Le train est l’arme qui organise et coordonne la logistique militaire, le transport (matériel, munitions, ravitaillement) et l’appui au mouvement (notamment la circulation routière) de l'Armée de terre française.
Cette arme a été créée en 1807 par sous le nom de train des équipages militairesÀ l'origine, ce n'était pas une arme mais un service. Voir paragraphe Historique.. Auparavant, ces fonctions étaient assurées par des moyens ou des sociétés privées sous contrat ou réquisitionnées.
En 2024, la plupart des unités du train appartiennent à la brigade logistique (BLOG) dont l'état-major est à Montlhéry. Comme les conflits modernes ne nécessitent que rarement le déploiement de régiments complets, ces derniers détachent généralement des escadrons au sein de formations temporaires créées pour remplir une mission particulière dans une période donnée : bataillons logistiques (BATLOG) ou bataillons de commandement et de soutien (BCS). Pour un déploiement moins important, les pelotons du train sont inclus dans des détachements logistiques (DETLOG).
Historique
Le , au quartier général d'Osterode en Prusse-Orientale, l'empereur Napoléon signe le décret portant création du train des équipages militaires.
Cette création s’inscrit dans une période où l’empereur reconnaît la nécessité de substituer les ressources propres de l’Armée à celles des entreprises privées sur lesquelles les troupes s'appuyaient jusqu'alors, d’où l’apparition du train des équipages militaires en 1807, qui suit celles du train d’Artillerie (1800) et du train du Génie (1806).
Le train des équipages militaires, créé comme un service, devient une troupe d’administration en 1837. Puis il devient une arme en 1875 tout en restant sous la tutelle de l’artillerie. En 1928, le nom est raccourci et l’arme prend son nom actuel de train et reste sous tutelle, devenant une arme à part entière le Les informations sur le train proviennent des ouvrages cités en référence..
Initialement, le train des équipages militaires est organisé en huit bataillons, composés chacun de quatre compagnies, et chargés de transporter la farine, le pain, la viande et le fourrage de la Grande ArméeAu cours des décennies qui suivent, le train est progressivement également chargé des missions de la poste, de la trésorerie ainsi que de l’enlèvement et du transport des blessés.. Entre 1807 et le début de la campagne de Russie, le nombre de bataillons est porté à seize (plus un pour la Garde impériale) et le nombre de compagnies par bataillon est porté de quatre à six.
À la fin de la campagne de Russie, les premiers bataillons créés en 1807 ont tous été soit anéantis soit dissous. En 1814, sont créés quatre nouveaux bataillons à quatre compagnies lesquels, par une ordonnance du , prennent l’appellation d’escadrons. À la Deuxième Restauration, le train est pratiquement dissout et ne sont conservées que deux compagnies, qui forment un escadron en 1816. Un deuxième escadron à deux compagnies est formé en (support de la campagne d’Espagne). Ces deux escadrons sont dissous et remplacés par un unique « Corps du train des équipages militaires » en mai de la même année. Jusqu’en 1842, les missions du train seront assurées par des compagnies.
En 1842, sous Louis-Philippe, sont recréés des escadrons (au nombre de quatre, puis jusqu’à sept, dont un, en 1855, pour la Garde impériale) dont les compagnies serviront pendant les nombreuses campagnes et guerres de la période (Algérie, Crimée, Mexique, également : Italie, Syrie, Chine et Sénégal).
En 1869, les cinq escadrons subsistant sont dissous pour créer trois régiments.
En , survient la création de vingt escadrons formant corps (un par région militaire métropolitaine et deux à Paris). Chaque escadron compte trois compagnies. Un décret d’ enlève aux commandants d’escadron toute autorité autre qu’administrative en temps de guerre. Ces escadrons fournissent des compagnies qui participent aux nombreux corps expéditionnaires déployés pendant la période (Tunisie 1881, Tonkin 1884, Madagascar 1895, Chine 1900, Maroc à partir de 1907) et bien entendu ils participent activement à la Première Guerre mondiale. En , ces unités mobilisent hommes, chevaux et voitures. En 1919, les escadrons sont réorganisés et deviennent « hippo-auto ».
En 1928, le train est réorganisé. Les escadrons régionaux sont dissous (sauf le à Paris) et remplacés par des compagnies autonomes qui deviendront par la suite des compagnies régionales. Puis à partir de 1934, dix escadrons mixtes, la plupart à deux compagnies (une hippomobile et l’autre automobile) remplacent les compagnies régionales.
Par décret du , sont créés également deux escadrons automobiles de réserve générale (EARG), nombre qui sera porté à cinq le , puis à six le .
Toutes ces unités disparaissent à la mobilisation de 1939 et leurs effectifs sont versés à des groupes de transport de Personnel de mobilisation.
En 1940, est recréé le premier escadron du train au sein des FFL dont les compagnies sont séparées puis réunies de nouveau en 1943 avant de redevenir indépendantes en 1944. Les diverses unités du train sont disséminées au sein des forces combattantes du corps expéditionnaire français (CEF) en Italie, puis de la première armée sous des formes et appellations diverses : régulations routières, groupes de transport et compagnies muletières.
En , sont créés des escadrons régionaux, qui sont dissous en pour être remplacés d’une part par des compagnies régionales, d’autre part par cinq groupes de transport de réserve générale, puis est reprise de 1951 à 1955 l’appellation d’escadron de réserve générale.
Les forces françaises engagées en Syrie à partir de 1919 sont initialement soutenues par des formations venues de métropole. En , deux escadrons (un hippomobile et un automobile) sont créés. Ils sont dissous fin 1928 pour donner naissance en à un escadron à quatre compagnies (deux auto et deux hippo), rejoint en 1941 par un deuxième escadron formé à partir de renforts métropolitains. Ces unités sont engagées contre les troupes anglaises, puis en partie rapatriées et rassemblées en un escadron unique en Afrique du Nord, qui prend part aux combats contre les troupes allemandes avant de fournir des composantes du corps expéditionnaire français en Italie.
Par ailleurs, à partir de 1920, les compagnies détachées d’escadrons métropolitains pour servir en Afrique du Nord sont regroupées en escadrons qui restent engagés jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Ils fourniront alors des unités de renfort à destination de la métropole. Après le débarquement allié de , les escadrons assureront le support des troupes engagées contre les forces allemandes en Tunisie, puis en Italie. En , ils sont dissous et remplacés, en Afrique du Nord, par des centres d’organisation du train.
Les escadrons d’Afrique du Nord renaissent sous cette appellation en et participent aux opérations qui se terminent par l’indépendance de l’Algérie en 1962. Ils sont dissous le .
Au 1968, l’unité élémentaire du train (qui avait toujours été la compagnie jusqu'alors), devient l'escadron (les escadrons mentionnés ci-dessus étaient des formations regroupant plusieurs compagnies — à partir de la réforme de 1968 les anciennes compagnies prennent la dénomination d'escadron).
Par la suite, seront créés, au cours des années 1970, différentes catégories de régiments : de transport, de circulation routière, de commandement et de soutien. Aujourd'hui, ces régiments ont disparu et ces différentes spécialités sont assurées par des escadrons spécialisés intégrés aux régiments du train.
Organisation actuelle Unités subordonnées à la brigade logistique : du train ( RT) de Montlhéry ; du train ( RT) de Nîmes ; du train ( RT) d'Auxonne ; du train ( RT) de Brie-La Braconne ; du train ( RT) de Toul ; du train ( RT) de Toulon ; Régiment médical (RMED) de La Valbonne ; régiment d'infanterie et de logistique parachutiste ( RILP) de Toulouse ; groupement d'instruction de la logistique ( GIL) de Montlhéry.
Unités subordonnées à d'autres commandements : régiment du train parachutiste de Cugnaux, brigade parachutiste de la division ; bataillon de commandement et de soutien de la brigade franco-allemande de Müllheim (Allemagne) ; bataillon de quartier général du corps européen de Strasbourg. escadron de circulation et d'escorte de réserve du régiment de transmissions de Douai. Anciennement rattaché au régiment de circulation routière d'Arras transféré intégralement au régiment de commandement et de soutien puis au régiment de transmissions.
L’unité élémentaire du train était la compagnie jusqu’au , date à laquelle cette dénomination a été remplacée par celle d’escadron.
Un régiment du train est généralement composé d'escadrons de transport, de ravitaillement, de circulation routière et éventuellement de porte-engins blindés.
Exemple 1 : le du train à la Braconne (Angoulême) est composé de : 1 escadron de commandement et de logistique (ECL) ; 1 escadron de transport (ET) ; 1 escadron de ravitaillement (ER) ; 2 escadrons de circulation et d'escorte (ECE1 ECE2) ; 1 escadron de transport de réserve (ETR).
Exemple 2 : le du train, basé à Nîmes-Garons est composé de : 1 escadron de commandement et de logistique (ECL) ; 1 escadron de transport (ET) ; 1 escadron de ravitaillement (ER) ; 1 escadron de circulation routière (ECR) ; 1 escadron de porte engins blindés (ETB) ; 1 escadron de transport de réserve (ETR).
Exemple 3 : le du train parachutiste (RTP) de Cugnaux qui appartient à la parachutiste est composé de : 1 escadron de commandement et de logistique (ECL) ; 3 escadrons de livraison par air (ELA) ; 1 escadron de défense et d'intervention (EDI).
À l’exception des conflits importants (comme la Première Guerre du Golfe, en 1990-1991), il est rare qu’un régiment complet du train soit déployé en unité constituée (c'est-à-dire avec la totalité de ses escadrons).
En effet, les escadrons sont le plus souvent détachés dans des unités temporaires : « bataillons de commandement et de soutien » (BCS) ou « bataillons logistiques » (BATLOG), commandés par un chef de corps issu du train ou du matériel. Pour un déploiement moins important, les pelotons du train sont inclus dans des détachements logistiques (DETLOG) de la taille d'une unité élémentaire (c'est-à-dire une unité de la taille d'un escadron ou d'une compagnie mais composée de pelotons et de sections provenant d'unités différentes).
L'étendard du train Le train reste l'arme pour laquelle un étendard unique existe pour tous les corps. La raison de l’utilisation d’un étendard plutôt que celle d’un drapeau était due à sa taille. En effet, la taille plus petite de l’étendard était plus adaptée aux activités de certaines unités, comme la cavalerie.
Historique C'est en 1811 seulement, le , que le premier étendard est accordé au train des équipages militaires, mais il devra rester chez le premier Inspecteur d'artillerie. Confectionné selon les directives de Napoléon quelques mois plus tard, il semble avoir été présenté aux bataillons à Mayence au cours du deuxième trimestre 1812. Aucune trace n'en a été conservé, de même qu'on ne sait pas ce qu'il est devenu.
Oublié lors de la remise des drapeaux du , le train des équipages militaires reçoit son deuxième étendard le premier , lors de l'assemblée du Champ de Mai, ainsi que les autres armes. L'étendard est confié au du train des équipages cantonné à Vincennes et issu de la Garde impériale. Au lendemain de Waterloo, l'Armée est licenciée par Louis et les drapeaux ou étendards détruits, les aigles au pilon. L'étendard pourrait avoir subi le même sort le bien qu'il ne figure pas sur le procès-verbal de destruction.