Hanns In der Gand, de son vrai nom Ladislaus Krupski, né le à La Vernaz, dans le Chablais français et mort le à Zumikon, dans le canton de Zurich en Suisse, est un chanteur, folkloriste et ethnomusicologue suisse d'origine polonaise.
Biographie Hanns In der Gand nait le à La Vernaz. Sa famille est installée à Erstfeld dans le canton suisse d'Uri.
Son père, Stanislas Krupski, est un patriote polonais condamné à la déportation en Sibérie. Il parvient à s'enfuir en 1867 et émigre en Suisse, où il travaille comme médecin sur le chantier du tunnel du Gothard. Sa mère, Elisabeth Hugler, vient de Brienzwiler dans l'Oberland bernois et est une excellente chanteuse populaire. Son frère, Anton Krupski, sera professeur de médecine vétérinaire à Zurich et pionnier de l'alpinisme.
Il suit les cours du Gymnase de Lucerne, durant lesquelles il a l’occasion de rencontrer les philologues Renward Brandstetter et Theodor von Liebenau. Il commence ensuite des études de philologie à l’université de Neuchâtel, qu'il abandonne pour aller apprendre le chant en Allemagne, dans les conservatoires de Francfort sur le Main et de Munich. Dans cette ville, il rencontre Juliana Magdalena Kreuz avec qui il se marie. Il travaille durant trois ans comme comédien à la cour de Altenburg en Saxe. Il part ensuite à Berlin où, pour la première fois sous le pseudonyme de Hanns In der Gand, il interprète des chansons populaires en s'accompagnant au luth.
Chanteur populaire
Dès le début de la Première Guerre mondiale, il rentre en Suisse et est engagé comme chanteur de troupe. Il donne à entendre un répertoire de vieilles chansons populaires et militaires lors de très nombreux concerts pour l'armée ainsi que pour le public civil et rencontre un très grand succès. Ses tournées lui permettent de collecter auprès des soldats de nombreux chants. Il publie de 1915 à 1922 une série de recueils de chansons dans les quatre langues nationales.
En 1917, il publie la chanson bilingue La petite Gilberte de Courgenay. Ce chant, dont les couplets sont en allemand et les refrains en français, fait l'éloge de Gilberte Schneider-Montavon, serveuse à l'hôtel de la Gare de Courgenay. Cette chanson connait rapidement une immense popularité dans l'armée suisse, à tel point que l’histoire de Gilberte de Courgenay devient un mythe patriotique. Lors de la Seconde Guerre mondiale celui-ci sera l'objet d'un roman, d'une pièce de théâtre, puis de deux films : Marguerite et les soldats en 1941, puis Gilberte de Courgenay en 1942.
Il effectue une tournée en 1922 aux États-Unis auprès des nombreux Suisses qui y sont installés. Après un début à New York, il passe à New Glarus où de nombreuses personnes parlent encore le suisse allemand. Il revient de sa tournée avec de nombreuses chansons conservées par les Suisses de l'étranger, notamment le Heimwehlied.
Ethnomusicologue
Dans l'entre-deux guerre, il délaisse petit à petit son rôle de chanteur populaire pour s’investir plus pleinement dans ses recherches ethnomusicologique.
Il collecte de très nombreuses chansons dans toutes les langues et patois de Suisse ainsi que des airs instrumentaux. Pour cela, il apprend l'italien et le romanche. Dans les montagnes, il se déplace à pied, transportant sur son dos un phonographe Edison. En suisse romande, et notamment dans le Val d'Illiez et le val d'Anniviers dans lesquels il travaille près d'une année, il suit les traces du folkloriste suisse Arthur Rossat et retrouve certains de ses informateurs, qu'il enregistre. Il en invitera plusieurs chez lui à Zumikon pour poursuivre le travail sur les chansons.
Il a pour ambition de Il refuse de publier ses collectes car « lorsque les airs seront imprimés, le peuple ne les chantera plus » mais les déposes aux archives de la Société suisse des Traditions populaires. Il collabore avec cette même société, dans les revues de laquelle il publie entre 1931 et 1938 plusieurs longs articles ethnomusicologiques en allemand et en italien.
vignette|In de Gandstrasse|190x190px Fin de vie Durant la Seconde Guerre mondiale, dans le contexte de la défense spirituelle, il reprend ses tournées après des soldats et publie pour eux de nouveaux recueils de chants.
Il meurt de maladie le à Zumikon. Une fontaine et une rue de ce village portent son nom.
Publications Ouvrages . . . . Articles
Enregistrements Der Volksliedsänger und -forscher Hanns In der Gand. Enregistrements 1925-1934. Texte de présentation : Christine Burckhardt-Seebass. Microsillon Fata Morgana FM 84023, 1984. Écouter en ligne Gilberte de Courgenay Heimwehlied der Schweiz-Amerikaner Amusez vous fillettes Chant fribourgeois
Bibliographie
Notes et références
Liens externes
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