L'Œuvre des Chauffoirs publics est une association caritative belge permettant aux plus démunis de se protéger du froid. Elle est constituée en à Liège, ville où elle est active jusqu'en , lorsqu'elle est regroupée avec d'autres associations de bienfaisance dans une nouvelle entité, l'Œuvre d'Hospitalité et de réadaptation sociale.
Historique
Origines de l’œuvre et contexte social Au , un chauffoir public est une .. À Liège, un premier refuge temporaire est mis en place en 1883 place Delcour par les étudiants libéraux., mais c'est en que l'œuvre de charité des Chauffoirs publics est officiellement créée sous l'impulsion de Jean-Louis Heuvelmans (1854-1940)., directeur de l'hôpital des Anglais jusqu'en ., réadaptant l'établissement que les chanoines de Saint-Paul avaient mis à disposition des pauvres au .
gauche|vignette|Victor Adam, Chauffoir public, 1830 (lithographie ; ), Paris, musée Carnavalet.
Le bureau de l'association est formé de Jean-Louis Heuvelmans, président ; Ferdinand Hanquet (fabricant d'armes), vice-président ; Omer Bertrand et O. Borboux (étudiants), secrétaires ; et Edmond Van den Boorn, trésorier. Les hivers sont rudes en région liégeoise durant la seconde moitié des années 1880 et le début des années 1890... Les chauffoirs publics permettent donc aux plus démunis de se protéger du froid et de ne pas dormir .
Durant une visite de la Commission du Travail à Liège en 1886, le fondateur de cette initiative, , en détaille les origines : ..
Le développement de l'association s'effectue dans un contexte de tensions sociales. En effet, les changements provoqués par la révolution industrielle impliquent, qui finissent par aboutir à la grève belge de 1886. Cette est suivie d'autres grèves à caractère violent jusqu'en 1893, lorsque le gouvernement met en place une législation sociale. Et pourtant, qui ont lieu pendant le dernier quart du en région liégeoise .
Le succès de la première décennie (1885-1895) L’œuvre ouvre deux locaux : ils sont fournis par la ville de Liège et accessibles durant la journée pendant la période d'hiver. Le matériel de chauffage est fourni par les Hospices civils de Liège, l'éclairage par les Établissements Lempereur & Bernard et le charbon par au nom des charbonnages de Bonne-Fin. Dès la première année de fonctionnement, y trouvent refuge, dont 700 dans le chauffoir public de la place Saint-Séverin, qui accueille aussi les sans logis. Hommes et femmes sont reçus dans des salles séparées.
gauche|vignette|Photographie d'époque du chauffoir public de la place Saint-Séverin.
En 1887, un nouveau centre réservé aux femmes et aux enfants est ouvert rue Volière. Cette même année, et de moins de dix ans y sont hébergés, avec des plutôt qu’une . Tous les bénéficiaires se doivent de .
En , un projet de bourse de travail présenté par les chauffoirs publics est étudié par la chambre de commerce de Liège.. Fin du même mois, il est adopté ainsi que les comptes de l’œuvre pour l'exercice 1886-1887, qui présentent des recettes de avec un excédent de plus de .. Durant cette période, les chauffoirs ont abrité pour un total de . Le relevé des personnes utilisant les chauffoirs, effectué en 1887-1888, démontre que les professions de journalier, forgeron, menuisier et houilleur sont celles qui recourent le plus à ce genre d'établissement.
droite|vignette|redresse|Fernand Pelez, La Bouchée de pain (détail), vers 1904 (huile sur toile ; ), Paris, Petit Palais.
En , l’œuvre de bienfaisance la Bouchée de pain est créée à Liège et va dorénavant compléter l'activité des chauffoirs publics, puisqu'elle distribue du pain et de la soupe aux personnes s'y présentant durant les périodes de grand froid.. Avant la création de cette association, les chauffoirs publics fournissent déjà, dans la mesure du possible, de la nourriture à leurs pensionnaires comme le démontre, par exemple, les de pain donnés à cet effet par l'Union des boulangers de Liège en 1887..
Selon le journal La Meuse, le chauffoir public de la place Saint-Séverin reçoit en 1890, alors que, la même année, la Bouchée de pain distribue plus de et de aux pensionnaires des chauffoirs, et plus de aux étrangers de l'asile.. Le , trois nouveaux chauffoirs publics sont mis en fonctionnement par l'administration communale de Liège, situés au de la rue Grétry, au de la rue de la Légia et au de la rue Tire-Bourse.. Ces nouveaux locaux sont ouverts de du matin à du soir.
vignette|gauche|redresse|Adrien de Witte, Le Rideau, 1890 (dessin à la craie et au crayon sur papier beige ; ), Minneapolis, Minneapolis Institute of Art.
Un grand bal des Chauffoirs est organisé le au conservatoire royal. Il s'agit du gala de bienfaisance le plus important de l'année, qui permet de récolter aux environs de , frais déduits, en faveur des Chauffoirs publics. À titre de comparaison, les frais de fonctionnement pour l'ensemble de l'année 1890 des œuvres des Chauffoirs publics et de la Bouchée de pain sont respectivement de et de . En outre, le gouverneur de la province de Liège, Léon Pety de Thozée, et le bourgmestre de la ville de Liège, Jules d'Andrimont, assistent à la fête, ce qui en fait dans la région.. Le programme du bal est édité par l'imprimerie d'Auguste Bénard, reproduisant, d'une part, l'ordre des danses et, d'autre part, le dessin Le Rideau d'Adrien de Witte en photogravure..
Les chauffoirs publics supplémentaires mis à disposition par la commune de Liège en 1891 sont réorganisés début 1893 : deux locaux sont ouverts, le premier au de la rue Robertson et le second dans une dépendance de la Société Saint-Léonard situé rue Marengo... Comme le remarque le bourgmestre durant le conseil communal qui approuve cette décision : .
Selon le rapport annuel de l’œuvre pour l'exercice 1892-1893, le chauffoir public de la place Saint-Séverin reçoit entre novembre et fin mars qui y couchent alors que celui de la rue Volière reçoit entre octobre et avril. Dans les deux centres, la majorité des pensionnaires sont belges.. La Bouchée de pain, quant à elle, répartit pas moins de à entre le et le . Les comptes présentent des recettes de avec un excédent de plus de .
Le grand concert de gala qui est organisé au conservatoire royal le couronne les dix premières années d'existence de l’œuvre.
Consolidation de l'activité et difficultés financières (1896-1914)
vignette|Léon Philippet, Paysan à la mort, avant 1906 (huile sur toile ; ), collection privée.
Le rapport de l'exercice 1897-1898 indique que les deux chauffoirs de l’œuvre accueillent sur cette période , et pour un total de , et que la Bouchée de pain distribue . C'est durant cet exercice que Ferdinand Hanquet (1842-1909). remplace Jean-Louis Heuvelmans en tant que président. mais aussi que l’œuvre commence à rencontrer des difficultés financières : pour des recettes d'un peu plus de , elle a des dépenses de plus de , et présente donc un déficit de , qui absorbe la majorité des réserves constituées..
L'absence de grande fête ou gala et des recettes extraordinaires que ce type d'événement génère semble être la principale cause du déficit, à différence de l'année précédente lorsque des fonds conséquents ont été récolté lors du grand concert de bienfaisance organisé au conservatoire royal par le Royal Sport Nautique le . Ces difficultés financières obligent d'ailleurs le comité à fermer le chauffoir de la rue Volière, qui accorde l'hospitalité aux femmes et aux enfants, dès le mois d' alors qu'il reste habituellement ouvert toute l'année..
gauche|vignette|Auguste Donnay, Ayez pitié !, (illustration publiée dans le de la de Floréal).
Les comptes de l'exercice 1898-1899 présentent une nouvelle fois un déficit (), bien qu'il soit sensiblement inférieur à celui de l'année précédente.. Les recettes sont de pour des dépenses de .. Durant la même période, les deux chauffoirs de l’œuvre hébergent des hommes, et pour un total de , et la Bouchée de pain distribue . Par contre, l'asile de la rue Volière est de nouveau ouvert toute l'année.
Selon le rapport de l'exercice 1899-1900, l’œuvre reçoit dans ses deux refuges des pensionnaires pour un total de (, et ) et la Bouchée de pain distribue pas loin de ... Durant cet exercice, le comité décide de généraliser une mesure adoptée l'année précédente de commun accord avec l'Assistance par le travail de sorte que . La situation financière de l’œuvre se récupère en 1899-1900 puisque pour des dépenses de elle présente des recettes de et donc un excédant de . Ces bons résultats sont principalement expliqués par les perçus lors de la tombola organisée par la Société royale des sauveteurs de Belgique le .
alt=Une jeune fille appuyée contre un mur et vêtue de guenilles tend la main pour demander l'aumône à l'entrée d'un bâtiment, probablement une église, dont on entrevoit une partie de l'intérieur dans la partie droite de la composition.|vignette|redresse|Charles Soubre, La Mendiante, 1872 (huile sur toile ; ), collection privée.
Et pourtant, les comptes de l'exercice 1901-1902 retombent dans le rouge et présentent à nouveau un déficit, qui s'élève cette fois à .. Durant la même période, les chauffoirs hébergent des pensionnaires pour et la Bouchée de pain distribue . Le rapport de l'exercice 1902-1903 montre une hausse de l'occupation des chauffoirs, avec , et, par contre, une baisse des collations servies par la Bouchée de pain ()... La situation financière, déjà délicate, continue de se détériorer, puisque les comptes présentent un déficit de , ce qui oblige le comité à suspendre le service du chauffoir de la place Saint-Séverin début , bien avant la date ordinaire..
Les comptes 1903-1904 présentent des recettes de , des dépenses de et donc un excédent de .. Cette amélioration des résultats trouve son origine dans les revenus ponctuels de que les Chauffoirs publics obtiennent lors des Fêtes militaires organisées du 28 au . Malgré cet assainissement, la situation financière reste et, fin 1904, le comité .. Pendant cet exercice, les chauffoirs hébergent des pensionnaires pour ( pour et et enfants pour ), la Bouchée de pain distribue et l'hospice-chauffoir des femmes et enfants est déplacé rue du Péry.
vignette|gauche|redresse|Émile Berchmans, La Charité, avant 1923 (vernis mou en noir sur papier blanc ; ), collection privée.|alt=Une femme serre un enfant emmitouflé contre elle dans un décor hivernal.
Fin , un legs de est effectué par en faveur de diverses administrations charitables et de la ville de liège, dont sont destinés .L'article du journal La Meuse ne précise pas si ces fonds servent à financer les chauffoirs gérés par la ville de Liège ou ceux gérés directement par l'Œuvre des Chauffoirs publics, ou, s'ils financent les deux, dans quelles proportions la somme est distribuée.. Les comptes 1906-1907 présentent une nouvelle fois un déficit, de , alors que, durant cette période, l’œuvre des Chauffoirs publics héberge pour ainsi que et pour , et la Bouchée de pain distribue .. Les comptes 1907-1908 présentent des recettes de face à des dépenses de , ce qui génère un déficit , presque le double de l'exercice précédent.. Comme le remarque le journal La Meuse, . La même année, l’œuvre des Chauffoirs publics héberge pour ainsi que et pour , et la Bouchée de pain distribue .
Suite au décès de Ferdinand Hanquet en , Omer Bertrand, membre du comité depuis la création de l’œuvre en 1885, est nommé président.. Les comptes 1908-1909 ne montrent aucune embellie financière puisque l’œuvre présente une fois encore un déficit, de .. Durant cet exercice, les chauffoirs reçoivent pour , et pour , et la Bouchée de pain distribue . Bien qu'un déficit soit encore présenté durant l'exercice 1909-1910, il est plus réduit que celui de l'année précédente et se situe à un niveau de .. Sur la même période, les chauffoirs reçoivent pour ainsi que et pour .