays, les discussions au sein du conseil suprême de guerre montrent de nombreuses lignes de fracture au sein du pouvoir..

L'occupation américaine et la démocratisation du pays

Le , lors d'une allocution radiophonique, l'empereur Hirohito annonce la capitulation du Japon. Le 17, le prince Naruhiko Higashikuni est chargé de former un gouvernement transitoire afin de gérer le pays en attendant l'arrivée des troupes alliées. Le , à bord du cuirassé , les dignitaires japonais signent la reddition du pays et des troupes japonaises, et le 8, Douglas MacArthur, responsable de l'administration de l'occupation américaine, installe son administration à Tokyo, face au palais impérial. Environ quatre cent mille soldats américains débarquent dans le pays jusqu'à la fin du mois d'octobre de la même année. Dès le , cadres de l'armée, dont Hideki Tōjō, sont arrêtés et, le , l'occupant se porte garant des libertés civiles des Japonais : près de politiques sont libérés, le droit de vote est accordé aux femmes, et la majorité électorale est fixée à vingt ans.

Dimension internationale La question des alliances Dès 1938, face à l'enlisement du conflit en Chine, les militaires japonais envisagent deux options. Par idéologie anti-communiste, certains chefs militaires favorisent une « option nord », qui consiste à attaquer l'URSS de façon à sécuriser les possessions au nord. D'autres responsables, soutenant une « option sud », souhaitent couper les voies d'approvisionnement des nationalistes chinois et s'en prendre aux colonies européennes (Indochine française, Birmanie britannique, Indes orientales néerlandaises…). Les tenants de la première option ont d'abord gain de cause, et une première série d'escarmouches oppose troupes japonaises et soviétiques à l'été 1938. L'année suivante, les troupes soviétiques surclassent les forces japonaises à la bataille de Khalkhin Gol.

La signature du Pacte germano-soviétique le les ayant apparemment privés du soutien potentiel de l'Allemagne nazie, les Japonais renoncent dès l'automne de la même année, à attaquer l'URSS une nouvelle fois. Les victoires allemandes en Europe de l'Ouest, qui entraînent un affaiblissement des puissances coloniales européennes en Asie, ouvrent la voie en 1940 à la réalisation de l'« option sud ». Le Tonkin est envahi en septembre 1940. Le Pacte tripartite est signé le même mois entre le Japon, l'Allemagne, et l'Italie, scellant l'axe Rome-Berlin-Tokyo. Ces développements sont perçus négativement par les États-Unis qui restreignent leurs exportations de fer et de pétrole vers le Japon. La signature de ce pacte par le Japon est ainsi un message envoyé aux États-Unis, les dissuadant d'intervenir militairement en Asie. Après le Pacte germano-soviétique, le pays nourrit aussi l'illusionSi Mein Kampf est bien traduit à cette date en Japonais, l'éditeur local a expurgé le livre des passages les plus racistes, notamment ceux classant les Slaves et les Asiatiques dans les races inférieures. qu'un élargissement de celui-ci est possible, ce qui couperait l'approvisionnement à la Chine. C'est dans cette perspective que, le , est signé le pacte nippo-soviétique de non-agression, toujours dans l'optique de couper l'approvisionnement étranger aux troupes chinoises. De leur côté, les Russes projettent au contraire de détourner l'attention des Japonais, en les poussant ainsi à attaquer les États-Unis.. En , profitant de l'effondrement de la France sur le front européen l'année précédente, les troupes japonaises envahissent le Sud de l'Indochine française, ce qui place leur aviation à portée des possessions anglaise (Malaisie) et américaine (Philippines). En représailles, les États-Unis décrètent un embargo total vis-à-vis du pétrole exporté vers le Japon. Or, ce dernier a besoin de carburant pour mener sa guerre contre la république de Chine. Dans l'espoir de ramener les Américains à la table des négociations, les militaires japonais envisagent une guerre maritime éclair contre eux.

Guerre totale contre les alliés de 1941 à 1945 À partir du printemps 1941, le Japon et les États-Unis entament une série de négociations sur la situation en Asie, et en particulier en Chine. Pour les États-Unis, ce dernier pays ne constitue pas une priorité stratégique, et tactiquement, le maintien des forces nippones en Chine est même vu positivement par certains observateurs américains, car cette occupation éloigne les Japonais des intérêts américains, comme leur colonie des Philippines. De la même façon, pour les Japonais, la menace la plus pressante n'est plus celle des Anglo-Américains, mais celle des Soviétiques, ce qui les pousse à signer une alliance militaire avec l'Allemagne, puis un pacte de non-agression avec l'URSS. En faisant ceci, du point de vue américain, le Japon s'est placé dans le camp des alliés de l'Allemagne.. En , à l'entrée en guerre de l'Allemagne nazie contre l'URSS, le Japon, redoutant d'avoir à mener une guerre sur deux fronts., reste en dehors de ce conflit, malgré des demandes allemandes répétées.. Les militaires japonais préparent un plan d'attaque des États-Unis pendant que se déroulent les négociations entre les deux pays. Les demandes des Japonais sont jugées excessives : rétablissement de l'approvisionnement en pétrole, maintien des troupes en Indochine… La note Hull que les Américains adressent aux diplomates japonais le est elle aussi jugée excessive par les responsables politiques et militaires japonais, et perçue comme un ultimatum. Le jour même, la flotte spécialement constituée pour attaquer Hawaï, quitte le port et prend la direction des Kouriles..