vignette|Tabatière prussienne fabriquée en 1762 pour célébrer le traité de Saint-Pétersbourg. Frédéric II y est représenté serrant la main de Pierre III de Russie et d'Adolphe Frédéric, roi de Suède. thumb|Carte de la Prusse durant la Guerre de Sept ans. Le miracle de la maison de Brandebourg est le nom donné par Frédéric II de Prusse à l'incapacité de la Russie et de l'Autriche à exploiter leur victoire sur lui lors de la bataille de Kunersdorf le , pendant la guerre de Sept AnsDavid Fraser, Frederick the Great. King of Prussia (London: Allen Lane, 2000), p. 420.. Ce nom est parfois également employé pour désigner le changement de camp de la Russie en 1762, qui sauva la Prusse d'une défaite certaine.

Premier miracle de la maison de Brandebourg Après la bataille de Kunersdorf, Frédéric II pensait que la Prusse était condamnée à une défaite certaine. Il écrivit : « C’est un revers cruel ! Je n’y survivrai pas. Je crois que tout est perdu. »Fraser, p. 419.. La Prusse avait perdu et il ne lui en restait plus que . Le , il écrivit que, si les Russes avaient franchi l’Oder et marché sur Berlin, la capitale prussienne, « [ils] les combattr[aient] – davantage pour mourir sous les murs de notre propre ville que dans l’espoir de les vaincre ». Le maréchal russe Piotr Saltykov et son armée franchirent l’Oder ce même jour, le maréchal autrichien von Laudon et son armée l’ayant déjà franchie la veille. Le maréchal von Daun menait le reste de l’armée autrichienne vers le nord depuis la Saxe. Les trois armées avaient pour objectif de marcher sur Berlin.

Frédéric rassembla pour défendre Berlin contre les forces ennemies, qu'il estimait à . Cependant, les Autrichiens et les Russes se montrèrent réticents à consolider leur victoire en occupant Berlin et, en septembre, ils commencèrent à retirer leurs troupes. Les Autrichiens et les Russes avaient perdu à Kunersdorf et les deux armées craignaient que leurs lignes de communication ne soient mises à rude épreuve par une marche aussi longue. L'armée du frère de Frédéric, le prince Henri, n'était pas engagée à Kunersdorf et représentait donc toujours une menace pour les forces austro-russes. Au vu de ces événements, Frédéric retrouva confianceFraser, p. 421.. Il qualifia ces événements de « miracle de la maison de Brandebourg ».

Le second miracle de la maison de Brandebourg En , après cinq années de guerre, la situation stratégique de la Prusse s'assombrissait malgré plusieurs succès tactiques. Comme l'écrivait Frédéric le  : Les Autrichiens sont maîtres de Schweidnitz et des montagnes, les Russes contrôlent toute la Warthe, de Kolberg à Posen… Chaque botte de foin, chaque sac d’argent, chaque contingent de recrues n’arrive que par la grâce de l’ennemi ou par sa négligence. Les Autrichiens contrôlent les collines de Saxe, les Impériaux font de même en Thuringe, toutes nos forteresses sont vulnérables en Silésie, en Poméranie, Stettin, Küstrin, même Berlin, à la merci des RussesFraser, p. 456..

Durant la guerre, les Prussiens avaient perdu 120 généraux, (sur ) et plus de . La plupart des Prussiens étaient désormais favorables à la paix, et Frédéric tentait, sans succès, d'entraîner l'Empire ottoman dans le conflit. Puis, en , Frédéric apprit la nouvelle du décès de l'impératrice Élisabeth de Russie, survenu le . « La Messaline du Nord est morte. . », écrivit Frédéric le Fraser, p. 457.. Le neveu d'Élisabeth, Pierre, grand admirateur de Frédéric, lui succéda. Il inversa rapidement la politique de guerre d'Élisabeth et négocia la paix avec la Prusse, avec un armistice en mars et un traité de paix et d'amitié signé le Fraser, p. 459., ce qui sauva le pays de l'invasion russe.

Références

Sources

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