« C’était Paris en 1970 » est le nom d'un concours de photographie amateur parrainé par la ville de Paris, France-Inter et la Fnac et qui s'est tenu à Paris en 1970. À cette occasion, 2 800 photographes réalisent 100 000 clichés de Paris.

Contexte historique vignette|alt=vue aérienne de Paris. Au centre, bâtiments modernes de l'université avec une tour en construction.|Vue générale du campus en construction de l'université Pierre-et-Marie-Curie en 1970.

Paris est en 1970 en pleine période de transformation urbanistique : destruction dans les quartiers de Montparnasse, du Marais, des Halles, du front de Seine, de la place d'Italie., construction de tours de bureaux et d'habitations, des voies rapides sur les berges.… Les Halles, où se réunissent les participants au concours, sont alors, en 1970, désaffectées et leur destruction est programmée..

Antécédents photographiques Au siècle, les destructions occasionnées par les travaux d'Haussmann se sont accompagnées d'un intense travail de préservation du bâti détruit sous la forme d'images, à la fois photographiques dues au photographe Charles Marville et peintes dues à l'aquarelliste Fédor Hoffbauer. Ensuite la Commission municipale du Vieux Paris, le musée Carnavalet et la Bibliothèque historique de la ville de Paris perpétuent ce travail de préservation du patrimoine sous forme iconographique, en passant commande de photographies des bâtiments et des rues voués à être détruits. Plusieurs concours de photographie amateur sont même lancés entre 1903 et 1907 par la Commission municipale du Vieux Paris..

Avec les transformations passées et à venir au cours des années 1960 et 1970, l'idée, lancée par le maire du arrondissement, Claude Gourbeyre, vient à nouveau de dresser un inventaire photographique complet de la ville. En un temps de photographie de masse, où tout un chacun est censé pouvoir être photographe, c'est un concours de photographie amateur qui est retenu..

Le concours « C’était Paris en 1970 » vignette|C'était Paris en 1970, chanson chantée par Juliette Gréco. Le but du concours est de photographier Paris afin de garder une trace des destructions programmées à court terme. Deux historiens font partie du comité d'organisation, Henry de Surirey de Saint-Remy, directeur de la Bibliothèque historique, et Jacques Wilhelm, conservateur au musée Carnavalet..

Le concours comprend trois catégories : la catégorie principale, qui réunit la plupart des participants : le plan de la ville de Paris est divisée en 1755 carrés de 250 mètres de côté. Un carré est tiré au sort par chaque participant. Les participants doivent remettre un nombre indéterminé de photographies (épreuves en noir et blanc ou diapositives en couleurs) prises dans le carré qui leur est assigné.. une deuxième catégorie consiste à prendre « deux photos s’attachant à faire découvrir un aspect curieux ou mal connu de Paris ». un troisième catégorie du concours est réservée à « une seule photo, qu’on pourra prendre où que ce soit dans Paris et qui, pour le concurrent, symbolisera au mieux Paris au mois de ».

Le , plus de photographes amateurs se réunissent dans les Halles de Baltard pour s'inscrire au concours, dont plus des deux tiers ont moins de trente ans..

Mais le règlement prévoit « l'abandon par le candidat de tout droit de propriété, de reproduction ou d'utilisation des documents remis au jury ». Cette disposition est condamnée après l'annonce du concours par plusieurs syndicats professionnels : l’Association des journalistes-reporters-photographes et cinéastes, l’Association nationale des photographes publicitaires et le Groupement des photographes illustrateurs. En conséquence Henri Cartier-Bresson, membre du jury, démissionne et la ville de Paris revient sur son parrainage ... Enfin, la FNAC modifie son règlement dans le sens du « respect des droits d'auteur » ..

Le jury du concours comprend entre autres Max Théret, cofondateur de la FNAC, les photographes Jean-Lou Sieff, Izis, Jacques Henri Lartigue, Walter Carone et le designer Roger Tallon..

Une chanson de Pierre Delanoë et Claude Bolling, intitulée C'était Paris en 1970 et interprétée par Juliette Gréco, est commandée afin de promouvoir le concours... C'est une chanson parmi d'autres chantant la nostalgie d'un Paris d'avant, voire un désamour pour le Paris actuel..

Les photographies

À la fin du temps imparti, photographes (sur les inscrits) remettent soixante-dix mille tirages en noir et blanc et trente mille diapositives en couleurs. L'ensemble est déposé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, aux côtés des photographies de Marville, et est stocké dans trois cent quarante-deux boites.

Les photographes participants sont des hommes en majorité (87 %), jeunes (75 % de moins de trente ans), mais pas seulement Parisiens (40 % de banlieusards).

Certains des carrés sont vides, aucun des participants auxquels ils ont été attribués ne les ayant photographiés, alors que d'autres peuvent être l'objet de centaines de clichés.. Un certain nombre de photographes s'attachent à documenter le « Vieux Paris », dans la lignée de Marville ou Atget : détails d'architecture, bâtiments ou ruelles anciens..., avec des adaptations plus modernes telles que les bouches de métro Art nouveau.. D'autres cependant documentent les problèmes politiques et sociaux de l'époque, dans la lignée de Mai 68, avec des photographies d'affiches ou de graffitis, de la grève des éboueurs ou de manifestations, ou encore montrant la dégradation ou la destruction des logements, ou le manque d'espaces verts.. D'autres enfin montrent le Paris du futur, notamment à travers des clichés de tours d'habitation..

À la manière de la photographie humaniste de Robert Doisneau, nombre de photographes font des clichés des Parisiens à différents âges de la vie : enfants, souvent en bandes, adolescents, personnes âgées.

Une sélection des photographies est exposée aux Halles du au . L'exposition reçoit visiteurs.. Le premier prix des photographies en couleur est attribué à une vue de la fontaine Carpeaux. Certains participants du concours critiquent cependant le fait que ni l'exposition ni les prix, qui privilégient l'esthétique, ne rendent vraiment compte du but du concours, à savoir documenter Paris en 1970..

Postérité En 1986, la FNAC organise un nouveau concours, « C'était Toulouse en 1986 », suivant les mêmes principes..

En 2024, vingt-cinq tirages en quadrichromie sont réalisés à partir de diapositives selon le procédé Fresson à l'occasion du salon Paris Photo..

En 2026, une exposition de vingt clichés, intitulée « C'était le arrondissement en 1970 », est organisée à la bibliothèque municipale Germaine-Tillion dans cet arrondissement, à partir du fonds « C’était Paris en 1970 »..

De juin à octobre 2026, la Bibliothèque historique de la ville de Paris organise une exposition autour de son fonds « C'était Paris en 1970 ».Sélection de photographies : .. Plus de cent photographies sont exposées, dont une vingtaine de grands formats dans la cour de la bibliothèque.

En 2026 l’Observatoire photo participatif des paysages parisiens, sous l'égide du Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement de Paris, propose aux photographes amateurs de reproduire les photographies du fonds « C'était Paris en 1970 », afin d'..

Références

Bibliographie « Paris, villages : numéro spécial de Paris aux cent villages publié à l’occasion de l’exposition des photos recueillies lors du concours photographique », Paris aux cent villages, 4e trimestre 1976, BHVP. . Catherine E. Clark, Paris and the Cliché of History. The City and Photographs, 1860‑1970, New York, Oxford University Press, 2018.

Émission de radio (documentaire radio de 53 min.).

Liens externes

Fonds C'était Paris en 1970, sur le site de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris (partiellement numérisé) : . . . . . . . . . . .

https://paris1970.jeantho.eu/ (site permettant un accès aisé aux photographies numérisées).

Catégorie:Concours Catégorie:1970 en art Catégorie:1970 en France Catégorie:Collection de photographies Catégorie:Œuvre photographique réalisée à Paris