thumb|right|La grenade en ivoire après restauration (vue du dessus) thumb|right|La grenade en ivoire après restauration (vue de côté) thumb|right|Facsimile de l’inscription paléo-hébraïque avec les lettres manquantes indiquées en grisé thumb|right|Facsimile de l’inscription paléo-hébraïque redressée La grenade d’ivoire ou grenade de Jérusalem est un vestige archéologique conservé au Musée d’Israël. Elle comporte une inscription paléo-hébraïque traduite : « Appartenant au temple de Yhwh, chose sainte pour les prêtres ».
S’il est authentique, ce petit objet pourrait avoir servi de décoration d’un sceptre utilisé au VIIIᵉ siècle av. J.-C. par les prêtres d’un temple yahviste, notamment le Temple de Salomon. Son authenticité est toutefois contestée.
Texte
Texte Transcription Vocalisation Traduction « Appartenant au temp[le de Yhw]h, saint pour les prêtres »
Description et interprétation L’objet mesure 43 mm de haut et 21 mm de diamètre et a été sculpté en forme de grenade dans une canine d’hippopotame. Le fruit est surmonté de six pétales, dont deux sont brisés. Le fruit lui-même est également brisé. Il est doté d’une inscription paléo-hébraïque qui fait le tour de la grenade, au niveau de l’épaule. Quelques lettres ont disparu au niveau de la brisure.
André Lemaire, qui a découvert cet objet sur le marché des antiquité en 1979 et l’a publié en 1981, a proposé de reconstruire les lettres perdues de façon à lire le nom du dieu Yhwh. Il est suivi par Nahman Avigad en 1989, mais l’année suivante Aharon Kempisky propose de reconstruire non pas le nom du dieu Yhwh, mais celui de la déesse Ashérah. En 1992, Baruch Halpern est interviewé à ce sujet et évoque d’autres reconstructions possibles, par exemple Ahiyyah, le nom porté par plusieurs prêtres dans la Bible hébraïque, auquel cas l’inscription ne mentionnerait pas la maison du dieu Yhwh ou de la déesse Ashérah, mais celle du prêtre Ahiyyah.
Authenticité La provenance de cet objet est inconnue, car il n’a pas été découvert lors de fouilles archéologiques régulières : selon André Lemaire, c’est un antiquaire de Jérusalem, R. Braun, qui le lui aurait montré en 1979. Acheté par un collectionneur anonyme, il quitte Jérusalem pour la France où il serait réapparu au Salon du Livre en 1985. Suite à cette exposition, au Grand Palais à Paris, il aurait été proposé à la vente au Musée d’Israël en 1987 par l’intermédiaire de Meir Urbach, un guide touristique, pour la somme de 550.000 $. En 1989, suite à l’expertise de Nahman Avigad qui confirme son authenticité, le Musée d’Israël l’acquiert pour la somme demandée.
En 2004, alors que d’autres antiquités bibliques telles que l’ossuaire de Jacques sont soupçonnées d’être des faux, un comité spécial est chargé d’examiner l’authenticité de la grenade. Il publie ses résultat en 2005, concluant que l’objet lui-même est authentique, datant du Bronze récent, mais que l’inscription et la patine qui la recouvrent sont des faux modernes.
À la lumière de cet article, André Lemaire réexamine la grenade et fait procéder à une contre-expertise de la patine ; il en conclut en 2006 que l’inscription est bien authentique.
Suite à cette controverse, les deux équipes décident d’examiner ensemble la grenade mais ne parviennent pas à un accord : ils publient en 2007 un article de synthèse dans lequel chacun reste sur sa position.
En 2008, Yitzhaq Roman analyse lui aussi la grenade et conclut à son authenticité.
En 2015, Christopher A. Rollston publie un article dans lequel il estime que la grenade en ivoire est un probablement un faux. Il cite une lettre que lui aurait écrite Frank Moore Cross en 2003 dans laquelle ce dernier partageait ses craintes quant au fait que la grenade puisse être un faux.
En 2015 toujours, André Lemaire et d’autres spécialistes examinent à nouveau la grenade à l’aide d’équipements plus poussés. L’épigraphiste israélienne Ada Yardeni, qui était jusqu’alors sceptique, conclut qu’il n’y a aucune raison de douter de l’authenticité de l’inscription.
Notes et références
Catégorie:Archéologie en Israël