Le , trois hommes arabes israéliens quittent le mont du Temple (également connu sous le nom de Noble Sanctuaire en arabe), et ouvrent le feu sur des policiers aux frontières israéliens postés près de la Porte des Tribus, qui se trouve à proximité de la Porte des Lions. Deux policiers israéliens aux frontières sont tués et deux autres sont blessés lors de l'attaque. Les trois assaillants sont abattus par la police israélienne après s'être enfuis en sens inverse dans le complexe.
Contexte Avant la fusillade, il y avait eu trois attaques à Jérusalem en 2017 :
: Attentat du 8 janvier 2017 à Jérusalem ayant tué quatre soldats israéliens et blessé 17 personnes : Attaque au couteau survenue dans le tramway de Jérusalem ayant tué une personne et blessé deux individus : Attentat du 16 juin 2017 à Jérusalem ciblant la police israélienne ayant tué une policière ainsi que blessé quatre personne
Attaque Peu de temps après sept heures dans la matinée du , trois hommes armés de improvisés ainsi que d'un pistolet quittent le Mont du Temple par la Porte des Tribus (près de la Porte des Lions) et tirent sur des policiers aux frontières israéliens postés dans la rue à l'extérieur. Les trois assaillants retournent sur la place située devant l'une des mosquées du Mont du Temple et sont abattus par les policiers israéliens. Après avoir été abattu, l'un des assaillants que l'on croyait mort se relève du sol et tente d'attaquer les policiers, mais est abattu avant d'avoir pu le faire, se lève en criant : « Je suis du groupe de Raed Salah ! ». Deux policiers aux frontières israéliens sont gravement blessés et meurent plus tard, et deux autres sont relativement blessés lors de l'attaque.
Assaillants Les trois assaillants sont des citoyens arabes israéliens originaires de la ville d'Umm al-Fahm. Ils ont été identifiés comme étant Mohammed Ahmed Mafdal Jabrin et Mohammed Hamed Abed Eltif Jabrin, tous deux âgés de 19 ans, ainsi que Mohammed Ahmed Mohammed Jabrin, âgé de 29 ans, qui travaille comme muezzin dans une mosquée locale. Deux des assaillants postent une photographie d'eux-mêmes souriant en face de la mosquée al-Aqsa sur Facebook trois heures avant l'attaque avec la légende «Le sourire de demain sera plus large» et "Louange à Allah, et c'est tout." Les assaillants dissimulent les armes utilisées lors de l'attaque sur la place du Mont du Temple quelques jours avant l'attaque avec l'aide d'un des membres du Waqf.
Les auteurs de l'attentat et la mosquée où ils prient sont identifiés par les autorités israéliennes comme appartenant à la branche nord du Mouvement islamique en Israël.
Victimes vignette|Haiel Sitawe (gauche) et Kamil Shnaan Les deux policiers aux frontières tués lors de l'attaque sont Haiel Sitawe et Kamil Shnaan. Tous deux sont des Druzes israéliens originaires de Galilée du Nord. Sitawe, 30 ans, vit dans le village de Maghar, et Shnaan, 22 ans, vit dans le village de Hurfeish. Sitawe intègre la police aux frontières dans le cadre de son service national obligatoire en 2012 et officie au Mont du Temple depuis lors. Shnaan l'intègre après le lycée et s'engage comme officier de carrière sept mois avant l'attaque. Il est le plus jeune fils de Shachiv Shnaan, ancien membre de la Knesset et membre du Parti travailliste israélien.
Conséquences vignette|Des policiers israéliens sur le Mont après l'attaque
Jérusalem Les autorités israéliennes ferment le complexe du Mont du Temple et, pour la première fois depuis des années, les prières du vendredi à la mosquée al-Aqsa sont annulées. La Vieille Ville est également fermée à la circulation. La mosquée al-Aqsa est perquisitionnée par les autorités israéliennes et le personnel du Waqf islamique de Jérusalem est interrogé. La police israélienne déclare avoir retrouvé des armes supplémentaires lors du raid, dont des armes factices, des couteaux, des massues, des chaînes, ainsi que d'autres armes. Muhammad Ahmad Hussein, le grand mufti de Jérusalem, appelle les musulmans à marcher vers al-Aqsa et à tenir la prière du vendredi partout où elles sont arrêtés. Le grand mufti est arrêté par les forces de sécurité israéliennes suite à son appel aux musulmans à braver le blocus. vignette|Des musulmans priant à l'entrée du Temple du Mont à la Porte des Tribus le 16 juillet 2017 Le , les autorités israéliennes rouvrent le Mont du Temple, après avoir installé des détecteurs de métaux aux entrées du complexe, malgré les protestations des autorités Waqf du site. La crise dégénère en un face-à-face d'une semaine, durant lequel les services de sécurité israéliens, comme le Shin Bet, recommandent leur élimination. Le Waqf appelle les musulmans à manifester à l'extérieur de son enceinte plutôt que d'y entrer ; environ 200 musulmans ont manifesté devant les portes le 16. Les autorités israéliennes annoncent également l'installation de caméras de surveillance à l'extérieur de l'enceinte. Bien que l'enceinte soit rouverte à l'accès des musulmans, la police israélienne empêche les Juifs d'entrer sur le Mont du Temple sur ordre du Premier ministre Netanyahu. Des affrontements éclatent plus tard dans la journée aux abords du Mont du Temple après qu'un groupe de Palestiniens tente d'y pénétrer avec un cercueil contenant un corps. Les juifs seront autorisés à entrer le matin du . De nouveaux affrontements ont lieu dans la nuit du 17, et le Fatah appelle le 18 à une « journée de colère » pour protester contre les nouvelles mesures de sécurité.
Des palestiniens protestant contre les nouvelles mesures de sécurité s'affrontent avec les forces de sécurité israéliennes aux abords des portes de l'esplanade des Mosquées pendant plusieurs jours et le vendredi . Trois palestiniens sont assassinés, l'un d'eux est un adolescent âgé de 17 ans originaire de Silwan. Les détails concernant sa mort varient ; l'agence de presse Ma'an rapporte qu'il a été abattu par un colon, une information non confirmée par d'autres sources, qui confirment seulement qu'il a été tué à Ras al-Amud. Le même jour, le président palestinien Mahmoud Abbas ordonne la suspension de tout contact officiel avec Israël jusqu'à ce que ce dernier retire les nouvelles mesures de sécurité.
Umm al-Fahm Plusieurs heures après l'attaque, une veillée funèbre et des funérailles symboliques, rassemblant des centaines de personnes, sont organisées pour les assaillants à la mosquée Al-Porkan d'Umm al-Fahm, affiliée au Mouvement islamique d'Israël, au cours desquelles les assaillants prient, sont loués et appelés Chahids.
Suite à une décision de la Cour suprême le , les corps des assaillants sont remis à leurs familles la nuit du . En signe de soutien aux assaillants, quelque 10 000 personnes ont défilé lors du cortège funèbre à Umm al-Fahm, louant l'attaque et qualifiant les assaillants de héros et de martyrs.
Raed Salah est arrêté et inculpé pour incitation présumée au terrorisme.
Trois habitants d'Umm al-Fahm sont inculpés en pour avoir prétendument planifié une attaque similaire sur le Mont du Temple, après avoir prétendument échoué à rejoindre l'État islamique d'Irak et du Levant.
Maghar Maghar est une ville mixte druze-chrétienne-musulmane. Suite à un statut Facebook d'un habitant musulman de Maghar soutenant l'attaque terroriste, la ville natale d'une des victimes, deux mosquées du village sont attaquées lors de deux incidents distincts, dans les nuits du 14 et du , à l'aide de grenades assourdissantes et de tirs d'armes à feu, ce qui entraîne des dégâts matériels mineurs. La police israélienne arrive sur les lieux des attaques en quelques minutes, où elle recueille des preuves et ouvre une enquête.
Attaques terroristes liées Dans la soirée du , 3 israéliens sont assassinés et une personne est grièvement blessée lorsqu'un jeune Palestinien de 19 ans, Omar al-Abed, originaire du village de Kobar, pénètre dans une maison de la colonie israélienne de Halamish et commet une agression en poignardant des membres de la famille. Peu de temps avant, al-Abed écrit sur Facebook qu'il est bouleversé par le meurtre de femmes et d'enfants palestiniens et par la profanation de la mosquée al-Aqsa.
Dans l'après-midi du , Mohammed Zakaria al-Jawawdeh, un Palestinien de 17 ans originaire d'Amman, poignarde un garde de l'ambassade israélienne à l'estomac avec un tournevis. Le garde riposte en tirant sur al-Jawawdeh. Une balle perdue blesse accidentellement le propriétaire jordanien de l'immeuble, il succombera plus tard à ses blessures. Les autorités jordaniennes empêchent le départ du garde d'Amman, mais finissent par l'autoriser à revenir, ce qui a alimenté les spéculations selon lesquelles il existerait un accord entre les gouvernements jordanien et israélien stipulant qu'en échange du retour du garde, les détecteurs de métaux de l'esplanade des Mosquées seraient retirés.
Lundi matin, le , à Petah Tikva, un Palestinien de Qalqiliya poignarde un Arabe israélien de 32 ans. Un employé d'une pizzeria voisine frappe l'agresseur avec un plateau à pizza. Arrêté plus tard, l'homme déclare avoir agi pour Al-Aqsa, en référence aux nouvelles mesures de sécurité.
Réactions
Régionales
: Le premier ministre Benyamin Netanyahou déclare qu'il s'agit d'un « jour triste où nos frères druzes paient le prix le plus lourd dans notre mission commune de protéger la sécurité de notre pays. Je les salue, ainsi que leur héroïsme. » Le ministre de la Défense Avigdor Liberman déclare : « L’État d’Israël continuera de lutter avec résolution, force et fermeté contre les terroristes, leurs commanditaires et ceux qui les incitent à agir. Je salue le courage de nos forces de sécurité dans leur lutte quotidienne contre le terrorisme et je déplore la mort des policiers tombés lors de l’attaque. » : Le porte-parole du gouvernement jordanien condamne la fermeture par Israël du Mont du Temple et de la mosquée al-Aqsa et lui demande de le rouvrir immédiatement. Par la suite, suite aux critiques d'Israël pour son inaction, le roi Abdallah II condamne l'attaque, appelle au calme et demande la réouverture du Mont du Temple. Le , le Parlement jordanien critique la fermeture du Mont du Temple et organise une prière en l'honneur des assaillants. Atef Tarawneh, président du Parlement jordanien, leur rend hommage, les qualifiant de « martyrs qui défendaient les Palestiniens », tout en imputant l'attaque à « l'occupation israélienne ». : Le président Mahmoud Abbas condamne l'attaque lors d'un appel avec le premier ministre d'Israël et présente ses condoléances. : Sami Abu Zouhri, un haut porte-parole du Hamas, salue l'attaque et la télévision d'État du Hamas la qualifie d'« acte héroïque ». Jihad islamique palestinien : Le Jihad islamique qualifie l'attaque d'« héroïque » dans un communiqué envoyé par courriel à la presse. : La Maison Blanche publie un communiqué suite à l'attaque, déclarant que « le peuple des États-Unis condamne fermement l'attaque terroriste », et soutenant la décision israélienne de fermer temporairement le Mont du Temple.
Couverture médiatique Selon le Ynet, le reportage d'Al-Jazeera ne relate que la fusillade des assaillants et non l'incident lui-même. Sur Twitter, Donald Trump Jr. critique la BBC sur la façon dont elle présente l'attaque.
Articles connexes
Attaque de Halamish Attentat du 16 juin 2017 à Jérusalem Terrorisme en 2017
Notes et références
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