La bataille de Dokeia (actuellement Tokat, en Turquie) est un affrontement entre les forces de Romain IV Diogène, commandées par Théodore Alyatès, et celles menées par les frères Doukas, Andronic et Constantin. Cette bataille intervient quelque temps après la défaite byzantine de Mantzikert () dans un contexte de guerre civile lorsque le césar Jean Doukas revient d'exil après la capture de Romain Diogène et installe Michel VII sur le trône.

Contexte En 1048 a lieu la première expédition turque en territoire byzantin et, malgré la victoire byzantine à la bataille de Kapetrou, les Seldjoukides vont harceler les frontières byzantines et pénétrer de plus en plus profondément en Anatolie. L'arrivée au pouvoir du militaire Romain IV Diogène en 1068 entraine une réponse de l'empire qui affronte régulièrement les turcs.

Le , l'armée byzantine appuyée par des mercenaires francs affronte l'armée du sultan, mais la défection d'une partie de l'armée (sous le commandement d'Andronic Doukas, fils du césar Jean Doukas et cousin du futur empereur Michel VII) laisse l'empereur isolé et être finalement capturé. Le sultan Alp Arslan, surpris de s'être emparé si facilement de l'empereur, accepte de le libérer rapidement à condition que Romain lui cède plusieurs forteresses frontalières (Édesse, Manzikert,...) et lui verse un lourd tribut.

Toutefois à Constantinople, les Doukas n'ont pas perdu de temps. Exilé en Bithynie, le césar Jean Doukas, revenu en hâte à Constantinople et aidé de l'érudit Michel Psellos, parvient à faire signer l'acte de déposition de Romain IV à sa femme Eudocie Makrembolitissa et à installer Michel VII sur le trône. Romain IV espère retrouver son trône et rassemble des troupes de la partie orientale de l'empire (notamment d'Arménie et de Cappadoce), tandis que les Doukas s'appuient sur des mercenaires Normands et sur les soldats de la capitale, ainsi que sur les troupes les plus occidentales de l'Asie mineure. Les deux armées se rencontrent peu avant l'hiver 1071-1072.

Déroulé de la bataille Malgré la fidélité de son commandant Théodore Alyatès qui dirige les troupes orientales, la bataille tourne à l'avantage des Doukas et Romain n'a d'autre choix que de se réfugier dans la forteresse de Tyropoion, en Cappadoce, puis à Adana, en CilicieJean-Claude Cheynet, Pouvoir et contestations à Byzance (963-1210), Publications de la Sorbonne, 1990, p. 348-349..

Conséquences Malgré les assurances reçues par le nouvel empereur quant à sa sécurité, Romain est aveuglé peu avant d'arriver à Constantinople, après avoir été contraint de revêtir l'habit monastique dès sa reddition et de parcourir l'Asie Mineure à dos d'âneRosa Benoit-Meggenis, L'empereur et le moine. Les relations du pouvoir impérial avec les monastères à Byzance (IXe-XIIIe siècle), 2017.. Il est finalement exilé sur l'île de Proti dans la mer de Marmara. Privé de soins médicaux, il ne survit pas à ses blessures et meurt le . Il laisse trois fils (Constantin qui meurt l'année suivante, Léon et Nicéphore) mais aucun ne montera sur le trône.

Notes et références

Bibliographie Jean-Claude Cheynet, Pouvoir et contestations à Byzance (963-1210), Paris, Publications de la Sorbonne, 1990. Michel Psellos, Chronographie (traduction d'Émile Renauld), Paris, Les Belles Lettres, 1926-1928. Rosa Benoit-Meggenis, L'empereur et le moine. Les relations du pouvoir impérial avec les monastères à Byzance (IXe-XIIIe siècle), 2017.

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