Margaret (Margarethe) Michaelis, née le à Dzieditz en Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Pologne) et morte le en Australie, est une photographe austro-australienne d'origine juive.

Biographie Vie en Europe Les parents de Margarethe Michaelis sont juifs. Sa mère est Fanni, née Robinsohn, et son père, Heinrich Gross. est dentiste.. Elle étudie de 1918 à 1921 au (institut des arts graphiques et de recherche) à Vienne. Elle passe par le studio d'Ora avant d'intégrer pour cinq années le . Elle travaille ensuite à Berlin pour Binder Photographie puis à Prague pour le studio Fotostyle. En 1929, elle est de retour à Berlin où elle travaille pour l'Atelier K. Schenker, le et Photos Winterfeld.

Elle se marie le avec Rudolf Michaelis, restaurateur en archéologie et anarcho-syndicaliste. Après la prise de pouvoir par Hitler, Margaret et son époux Rudolf sont tous deux arrêtés et Rudolf brièvement emprisonné. Tous deux juifs et sympathisants de gauche, ils décident de quitter Berlin pour Barcelone en Espagne. Margaret Michaelis et son époux se séparent en 1934 et divorcent en 1937. En Espagne, elle travaille alors comme photographe pour un groupe d'architectes progressistes. Elle photographie les gens vivant dans les taudis, documentant leurs conditions d'existence. Elle utilise les techniques de la , telles que les prises de vue extérieures, en lumière naturelle et en plongée ou en contre-plongée. Après le déclenchement de la Guerre d'Espagne, elle travaille pour les publications du Commissariat à la propagande de la Généralité de Catalogne, dont la revue internationale .

Après la guerre d'Espagne, elle s'installe à Paris. Elle photographie le ghetto de Cracovie, lors d'une visite à ses parents en 1937, témoignant, comme le fit Roman Vishniac, d'un monde disparu sous les nazis. Elle obtient ensuite un visa, en , pour travailler en Grande-Bretagne, avant d'émigrer en Australie, où elle arrive le , à la veille de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale.

Vie en Australie Un an après son arrivée, elle ouvre un studio de photographie à Sydney. À cette époque, d'autres photographes venus d'Europe se sont installés en Australie : , , Helmut Newton. Elle se fait une clientèle au sein de la communauté des Européens et des Juifs entre autres. Parmi ses clients, le peintre , le sculpteur , ou l'écrivaine . Elle réalise aussi des photographies de danse, en particulier pour la Bodenwieser Modern Dance Company. Elle est en Australie principalement une photographe de studio, contrairement à son activité en Europe, essentiellement tournée vers la photographie en extérieur. Elle est membre de plusieurs associations professionnelles, et la seule femme membre de l'. Elle obtient la nationalité australienne en 1945.

En 1947, elle obtient une médaille de bronze lors de l'exposition , rare reconnaissance obtenue de son vivant. Son œuvre photographique réalisée en Europe est par ailleurs largement méconnue en Australie avant sa mort.

À cause de problèmes de vue, elle ferme son studio en 1952. Elle est secrétaire de et de Hephzibah Menuhin pendant deux ans. En 1960 elle se marie avec Albert Sachs. Elle pratique le dessin et la peinture, résidant alors à Melbourne. Parmi ses centres d'intérêts figurent aussi la psychologie jungienne et le bouddhisme. Elle est l'une des premières femmes membres du , consacré à la pratique artistique féminine.

Son œuvre photographique est léguée à l'Australian National Gallery.

Postérité vignette|Caisse d'archives photographiques de Kati Horna et Margaret Michaelis, conservée à Amsterdam. Ses photographies prises pendant la guerre d'Espagne sont longtemps restées oubliées, avant leur redécouverte dans les années 2010. Elles faisaient partie, avec les photographies de Kati Horna, autre photographe juive, d'un lot d'archives de la Confédération nationale du travail et de la Fédération anarchiste ibérique conservées à Amsterdam par l'Institut international d'histoire sociale...

Expositions 1981 : . 1987 : / 1988-1989 : National Gallery of Australia, Margaret Michaelis. 2022-2023 : Las cajas de Ámsterdam: Kati Horna y Margaret Michaelis en la Guerra Civil, Institut international d'histoire sociale. 2025 : National Gallery of Australia, .

Références

Bibliographie B. Hall and J. Mather, , 1986. Helen Ennis, « Michaelis-Sachs, Margaret », in J. Kerr (éd.), Heritage, 1995. Helen Ennis, « Blue Hydrangeas », in R. Butler (éd.), The Europeans, 1997. , IVAM, - , Valence, Barcelona, Centre de cultura contemporània de Barcelona, 1998. 175 p. . Helen Ennis, Margaret Michaelis, 2005. .

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