La Société républicaine d’économie sociale est une association socialiste fondées en 1885 par Benoît Malon et Zéphirin Camélinat.

Histoire

Fondation Inspirée des principes d'« économie sociale » de Constantin Pecqueur, la Société républicaine d’économie sociale est fondée en orbite de La Revue socialiste à l'initiative de Benoît Malon et de Zéphirin Camélinat après l'assemblée inaugurale du durant laquelle plusieurs socialistes et républicains donnent leur adhésion comme Marcel Sembat et Jean-Baptiste Dumay.

Buts Se plaçant résolument dans la perspective d'un socialisme réformiste, Benoît Malon invoque dans les statuts la volonté d'établir l'action de la Société « en dehors des intransigeances d'écoles, d'intrigues de partis et d'exclusivisme sectaire » (raison pour laquelle le terme « socialiste » est supprimé du nom initial de la Société) , pour que celle-ci devienne un « groupe de recherches et d'élaboration, qui contribuera à déterminer […] un courant de réformes économiques et poussera à la réalisation immédiate des améliorations et des mesures les plus urgentes ». Quant à Eugène Fournière, celui-ci voit dans la Société un complément essentiel à La Revue socialiste et un futur « centre de réunion, où tous se rencontreraient, où l'on échangerait des vues, où chacun apporterait son contingent d'idées qu'on dégagerait ensuite en faisceau de propositions fermes ». Plus généralement, la Société se veut « largement ouverte à tous les partisans de l'intervention sociale dans un but d'amélioration économique » et « serait, toujours selon Fournière, au socialisme ce que la Société d’économie politique est à l’orthodoxie officielle et à l’optimisme bourgeois conservateur » et qui est « républicaine socialiste ».

Bien que la Société se veuille ouverte à toutes les tendances et non-partisane, elle se révèle en réalité une « assemblée restreinte : la cotisation est élevée, et les nouveaux adhérents doivent être acceptés par le comité d'administration puis approuvés par l'ensemble de la Société ». Ainsi, les effectifs de dépasseront sans doute jamais la centaine de membres (d'autant plus que on peut avoir adhéré et être peu actif et peu présent lors des réunions) et les plus actifs (à l'exception de Auguste Chirac) se distingueront par leur passé militant, soit en tant qu'opposant au Second Empire soit en tant que proscrit à la suite de leur participation à la Commune de Paris en 1871 (Camélinat, Malon, May).

Actions : réunions et discussions De façon mensuelle, la Société organise des réunions durant lesquelles le sujet de discussion est préétabli à l'avance par trois commissions (finances, monopoles et législation) ce qui fait que bien souvent elles sont accaparées par les spécialistes. Les thèmes traités y sont quant à eux assez nombreux et diversifiés : réduction des heures de travail, assainissement des logements insalubres, impôt sur le capital, hygiène et sécurité des ateliers, etc.

Dans les mois qui suivent, la Société rencontrant un certain succès, Gustave Rouanet, dès , fonde de nouvelles commissions d'études sur la propagande, la réforme générale et l'éducation (des femmes et des enfants notamment). Quelques années plus tard, en , la Revue socialiste annonce la volonté d’organiser le congrès international d’économie sociale de 1889, proposé par la Société à l’occasion du centenaire de la Révolution de 1789.

Membres

Benoît Malon Jean-Baptiste Dumay Louis Dramard Gustave Rouanet Eugène Fournière Auguste Chirac Édouard Vaillant Élie May Ernest Roche Marcel Sembat Zéphirin Camélinat Ernest Vaughan Louis Fiaux Jean-Bernard Jean Bedouch (1827-1908) Émile Gérard (1867-1954)

Notes et références

Catégorie:Association ou organisme fondé sous la Troisième République Catégorie:Organisation socialiste en France Catégorie:Ancienne organisation socialiste en France