Les Edessinae sont une sous-famille d'insectes hémiptères du sous-ordre des Hétéroptères (les punaises), de la famille des Pentatomidae. Elle comprend une vingtaine de genres, principalement présents en Amérique tropicale, et au Sud de l'Amérique du Nord.
Description Ce sont de grandes à très grandes punaises, à la surface dorsale lisse. Les antennes comportent 4 ou 5 articles. Les angles latéraux du pronotum présentent souvent une excroissance pointue ou tronquée. Le métasternum forme une forte excroissance s'étendant sur le mésosternum et parfois le prosternum (critère diagnostique), et entre les hanches médianes et postérieures. Sa partie antérieure est bifide chez la plupart des genres, mais pas tous, ce qui permet de recevoir l'extrémité du rostre, comme la partie postérieure présente une encoche permettant de recevoir l'épine abdominale. L'aire évaporatoire de la glande odoriférante est allongée. Les tarses comptent 3 segments.
Répartition et habitat Le groupe est uniquement présent dans l'écozone néotropicale (Amérique centrale, Amérique du Sud à l'exception du Chili, et Caraïbes), à l'exception d’Ascra bifida qui s'étend jusqu'au Sud des États-Unis.
Toutefois, une espèce, Edessa graziae, a été introduite en Espagne, où elle semble pouvoir former des colonies pérennes, probablement avec des plants de Dolichandra unguis-cati (ou liane-patate).
Biologie gauche|vignette|Accouplement d'Edessa meditabunda, Brésil Toutes les Edessinae sont phytophages, et nombreuses sont les espèces associées aux Solanaceae, mais également à des Poaceae, à des Fabaceae, ou à diverses autres familles. Certaines espèces sont considérées comme pouvant occasionner des dégâts à des cultures, mais sans qu'elles soient considérées comme un problème majeur.
Quelques espèces sont connues pour prodiguer des soins parentaux.
Systématique Le premier groupement établi autour du genre type Edessa remonte à Amyot & Serville en 1843, sous le nom d'« Edessides », avec les genres Brachystethus Laporte, 1832 et Peromatus Amyot et Serville, 1843. En 1851, William S. Dallas en donne une définition très large, avec des critères comme un rostre court, dont le premier segment est inclus dans les buccules, des antennes dont le second article est le plus court, etc., et y inclut près d'une vingtaine de genres supplémentaires qui devront être exclus par la suite.
Ce taxon a longtemps été considéré comme une tribu au sein des Pentatominae. En 1979, Rolston & Macdonald l'élèvent au rang de sous-famille au sein des Pentatomidae, sans donner de description supplémentaire, alors que Gapud (1991) continue à utiliser le niveau tribal. L'excroissance métasternale projetée vers l'avant ainsi que le labium relativement court sont diagnostiques. Toutefois, les limites du genre Edessa et de la sous-famille sont encore nébuleuses, car Edessa n'a pas de description propre suffisamment précise, au point de devenir un genre « fourre-tout », se confondant presque avec la sous-famille elle-même, et où de très nombreuses espèces (plus de 300) ont été décrites et placées. Edessa nécessite donc une révision, mais, en raison de ce très grand nombre d'espèces, celle-ci ne peut être faite d'un coup. Pour cette raison, les recherches sont menées depuis les années 2000 par groupes d'espèces aux caractéristiques morphologiques proches.
Phylogénie et taxons inférieurs La monophylie de cette sous-famille a été confirmée par Aline Barcellos et Jocélia Grazia en 2003 et Marcos Roca-Cusachs et al. en 2021. Les Edessinae comptent une vingtaine de genres et plus de 300 espèces. Ces genres sont
d'une part les genres historiques, comme Edessa Fabricius, 1803, Peromatus Amyot & Serville, 1843, Olbia Stål, 1862, ou Pantochlora Stål, 1870, qui, chez Amyot et Serville (1843) et Dallas (1851), sont encore accompagnés des genres que Carl Stål transférera en 1864 et 1867 dans les Tessarotomidae et les DinidoridaeChez Amyot & Serville (1843), puis Dallas (1851), les « Edessidae », comprennent des genres Tessarotoma, Piezosternum, Agapophyta, Mucanum, Hypencha, Eusthenes, Mattiphus, Oncomeris, Eurypleura, Dalcantha, Pycanum, chez Amyot et Serville, ainsi que Aplosterna (aujourd'hui Haplosterna), Pygoplatys, Lyramorpha, Oncoscelis (aujourd'hui Rhoecus), Cyclogaster (aujourd'hui Natalicola) chez Dallas, tous aujourd'hui dans la famille des Tessarotomidae, ainsi Cyclopelta et Aspongopus (aujourd'hui Coridius) dans la famille des Dinidoridae. Ces deux familles ont été créées par Carl Stål en 1864 et 1867 respectivement.; ensuite, les sous-genres d’Edessa élevés (ou restitués) récemment au rang de genre, tels que Ascra, Say, 1832 (Santos et al. 2015), Hypoxys Amyot & Serville, 1843 (Nunes & al. 2020) et Pygoda Amyot & Serville, 1843 (Fernandes & al., 2018); et enfin les genres récents, soit basés sur des espèces initialement comprises dans Edessa et accueillant de nouvelles espèces, comme Doesburgedessa Fernandes, 2010, Paradessa Silva & Fernandes, 2013, Grammedessa Correia & Fernandes, 2016, soit décrits directement pour de nouvelles espèces, comme Anisoedessa en 2019, Graziaedessa et Calcatedessa en 2021 et Apheledessa en 2026.
Étymologie Le nom « Edessinae » est construit sur celui de son genre type, Edessa, avec la terminaison « -inae » propre aux sous-familles en zoologie. Johann Christian Fabricius, le créateur du genre Edessa, n'a pas donné d'explication au choix de ce nom. Toutefois, il reprend vraisemblablement le nom de la ville ancienne d’Edessa (Macédoine) ou d’Edessa (Mésopotamie). En effet, dans son ouvrage de 1803, Fabricius choisit plusieurs noms d'hémiptères tirés de la géographie antique gréco-romaine ou égyptienneComme pour les genres Aradus (île et ville syrienne de Méditerranée), Canopus (ville d'Égypte ou nom d'un personnage de la guerre de Troie), Halys (fleuve d'Anatolie et Dieu-fleuve), Ledra (ancienne cité grecque de l'île de Chypre), Lystra (ancien nom d'une ville d'Anatolie centrale), ou encore Tingis (nom antique de Tanger au Maroc). Ce principe semble avoir été repris par des auteurs postérieurs d'autres genres d'Edessinae, comme Thomas Say avec Ascra, ou Carl Stål avec Lopadusa et Olbia, décrits respectivement en 1832, 1860 et 1862..
Liste des genres Selon , complété de Rider et autres publications récentes :
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Pentatomidae Catégorie:Sous-famille d'Hétéroptères (nom scientifique) Catégorie:Taxon décrit en 1843 Catégorie:Hétéroptère néotropical Catégorie:Hétéroptère d'Amérique du Nord