Le Centre de Documentation Historique sur l’Algérie (CDHA) conserve des archives privées relatives à la présence française en Afrique du Nord (Algérie, Maroc et Tunisie) entre 1830 et 1962. Il est implanté au Conservatoire national pour la mémoire des Français d’Afrique du Nord à Aix-en-Provence.
Ce fonds documentaire est consultable sur place et les références sont disponibles en ligne sur le catalogue documentaire.
Il s’est récemment enrichi de plus de confiés par l’Association La Rhala dans le cadre d’un partenariat signé en 2025.
Le CDHA est membre du conseil scientifique de la Fondation pour la Mémoire de la Guerre d'Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie. Il a constitué un réseau avec d’autres associations de français d’Afrique du Nord, pieds-noirs et Harkis (dont certains présidents sont membres de son Conseil d’Administration) et avec les Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM) basées à Aix-en-Provence qui conserve les archives publiques et offre une parfaite complémentarité avec l’objet du CDHA.
Le CDHA s’interdit toute discrimination ou prise de position fondée sur des considérations philosophiques ou politiques, et se veut une organisation apolitique.
Historique de l’association Création L’association voit le jour le (publication au JO du ) sous le nom de Centre de culture, recherches et documentation historique sur l’Algérie (CDHA), ayant pour objet de « répertorier, rechercher et rassembler tout ce que l'Algérie a suscité de créations littéraires, historiques, journalistiques et sociales depuis la conquête et jusqu'à l'indépendance, puis en deçà et au-delà » Elle a pour siège le 65 rue de l’Université à Paris .
Pour ses fondateurs, il s’agissait de répondre à une double nécessité :
Celle exprimée par de nombreux rapatriés qui souhaitaient créer un lieu pour réunir et préserver tous documents évoquant l’histoire de l'Algérie jusqu’en 1962.
Celle avancée par des chercheurs, des universitaires, désireux de pouvoir accéder à un fonds documentaire pour leurs recherches sur la même période
Les buts de l’association sont (art. des statuts) « de rechercher partout, en France et hors de France, rassembler, répertorier, conserver et faire connaître la documentation sous toutes les formes d’expression (histoire, littérature, arts plastiques, documents sonores, musique, etc.) concernant l’Algérie avant et pendant la présence française, et les suites de cette présence » (Mais la Tunisie le Maroc et le Sahara font aussi partie du périmètre).
L’idée d’organiser la conservation des archives privées avait été lancée par Henriette Vallin, veuve de Charles Vallin, ancienne vice-présidente de l’Assemblée algérienne, née en 1904 à Oued Djedida de parents instituteurs, et par Mademoiselle Pasquier-Bronde, responsable d’une association d’aides aux rapatriés basée à Rennes, dont le père avait été très actif dans l’action sociale en Algérie.
Les premières réunions de travail ont lieu le au Sénat grâce à Félix Ciccolini alors sénateur-maire socialiste d’Aix-en-Provence. Il sera le premier président de l’association et le restera pendant 15 ans.
Une bibliothèque, déjà riche d'un millier d'ouvrages, située dans un local mis à la disposition par le maire d’Aix-en-Provence, rue Blaise Cendrars, est inaugurée le .
Évolutions et implantations de l’association L’association est reconnue d'utilité publique le .
Face à l’augmentation croissante de la quantité de documents confiés, la bibliothèque est transférée en 1989 dans une annexe de la médiathèque de la Méjanes à Aix-en-Provence. Le volume des dons s’accroit alors considérablement, de même que le nombre d’adhérents, provenant principalement de la région aixoise. Pour cette raison, les dirigeants décident de délocaliser l’assemblée générale à Aix-en-Provence et c’est le qu’elle y est convoquée pour la première fois.
En 1998, le siège de l’association est installé à la maison du Maréchal Juin au 29 de l’avenue de Tübingen à Aix-en-Provence afin de créer des synergies avec d’autres associations de Pieds-Noirs voisines.
Création d’un Conservatoire National de la mémoire des Français d’Afrique du Nord. Sous la présidence de Joseph Perez, le CDHA conçoit le projet de construction d’un bâtiment répondant aux exigences de conservation d’un centre d’archives. Pour en permettre le financement en apportant les garanties nécessaires à l'utilisation des dons privés et le versement de subventions des collectivités publiques, la Fondation pour la Recherche Historique sur l'Algérie (FRHA) voit le jour en 2010 sous l’égide de la Fondation de France avec comme objectif « de soutenir la réalisation d’un centre de documentation historique sur l’Algérie à Aix-en-Provence en partenariat avec les collectivités publiques et territoriales » (art. 3 de la convention signée le avec la Fondation de France).
La ville d’Aix-en-Provence donne alors en bail emphytéotique au CDHA un terrain situé 36 ter avenue de l’Europe afin de permettre l’édification du bâtiment envisagé.
Grâce aux nombreux dons privés reçus, aux subventions accordées par la Ville, le Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône, le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et la métropole Aix-Marseille, la première pierre du futur ensemble est posée le et la construction inaugurée le . D’une superficie utile de , l’ensemble se compose d’un bâtiment destiné à l’accueil du public et d'un second bâtiment de quatre étages, dénommé « le silo », affecté à la préservation des archives.
Les actions menées par le CDHA Un fonds d’archives unique, exceptionnel et diversifié
Plus de sont conservés, parmi lesquels près de 700 fonds d’archives familiaux, d’entreprises et d’associations confiés par des donateurs privés.
Il compte également d’ouvrages dont anciens et postérieurs à 1962, et revues, postales (les plus anciennes datant de 1860), 1800 cartes topographiques et géologiques (dont plusieurs au ) et une centaine de plans de villes et villages.
L’association conserve en outre 120 tableaux et gravures originales, 850 objets muséaux ainsi que 300 bijoux berbères et 2 coffres berbères rares
Le CDHA produit ses propres archives : il publie depuis 1995 sous la direction de Gérard Crespo, historien et vice-président de l’association, la revue trimestrielle «Mémoire Vive» à l’attention de ses adhérents, et poursuit le travail initié dans les années 70 par Jean Monneret, consistant à enregistrer des témoignages de personnes ayant vécu en Afrique du Nord, anonymes ou plus célèbres (dont le Général Jouhaud, le Général Katz, les écrivains Jules Roy et Emmanuel Robles). Au total plus de 1200 enregistrements ont été réalisés.
le CDHA décide d’élargir la recherche de témoignages à toute personne ayant vécu en Afrique du Nord. Un groupe de travail « Histoire de Paroles » est alors constitué sous la houlette d’Hubert Ripoll (Professeur des Universités et psychologue) qui mène de son côté sa propre collecte de témoignages (et qui donnera lieu à la publication de son essai Mémoire de là-bas).
Les expositions vignette|Affiche de l'exposition "Exode en Algérie des derniers Vaudois" Le CDHA organise régulièrement dans ses locaux des expositions (qui peuvent aussi être itinérantes) valorisant le fonds documentaire. Exemples : l’Algérie au fil de l’Art ; Algérie : paroles d’exode ; l’Armée d’Afrique ; les Sections Administratives Spécialisées ; les médecins de la colonisation ; le tragique exode…
Un parcours dédié pour les enseignants.
Le CDHA a coconstruit avec des professeurs d’histoire de collège et lycée, des ateliers pédagogiques dans le cadre de programmes scolaires officiels traitant de la colonisation et de la guerre d’Algérie.
Ces ateliers ont vu le jour à la faveur d’un partenariat avec l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONAC VG) en 2018, prolongé par une convention signée avec l’académie d’Aix-Marseille en , qui autorise les élèves à étudier au Centre sur des thématiques choisies par leurs professeurs. vignette|Logo du G2T
Notes et références
Liens externes
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