droite|vignette|Station-service à Hiroshima, Japon.
Le lobby des énergies fossiles regroupe des représentants rémunérés d'entreprises du secteur (pétrole, gaz, charbon) ainsi que d'industries connexes comme la chimie, les plastiques, l'aéronautique et les transports.. Forts de leur puissance financière, et du rôle crucial des industries extractivistes de l'énergie, des transports et de la chimie dans les économies locales, nationales et internationales, ces groupes de pression ont les moyens d'exercer une influence considérable sur les politiques gouvernementales. Ils promeuvent notamment le déni du changement climatique. et entravent les politiques relatives à la protection de l'environnement, à la santé environnementale et à la lutte contre le changement climatique..
Ainsi, après que le changement climatique soit devenu un sujet de débat public, ce lobby a lancé une vaste campagne de relations publiques visant à discréditer la compréhension du changement climatique par le public, et à bloquer ou freiner toute action politique qui viserait à limiter les énergies fossiles (dont la consommation continue à croître en dépit des engagements pris pour le climat et des rapports successifs du GIEC). L'industrie des énergies fossiles nie activement les données scientifiques sur le climat, sème la confusion parmi le public et les responsables politiques, et entrave la mise en œuvre de politiques climatiques et énergétiques propres par le biais de la désinformation, du lobbying et de la propagande, et continue d'agir ainsi, notamment en affirmant à tort qu'il n'existe aucun consensus scientifique sur le climat.
Les groupes de pression sont actifs dans la plupart des économies démocratiques fortement dépendantes des énergies fossiles, et leurs activités sont particulièrement médiatisées au Canada, en Australie, aux États-Unis et en Europe. Toutefois, ils sont présents dans de nombreuses régions du monde. Les grandes compagnies pétrolières telles qu'ExxonMobil, Shell, BP, TotalEnergies, Chevron Corporation et ConocoPhillips figurent parmi les plus grandes entreprises associées au lobby des énergies fossiles.. L'American Petroleum Institute est un puissant groupe de pression du secteur pétrolier, exerçant une influence considérable à Washington.... En Australie, l'Australian Energy Producers, anciennement Australian Petroleum Production and Exploration Association (APPEA), a une influence importante à Canberra et contribue au maintien de politiques favorables au secteur pétro-gazier australien..
La présence constante de lobbyistes des plus grandes entreprises d'énergies fossiles et des compagnies pétrolières nationales aux instances décisionnelles (et parfois préparatoires) internationales, y compris dans le GIEC. et les négociations l'accord de Paris sur le climat ; les conférences des Nations Unies sur les changements climatiques, a fait l'objet de nombreuses critiques.. Ce lobby est aussi connu pour exploiter les crises internationales, comme la pandémie de Covid-19. ou l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.. pour tenter de revenir sur les règlementations existantes ou de justifier le développement de nouveaux projets d'exploitation des énergies fossiles.
Ces lobbyistes s'efforcent de maintenir les subventions aux énergies fossiles. et le financement de leurs investissements, de plus en plus lourds et de moins en moins rentables avec la fracturation hydraulique et l'exploitation offshore profonde.
Influence
vignette|upright=1.5|À l'échelle mondiale, le bénéfice net de l'industrie pétro-gazière a atteint le chiffre record de de dollars américains en 2022Agence internationale de l'énergie (2023) World Energy Investment 2023 |archive-url=https://web.archive.org/web/20230807064513/https://iea.blob.core.windows.net/assets/8834d3af-af60-4df0-9643-72e2684f7221/WorldEnergyInvestment2023.pdf (archivé le 7 août 2023) voir ..
vignette|upright=1.5|Après la pandémie de Covid-19, les bénéfices des entreprises énergétiques ont augmenté grâce à la hausse des prix des carburants résultant de l'invasion russe de l'Ukraine, à la baisse des niveaux d'endettement, aux dépréciations financières des projets fermés en Russie et à l'abandon des plans antérieurs visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.Détails pour 2020 avec diagramme plus détaillé dans ..
Le lobby des carburants fossiles a un long historique de conflits avec les instances de la Gouvernance mondiale démocratique. Selon l'Organisation internationale pour l'énergie durable (ISEO), la deuxième Conférence mondiale sur le climat « a été sabotée par les États-Unis alliés aux lobbies pétroliers ».. Suite à cela, l'ISEO a élaboré une Charte mondiale de l'énergie « qui protège la vie, la santé, le climat et la biosphère des émissions ». D'après l'organisation, ces mêmes « groupes de pression énergétiques réactionnaires ont cherché à faire boycotter cette Charte, avec l'aide des pays producteurs de pétrole et de charbon, et ils sont parvenus à exclure le sujet de la transition énergétique de la Conférence de Rio sur l'environnement et le développement (Sommet de la Terre) en 1992, avant de poursuivre cette stratégie lors de toutes les conférences sur le climat à Berlin, Kyoto, La Haye et Marrakech, où les États-Unis ont boycotté le protocole de Kyoto et continuent d'ignorer la Charte ».
Lors des seules années 2010, les cinq plus grands groupes pétro-gaziers et leurs filiales ont dépensé au moins 251 millions d'euros en lobbying auprès de l'Union européenne, pour y freiner les politiques climatiques., et ce lobbying a aussi, durant cette décennie, été très influent au Canada et en Australie...
Dans un Bulletin de l'Institut international pour le développement durable, relatif à la session de la Commission des Nations Unies pour le développement durable, on lit
Selon la CCNUCC, 636 lobbyistes des combustibles fossiles ont participé à la COP27..
Publiquement, les entreprises du secteur des énergies fossiles affirment soutenir l'accord de Paris (qui doit maintenir le réchauffement sous les en 2100, mais des rapports internes de BP et Shell montrent qu'ils ont élaboré des plans de contingence pour faire face à un réchauffement de plus de en 2050..
Impact environnemental des entreprises vignette|Les raffineries des compagnies pétrolières émettent d'importantes quantités de polluants (dont GES).
En 2015, plusieurs des membres les plus influents du lobby énergétique opéraient pour les plus grands pollueurs des États-Unis, Conoco, Exxon et General Electric se classant parmi les six premiers.. Selon l'Environmental Integrity Project, une organisation non partisane et à but non lucratif fondée en par d'anciens juristes de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), « des entreprises comme ExxonMobil et Sunoco continuent d'annoncer des profits records tout en augmentant leurs émissions ou en rejetant davantage de substances cancérigènes dans leurs raffineries ». et la consommation de charbon et de pétrole ont continué à augmenter dans le monde. Le lobby énergétique est constamment critiqué par les écologistes pour utiliser son influence et de grandes sommes d'argent afin de bloquer ou édulcorer la législation relative au changement climatique..
Climatoscepticisme Le lobby des énergies fossiles est accusé de soutenir, ouvertement ou secrètement, les efforts visant à saper ou discréditer le consensus scientifique sur le changement climatique... De nombreuses questions, pourtant clairement tranchées par la communauté scientifique (comme la responsabilité humaine dans le changement climatique), font encore parfois l'objet de tentatives de discrédit. Ce travail de dénégation (climatoscepticisme) est motivé à la fois par des considérations politiques et économiques et financières. Il vise à minimiser, ou faire nier ou rejeter l'idée que l'industrie puisse être responsable d'une catastrophe climatique mondiale.
Des climatologues et environnementalistes, notamment aux États-Unis, ont signalé et prouvé des pressions exercées par certains gouvernements et les industries fossiles pour censurer ou étouffer leurs travaux, et dissimuler ou discréditer des données scientifiques, avec parfois la consigne de ne pas aborder publiquement le sujet.
Des intérêts industriels, politiques et idéologiques organisent des activités visant à saper la confiance du public dans la science du climat.Begley, Sharon ; url=http://www.newsweek.com/id/32482|title=The Truth About Denial ; Newsweek ; 13 août 2007..
Le déni du changement climatique, initié par le lobby des combustibles fossiles, a notamment été relié aux frères Koch, et à de nombreux groupes de réflexion ultraconservateurs (du réseau Atlas notamment). Il est médiatisé par la plupart des médias alternatifs ultraconservateurs, souvent aux États-Unis. See, e.g., pp. 31 ff, describing industry-based advocacy strategies in the context of climate change denial, and p73 ff, describing involvement of free-market think tanks in climate-change denial..
Plus de 90 % des articles climatosceptiques proviennent de think-tanks de droite, d'extrême droite et en particulier de la droite libertarienne américaine qui cherchent ainsi à compromettre les efforts déployés pour agir face au changement climatique ou s'y adapter, en exerçant une influence considérable sur les politiques climatiques .
Dans les années 1970, les compagnies pétrolières ont publié des recherches qui corroboraient globalement l'avis de la communauté scientifique sur le changement climatique. Puis, et durant des décennies, elles ont orchestré une vaste campagne systématique de déni du changement climatique en diffusant de la désinformation auprès du public ; en utilisant de moyens de propagandes et de manipulation de l'information inspirés de ceux que l'industrie du tabac a développé et longuement testé pour nier les dangers du tabagisme. Certaines de ces campagnes ont d'ailleurs été menées par les mêmes personnes qui diffusaient auparavant la propagande de l'industrie du tabac....
Soutien à la polarisation politique et aux extrêmes droites De nombreuses preuves détaillent le rôle du lobby des énergies fossiles dans la catalyse de la guerre culturelle et l'aggravation de la polarisation politique, par le biais d'investissements financiers dans le conservatisme social et sa rhétorique socialement régressive :
les milliardaires Dan et Farris Wilks, figures emblématiques du secteur de la fracturation hydraulique, ont versé plus de 12 millions de dollars à des médias d'extrême droite comme le Daily Wire et PragerU, qui défendent une vision socialement conservatrice. Ils ont aussi donné des millions de dollars à divers groupes d'extrême droite et candidats républicains, notamment 15 millions de dollars à la campagne présidentielle avortée de Ted Cruz en 2016, et ils ont ensuite contribué de manière significative à la campagne de Donald Trump en 2020.. ;
une analyse de 45 grandes organisations américaines anti-transgenres a révélé que 80 % d'entre elles recevaient des dons de sociétés de combustibles fossiles ou de milliardaires, dont l'ADF, un groupe clé dans la rédaction d'un large éventail de lois anti-transgenres qui ont été mises en œuvre avec succès à l'échelle fédérale et étatique..
Ces exemples corroborent d'autres études qui détaillent comment le lobby des énergies fossiles détourne intentionnellement l'attention des problèmes environnementaux concrets et actuels en créant une panique morale, en étouffant une coalition bipartite pour la justice climatique et en se constituant une base politique solide qui s'opposera aux règlementations climatiques et défendra les intérêts du lobby. Ainsi, l'industrie pétrolière tire un profit direct du maintien d'un ordre social traditionnel, troquant protections juridiques et soutien aux groupes marginalisés et à d'autres causes sociales contre la préservation ou le développement de l'industrie des énergies fossiles..
Australie