La liste des préfets des Ardennes est détaillée depuis la création de l'institution préfectorale.
L'exercice de cette fonction d'administration dans ce département est marquée par la dimension démographique et économique de ce territoire, par son particularisme protestant et par sa position aux frontières septentrionales de la France.
Principales caractéristiques Origine des préfets Dès la création de cette institution par la loi du 28 pluviôse an VIII et les premières nominations, une règle s'impose : le préfet des Ardennes n'est pas originaire des Ardennes. Louis Tirman constitue la seule exception. Un seul est né de nationalité étrangère, le préfet Pierre N'Gahane, dont la carrière au sein de l'université française puis de la haute-administration a été souvent mise en avant comme un exemple d'ouverture et de diversité au sein des «élites» de la nation française.
Sur les 74 préfets qui se sont succédé de 1800 à 2012, un seul est une femme, Catherine Delmas-Comolli.
Les premiers préfets, sous le Consulat, le Premier Empire, et la Restauration, ont le plus souvent été nommés à la suite de recommandations politiques, et pour avoir montré leurs qualités politiques et leurs fidélités au régime en place. À partir de la monarchie de Juillet, ils sont davantage choisis au sein des secrétariats généraux et des sous-préfectures, accédant au poste de préfet après un parcours significatif dans l'administration préfectorale ou dans l'administration centrale. Quelques périodes se caractérisent par des ruptures dans les évolutions vers les responsabilités de préfet : le début de la Troisième République puis la libération de la France en 1944 et le début de la Quatrième République. Sous la Troisième République, les réseaux de la franc-maçonnerie jouent également un rôle occulte non négligeable.
Plusieurs préfets sont passés de diverses administrations (armée, police, université) à une carrière préfectorale. Il est devenu également assez courant que des préfets prolongent leur carrière dans le privé. Le passage de fonction de dirigeant d'entreprise à des fonctions de préfets reste par contre exceptionnel, et c'est le parcours de la seule préfète, Catherine Delmas-Comolli, avec plusieurs allers retours entre des responsabilités dans la fonction publique et dans des entreprises privées.
La formation initiale La formation de base est dès le début une formation en droit. Dans les premières années, une formation complémentaire est assurée par l'auditorat du Conseil d'État créé le 19 germinal an XI, supprimé sous la Restauration, rétabli en 1824 puis réorganisé en 1852, mais surtout essentiellement par des études à la faculté de droit. Hippolyte Carnot crée le une École d'administration pour démocratiser l'accès à l'administration préfectorale. Mais dès le elle disparaissait. En 1889, l’École Coloniale, qui change de nom ultérieurement et devient l'École nationale de la France d'outre-mer est également, par défaut d'une autre structure, un creuset de formation de hauts fonctionnaires pour la métropole française. En 1945, Michel Debré fonde une École nationale d'administration, dont sont désormais issus majoritairement les préfets des Ardennes, et ce depuis le milieu des années 1970.
A quoi sert un préfet des Ardennes Les fonctions des préfets en Ardennes sont les mêmes, sur le papier, que pour le reste de la France, et elles ont évolué avec l'évolution de la fonction. Les caractéristiques du territoire ont toutefois donné plus ou moins d'importance à tel ou tel volet de l'action des préfets.
Ce territoire est marqué culturellement par une diversité religieuse, avec une assez forte tradition protestante, calviniste, en particulier dans le pays sedanais, et par un taux d’alphabétisation élevé dès le , ce qui semble avoir favorisé à la fois les idées libérales, l'adhésion à la Nation française, et un certain conservatisme : il n'y a pas de grandes révoltes ou remous ni durant la Révolution française, ni au coup d'état du 18 brumaire, ni en 1848, ni en 1851. Et l'adhésion au régime républicain après la chute du Second empire s'est faite rapidement. D'où un contrôle politique, facette importante de l'activité des préfets au , effectué sans grands heurts.
C'est un territoire agricole au sud du département et plus industriel dans sa partie septentrionale, avec une partie tertiaire plus faible. Cette structure d'activités a favorisé une dynamique économique au mais se traduit, depuis la deuxième partie du , par une faible croissante, d'où des préoccupations économiques et depuis quelques décennies des drames sociaux à répétition. Et ceci malgré un effort auquel ont participé les préfets, pour désenclaver le territoire par des voies de navigation, les chemins de fer, les liaisons autoroutières ou plus récemment par le TGV.
Préfet des Ardennes en temps de guerre Le département des Ardennes est le seul département français à avoir été envahi en totalité à trois reprises durant le et à deux reprises durant le . Ces guerres sont des guerres totales. Levée en masse, réquisitions, franc-tireurs, guérillas, otages, pillages d'usines, ces conflits mobilisent au-delà des armées. En cela, ils touchent profondément les populations et les pouvoirs civils.
En 1814 et 1815, les invasions provoquent la chute du régime napoléonien, créent des relations tendues entre les préfets et les autorités militaires françaises, et sont suivis de la révocation des préfets. En 1870, le Second Empire s'écroule durant le siège de Sedan, la République est proclamée à Paris, et le préfet en fonction dans les Ardennes, Tiburce Foy, décède de chagrin (dit-on). Louis Tirman assure l'intérim de la fonction, à la demande du gouvernement de la Défense nationale, échappant à l'ennemi, jusque l'armistice franco-allemand de janvier 1871. Puis une seconde fois du , nommé par Adolphe Thiers, jusqu'au .
En 1914, le préfet Maurice Gervais est révoqué par le gouvernement français à la suite de remontées d'informations erronées de la hiérarchie militaire. Son successeur, Pierre Népoty, est obligé de reculer devant l'avancée des troupes allemandes et tente durant tout le conflit de venir en aide à la population ardennaise, réfugiée en dehors du département ou restée sur place, de Reims ou de Paris. Conscient de l'injustice de la révocation de son prédécesseur, Maurice Gervais, le gouvernement le renomme symboliquement préfet des Ardennes à la libération du territoire. En 1939-1940, le préfet des Ardennes doit gérer la drôle de guerre, puis la débâcle, l'exode d'une grande partie de la population et l'occupation allemande. Il revient dès que possible dans son département, occupé. Les difficultés avec les occupants provoquent une valse des préfets. À la Libération, le général de Gaulle nomme des préfets qui ont la difficile mission de rétablir l’État de droit.
Les deux conflits mondiaux du sont suivis d'une longue période de reconstruction, à la suite des dommages engendrés par la guerre et l'occupation ennemie.
Localisation de la préfecture
Le siège de la préfecture est à Mézières, devenu Charleville-Mézières en 1966. Dans la continuité des choix du premier préfet des Ardennes, Joseph Frain, elle est installée dans l'ancienne École royale du génie de Mézières.
Liste des préfets
Consulat et Premier Empire (An VIII- 1815) Liste des préfets napoléoniens (Consulat et Premier Empire (An VIII-1815) Période Nom de 1800 à 1814 Baron Joseph Frain 1814 Marquis Félix-Léonard de Roussy de Sales 1815 Baron Joseph Girod de Vienney de Trémont 1815 Baron Jean-Baptiste Rogniat
Seconde Restauration (1815-1830) Liste des préfets de la Seconde Restauration (1815-1830) Période Nom de 1816 à 1819 Comte de la Salle de 1819 à 1823 Anne Étienne Louis Harmand d'Abancourt de 1823 à 1828 Antoine Édouard Herman de 1828 à 1835 Jérôme Reynaud de Bologne, baron de Lascours
Monarchie de Juillet (1830-1848) Liste des préfets de la monarchie de Juillet (1830-1848) Période Nom de 1835 à 1837 Charles Hubert Henry de 1837 à 1841 Henri Gustave Choppin d'Arnouville de 1841 à 1848 Alexandre Delon 1848 Jules Allin (commissaire du gouvernement, puis préfet)
Deuxième République (1848-1851)
Second Empire (1851-1870)
Troisième République (1870-1940) Liste des préfets de la (1870-1940) de 1870 à 1871 Charles Dauzon de 1871 à 1873 Louis Tirman de 1873 à 1875 Stéphane Philibert Richard Buchot de 1875 à 1876 Henri Alphonse Jolivet de Riencourt de 1876 à 1877 Paul Benoît Louis Dumarest de janvier 1877 à juillet 1877 Paul Duphenieux de juillet 1877 à fin 1877 Charles René François Alban de Brosses, comte de Brosses de 1877 à 1879 Adrien Payelle de 1879 à 1885 Albert Blondin de 1885 à 1889 Etienne Antoine Joucla-Pelous de 1889 à 1890 Alexandre Debax de 1890 à 1893 Albert Delpech de 1893 à 1895 Paul Anatole Lardin de Musset de 1895 à 1900 Paul Joly de 1900 à 1904 Félix Joseph Martin Feuillee de 1904 à 1908 Henri Ramondondevient secrétaire général de l'Élysée. de 1908 à 1911 Poux-Laville de 1911 à 1912 Henri Cacaud de 1912 à 1914 Maurice Gervais de 1914 à 1918 Pierre Népoty en 1918 Maurice Gervais de 1918 à 1919 Paul Mathivet de 1919 à 1920 René Jules Brisac de 1920 à 1926 Paul Roquère de 1926 à 1929 Paul Bouët BOUËT, Gustave Paul sur francearchives.fr de 1929 à 1933 Jules Scamaroni de 1934 à 1936 Pierre Proteau en 1936 Guy Périer de Féral en 1936 Paul Amade de à Edmond Alexis Lucien Pascal
Régime de Vichy sous l'Occupation (1940-1944) Liste des préfets du Régime de Vichy sous l'Occupation (1940-1944) en Pierre Philip de à Marcel Daugy de à Robert Billecard de à Frantz Lambert
GPRF et Quatrième République (1944-1958) Liste des préfets et commissaires du GPRF et de la Quatrième République (1944-1958) d' à Marc Scailliérez d'octobre 1944 à 1945 Georges Rastel de 1945 à 1946 Camille Ernst de 1946 à 1947 Maurice Picard de 1947 à 1956 Maurice Daudin de 1957 à Jacques Saunier
Cinquième République (Depuis 1958) Liste des préfets de la (Depuis 1958) de à Vitalis Cros de à Robert Hayem d' à Pierre Brunon de à José Bellec d'avril 1974 à 1976 Henri Baudequin de 1976 à Jacques Monestier d' à Max Lavigne de à Jean-Paul Marty d' à Michel Mosser de à Pierre Sébastiani d' à Philippe Callède de à Yves Henry de à Pierre Baraton de à Jean-Claude Vacher de à Bernard Lemaire de à Adolphe Colrat d' à Catherine Delmas-Comolli de à Jean-François Savy de à Pierre N'Gahane de au Frédéric Perissat de au Pascal Joly 22 novembre 2021 au 25 août 2025Alain Bucquet25 août 2025Christian Chassaing
Liste des sous-préfets Sous-préfets de Charleville-Mézières
Entre 1800 et 1966, l'arrondissement portait le nom d'arrondissement de Mézières.
Sous-préfets de Rethel
Sous-préfets de Sedan
Sous-préfets de Vouziers
Sous-préfets de Rocroi (1800-1926)
L'arrondissement est supprimé en 1926, et les cantons furent rattachés à l'arrondissement de Mézières.
Références Les informations associées à chaque préfet sont issues des articles dédiées à chacun d'entre eux et les sources sont indiquées dans les articles.
Notes
Voir aussi Bibliographie Ouvrages sur l'administration préfectorale, classés par année de parution.
. . . . - Le pseudonyme de Jacques Mandrin, utilisé à plusieurs reprises par Jean-Pierre Chevènement, correspond pour cet ouvrage à Jean-Pierre Chevènement, Didier Motchane et Alain Gomez.
. . . . . . . . . . .
. Ouvrages sur le département. .
. .
Liens externes Dossiers individuels de préfets (1800-1880) Dictionnaire biographique des préfets (septembre 1870-mai 1982) . Exposition du Centre régional de documentation pédagogique de la région Champagne-Ardenne consacrée aux préfets :
;Conclusion .
Articles connexes Préfet (France). Ardennes (département). Charleville-Mézières. Décentralisation en France.