L’Eglise Evangélique des Assemblées de Dieu de Côte d’Ivoire (EEADCI) est une dénomination pentecôtiste implantée en Côte d’Ivoire depuis la fin des années 1950. Affiliée à l'Association mondiale des Assemblées de Dieu et constituant l’un des principaux mouvements protestants du pays, elle est dirigée par un Bureau Exécutif National. Depuis novembre 2024, son président est le Révérend Charles Marie Kondé.
Histoire L’implantation des Assemblées de Dieu en Côte d’Ivoire (EEADCI) s’est faite progressivement à partir de la fin des années 1950, à la faveur de la convergence de trois principaux foyers géographiques. D’une part, le Sud-Ouest, notamment les régions de Tabou, Grabo et San-Pedro, avec des croyants formés au Libéria. D’autre part, le Sud lagunaire, comprenant Abidjan et le pays Abidji, à la demande de fidèles en quête d’un encadrement pentecôtiste. Enfin, le Centre-Ouest, notamment Zuénoula et Vavoua, par l'afflux d'immigrées originaires de Haute-Volta (actuel Burkina Faso), déjà membres des Assemblées de Dieu. Dans ces différentes zones, les premières églises ont été initialement encadrées par des missionnaires français et américains.
Entre 1955 et 1957 à la suite d’un désaccord consécutif à l’exclusion du pasteur méthodiste Moise Akadjé, les abidji et les méthodistes se séparent ; ce qui laisse environ 5 000 fidèles de douze villages sans encadrement pastoral. Pour les aider à assurer la direction des cultes et le maintien de la vie spirituelle de la communauté, Moïse Akadjé et Marcel Koffi de Katadji feront appel aux missionnaires français des Assemblées de Dieu basés en Haute Volta. Ainsi, se fera l’installlation de la première base missionnaire des Assemblée de Dieu en Côte d’Ivoire dirigée par le couple de missionnaires français Josette et André Brisset, lesquels procèdent à l’été 1957, précisément le 25 août, à leur premier service de baptême à Katadji. Les baptisés sont au nombre de douze. En 1958, le couple de missionnaires Denise et Pierre Larquère est dépêché par la mission française auprès des ébrié à Abidjan.
Quand, en 1960, l’église des Assemblées de Dieu en Côte d’Ivoire obtient officiellement son agrément de l’Etat ivoirien, elle demeure principalement implantées dans le sud de la Côte d’Ivoire, notamment en pays Abidji, dans la région Ebrié, chez les Dida, à Lakota, les wê, les kroumen, ainsi qu’au sein de certains immigrés de la sous-région ouest africaine vivant à l’ouest du pays. La mission d’implantation évolue au rythme des stations missionnaires française et américainse oeuvrant de manière autonome.
Missionnaires français et américains Après le départ définitif des Brisset en 1962, la station missionnaire de Katadji, sera placée sous la direction du couple Colette et Bernard Lines (1962-1972), aidé dans sa tâche par les couples Ratz (1959-1964), Réau (1963-1970) et Jean Ollé (1964-1971).Sous leur houlette, des percées sont faites à Dabou, Tiassalé et Lakota. Le missionnaire Pierre Rochat, pour sa part, initie une œuvre à Abobo-Gare, de 1963 à 1969. Pierre Larquère, figure de la première génération des missionnaires français, joue également un rôle important dans le développement de l'œuvre en Côte d'Ivoire et, en 1966, intervient dans les démarches qui favoriseront l'arrivée des premiers missionnaires américains des Assemblées de Dieu, John et Audrey Mattox, en février 1968.
Pour le compte de la mission américaine, le couple Audrey et John Mattox, arrivé en février 1968, établit sa station missionnaire à Tabou, d’où il travaille à regrouper les communautés chrétiennes dispersées et à poursuivre l’évangélisation des villages non encore touchés. Ils seront rejoints par les couples Willard et Jerlene Teague et Hall en 1971, puis par les Milles en juillet 1972. Dans l’Ouest, sous l’impulsion notamment de Willard Teague et de Dere Miles, l’œuvre s’étend à partir de Duékoué et de Daloa ; des percées sont réalisées à San Pedro, Tabou, Grand-Bérébi, Guiglo et dans les localités environnantes, avec l’implantation de nouvelles assemblées et la construction de temples. Au milieu des années 70, Willard Teague fonde à San Pedro un institut pastoral destiné à la formation des futurs pasteurs. Pour aider à l’effort d’évangélisation, le missionnaire français Pierre Larquerre invite son compatriote Jacques Giraud pour une campagne d’évangélisation.
La croissance de l’Eglise, après le virage « Jacques Giraud », en 1973 La campagne de Jacques Giraud prend à Abidjan une ampleur exceptionnelle. Invité initialement pour une semaine, l'évangéliste est finalement retenu plus de six semaines dans la capitale. Devant l'affluence, les autorités nationales annulent les manifestations sportives programmées au stade Robert-Champroux et en mettent les installations à la disposition d’une croisade, réunissant au quotidien 30 000 à 35 000 personnes ; les gradins des deux côtés du stade étant remplis et l'aire de jeu elle-même occupée par la foule venue assister aux réunions ou chercher la guérison. En juin 1973, le premier service de baptême lié à la croisade, encore en cours, compte 1 100 néophytes.
Après la campagne d'évangélisation de Jacques Giraud en 1973, la mission française connaît une nouvelle phase d'expansion avec l'arrivée des missionnaires Daniel Montbuleau et de Jacques Halepian. Leur action s'étend vers l'Est, le Nord et le Nord-Est du pays et contribue à l'implantation de nouvelles assemblées et à la construction de temples, notamment à Bassam, Korhogo, Toumodi, Abengourou et Agboville.
L'unification depuis 1979 Sous l’impulsion du missionnaire américain, Willard Teague, les discussions engagées avec la mission française aboutissent à l’unification des deux missions des Assemblées de Dieu de Côte d’Ivoire, consacrée à Agboville le 1er mai 1979. Cette étape majeure a permis d’harmoniser l’organisation administrative et doctrinale, tout en assurant une meilleure coordination des activités missionnaires et pastorales à l’échelle nationale. Ce bureau était composé comme suit :
+ Fonction Nom et Prénoms Président Pasteur Emmanuel Kouassi Vice-président Pasteur Koffi Niangoran Marcel Secrétaire Pasteur Adama Ouédraogo Secrétaire adjoint Missionnaire Marcel Pichet Trésorier général Missionnaire Jackson Boby Trésorier adjoint Missionnaire Daniel Montbuleau Commissaire aux comptes Pasteur Golé Michel
Organisation L’EEADCI est organisée autour d’assemblées locales regroupées en régions. Elle est dirigée par un Bureau Exécutif National chargé de la supervision doctrinale, administrative et missionnaire.
Organisation locale Les articles 75 et 76 du règlement intérieur des ADCI définissent l’Église locale comme la cellule de base de l’EADCI. Elle regroupe des chrétiens nés de nouveau, ayant fait une expérience personnelle avec le Christ et dont la vie est conforme aux enseignements des Saintes Écritures. Organisée selon le modèle évangélique et les dispositions des Statuts et du règlement intérieur des ADCI, elle comprend un ou plusieurs pasteurs, des anciens, des diacres et des fidèles. Chaque assemblée locale jouit d’une certaine liberté dans l’organisation de ses activités, dans le strict respect des textes qui régissent les ADCI.
Dans le cadre de leurs activités, les assemblées locales doivent accorder une attention particulière à l’évangélisation, à l’édification spirituelle et à l’enseignement.
Le Pasteur Au sein des Assemblées de Dieu, une église locale peut compter un ou plusieurs pasteurs selon sa taille. Actuellement, ces fonctions sont exercées exclusivement par des hommes, une pratique essentiellement culturelle et non doctrinale, susceptible donc d’évoluer. Les pasteurs ne portent pas de tenue ecclésiastique particulière et suivent une progression hiérarchique fondée principalement sur l’ancienneté et l’engagement : pré-stagiaire, élève-pasteur ou stagiaire, pasteur assistant, puis pasteur titulaire. Cette hiérarchie n’implique toutefois ni privilège ni assujettissement matériel, chaque pasteur demeurant indépendant des autres sur le plan disciplinaire, aucun ne pouvant sanctionner ou démettre un autre.
Les pasteurs assistants et stagiaires exercent leur ministère sous la supervision d’un pasteur titulaire ou principal, auquel ils rendent compte de leurs activités. Ils ne peuvent célébrer les mariages, administrer les baptêmes ou conduire les obsèques qu’avec l’autorisation de ce dernier. Par ailleurs, le soutien financier accordé au pasteur varie selon son niveau de responsabilité hiérarchique et se situe dans une fourchette de montants théoriques définie pour chaque grade.
Il convient de souligner qu’aux ADCI, la formation théologique et pastorale revêt un caractère obligatoire.
Les membres de l'Assemblées locale Les fidèles de l’EEADCI, répartis dans les églises locales, sont considérés comme membres de l’Assemblée lorsqu’ils remplissent les exigences de la Confession de foi des ADCI, sont régulièrement reconnus par une église locale et mènent une conduite conforme à la doctrine et à la pratique évangéliques. Sont également concernés les missionnaires expatriés approuvés par les ADCI et résidant en Côte d’Ivoire, conformément à l’article 16 des Statuts.
Le conseil Le Conseil de l'assemblée locale constitue l’organe exécutif de l’Église et le troisième organe de l’EADCI. Selon le modèle évangélique, chaque assemblée est administrée par ce conseil, composé du ou des pasteurs, d’anciens et de diacres ou diaconesses, en fonction des réalités locales, conformément à l’article 45 des Statuts.
Présidents depuis l’unification + Depuis 1979, les présidents du mouvement ont été : Nom et Prénoms Période Pasteur Emmanuel Kouassi 1979 – 1989 Pasteur Appolinaire Seri Gboagnon 1989 – 1999 Pasteur Jean Baptiste Nielbien 1999 – 2004 Pasteur Désiré Béchié Gnanchou 2004 – 2014 Révérend Dr Honoré Daplex Ouentchist 2014 – 2024 Révérend Dr Charles Marie Kondé depuis 2024
Départements nationaux L’Église est structurée autour de plusieurs départements spécialisés qui contribuent à l’accomplissement de sa mission. Parmi ceux-ci figurent notamment l'Action des Ouvrières de Christ (AOC), le Comité National d’Évangélisation (CNE), le Comité National des Études Théologiques (CNET), l’Action Missionnaire des Assemblées de Dieu de Côte d’Ivoire (AMADCI), la Jeunesse des Assemblées de Dieu de Côte d’Ivoire (JADCI), le Département de l’Éducation des Enfants (DEEADCI), le Groupe des Élèves et Étudiants (GEEADCI), la Mission Famille (MIFA), la Mission au Service du Prochain (MISP), l’Office de Développement des Œuvres Sociales (ODOS) ainsi que la Mutuelle des Pasteurs (MUPADCI). À travers ces structures, l’Église intervient dans divers domaines tels que l’évangélisation, la formation théologique, l’encadrement de la jeunesse, l’accompagnement des familles, l’action sociale et les missions. En 2024, pendant la 13è convention, on estimait les fidèles présents à plus de 45000.
Selon des données internes récentes issues de conventions nationales, l’Église Évangélique des Assemblées de Dieu de Côte d’Ivoire regrouperait environ 1 500 000 fidèles, disposerait de plus de 2 800 assemblées locales et compterait près de 1 500 pasteurs, avec une présence étendue à l’ensemble des régions administratives du pays.
Doctrine L’EEADCI adhère à la confession de foi pentecôtiste des Assemblées de Dieu et fonde son enseignement sur plusieurs principes essentiels. Elle affirme notamment l’autorité de la Bible comme Parole de Dieu, la doctrine de la Trinité, ainsi que le salut obtenu par la foi en Jésus-Christ. Elle pratique le baptême d’eau par immersion et enseigne également le baptême dans le Saint-Esprit, dont le parler en langues est considéré comme le signe initial. Enfin, elle met un accent particulier sur la mission d’évangélisation à l’échelle mondiale.
Voir aussi
Assemblées de Dieu Pentecôtisme en Afrique Protestantisme en Côte d’Ivoire
Références
Catégorie:Christianisme en Côte d'Ivoire Catégorie:Pentecôtisme