vignette|alt=Temple des Zangbeto, Porto-Novo|Temple des Zangbeto, Porto-Novo

Le temple Zangbeto Kpakliyao est un lieu de culte et un centre initiatique situé à Porto-Novo, capitale du Bénin. Il est le siège national de la société secrète des Zangbeto et abrite le masque sacré kpakliyao, considéré comme l'ancêtre sans copie de tous les masques zangbeto.

Étymologie et dénominations Le terme Zangbeto provient de la langue gun‑gbe : zan (nuit) et gbéto (chasseur), soit « chasseur de la nuit »« Esprit es‑tu là ? », Detours des Mondes, 13 avril 2020. lire en ligne. Kpakliyao désigne le masque originel, réputé unique et jamais reproduit« Lancement du Festival des Rituels et des Danses Masquées : Kpakliyao, le masque béninois demeuré sans copie mis en lumière », Le Chasseur Infos, décembre 2024. lire en ligne.

Histoire Selon la tradition orale rapportée par les dépositaires du culte, l’institution zangbeto aurait été créée vers 1610 par le prince Padonou Hennou‑Kou pour protéger le prince Te‑Agbanlin, fondateur du royaume de Porto‑Novo« FeRiDaMa 2024 : Les masques kpakliyao au cœur d’une conférence débat », Matin Libre, 23 décembre 2024. lire en ligne. Le Kpakliyao serait le premier masque apparu, servant de modèle spirituel à toutes les autres sociétés de masques zangbeto.

Le temple actuel est reconnu comme le quartier général national des Zangbeto. Il joue un rôle à la fois religieux, judiciaire et sécuritaire, les zangbeto étant traditionnellement les « policiers de la nuit » assurant l’ordre dans les quartiersDorier‑Apprill E., Agossou N., Tafuri C., « Enjeux des dynamiques de patrimonialisation à l’heure de la décentralisation », in Porto‑Novo : patrimoine et développement, Publications de la Sorbonne / École du patrimoine africain, 2013, p. 241‑264. lire en ligne.

Description du temple Le temple se compose d’un enclos sacré accessible uniquement aux initiés. Les non‑initiés ne peuvent en franchir le seuil. Il est signalé par des constructions en terre et en tôle, ornées de symboles vaudou. Selon le guide Mapcarta, il s’agit d’un site touristique et culturel majeur de Porto‑Novo« Temple des Zangbétô », Mapcarta. lire en ligne.

Le masque Kpakliyao Le Kpakliyao est un masque en fer ou en fibre végétale, de grande taille, qui ne sort qu’à l’occasion de cérémonies exceptionnelles. Il est décrit comme « le masque béninois demeuré sans copie ». L’expert du patrimoine Marcel Zounon, lors du festival FeRiDaMa 2024, a déclaré : « Le Kpakliyao est plus qu’un masque, c’est une mémoire vivante. Il symbolise l’ingéniosité et la résilience de nos ancêtres »« Exhibition de masques à l’espace Towara : Le Kpakliyao en majesté sur FeRiDaMa 2024 », Media Eduactions, décembre 2024. lire en ligne.

Le chef suprême des Zangbeto, appelé Zangan, réside au temple et détient l’autorité sur tous les masques du pays. Il est également l’unique gardien du Kpakliyao.

Cérémonies et festivals Le temple est le lieu central du Festival des Rituels et des Danses Masquées (FeRiDaMa). La édition, en , a mis le Kpakliyao à l’honneur lors d’une conférence débat réunissant les dignitaires Atchou Atindékoun Julien, Makoutodé Zinsou et Dah Dagbémanbou Sèmandégbé. Des exhibitions publiques du masque ont eu lieu à l’espace Towara, permettant aux non‑initiés de découvrir ce patrimoine.

Fonctions sociales et symboliques Les Zangbeto remplissent plusieurs fonctions : Sécurité : patrouilles nocturnes, résolution de conflits ; Justice : arbitrage des litiges, sanction des impies ; Identité culturelle : le Kpakliyao est un emblème de la culture gun‑gbé et un symbole de résistance face à l’acculturation.

Un fait divers rapporté en 2011 illustre cette autorité : à Adjarra, après qu’une église évangélique eut été saccagée par des Zangbeto, le chef suprême Kpakliyao est intervenu pour gérer la crise« Adjarra : Des Zangbétô saccagent une église évangélique », over‑blog, 2011. lire en ligne.

Protection et reconnaissance Le temple et le masque Kpakliyao font l’objet de démarches de patrimonialisation. L’ouvrage collectif Porto‑Novo : patrimoine et développement (Publications de la Sorbonne, 2013) analyse les enjeux de cette mise en valeur. Des demandes d’inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO ont été évoquées par les promoteurs du FeRiDaMa, sans aboutissement à ce jour.

Notes et références

Voir aussi Zangbeto Porto-Novo

Catégorie:Temple au Bénin