Abdallah Ben Kerriou (en arabe : عبد الله بن كريو), né vers 1869 à Laghouat et mort en 1921, est un poète populaire algérien du Sahara central, reconnu pour sa contribution au répertoire du « Melhoun ». Son œuvre et sa figure ont donné lieu à des études, des hommages et des commémorations en Algérie.
Biographie Abdellah Ben Kerriou serait né à Laghouat dans une famille de lettrés; son père aurait exercé des fonctions de bachagha. Il suivit une formation traditionnelle (sciences juridiques et religieuses) et acquit une solide culture générale — astronomie, alchimie et autres domaines — attestée par des biographies et études modernes. Ben Kerriou est surtout connu pour ses poèmes d'amour adressés à une femme nommée Fatna, qui, selon la tradition locale et plusieurs études, auraient provoqué des tensions familiales et conduit à son exil intérieur (ou à une relégation imposée par les autorités coloniales) vers El-Goléa en 1899. Ses vers, d'abord transmis oralement, ont rapidement circulé dans tout le Sahara central et les Hauts-Plateaux.
Œuvre et style Abdallah Ben Kerriou appartient à la tradition poético-musicale du sud algérien (chant saharien ou melhoun), où la poésie est étroitement liée au chant et à la musique populaire. Ses thèmes récurrents sont l'amour courtois / platonique, la nostalgie, l'exil et la description des paysages sahariens. Le poème «Gamr Elleïl» (La Pleine lune) est l'un des textes les plus célèbres attribués à Ben Kerriou et fut popularisé ensuite par des chanteurs tels que Khelifi Ahmed et d'autres interprètes du répertoire saharien. Plusieurs recueils et anthologies modernes ont édité et traduit ses poèmes, notamment des éditions bilingues et des études critiques qui replacent Ben Kerriou dans l'histoire de la poésie populaire algérienne.
Transmission et adaptations Les poèmes de Ben Kerriou ont traversé le XXᵉ siècle par la tradition orale puis par l'enregistrement : des chanteurs et troupes de Laghouat et du Sahara (Bachir Sarout, Hmida Belhadef, Youcef Bourezgue, Khelifi Ahmed, etc.) ont mis en musique ses vers, contribuant à leur diffusion au Maghreb et dans le monde arabe. Des enregistrements anciens (début XXᵉ siècle) et des interprétations contemporaines attestent de la vitalité du répertoire.
Hommages et commémorations Des commémorations nationales et locales ont été organisées pour honorer Abdallah Ben Kerriou, particulièrement lors du centenaire de sa mort : la Bibliothèque nationale d'Algérie a consacré une journée en hommage au poète et des manifestations culturelles ont eu lieu à Laghouat (maison de la culture, association «Al-Takhi Abdallah Ben Kerriou», expositions, spectacles).
Études et bibliographie Boualem Bessaih (dir.), Abdallah Ben Kerriou : poète de Laghouat et du Sahara, édition bilingue, Publisud / Casbah etc. (édition moderne, 2003). Articles et analyses dans des revues et numéros thématiques sur les musiques d'Algérie et le chant saharien.
Héritage Abdallah Ben Kerriou est considéré comme une figure majeure du melhoun saharien et de la poésie populaire algérienne. Sa production poétique, souvent centrée sur l'amour et la passion, a contribué à enrichir le répertoire chanté du Sahara central et des Hauts-Plateaux. Le renouveau des études et des éditions critiques au XXIᵉ siècle (rééditions, anthologies, colloques) a renforcé son statut comme poète patrimonial.
Notes et références
Catégorie:Poète algérien du XIXe siècle Catégorie:Poète algérien du XXe siècle Catégorie:Naissance en Algérie Catégorie:Décès en 1921